Live now
Live now
Masquer
don du sang gays bis fin des restrictions – NIAID
Société

Les restrictions au don du sang pour les hommes gays et bisexuels, c’est fini !

À compter de ce 16 mars, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes vont désormais pouvoir donner leur sang sans restriction ni délai d’abstinence.

L’annonce avait été faite en début d’année 2022 : selon un arrêté publié le 11 janvier, les conditions pour donner son sang allaient désormais être les mêmes pour tous les donneurs et donneuses. Cela signifiait la fin des conditions spécifiques pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH).

Désormais, lors de l’entretien préalable au don, il n’y aura plus de questions portant sur les pratiques sexuelles, elles s’en tiendront entre autres au nombre de partenaires au cours des quatre derniers mois.

nguy-n-hi-p-unsplash-don-du-sang
Nguyễn Hiệp vía Unsplash

Une interdiction levée petit-à-petit

Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes avaient été exclus du don du sang en 1983, en raison du taux de prévalence du VIH au sein de la communauté gay.

Néanmoins, cette mesure stigmatisante est contestée depuis de nombreuses années et avait été remise en question.

L’exclusion avait été levée et remplacée par de nouvelles conditions en 2016 : les aspirants donneurs devaient n’avoir eu aucune relation sexuelle avec un autre homme pendant douze mois pour pouvoir donner leur sang, une condition ramenée à quatre mois en 2020.

Une mesure discriminante ?

L’association de lutte contre le VIH Aides émet néanmoins des réserves sur la levée de l’interdiction, comme l’explique le responsable associatif Jérémy Léonard à France 3 Bourgogne :

« Jusqu’à maintenant, les études montrent qu’un homosexuel avec plusieurs partenaires a 200 fois plus de risques d’être contaminé par le VIH. Pour l’Établissement Français du Sang, la sécurité transfusionnelle prime. Et c’est normal. »

Même s’il salue cette évolution, il ajoute aussi qu’il s’agissait d’« un refus de prendre le sang de personnes ayant un comportement sexuel à risques, mais pas un refus par rapport à leur orientation sexuelle ».

Mais d’autres soulignent néanmoins le caractère illogique voire absurde qu’avait l’interdiction puis la condition d’abstinence, comme le raconte à Libération Thomas, 28 ans, qui a longtemps donné son sang en cachant son orientation sexuelle : «Je suis en couple avec le même homme depuis dix ans. De tous mes amis, c’est moi qui ai couché avec le moins de monde. Et je devrais être le seul à ne pas pouvoir donner mon sang ? ». 

Reste qu’à compter d’aujourd’hui, ceux qui souhaitent donner et qui ne tombent pas sous le coup d’autres restrictions en raison d’un voyage à l’étranger ou d’un tatouage récent (sur le site de l’EFS, vous pouvez savoir rapidement si vous êtes éligible), pourront le faire.

Petit rappel cependant que les personnes qui prennent la PrEP, ce traitement accessible aux personnes séronégatives qui n’utilisent pas le préservatif de façon systématique et qui permet de ne pas être contaminé par le VIH, ne pourront pas donner leur sang.

À lire aussi : Une personne séropositive sous traitement ne transmet plus le VIH et bien trop de gens l’ignorent encore

Crédit photo : NIAID via Flickr

Les Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire sur cet article.

Réagir sur le forum

Plus de contenus Société

Qu'est-ce qu'un féminicide ?
Société

Pourquoi l’affaire Marie-Bélen Pisano interroge la notion de féminicide

2
pexels-katerina-holmes-5905700
Daronne

Écrans et enfants : comment éduquer les jeunes au numérique et à ses risques ?

1
freestocks-nss2eRzQwgw-unsplash
Santé

Les femmes sont-elles victimes de maltraitance de la part de l’industrie pharmaceutique ?

10
La masculinité, facteur aggravant dans les accidents de la route.
Société

Comment la masculinité toxique aggrave les risques d’accidents de la route

[Site web] Visuel horizontal Édito (22)
Société

PPDA : pourquoi la publication du livre « Le Prince noir » pose problème

9
manifestation soutien iran Mahsa Amini – melbourne – Matt Hrkac
Pop culture

Baraye, l’hymne de la révolte iranienne remporte le prix de l’engagement aux Grammy Awards

solen-feyissa-UWVJaDvXW_c-unsplash
Société

Comment Google ralentit l’accès à l’IVG aux États-Unis

La couche d’ozone se referme
Ecologie

Bonne nouvelle : le trou dans la couche d’ozone a presque disparu

1
excision-vert
Féminisme

« Ça fait partie de la tradition » : excisées par nos mères, nous tentons de comprendre

5
jessica chastain iran
Pop culture

Pour Jessica Chastain, les médias US taisent la révolte iranienne car elle est menée par des femmes

1

La société s'écrit au féminin