Live now
Live now
Masquer
pexels-uriel-mont-couple
Société

Une personne séropositive sous traitement ne transmet plus le VIH et bien trop de gens l’ignorent encore

01 déc 2021
Quarante ans après le début de l’épidémie, on aurait aimé croire que la perception du VIH avait changé. Pourtant une récente enquête montre encore de la méfiance et du rejet à l’égard des personnes séropositives.

Comme chaque 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le VIH/sida, les associations se mobilisent pour rappeler l’importance du combat contre cette épidémie qui continue de faire des ravages dans certaines parties du monde.

En France, 200 000 personnes sont touchées, dont 24 000 qui ignorent leur séropositivité. C’est l’occasion de rappeler l’importance du dépistage, d’informer sur la façon dont se transmet le VIH, de mettre en avant des moyens de se protéger et de protéger ses partenaires, mais aussi de parler des traitements, qui permettent aux personnes séropositives de vivre en bonne santé, ainsi que de la PrEP.

C’est aussi un moment important pour dénoncer certains préjugés encore bien tenaces et présents dans notre société. C’est justement le but de la nouvelle campagne de Aides, incarnée par cinq personnes vivant avec le VIH, dont Nina, ou encore Flavie, que Madmoizelle a rencontrées.

Des préjugés persistants sur les personnes séropositives

Car si vivre avec le VIH n’empêche pas de fonder une famille, d’avoir une vie sexuelle épanouie, d’avoir un boulot, une enquête de l’Institut CSA pour le Centre régional d’information et de prévention du sida (Crips Île-de-France) montre que de nombreuses idées reçues perdurent.

Elle montre que :

  • 36 % des parents interrogés seraient mal à l’aise si la personne qui garde leur enfant était séropositive
  • 27 % des parents interrogés seraient mal à l’aise si l’un des enseignants de leur enfant était séropositif
  • 25 % des personnes interrogées pensent qu’une personne séropositive peut représenter un danger en exerçant une profession de santé.

C’est aussi certaines méconnaissances qui persistent sur la transmission du virus : aujourd’hui, une personne séropositive sous traitement avec une charge virale indétectable depuis plus de six mois peut avoir des relations sexuelles sans préservatif et ne risque pas de transmettre le VIH.

Une bonne nouvelle… encore largement méconnue par le grand public : 73 % des personnes interrogées l’ignorent encore.

De même 60 % d’entre elles pensent que l’espérance de vie d’une personne séropositive sous traitement est inférieure à la population générale.

Plus inquiétant encore, certains professionnels de santé sont mal informés sur les risques de transmission et discriminent leurs patients et patientes lorsqu’ils apprennent leur statut sérologique.

« Il y a urgence », estime Gabriel Femenias, directeur général du Crips Île-de-France.

« Urgence à reparler du VIH. Urgence à mettre en exergue les progrès scientifiques qui nous permettent de croire en la fin du VIH d’ici 2030. Urgence à informer sur les réalités de la vie avec le VIH. »

CampagneAIDES2021_AfficheA2_V6_0211_Nicolas_print
Extrait de la campagne de Aides

Le dépistage en recul

Santé Publique France tire aussi la sonnette d’alarme sur une « baisse du recours au dépistage en 2020 », conséquence de la crise sanitaire.

Une baisse des dépistages, cela ne veut pas dire moins de contaminations, bien au contraire. Le risque, c ‘est « un possible retard au diagnostic et à l’accès aux traitements antiviraux dont l’effet préventif a un impact direct sur la dynamique de l’épidémie », s’inquiète SPF.

Preuve que, même après plusieurs décennies à combattre l’épidémie, il est plus que jamais nécessaire de continuer à informer, à sensibiliser, mais aussi à lutter contre la sérophobie.

À lire aussi : La présidente de AIDES vous explique pourquoi la lutte contre le VIH concerne aussi les femmes

Crédit photo : Uriel Mont via Pexels

Les Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire sur cet article.

Réagir sur le forum

Plus de contenus Société

Société
20210819_julienbayou_greenbow wikimedia commons

Après sa démission, Julien Bayou se défend en dénonçant une instrumentalisation des violences sexistes et sexuelles

Maëlle Le Corre

26 sep 2022

SEXO
Sponsorisé

Oubliez tout ce que vous savez sur les sextoys, LELO présente sa dernière création

Humanoid Native
Développement personnel
pexels-koolshooters-attente waiting mode – format vertical

Un rendez-vous à 14h, et bloquée dès le matin ? Pas de panique, c’est le waiting mode

Pop culture
Interview d’Elsa Miské, co-créatrice du jeu Moi c’est Madame

Lutter contre le sexisme dès l’adolescence, c’est la promesse du jeu de cartes Moi c’est Madame

Anthony Vincent

25 sep 2022

Actu en France
livres unplash

Fin de la quasi-gratuité des frais de livraison de livres : mauvaise nouvelle pour le marché du livre ?

Maya Boukella

23 sep 2022

12
Actu mondiale
giorgia meloni vox – vertical

En Italie, la possible arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni fait craindre le pire aux féministes

Sciences
changement-date-automne

Pourquoi l’automne commence le 23 septembre cette année ?

Manon Portanier

22 sep 2022

11
Société
PPDA

Affaire PPDA : et si la justice pouvait contourner le délai de prescription ?

Maëlle Le Corre

22 sep 2022

8
Société
Capture d’écran 2022-09-22 à 10.11.30

Pourquoi la mort d’Elizabeth II nous impacte, alors qu’on ne la connaît pas ? Un spécialiste répond

Maya Boukella

22 sep 2022

Actu mondiale
adnan

Aux États-Unis, Adnan Syed est libéré après 23 ans de prison grâce au podcast Serial

Maya Boukella

21 sep 2022

1
Actu mondiale
Israel Sunseth / Unsplash

Les villes d’Europe s’éclairent à la lumière bleue, et ce n’est pas une bonne nouvelle

Aïda Djoupa

21 sep 2022

4

La société s'écrit au féminin