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Le Covid a-t-il abîmé notre libido, ou nous a-t-il aidées à libérer nos sexualités ?

Les Européennes niquent moins et sont de moins en moins fans des bifles ou de l’éjaculation faciale. La faute au Covid ?

Depuis le début de la pandémie, et particulièrement pendant les périodes de confinement, il y a deux teams : celle des couples chauds comme la braise qui passent leur temps à copuler sous la couette, et celle de ceux dont la libido est en berne — preuve que la crise sanitaire n’est pas totalement étrangère aux variations de nos pratiques et de nos envies sexuelles.

C’est justement l’objet de la dernière étude de l’IFOP commandée par The Poken Company. Mené en mars 2021 en plein confinement auprès de 5025 femmes venues de France, d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne et du Royaume-Uni, cet observatoire de la sexualité féminine est sans équivoque : l’inactivité sexuelle grimpe et l’influence du porno s’estompe.

En mars 2021, les Européennes étaient 37% à n’avoir pas eu de rapports sexuels en un mois.

Plus de libido, la faute au Covid ?

En plus d’avoir eu un impact sur la santé mentale et l’équilibre financier de bon nombre de personnes confinées et/ou soumises aux restrictions sanitaires, le Covid semble s’être également immiscé sous nos couettes. 

En mars 2021, les Européenne étaient 37% à n’avoir pas eu de rapports sexuels en un mois (contre 32% en 2016). Selon le panorama dressé par l’Ifop, les Britanniques (47%) et les Françaises (41%) sont les plus rares à forniquer.

Il est difficile de savoir si cette chute d’activité sexuelle est un effet direct de la pandémie ou une tendance plus globale de la société — bien avant l’arrivée du virus, on notait déjà un large désintérêt chez les jeunes pour les relations sexuelles.

Mais pour François Kraus, directeur du pôle politique et actualités à l’Ifop, le stress engendré par la crise sanitaire a, pour sûr, altéré l’épanouissement et la santé mentale de la population. Il cite d’ailleurs la hausse du taux d’anxiété, d’états dépressifs, de consommation nocive d’alcool et de pensées suicidaires comme de potentielles pistes pour expliquer cette baisse générale de libido.

L’enfermement, le repli sur soi, la baisse d’énergie, l’usure psychologique et le fait d’avoir passé plusieurs mois à se regarder dans le blanc des yeux avec son ou sa partenaire n’aident pas non plus à réveiller le désir…

 Ifop pour The Poken Company

Les évolutions sociétales sont-elles à blâmer ?

Mais cette baisse de moral ne s’arrête pas là : en plus de moins faire l’amour, les Européennes, et principalement les Françaises, sont également de plus en plus insatisfaites de leur vie sexuelle…

Selon l’étude de l’institut de sondage, l’Hexagone compte le plus de femmes frustrées par leurs rapports sexuels puisqu’elles seraient 35%, contre 27% et 23% au Royaume-Uni et en Allemagne à s’en plaindre. 

Si les performances sexuelles de leurs partenaires n’ont pas été évaluées par les sondeurs de l’Ifop, il semblerait que cette insatisfaction soit fortement liée au mécontentement de leur vie sentimentale : en France, les femmes sont 28% à déplorer un déclin dans leur couple.

Les dépressions, la hausse du chômage, les enfermements répétés et le stress engendrés par la pandémie « s’avèrent défavorables à [l’épanouissement sexuel] ».

Et encore une fois, le Covid n’est pas innocent à cette perte de vitesse. Si en France, cette insatisfaction croissante tient probablement — en partie au mins — au manque d’épanouissement sexuel et de communication ou encore à l’injonction à la performance, les dépressions, la hausse du chômage, les enfermements répétés et le stress engendrés par la pandémie ont aussi leur rôle à jouer.

Sans relever explicitement de la sexualité, tous ces éléments « s’avèrent défavorables à [l’épanouissement sexuel] », note François Kraus.

Vers des pratiques sexuelles moins stéréotypées

Il n’y a pas que dans la fréquence des rapports sexuels que les lignes bougent. Les scénarios traditionnels retrouvés dans le porno et les relations hétérosexuelles classiques (l’homme pénétrant la femme, l’homme dominant la femme, l’homme rabaissant la femme, tout ça, tout ça) ne semblent plus faire mouiller les Européennes. 

Et cette fois, pas sûr que le Covid ait un rôle explicite à jouer dans ce constat !

Suite aux récents discours post-#MeToo et à la libération de la parole autour des sexualités, la soumission et les actes inspirés du X ne semblent plus avoir le vent en poupe dans le lit des femmes en Europe. La « bifle », pratique consistant à gifler sa partenaire sexuelle avec son pénis, a par exemple perdu 10 points entre 2016 et 2021 ; l’éjaculation faciale a quant à elle chuté de 5 points.

Du côté de la pénétration, le revirement de situation est également notable : le pegging (13%) — pratique dans laquelle la femme pénètre son ou sa partenaire à l’aide d’une gode-ceinture — et la pénétration anale de l’homme par la femme avec le doigt (22%) ou la langue (17%) sont de plus en plus pratiqués. 

Si un lien direct n’est pas établi, les isolements à répétition engendrés par la pandémie ont sûrement participé a amener des périodes d’introspection telles qu’une remise en question a eu lieu, jusque dans le sexe. Résultat, les femmes transgressent les normes et sont plus actives et plus libres dans leur sexualité, que cela s’exprime dans le renversement total des rôles traditionnels ou dans l’absence assumée de rapports sexuels.

Merci le Covid ?

À lire aussi : Le confinement encroûte mon couple, help !

Crédit photo : Kampus Production / Pexels

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