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Le Botox « Instagram », à bas prix mais risqué, fait des ravages chez les jeunes femmes

13 jan 2022

Pourquoi aller chez un médecin ? Dans des appartements anodins, des jeunes femmes non diplômées pratiquent, à la bonne franquette, des actes de médecine esthétiques clandestins aux conséquences dramatiques.

Souvent, tout commence par un DM sur Instagram, après une publicité maison vantant les mérites (et le prix défiant toute concurrence) d’un acte de médecine tel que l’injection d’acide hyaluronique ou de Botox. Injections à la chaîne dans des appartements privés, produits trouvés sur Internet, « praticiennes » pas formées… Depuis le premier confinement, de jeunes femmes autour de la vingtaine se ruent sur ces « bonnes » affaires, pratiquées par des amatrices dans des conditions plus que douteuses.

L’objectif ? Ressembler aux stars du réseau social à moindre frais. Le fait est que beaucoup de jeunes femmes, assaillies d’images de perfection permanente sur Instagram, ont compris que les standards de beauté actuels (lèvres ultra pulpeuses, pommettes hautes, regard « réveillé ») ont un prix qui peut se négocier en DM.

Pourtant, les résultats, bien loin de ceux affichés par les influenceuses, s’avèrent souvent approximatifs voire dramatiques. Repulpage de lèvres, comblement de rides, lifting des sourcils : les actes sont réalisés à des tarifs quasi deux fois inférieurs à ceux des cabinets esthétiques. Ou comment la beauté devient ultra accessible, mais aussi ultra risquée.

Un cabinet esthétique clandestin

Les pratiquantes, comme les clientes, sont souvent des femmes, jeunes. Le 4 janvier dernier, une femme de 21 ans a été interpelée dans sa voiture, dans le 15e arrondissement de Paris, après que la police a trouvé plusieurs boîtes de seringues et 5000 euros en liquide sur elle. France Inter détaille :

« Les policiers sont ensuite intrigués par l’intense activité de son téléphone portable, qui ne cesse de recevoir des notifications. Toutes sont en lien avec un même compte Instagram aux plus de 30 000 abonnés, dont le nom et les lèvres pulpeuses en guise de photo de profil laissent peu de doute quant à l‘activité qui y est liée : des injections esthétiques.

Tarifs à l’appui : 170 euros l’injection antiride, 130 euros le lifting des sourcils (pour un tarif affiché autour de 250 euros sur les sites de médecins déclarés), entre autres. »

Les autorités ont mené l’enquête jusqu’au cabinet clandestin de la jeune femme, un appartement où des factures remontant à juin 2020 ont été trouvées.

Le Botox « Instagram », à bas prix mais risqué, fait des ravages chez les jeunes femmes

Ressembler aux influenceuses

L’impact de ces actes est souvent dramatique. Et on ne parle pas de lèvres trop gonflées à la Kylie Jenner, mais bien d’embolies ou de nécroses : mal injecté, le produit peut bloquer la circulation et carrément causer la mort de zones corporelles par la gangrène. 20 Minutes confirme :

« En France, aucun décès n’a été attribué à ce type de pratique mais des études internationales font état de plusieurs morts. »

Le succès du phénomène ne se dément pourtant pas : pour les vendeuses, les confinements successifs et la viralité des images Instagram ont été une aubaine. Pour les acheteuses, restent les risques.

À lire aussi : Le Royaume-Uni interdit le Botox aux moins de 18 ans et met en lumière ses complications

Crédits photo : Sam Moqadam/Unsplash – cottonbro/Pexels

Les Commentaires
1

Avatar de Nastasja
13 janvier 2022 à 18h28
Nastasja
Tolérance zéro pour les gens qui pratiquent ce genre d'acte. Ca mérite des prunes de la taille de la Tour Eiffel, des TIG, et un bon stage de sensibilisation (ou la greffe de cerveau).
Déjà que dans des conditions normales cela peut mal tourner, alors dans un appartement normal, sans les normes de stérilisation, sans garantie de l'origine des produits... bref
Je prédis une épidémie de femmes (et quelques hommes) défigurés d'ici une 10aine d'années, parce que les injections, même de qualité, même chez une personne sérieuse, finissent pas faire plus de mal que de bien lorsque réalisées en excès, trop souvent, commencées trop jeune, etc.
1 petite seringue toutes les x années (4 ou 5) ça va, 2 ou 3 tous les 6 mois, c'est une garantie de finir comme Evangelista, ou feu les Bogdanov.
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