Comment choisir tes combats et accepter que les gens en privilégient d’autres

Carotte a parfois du mal à s'entendre avec des personnes qui ne se battent pas pour des causes lui paraissant essentielles, mais elle a trouvé un moyen de passer outre.

Comment choisir tes combats et accepter que les gens en privilégient d’autresAndrea Piacquadio / Pexels

Publié le 7 juillet 2020

La révélation m’a frappée il y a quelques mois, quand j’ai vu une vidéo d’Anna Akana intitulée You can’t care about everything (Tu ne peux pas donner de l’importance à tout).

Je te dirai tout sur cette vidéo après t’avoir expliqué le contexte autour, qui fait qu’elle m’a tout de suite parlé, et a été une vraie révélation pour moi.

Avant de te lancer dans la lecture, sache que je suis une personne qui a des attentes et qui ne peut pas s’entendre avec des gens qui se foutent de tout.

Alors cet article est pour toi si tu te reconnais là-dedans. Sinon, tu risques d’y voir des injonctions et ce n’est donc peut-être pas un contenu qui te parlera…

Ma frustration envers les gens qui ne partagent pas mes combats

J’ai tendance à être irritée par les personnes ne donnant pas d’importance aux choses qui, selon moi, devraient en avoir.

Je ne parle même pas de valeurs ou d’opinions, qui pour le coup sont propres à chacun… Je parle des choses qui sont nuisibles, de façon prouvée, confirmée, mais qui ne sont pas pour autant interdites.

Ces choses qui exigent que nous agissions au niveau individuel afin de bâtir un monde meilleur.

Pour te donner un exemple, en tant que végétarienne, je serais irritée dans la situation suivante : savoir qu’une personne de mon entourage se nourrit régulièrement de viande industrielle, alors que je boycotte cette industrie.

Ici ce n’est pas juste une histoire de goût et d’opinion : il y a un réel problème au niveau des élevages qui produisent ce genre de viande, c’est une industrie qui génère beaucoup de maltraitance animale et abîme l’environnement !

Un autre exemple serait celui du féminisme. Je suis extrêmement perturbée lorsque des gens que j’aime se disent « pas féministes ».

Dans ces deux cas, je vois trois explications à l’attitude de mes proches :

  • L’ignorance (une méconnaissance du féminisme ou de l’impact qu’ont les élevages industriels par exemple)
  • Le refus de voir la réalité en face
  • L’indifférence vis-à-vis de ces problématiques

Mais en 2020, avec toutes les ressources disponibles, je ne trouve pas « d’excuses » au fait de ne pas être renseignée sur le sujet, de ne pas être consciente de ces tristes réalités, c’est pour ça que ces situations me titillent…

Je précise, pour m’assurer que mon message soit clair, que je fais référence à mon entourage, aux gens de « mon milieu social ».

Je suis fort consciente que certaines personnes et populations sont bien contentes d’avoir le droit à un morceau de viande, ne serait-ce que pour survivre, ou sont trop occupées à vivre au jour le jour pour s’investir dans le féminisme !

C’est aussi pour cela que je trouve important de s’engager quand on est dans une situation qui le permet : parce que d’autres le voudraient mais ne le peuvent pas.

Je suis exaspérée, par exemple, quand on me dit que l’écologie est « un problème de riches ». Déjà, c’est faux, et en plus, je ne vois pas en quoi ce serait un argument pour ne rien faire. Au contraire !

Notre situation privilégiée nous permet d’agir pour la planète ? Quelle chance ! Faisons-le sans attendre.

Personne n’est parfait mais tout le monde peut faire des efforts

Je sais, évidemment, que moi-même je ne suis pas parfaite. Mais j’essaye d’en faire un maximum.

Alors quand je vois d’autres gens ne pas faire comme moi, ça me perturbe, ça m’énerve, ça me dépite. Je me dis qu’il serait si facile pour eux d’en faire ne serait-ce qu’un petit peu plus ! (Ou un petit peu tout court…)

Il y a toujours des causes pour lesquelles on n’est pas engagée, pour lesquelles on pourrait faire plus. Je ne demande pas aux autres de compatir à toute la misère du monde, juste d’en faire un minimum !

La première étape, ce serait selon moi de ne pas réagir de manière défensive lorsqu’on est confrontée à ses contradictions — une réaction que je vois beaucoup.

En effet, ce qui a le don de me rendre folle, ce sont les gens qui sont conscients qu’ils pourraient faire des efforts mais n’en font pas, sans autre raison aucune que « la flemme » ou « oui mais je veux pas changer mes habitudes moi ».

Je ne m’énerve pas automatiquement sur les gens qui ne vont pas dans mon sens, bien que j’essaye parfois de les raisonner et d’ouvrir la discussion.

Mais les échanges qui m’attristent le plus sont ceux qui finissent par des généralités hors-propos pour se trouver des excuses, du type « mon corps mon choix », en réaction par exemple à un échange sur le fait de manger des produits animaux élevés en batterie — sous-entendu « c’est mon corps, et mon choix de mettre ce que je veux dedans ».

Cette réponse ne peut pas s’appliquer pour tout comme une vérité générale : dans ce cas précis, la personne qui la prononce se contredit selon moi, car si elle croit vraiment en « mon corps mon choix », pourquoi se nourrit-elle d’un animal qui lui, n’a pas choisi de mourir pour être ingurgité ?

Malheureusement pour ce dernier, il n’a pas eu son « mot à dire »… La liberté, chez les animaux, est beaucoup plus subjective que chez les humains, voire inexistante.

Mais je sens que je pars dans une tirade sur la maltraitance animale et le végétarisme, alors laisse-moi revenir à mon propos initial.

Ce n’est pas grave de choisir ses combats

J’ai donc trouvé un moyen de composer avec l’injustice du monde, celle qui permet aux uns de faire des choses qui nuisent à d’autres.

Parce que moi aussi, je nuis forcément à d’autres dans certains de mes choix, même sans le vouloir.

Il y a bien évidemment des causes pour lesquelles je ne fais rien de spécial. Je les ai jugées « moins importantes », et je laisse à autrui le soin de s’en occuper.

Car j’ai choisi mes combats. Je me suis octroyé ce droit. Et j’ai donc décidé d’accepter que les autres, eux aussi, choisissent leurs combats.

Évidemment, je tique toujours quand un individu montre un désintérêt total voire assume de se ficher complètement de quelque chose qui à l’échelle du monde EST indéniablement important, comme l’écologie par exemple.

J’ai l’impression que ça dénote d’un manque d’empathie assez flippant.

Je préfèrerai toujours une personne qui, au moins, culpabilise de ne rien faire. À mes yeux, ça montre qu’au fond, elle ne s’en fiche pas, qu’il y a de l’espoir pour qu’elle change d’avis…

Je me rappelle aussi que si elle ne fait rien, c’est peut-être parce qu’elle a choisi d’autres combats !

Comment choisir tes combats sans t’en vouloir

J’en reviens donc à la vidéo d’Anna Akana, qui m’a fait réaliser que dorénavant, je m’attarderai sur les combats des gens avant de les cancel de ma vie.

La vidéaste explique qu’il y a tellement de causes auxquelles donner de l’importance que si une personne était sur tous les fronts, elle serait drainée de toute énergie et ne serait plus capable de rien défendre correctement.

Selon Anna Akana, il vaut mieux choisir 2 ou 3 causes pour lesquelles on va vraiment s’investir, de préférence celles avec lesquelles on a une connexion personnelle.

En ce qui la concerne, il s’agit de la prévention du suicide, de la lutte antiraciste, et de la défense des droits des animaux.

Elle fait aussi référence à la « compassion fatigue » (la fatigue née de la compassion, de l’empathie), qui nous ensevelit tous et toutes à l’ère d’Internet et des réseaux sociaux qui sont aussi un outil de militantisme.

On est surexposées à tous les malheurs du monde et on peut vite finir noyées sous tout ça, se sentir impuissantes et démunies.

C’est ce qui peut nous décourager, nous amener à ne rien faire, car il y a TELLEMENT de choses à faire qu’on ne sait pas quoi choisir, paralysées par l’impression qu’on ne fera jamais assez.

Mais il y a une solution : choisir ses combat et s’y tenir.

Si chacune fait un peu dans son coin, au final, toutes les causes sont prises en main !

Choisis donc celles qui te parlent le plus, et accepte que les autres fassent de même. Ce qui veut dire qu’ils ne mèneront pas forcément les mêmes combats que toi !

Composer avec les gens qui ne partagent pas les mêmes combats

Désormais, quand je suis frustrée par le comportement de quelqu’un pour laquelle j’ai de l’admiration ou de l’affection, je m’attelle à compter ses combats avant de me faire une opinion.

Cette personne qui utilise de la javel pour tout et rien et refuse d’essayer le vinaigre blanc ne serait-ce qu’une fois m’exaspère, et je pleure la planète…

Mais cette même personne est engagée pour une association aidant les sans-abri et ne mange plus de viande depuis 5 ans.

Cette personne qui se délecte de nuggets McDo régulièrement m’a dit clairement qu’elle aimait trop ça pour arrêter même si elle sait pertinemment que des poussins sont broyés vivants pour son plaisir…

Mais elle est féministe engagée, n’achète que des vêtements d’occasion depuis 3 ans, et malgré le fait qu’elle habite en banlieue, elle ne prend jamais la voiture, elle s’entasse dans le RER bondé chaque matin.

Bref, parfois il est difficile de combiner avec la chose qui me dérange, mais tout va mieux lorsque je l’équilibre avec les engagements de ladite personne.

C’est une méthode qui ne marche pas toujours, car il y a des gens qui ne permettent pas cet équilibre. Mais jusqu’ici, ça m’a souvent aidée à prendre du recul et à éviter de sortir de ma vie des gens que j’apprécie beaucoup !

J’espère que cette méthode t’aura toi aussi un peu aidée, et que comme moi tu te sentiras un peu plus légère en l’appliquant.

À lire aussi : Comment j’ai compris que j’étais introvertie et pourquoi je le vis bien

Caroline Arénas

Caroline Arénas

Carotte est rédactrice Mode. Elle aime tout ce qui est les chiots, les graines et l'automne. C'est aussi elle qui écrit cette description à la troisième personne.

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Commentaires

Jane Morgendorffer

@Carotte Merci pour cet article très bien écrit! :happy:
 

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