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Société

L’amitié filles-garçons, impossible en France ?

Amitié filles-garçons, répartition dans l’espace public, accès aux loisirs : les inégalités filles-garçons perdurent selon l’UNICEF.

Est-ce que vous vous souvenez avoir eu des copains ou des copines du sexe opposé, en primaire ?

Et plus tard, au collège, aujourd’hui au lycée ? Êtes-vous team « l’amitié filles-garçons est possible » ou team « impossible » ?

Une enquête de l’UNICEF sur les inégalités filles-garçons

Pour moi, cette question cristallise l’apparition du genre dans la vie des enfants, des jeunes en général.

Considérer qu’on ne peut pas vraiment avoir d’ami·es du sexe opposé, c’est considérer qu’on est fondamentalement différents… et c’est la première pierre posée au mur des inégalités de genre.

L’UNICEF s’est justement penché sur la question des inégalités filles-garçons dans sa dernière enquête, publiée ce 6 novembre.

« Les conditions de la socialisation et de l’apprentissage des savoirs ne sont pas forcément identiques pour les deux sexes et une partie des inégalités entre les femmes et les hommes adultes peuvent s’expliquer par l’écart initial déjà visible dans l’enfance. »

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les résultats issus des questionnaires adressés à plus de 26 000 jeunes de 6 à 18 ans poussent à croire qu’il reste du boulot.

Les inégalités filles-garçons : les filles systématiquement plus touchées

L’UNICEF s’est employé à évaluer les inégalités filles-garçons aux vues de leur environnement et de la qualité de vie des enfants et adolescents interrogés.

Le constat est sans appel : il y existe une dimension socio-économique évidente dans les inégalités. En effet, les enfants vivant dans des quartiers populaires ou prioritaires, ou ceux ayant un parent au chômage, sont davantage affectés.

Mais parmi ceux-là, les filles sont systématiquement les plus touchées.

« Ce sont de petites différences, mais le fait qu’elles soient systématiquement plus en défaveur des filles traduit un effet de genre dans la constitution des inégalités que l’on peut donc repérer dès l’enfance. »

Ça passe par exemple par l’accès à une activité sportive, moindre pour les filles que pour les garçons – et pour le coup, c’est le cas dans toutes les classes sociales. Les données convergent vers le ratio suivant : au sein des clubs on a 30% de filles pour 70% de garçons.

La cause de ces inégalités filles-garçons ? Pêle-mêle : le fait que les clubs privilégient les équipes masculines, qu’en cas de difficulté financière la pratique du fils soit privilégiée à celle de la fille, l’idée selon laquelle les garçons doivent se dépenser plus que les filles…

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Illustration du rapport UNICEF par Lisa Mandel

Inégalités filles-garçons : les filles plus visées par le harcèlement et les discriminations

En se penchant plus précisément sur le harcèlement et les discriminations, il y a encore matière à se désoler.

« Les filles déclarent une fois et demie à deux fois plus être harcelées que les garçons que ce soit sur Internet, dans les transports en commun ou dans l’espace public. »

Aucune surprise, mais que ce soit le cas dès l’enfance/adolescence est déplorable.

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Illustration du rapport UNICEF par Lisa Mandel

D’ailleurs, selon l’analyse de l’UNICEF, c’est à la pré-adolescence que les filles prennent conscience de cette différence et commencent à se « protéger » en restreignant leur liberté de mouvement.

Dès cet âge, 45% d’entre elles estiment avoir moins de droits que les garçons (contre 30% des garçons).

Une forme de préjugé est particulièrement préjudiciable aux filles comparé aux garçons : le style vestimentaire.

« Pour les filles, il ne semble pas y avoir de bonne réponse à l’oscillation permanente entre « trop » et « pas assez » féminine. »

Dire qu’on parle de jeunes entre 6 et 18 ans ! Comme quoi les injonctions contradictoires, à l’origine d’inégalités filles-garçons, sont présentes très tôt dans la vie des femmes.

L’espace public, un lieu favorable aux inégalités filles-garçons

Comme tu l’as peut-être compris, ces traitements différenciés influent sur la répartition des filles et des garçons dans les espaces publics.

« L’expérience de la ville est donc difficile et les filles s’en extraient pour se protéger, laissant l’espace public aux garçons. »

Tu les vois, les bandes de mecs sur le trottoir, dans les city stades, dans les skate parks, alors que peu de meufs parviennent à se poser tranquilles dans la rue ?

Mais ce n’est pas comme si ça se limitait à la ville pour les ados, puisque dès la cour de récré du primaire, on observe que les garçons occupent le centre, et que les filles se répartissent sur la périphérie.

L’amitié filles-garçons, impossible ?

J’ai introduis cet article en te demandant quel était ton vécu, passé et présent, de l’amitié filles-garçons.

Et si je l’ai fait comme ça, c’est pour que tu t’interroges avant que je te fasse part de ce constat : l’amitié filles-garçons ne va pas de soi.

Près d’un quart des enfants et ados ayant répondu n’indiquent pas clairement (en répondant « Oui, vraiment », que l’amitié filles-garçons est possible.

Comme si la communication ne pouvait pas bien s’établir, comme si les rapports de genre étaient forcément tronqués.

Les garçons sont plus nombreux que les filles à considérer que ce type d’amitié pose problème. Dans les quartiers dits prioritaires, ils considèrent également davantage qu’ils ne peuvent pas jouer aux mêmes jeux que les filles.

Tristes prémices d’une masculinité sur un modèle unique !

À lire aussi : Léo, 4 ans, a déjà bien intégré le sexisme, et c’est loin d’être anodin

Comment résorber les inégalités filles-garçons ?

L’UNICEF a listé plusieurs types d’actions qui pourraient permettre de résorber ces écarts, à commencer par le fait de faire de la place aux filles dans les activités extra-scolaires, grâce à une vigilance dans l’attribution des subventions.

Même vigilance à adopter dans l’organisation de l’espace public, en prenant en compte le genre dans les aménagements urbains.

L’éducation a aussi un rôle crucial à jouer dans la résorption de ces inégalités. Ici, l’UNICEF parle de mettre en place un « Plan national de l’éducation à la sexualité », comme recommandé par le Haut Conseil à l’Égalité.

Je suis totalement pour cette mesure, d’autant plus que « les adolescent·e·s ayant répondu sont près d’un sur vingt à indiquer avoir subi un rapport sexuel et des pratiques sexuelles non-consenties ».

Je pense qu’il faut y enseigner non seulement le consentement et les basiques en terme de santé sexuelle, mais aussi une notion de respect qui s’étend à toutes les sphères de la vie !

Pour en savoir plus, tu peux accéder à la synthèse du rapport ici et au rapport complet là.

À lire aussi : Les stéréotypes de genre, #OnEnParle pour mieux les déconstruire !

Les Commentaires
17

Avatar de Spectrine
11 novembre 2018 à 14h34
Spectrine
A propos des intérêts de filles, @sinae
Contenu spoiler caché.

Pour en revenir au sujet, j'ai déjà eu des groupes d'amis garçons où il n'y avait aucune ambiguïté, mais c'était souvent parce qu'aucun ne me plaisait vraiment de base, et que c'était réciproque
3
Voir les 17 commentaires

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