Je suis grande et j’en ai marre d’entendre ces remarques sur ma taille

Cette grande tige de Philou en a plus que raz-le-bol de ces remarques systématiques auxquelles elle a droit en raison de sa grande taille.

Je suis grande et j’en ai marre d’entendre ces remarques sur ma taille

Je mesure 1m81. Je suis grande, je l’ai toujours été.

Je n’y suis pour rien, je n’ai pas choisi, c’est comme ça.

Ma taille m’a terriblement complexée pendant des années mais je l’accepte un peu mieux aujourd’hui. Je l’aime presque.

Si beaucoup pensent qu’il s’agit d’un avantage dans la vie de tous les jours de mesurer plus d’un mètre 80 (« Non mais moi j’adorerais avoir la taille mannequin ! »), je tiens à nuancer cette croyance.

Trust me Karen, c’est pas toujours cool d’être grande.

Notamment quand ta taille devient un sujet récurrent de questions et commentaires insupportables, voire déplacés.

« Tu mesures combien ? »

Les gens ne s’en rendent peut-être pas compte mais cette question est vraiment pénible.

Surtout quand il s’agit de la première phrase prononcée par un parfait inconnu !

Et crois-moi, ça arrive trèèèèès souvent.

Alors déjà bonjour ?

L’idée d’aborder quelqu’un que tu ne connais ni d’Ève, ni d’Adam en lui demandant sa taille de soutif ou sa pointure de pieds ne te viendrait pas à l’esprit, si ?

Eh ben c’est pareil sur la taille.

Je me doute que cette question n’a rien de mesquin, mais comme tu peux t’en douter tu es loin d’être la première personne à me la poser.

Tu as remarqué que j’étais grande, est-ce que tu as vraiment besoin de savoir combien de centimètres je fais de plus que la moyenne pour avoir l’esprit tranquille ?

Pas tant, n’est-ce pas ? C’est bien ce qui me semblait.

« T’as encore grandi non ? »

Dans le top des remarques/questions insupportables sur ma taille, celle-là est de loin la PIRE de toute selon moi.

Non putain, je n’ai pas encore grandi.

Voilà six ans que je ne grandis plus, et pourtant six ans que j’ai droit à la même fucking remarque.

Chez certaines personnes (famille, amis, parents d’amis…), elle est même systématique, comme si c’était la façon la plus adéquate de me dire bonjour.

« Oula, mais t’as encore grandi toi ! »

Toujours dit sur le ton de l’humour bien évidement. Mais ça fait rire qui sans déconner ?

Je suis grande, plus grande que toi et tu le sais. Alors pourquoi diable fais-tu comme si tu venais de t’en rendre compte à chaque fois que tu me vois Jean-Mi ?

Est-ce que les gens ont une mémoire inférieure à celle d’un iPhone 3 fatigué et sont réellement choqués à chaque fois qu’ils me voient me baisser pour leur claquer une bise (enfin ça c’était avant les distanciations sociales bien sûr) ?

Ou se pensent-ils foncièrement hilarants en me lançant cette petit boutade au visage à laquelle je leur réponds pourtant toujours avec ma meilleure bitch face ?

Je l’ignore. Mais quoi qu’il en soit. STOP IT PEOPLE.

« Ça doit être dur de trouver un mec »

Oui, ma taille peut être une contrainte vis-à-vis des garçons. Je ne vais pas le nier.

Mais seulement parce que j’ai intégré comme croyance que je ne pouvais pas intéresser et m’intéresser à un garçon ne dépassant pas mes 181 centimètres.

Pendant longtemps (et honnêtement encore un peu aujourd’hui), la taille a été pour moi un critère décisif voire éliminatoire. Et l’inverse est également vraie, ma taille a parfois posé problème à des garçons qui me plaisaient.

À lire aussi : Préférer les hommes plus grands, c’est sexiste ?

Je travaille sur cette croyance car après tout, elle élimine un sacré paquet de crushs potentiels et me fait sans aucun doute passer à côté de superbes rencontres.

Mais ça met un peu de temps de se déconstruire, je ne t’apprends rien.

Et pour en revenir à ta remarque, c’est mignon de t’intéresser à ma vie sentimentale et sexuelle, mais même si c’est parfois compliqué, je me débouille plutôt bien, je te remercie.

« C’est marrant, ça te fait un pantacourt ce pantalon »

Je vais être honnête, les remarques sur les fringues quand on est grande sont aussi insupportables que les guêpes qui viennent se posent sur ton melon-jambon cru pendant un déjeuner estival.

S’habiller quand on dépasse la taille « standard » est loin d’être évident. Pour ma part, je dois toujours faire face au choix cornélien :

Est-ce qu’il vaut mieux que ça m’aille en largeur ou en longueur ?

Par exemple, si je craque pour un pantalon qui me va niveau tour de taille, je peux être certaine que les jambes s’arrêteront à mi-mollets.

Ahaha, tu vas à la pêche aux moules ?

Inversement, si je privilégie la longueur de jambes, je sais que je vais nager dans le pantalon que j’aurai choisi quatre tailles trop grandes.

Ahaha, t’as piqué le jean de ton père ?

Du coup, qu’on me ramène ce problème vestimentaire en pleine tronche à chaque fois que j’opte pour une tenue que je n’ai pas shoppé sur Asos Tall, ça me donne envie de briser des os.

Oui, mon pantalon ressemble à un pantacourt. Oui, cette jupe a l’air très courte sur moi. Je suis moi même munie de deux yeux qui fonctionnent, je me passerai de ta remarque merci.

Dans la même catégorie, quand pour une raison fortuite, je demande désespérément à ce qu’on me prête une fringue, je n’en peux plus d’entendre :

Ah, mais j’ai rien qui va t’aller par contre.

Je me vêtis dans les mêmes fringues que toi Christine, et à part si tu fais du 34 ou du XS, je pense que tout devrait bien se passer si j’enfile ton sweat médium.

« Dommage, tu peux pas mettre de talons du coup »

Ah mais je vois que tu es fort en déduction, Jean-Luc !

C’est vrai, je ne porte pas de talons à cause de ma taille. Mais il s’agit, d’un côté, d’une question de choix.

Je dépasse mes pairs au quotidien et ça ne me plait vraiment pas toujours. Alors me percher sur des centimètres supplémentaires (et me niquer les pieds par la même occasion), ça ne m’enthousiasme que très peu.

Mais là aussi, je sais qu’il s’agit d’une croyance et que je pourrais kill le game avec toutes les pairs de talons sur lesquelles j’ai bavé sans jamais m’autoriser à les acheter si je le voulais.

Mais il s’agit là d’un choix qui m’appartient.

Je me passerais donc volontiers des remarques qui se pensent en droit de me signifier si oui ou non je peux porter des talons !

« Non mais toi tu vas derrière sur la photo »

Cette règle du : « les grands derrière ! », j’y ai eu droit toute ma vie et sans rire, elle n’a clairement pas aidé à booster ma confiance en moi.

Sur les photos de classe, on m’ordonnait gentiment de me foutre au dernier rang. À chaque spectacle de danse, je n’avais pas le droit comme les autres gamines au « roulement du premier rang » et devais me satisfaire de mon éternelle place du fond.

Bah oui mais on voit pas les autres sinon !

Enfant, ça me faisait une peine immense et je maudissais ma taille qui portait préjudice.

Aujourd’hui, même si je comprends la démarche, cette règle des grands au fond continue de me ronger le crâne.

D’abord, parce que me relayer au dernier plan sur les photos de groupe me rappelle (et rappelle à ceux qui regarderont la photo) que je suis plus grande que les autres, comme si un rappel était nécessaire.

Et ensuite parce que j’en ai marre d’apparaître sur des photos où l’on ne devine que le haut de mon visage – parce que mes potes ne sont pas si petits que ça.

Ainsi, ma technique consiste désormais à me foutre accroupie au premier plan sur toutes les photos de groupe.

Si pensiez me foutre en arrière plan, c’est raté lol !

« Avec ta taille, il faudrait que tu fasses du basket »

Variante : « T’as jamais pensé à faire du basket ? »

Alors peut-être, il est vrai, étant donné que tu es là 16386826181 personnes à me souffler l’idée.

Mais la réponse est non, tout simplement parce que j’ai la capacité physique et sportive d’un ballon crevé.

Je n’aime pas les sports d’équipe et les seules fois où j’en ai fait au lycée je me suis cassé les doigts au volley et la cheville au foot.

En outre, ce n’est pas parce que je suis grande que cela fait de moi quelqu’un qui a les capacités à faire du basket !

Cette phrase fonctionne aussi quand on remplace « basket » par « mannequinat ».

Je sais pertinemment que cette remarque part d’une bonne intention et sonne même comme un compliment, mais il faut parfois faire attention.

Certaines personnes n’en ont absolument rien à foutre du mannequinat et leur taille ne leur donne pas plus envie de faire partie de cette industrie.

Dans mon cas, sous-entendre que ma taille pourrait me permettre de faire du mannequinat me rappelle une expérience qui a causé par mal de dégâts sur la moi de 15 ans (j’avais là bonne taille pas le bon tour de taille).

« Et sinon il fait beau là-haut ? »

Est-ce que j’ai vraiment besoin d’expliciter cette phrase et pourquoi elle rend zinzin ?

Il existe de nombreuses variantes de cette raillerie mais l’idée est la même : sous-entendre qu’être grand, c’est un peu comme vivre sur une autre planète.

Et bien, on se porte très bien sur notre planète, merci de vous en inquiéter.

Réponse possible : écoute ça allait mais là j’ai commandé des éclairs foudroyants qui tomberont, j’espère, tout droit sur ta gueule.

Désolée, je suis un peu agacée.

Et toi, ma grande beauté, c’est quoi la remarque qui t’agace le plus concernant ta taille ?

À lire aussi : Ai-je le droit d’avoir des complexes si je rentre dans les canons de beauté ?

Philippine M.

Philippine M.


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Commentaires

pliploup

En France, et surtout à la fac, j'avais un groupe d'amies où on faisait toutes entre plus de 1m70, donc pour moi, c'était la norme et ça gênait personne.
Maintenant que je vis dans un pays bien mysogine, je me le suis pris dans les dents des dizaines de fois que j'étais trop grande. La palme revenant à cette phrase qui revenait à CHAQUE FOIS quand j'étais sur Tinder et autres:
"Tu m'as dit que tu faisais 1m75 mais t'as menti - MOI je fais 1m75 et t'es plus grande que moi. C'est vraiment pas cool de mentir sur ça".

Sachant que non non, chez tous les médecins je fais 1m75, et que ces mecs en questions faisaient tous très clairement moins d'1m70...Après, ça permettait de trier hein.

Pour ce qui est du rapport de taille dans un couple, je suis naturellement attirée par les gens nettement plus grand que moi; comme je sais ceci dit que c'est en grande partie un conditionnement social, je me suis toujours dit que si un mec était assez cool pour envisager une relation (sérieuse ou non) ben la taille avait juste zéro impact. Ce serait débile de passer à côté d'une personne top pour une question de taille et de perception par la société.
 

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