Cette enquête dévoile l’ampleur des discriminations à l’université

Le syndicat étudiant UNEF a publié une enquête qui rappelle que les discriminations racistes, sexistes ou LGBTphobes sont encore trop présentes à l’université, et appelle au changement !

Cette enquête dévoile l’ampleur des discriminations à l’université

Alors que de nombreux Français et Françaises se lèvent en ce moment contre les discriminations racistes et les violences policières, l’UNEF a publié, jeudi 18 juin, une enquête édifiante sur les discriminations au sein de l’enseignement supérieur.

L’enquête de l’UNEF sur les discriminations à l’université

L’UNEF se penche ainsi sur les discriminations racistes, sexistes et LGBTI+phobes qui sont encore, malheureusement, trop présentes à l’université. 

Des discriminations aux conséquences dramatiques, comme le rappelle le syndicat étudiant dans un communiqué de presse :

« Ces discriminations nous empêchent d’étudier sereinement, rompent l’égalité face à la réussite, freinent notre émancipation, affectent notre santé mentale et vont parfois jusqu’à nous ôter la vie. 

Elles ne nous garantissent pas tou·te·s les mêmes conditions de vie et le même avenir. »

Les résultats glaçants de l’enquête de l’UNEF

L’UNEF révèle que 7% des universités ne communiquent sur aucun dispositif de lutte contre les discriminations.

Même si les 93% universités restantes ont au moins un dispositif anti-discrimination, l’enquête met en lumière des disparités selon les établissements, et des types de discriminations qui restent grandes oubliées.

Les discriminations racistes à l’universités, oubliées

Selon l’UNEF, le racisme constitue l’une des discriminations oubliées par le supérieur. 

57,23% des élèves disent en effet ne pas savoir comment faire part à l’université d’un comportement raciste, selon une enquête du syndicat intitulée Les jeunes contre le racisme parue en 2019.

Aujourd’hui, l’UNEF révèle que seules 17,7% des universités sont pourvues d’un dispositif institutionnel de lutte contre le racisme et que 76,9% des cellules de veille et d’écoute ne traitent pas de cette discrimination.

Des chiffres préoccupants, alors que 42,3% des personnes perçues comme non blanches disent avoir été victimes de racisme dans le cadre de leurs études, selon l’enquête 2019 sur le racisme et les jeunes de l’UNEF.

Les discriminations LGBTI+phobes à l’université, mises de côté

Il y a une autre discrimination que les universités ont tendance à laisser de côté : les LGBTI+phobies.

L’enquête rapporte en effet que 63,38% des universités n’emploient pas le prénom d’usage des personnes transgenres, qui sont alors constamment mégenrées.

64,1% des cellules de veille et d’écoute ne traitent pas des LGBTI+phobies

De plus, de nombreux étudiantes et étudiants se retrouvent dans des situations très difficiles chaque année car il n’existe pas de dispositifs d’hébergement d’urgence au sein des CROUS.

Lutte contre les discriminations sexistes : des avancées, mais insuffisantes !

La loi Fioraso de 2013 rend obligatoire l’existence d’un ou une chargée de mission égalité femme-homme dans chaque université.

Malgré tout, 24,5% ne communiquent pas sur l’existence de ce poste !

L’UNEF dénonce également que seules 12 universités proposent une formation sur les études de genre.

Le syndicat étudiant regrette enfin que 8,5% seulement des universités aient installé des distributeurs de protections périodiques gratuites.

Si tu as envie d’en savoir plus sur les universités qui ont mis en place de telles installations sur leurs campus, tu peux lire mon article sur les distributeurs de protections à l’Université Paris-Est Créteil.

Sache aussi que les lignes sont en train de bouger de ce côté-là !

À l’occasion de la journée mondiale de l’hygiène menstruelle, le 28 mai, le gouvernement a annoncé que des protections périodiques seraient distribuées dès septembre 2020 : 

« auprès d’élèves du second degré et d’étudiantes, de femmes détenues, de femmes précaires et sans abri ».

Les propositions de l’UNEF pour lutter contre les discriminations à l’université

L’UNEF ne se contente pas de dénoncer les discriminations, elle propose un panel de solutions ! 

L’UNEF demande tout d’abord que toutes les universités mettent en place une cellule d’écoute effective contre les violences sexuelles et sexistes, première étape vers une égalité de réussite des étudiantes et étudiants.

Ensuite, le syndicat revendique une réforme législative pour rendre obligatoires et plus contraignants les dispositifs de lutte contre les discriminations.

Une autre proposition est la mise en place d’un véritable plan national contre les discriminations, accompagné d’un investissement financier important.

Enfin, l’UNEF suggère de rendre l’ensemble des dispositifs mieux connus et plus accessibles aux élèves.

Discriminations à l’université : j’espère que le combat continue !

J’espère que cette enquête contribuera à créer un électrochoc pour que les discriminations dans le supérieur soient prises à bras-le-corps !

Pour ma part, je n’ai eu vent d’une cellule égalité femmes-hommes dans ma fac que quand je suis entrée en 4ème année, et n’ai jamais entendu parler d’instances d’accompagnement spécifiques au racisme ou à la LGBTI+phobie.

Cependant, mon établissement se mobilise de plus en plus sur les questions de sexisme et de violences sexuelles et sexistes, et une libération de la parole a commencé ! J’espère que cette dynamique continue et qu’elle incluera mieux, à l’avenir, les autres types de discriminations.

Et toi, chère lectrice, as-tu déjà subi des discriminations au sein de ton établissement ? Ce dernier prend-il des mesures pour lutter contre celles-ci et les élèves peuvent-ils trouver du soutien auprès de l’administration ?

Viens m’en parler dans les commentaires !

À lire aussi : Pourquoi certaines personnes LGBT disent « pédé » ou « gouine »

Faustine M

Faustine M


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Commentaires

Dragon-Mangue

Une enquête d'une organisation elle-même problématique. :hesite: Extrait de la page de l'UNEF sur Wikipédia :
" En novembre 2017, une enquête du Monde a souligné la « violence sexiste » et le « harcèlement sexuel » qui ont été des pratiques courantes sous diverses présidences. Interrogé par le quotidien, l'ancien président de l'UNEF Jean-Baptiste Prévost a reconnu que l'organisation n'était « sans doute pas exempte de reproches »"
 

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