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Jupiter : Le destin de l’Univers, un bordel grandiose

Jupiter : Le destin de l’Univers, le nouveau film d’Andy et Lana Wachowski, est, d’après cette madmoiZelle, « ridicule et complètement jouissif ». Ça promet !

Article publié le 13 février 2015 –

Tout ce que je savais de Jupiter Ascending avant d’aller le voir, je le devais à une bande-annonce peu convaincante regardée quelques mois auparavant, et qui se résumait à ça : des vaisseaux spatiaux, et les Wachowski aux commandes.

JUPITER : Le Destin de L'Univers - Bande Annonce Officielle 4 (VF) - Jupiter Ascending

Fan de Matrix et amoureuse de Cloud Atlas, c’est tout ce qu’il m’a fallu pour me bouger jusqu’au cinéma local sans rien savoir de l’histoire, des acteurs ou de la réception du film par la critique.

Ce qui n’est pas plus mal, parce que peu importe ce qu’on s’imagine à propos de ce film avant de l’avoir vu… c’est probablement faux !

À lire aussi : Tutotal #32 – Jupiter : Le Destin de l’Univers

Un début difficile

Le film introduit joliment son personnage principal, Jupiter.

C’est rapide, c’est touchant, c’est même un peu drôle ; on n’en demande pas plus. Mais très vite, l’histoire démarre vraiment, et là c’est le drame : clichés et stéréotypes sont là. Partout.

Tout y est, de la demoiselle en détresse et de son mystérieux sauveur aux explosions, courses-poursuites et petits aliens à tête ovale, le tout reposant sur une histoire de fille banale qui serait en fait princesse d’un royaume caché.

Horreur, consternation, ce n’est pas possible… C’est trop gros, ça va trop loin dans les clichés, ils n’ont pas pu faire ça.

Une demoiselle en détresse, d’accord, mais tout de même : comment le film peut-il porter le nom d’une héroïne complètement impuissante et inutile et qui passe son temps à se faire balader ?

Et un héros pour la sauver, d’accord, mais enfin, un super-guerrier à moitié loup au destin tragique et qui se promène sur des bottes volantes, c’est un peu gros quand même.

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Et les aliens ! Ils sondent des humains, les poursuivent dans des champs de maïs (où évidemment sont laissés des signes étranges)… est-ce que ça ne va pas trop loin dans les clichés ?

La réponse est oui, évidemment. C’est même complètement assumé. Certains de ces clichés seront justifiés au niveau du scénario, d’autres seront détournés, d’autres encore semblent être là juste pour le plaisir.

Une chose est sûre, c’est qu’il vaut mieux en rire. Parce que c’est fait pour ça, et le plus tôt on s’en rend compte, le plus vite on peut s’en amuser : Jupiter : Le destin de l’Univers n’est pas à prendre au sérieux.

Un film riche, très riche

L’univers du film est très vaste et très peuplé, et c’est à la fois sa plus grande qualité et son plus gros défaut.

On est en permanence frustré de ne pas en savoir plus. Que ce soit pour les lieux qu’on visite, tous si particuliers et si beaux, avec ces paysages et ces décors spectaculaires, les personnages qu’on rencontre, leur race, leur histoire, les relations qui les lient… tout n’est qu’à peine entrevu avant de disparaître définitivement du film. Tout ce qui ne concerne pas directement l’héroïne est écarté.

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Ça peut donner un effet fourre-tout, l’impression d’un mélange d’éléments pris au hasard ici ou là, comme une fanfiction écrite par quelque geek un peu trop jeune et enthousiaste.

Ou alors, on peut y voir la diversité des influences culturelles d’Andy et Lana Wachowski, et le résultat spectaculaire de leurs deux imaginations.

Entre intrigue politique et niaiserie romantique

D’un côté, il y a un conflit de pouvoir dans une sorte d’empire financier inter-galactique. C’est crédible, c’est intéressant, ça permet aux Wachowski de délivrer le petit message anti-capitaliste qui leur est si cher de façon tout sauf subtile.

Néanmoins, le nombre de personnages impliqués et le peu de temps qu’il est possible de leur consacrer (le film ne dure « que » deux heures) handicape sa portée et empêche de vraiment s’impliquer.

Ça va trop vite ! À peine a-t-on le temps de saisir les enjeux de l’un qu’on l’abandonne pour passer à un autre…

À côté de ça, il y a l’intrigue amoureuse, qui continue comme elle a commencé : en enchaînant les clichés et les répliques ridicules. À moins que…

Des personnages clichés ? Pas tant que ça !

Le début du film fait peur, mais il ne faut pas s’y fier : malgré les rôles à première vue traditionnels qu’on leur attribue, on a bel et bien affaire à de vrais personnages.

Ils sont travaillés, ils évoluent, changent, apprennent, et c’est particulièrement visible sur le personnage de Jupiter. Elle commence en demoiselle en détresse (et on ne va pas se mentir, elle continue d’être sauvée par Monsieur jusqu’à la fin)…

Mais ce n’est dû qu’au postulat de base : c’est une fille banale. Ne pas savoir se battre n’en fait pas une fille faible. On la voit apprendre et comprendre et tout faire pour reprendre pied avec le peu de connaissances qu’elle a sur les règles de cet univers inconnu.

On la voit, elle, spectatrice impuissante, se battre pour monter sur scène et donner au cours des choses la direction qu’elle souhaite.

Elle n’est peut-être pas un soldat génétiquement modifié, mais elle retourne les armes de son ennemi contre lui. Le statut que d’autres lui ont attribué malgré elle, elle fait tout pour s’en servir au mieux.

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Il est aussi intéressant d’aller voir ce qu’il se passe du côté de Caine, le soldat génétiquement modifié et intérêt amoureux de l’héroïne.

Oui, il passe son temps à la rattraper quand elle tombe (et elle tombe souvent). Mais il est à moitié loup et (attention, c’est peut-être un léger spoil) il est sous-entendu qu’en Jupiter il retrouve la meute qu’il avait perdu. Elle est celle qu’il peut suivre, son alpha, et c’est ce qui, plus qu’autre chose, le pousse à risquer sa vie pour la sauver.

Des rôles clichés ? Peut-être, oui. Mais c’est assumé, pris en compte, et ça ne se fait pas aux dépends du travail des personnages, et surtout pas aux dépends de Jupiter.

Entre clichés et clins d’œils, parodie et originalité

On retrouve bien dans Jupiter la patte du duo Wachowski : la science-fiction comme vecteur d’un message finalement assez politique, mais qui ne renie pas l’aspect léger et divertissant d’un film grand public, et des choix esthétiques portés par des effets spéciaux très réussis.

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Mais le film est peut-être trop ambitieux.

On a parfois l’impression de voir une adaptation de livre, comme si certains petits éléments n’étaient là que pour le clin d’œil au lecteur sans apporter vraiment à l’intrigue. Le comble pour un scénario original ! Peut-être que deux heures ne suffisaient pas.

Peut-être qu’il aurait fallu plusieurs films. Ou peut-être que le cinéma n’était tout simplement pas le format le plus adapté à un univers aussi riche.

C’est un film qui est à la fois trop et pas assez. À la fois bien pire et bien mieux que ce qu’on peut s’imaginer avant de l’avoir vu. Tout le monde n’appréciera pas, loin de là. Mais à titre personnel, j’ai trouvé ça ridicule… et complètement jouissif !

À lire aussi : Interstellar, une quête épique au cœur du cosmos

Les Commentaires
16

Avatar de Lyre
4 juin 2020 à 17h32
Lyre
Par rapport à la voix d'Eddie Redmayne, son personnage s'est fait arracher/mordre le larynx par un lycan (je crois que c'est ça le nom ?). On aime ou on n'aime pas, mais ça a sa logique. C'est aussi pour ça que son cou est caché en permanence.

Mais ça fait partie des détails qui n'ont pas été mis dans le film, alors que ça aurait pu donner de la cohérence au tout.

avec Jupiter on vous offre du pur divertissement cliché avec un méchant, un gentil, une demoiselle en détresse...!
Pour le coup je ne suis pas tout à fait d'accord. On est sur du film clairement grand public, avec une cible plus jeune que Cloud Atlas, mais on retrouve bien certains thèmes chers aux Wachowski. Ça m'évoque plus un trop plein d'idée pour un film qui se retrouve le culte entre deux chaises que quelque chose fait à l'arrache sans aucune recherche.
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