J’ai avorté en secret par choix, honte ou peur du jugement

À l'occasion de la sortie en salles du film Never, Rarely, Sometimes, Always, trois lectrices de madmoiZelle racontent leur avortement et leur choix de le garder secret.

J’ai avorté en secret par choix, honte ou peur du jugement©2020 Focus Features, LLC. All Rights Reserved

Publié le 28 août 2020

En partenariat avec Universal (notre Manifeste)

*les prénoms ont été modifiés

Tomber enceinte et décider d’avorter.

Derrière un choix d’apparence si simple, exprimé en une si petite phrase, peuvent parfois se cacher honte, solitude, peur, jugement, tabou, rejet familial. Mais aussi doutes, soulagement, soutien et accompagnement.

Si chaque femme est différente, chaque femme ayant fait le choix d’avorter l’a vécu à sa façon. C’est le parcours de l’une d’entre elles que raconte le film Never, Rarely, Sometimes, Always réalisé par Eliza Hittman, sorti au cinéma le 19 août 2020.

Autumn (Sidney Flanigan) tombe enceinte et fuit pour avorter en secret. Mumu*, Séverine* et Claire, lectrices de madmoiZelle, lient leur histoire à la sienne pour expliquer pourquoi elles ont décidé de cacher à leur copain, meilleure amie, mère ou sœur cet épisode de leur vie.

Never, Rarely, Sometimes, Always, un film sur l’avortement aux États-Unis

Autumn et sa cousine Skylar, incarnées par Sidney Flanigan et Talia Ryder, sont les adolescentes au centre de Never Rarely Sometimes Always.

Habitantes d’une zone rurale de Pennsylvanie, l’un des États américains à la législation la plus restrictive concernant le droit à l’avortement, elles décident de prendre la route pour rejoindre New York et permettre à Autumn de mettre fin à sa grossesse dans de bonnes conditions.

Elles sont seules, sans aucun soutien de leurs parents qui ignorent tout de ce qui se passe dans leur vie. Leur périple sera loin d’être paisible.

Garder secrète une grossesse puis un avortement, s’organiser, se cacher, prendre la route, tout faire pour tout dissimuler quitte à se mettre en danger.

Se sentir coupable, ne pas oser poser des questions, ne pas trouver d’interlocuteur ou d’interlocutrice fiable auprès de qui s’informer… Pour découvrir l’histoire d’Autumn, rendez-vous dès maintenant dans les salles de cinéma.

Avec leur propre contexte familial, en France et avec leurs mots, Mumu, Claire et Séverine détaillent leur choix d’avorter en secret par peur du jugement et de l’exclusion, ou tout simplement par désir de laisser privée cette décision de l’intime.

J’ai avorté en secret pour préserver mon intimité

Mumu fait partie du tiers de femmes françaises qui avorteront une fois dans leur vie. Quand elle est tombée enceinte, elle avait 21 ans.

Elle l’a caché à son copain, à son père dont elle est si proche, à sa mère féministe, à ses meilleures amies, par choix… et aussi par honte.

Après avoir rencontré ce garçon animateur dans une colonie dans laquelle elle travaillait, ils ont vécu une jolie idylle à distance. Leur vie sexuelle était toujours protégée par des préservatifs, jusqu’à cette soirée de réveillon alcoolisée.

Début février, toujours pas de nouvelles de ses règles. Puis les seins lourds, la nausée permanente et une prise de sang sans appel.

« Je n’en ai parlé à personne.

Quand j’ai demandé à mon copain si on avait utilisé une capote lors de notre rapport bien alcoolisé au réveillon, il m’a dit qu’il ne s’en souvenait pas.

Ne me souvenant pas de grand-chose non plus, je ne pouvais pas lui en vouloir. Mais pour autant, je n’avais aucune envie de m’exposer et de lui dévoiler mon intimité.

Je n’arrivais plus à lui faire confiance malgré tout.

Je l’ai caché à ma famille car je sais que ma grand-mère a fait une fausse couche après la naissance de ma tante et qu’elle en porte toujours le deuil.

Je sais que ma tante a eu beaucoup de mal à tomber enceinte de mes cousines et qu’elle a dû passer par de nombreux et contraignants traitements pour y parvenir.

J’aurais pu le dire à mes parents, nos relations étaient au beau fixe et je connais leur opinion sur le sujet de l’avortement.

Je m’entends très bien avec mon père depuis toujours, il me donnerait le bon dieu sans confession. Je suis l’archétype de la « fille à son papa » et je l’admire beaucoup.

Je sais qu’il m’aurait épaulée à la hauteur de ses moyens et avec sa terrible maladresse mais depuis que je peux, je le tiens volontairement éloigné des affaires que je considère intimes.

Ma mère est une femme forte et juste dont j’essaye de m’inspirer depuis longtemps. Dans sa large bibliothèque, Simone de Beauvoir, Élisabeth Badinter, Simone Veil et Gisèle Halimi ont une place toute particulière.

Je pense que ma mère, cette féministe, aurait été l’interlocutrice idéale avec qui traverser et partager mon avortement. Pourtant, je n’ai pas été capable de lui partager mon expérience, mon désarroi et mes peurs.

Cette procédure d’IVG médicamenteuse, je l’ai donc suivie toute seule, ayant prévu tout ce que je pouvais prévoir à l’avance : des antidouleurs, une bouillotte, de quoi distraire mon cerveau, de la bonne nourriture et mes numéros d’urgence sous la main.

J’ai eu mal et ce n’était pas un des moments les plus agréables de ma vie.

Je crois que je l’ai caché à mes amies et à ma famille parce que, honnêtement, je m’en veux. J’ai eu la chance de grandir dans un foyer où les informations sont à portée de mains (il y avait des capotes internes et externes dans nos toilettes).

J’ai accès à une multitude de ressources différentes (Internet, associations, numéro vert) pour m’éduquer et me protéger.

Pourtant, je suis quand même tombée enceinte. Pourtant, je ne me suis pas précipitée comme j’aurais dû pour aller chercher la pilule du lendemain. Je ne suis pas allée consulter plus tôt pour prendre en main la situation rapidement.

Je ne suis pas fière d’être tombée enceinte par accident mais je suis fière d’avoir réussi à gérer une IVG toute seule et d’avoir priorisé mon bien-être avant toute chose.

Je me suis protégée de l’avis implicite ou clairement exprimé des autres, comme pour beaucoup d’autres décisions dans ma vie.

Ma décision d’avorter a été l’une des décisions les plus intimes que j’ai prises de ma vie à ce jour et je suis soulagée d’avoir pu préserver ce que j’appelle mon intimité.

Bref, j’ai avorté quand j’avais 20 ans, je le cache toujours à mon entourage et je le vis très bien ! »

Même si elle a conscience de l’ouverture d’esprit de ses parents, Mumu reconnaît aussi qu’ils n’ont pas ouvert de dialogue avec elle à propos des MST/IST, de la sexualité ou même de ses premières règles.

Elle explique que son incapacité à se livrer à ses parents peut être corrélée à ce tabou.

J’ai caché mon avortement aux femmes de mon entourage

Dans les nombreux témoignages envoyés par les lectrices de madmoiZelle, ce qui revient le plus souvent, c’est la solitude. Même avec le soutien d’un ou d’une proche, elles ont vécu cet évènement seules dans leur chair et dans leurs émotions.

C’est le cas de Séverine qui avait 31 ans quand elle a simulé une migraine ophtalmique pour aller faire un test de grossesse au laboratoire.

Entre un arrêt de pilule et une pose de stérilet, les préservatifs et spermicides étaient de mise. Pourtant, il est venu un jour où elle a senti qu’il se tramait quelque chose d’inhabituel dans son corps et son ventre.

Elle était enceinte de deux semaines et a choisi de s’entourer de trois hommes pour l’accompagner dans sa démarche d’IVG, de peur d’être jugée par les femmes de son entourage.

Séverine raconte une procédure d’avortement compliquée à vivre qui lui a fait se rendre compte que l’accès à l’avortement, même en France, n’était pas aussi acquis qu’elle le pensait.

« J’avais passé la nuit à me renseigner sur les procédures d’IVG, au cas où. Sauf que les infos qu’on trouve sur le net sont loin de refléter la réalité, ou alors je n’ai juste pas eu de chance.

Ma décision était prise dès le départ, cette grossesse n’était ni attendue ni désirée.

Entre temps j’en ai quand même informé mon cher et tendre qui partage mon point de vue. J’apprends, au passage, que ce n’est pas la première fois que ça lui arrive…

Je contacte donc la généraliste de mon quartier, qui par bonheur est également gynéco. Elle m’explique que seuls certains médecins sont autorisés à prescrire les IVG médicamenteuses et elle n’en fait pas partie.

Elle me communique toutefois les coordonnées de son confrère qui peut me recevoir l’après-midi même.

Il m’explique le protocole, me file le premier cacheton, ceux à prendre quarante-huit heures plus tard et l’ordonnance, pour avoir de quoi neutraliser toute forme de douleur.

Je ressors de son cabinet soulagée. Au pire, dans trois jours, tout sera terminé. Surtout quand on se fie aux statistiques de réussite de ce type de protocole.

Mon compagnon arrive à se libérer pour venir jouer le garde-malade le surlendemain ; on m’a en effet conseillé de ne pas rester seule. J’ai mal, mais sans plus.

Pas assez mal, d’ailleurs, je le crains. La prise de sang de contrôle quelques jours après confirme mes craintes. Les médocs n’ont pas fonctionné.

Rebelote. Toubib, médicaments pris dans son cabinet (triple dose cette fois), petite enveloppe avec ceux à prendre quarante-huit heures après et le chéri qui peut se libérer pour revenir veiller sur moi.

Notons, au passage, qu’il était aux abonnés absents à chacun de mes rendez-vous médicaux. Cette fois je n’ai pas le temps d’avoir mal, je plane totalement et dors toute la journée.

Nouvelle prise de sang de contrôle quelques jours après. Encore un échec. J’appelle en urgence le médecin qui me dit que cette fois je n’ai plus le choix, c’est le billard.

Chouette. Moi qui déteste les hôpitaux et qui n’ai jamais mis les pieds dans un bloc opératoire, je vais faire mon baptême du feu…

Je contacte l’hôpital de ma ville, j’ai rendez-vous une semaine après. Seule, une fois de plus.

Je suis reçue par un jeune médecin qui m’explique que l’équipe de médecins titulaires sont en général réticents à faire ce type d’opération.

Donc en gros, pour te filer les médocs et que tu ailles avorter toute seule dans ta salle de bain, y a pas de souci. Mais dès qu’ils doivent faire leur boulot de médecin, ils se découvrent une clause de conscience.

Il me promet toutefois de me rappeler sous trois jours, ne serait-ce que pour me permettre de m’orienter vers un autre hôpital, si besoin.

Ça fera bientôt deux ans et j’attends toujours son appel… J’ai fini par être prise en charge par une super équipe dans un hôpital à 50 km de chez moi.

Compte tenu du nombre d’interventions qu’elles sont obligées de faire, mon rendez-vous est prévu pour dans quasiment un mois. C’est pas grave, je prends.

C’est une fois que j’ai eu une date pour l’intervention que j’ai décidé d’en parler à certains de mes proches.

Mon meilleur ami, parce que je commençais à avoir la trouille et que j’avais besoin de son humour de merde pour me soutenir. Il a su trouver les mots, comme d’habitude.

Mon frère, que j’ai désigné comme personne de confiance « au cas où ». On n’est pas très bavards dans la famille, je ne sais donc pas trop ce qu’il a pensé de tout ça. Il est peut-être déçu de ne pas être tonton.

Toujours est il qu’il n’a pas essayé de me faire changer d’avis, et ça, ça n’a pas de prix.

Pas un mot à ma mère, parce qu’elle m’aurait encore considérée comme la dernière des salopes et aurait peut-être même sous-entendu que c’était bien fait pour moi.

Pas un mot à ma meilleure amie. Elle a galéré pour avoir ses enfants, elle aurait eu la rage que je sois tombée enceinte plus rapidement qu’elle et en faisant en sorte que ça n’arrive pas. Elle m’en aurait voulu à mort de ne pas le garder.

Bref, elle n’aurait pas compris.

Pas un mot à mes collègues de boulot qui voyaient bien que j’avais quelques soucis de santé mais n’ont pas cherché à fouiner pour en savoir davantage.

Pas un mot à mes rares copines plus ou moins proches. Peur de leur jugement peut-être ? Ou simplement pas envie de m’étendre sur le sujet.

Au final, j’ai traversé cette épreuve entourée de mecs. Alors que le soutien d’une femme m’aurait peut-être été salutaire. Ou pas. Je n’en sais rien.

Toujours est-il que même si mes trois compères (chéri, frère de sang et frère de cœur) étaient là pour assurer mes arrières, j’ai globalement traversé ça toute seule.

Aujourd’hui, j’en parle à peu près librement, surtout pour que les gens prennent conscience que le droit à l’IVG est encore loin d’être acquis. »

J’ai avorté en secret après un viol, victime du slut-shaming et de la culture du viol

Claire avait tout juste 18 ans lorsqu’elle est tombée enceinte après un viol qu’elle a mis plusieurs années à conscientiser.

Cela faisait dix-huit mois que ses parents étaient séparés, elle vivait le premier déménagement de sa vie loin de tous ses amis, l’année de sa majorité était rude et elle était dévastée.

Son père absent ne lui avait pas souhaité son anniversaire à cause d’une prise de bec avec sa nouvelle compagne, et dans une soirée de solitude, elle a invité ce garçon chez elle.

« Une chose en entraînant une autre, nous nous sommes retrouvés aux préliminaires et à ce stade, j’étais consentante.

Malheureusement, je n’avais qu’un préservatif et il l’a fait craquer. Il a refusé d’aller en acheter un autre, je n’avais pas le permis et la maison était isolée, je ne pouvais donc pas y aller moi-même.

Il a lourdement insisté pour le faire sans capote mais je n’ai pas cédé. Il ne m’a pas forcée… il a juste attendu le lendemain matin pour me violer pendant que je dormais.

Le jour suivant (qui était également le jour où j’allais fêter mes 18 ans), me voilà partie avec une amie ayant le permis pour chercher la pilule du lendemain en pharmacie.

Je n’étais pas consciente d’avoir été violée et je me sentais comme une idiote de m’être mise dans cette situation.

Quelques semaines plus tard, me voilà dans ma famille, mais seule, sans permis, dans la maison de mon beau-père isolée à la campagne. J’avais dix jours de retard sur mes règles.

J’ai réussi à acheter discrètement deux tests de grossesse pendant que ma mère faisait les courses. J’en ai fait un en tremblant. Puis un autre le lendemain. Rien à faire, les deux étaient positifs.

La possibilité de ne pas avorter ne m’a même pas effleurée. J’avais la sensation d’avoir un parasite en moi, j’allais démarrer des études longues et prenantes et surtout je ne voulais PAS d’un enfant — d’ailleurs je n’en veux toujours pas !

C’était déjà délicat de me procurer un test de grossesse, je ne vous parle même pas d’un rendez-vous chez un gynécologue.

Ma mère me croyait vierge et célibataire, je ne prenais pas la pilule et dans ma famille il était hors de question de prendre des hormones sans une très bonne raison.

Je connaissais à peine mon beau-père et son fils, qui avaient le permis. Je n’avais pas assez confiance en eux pour qu’ils m’emmènent dans le dos de ma mère et je ne connaissais personne d’autre.

J’étais, ou en tout cas je me sentais, coincée.

J’ai donc « patiemment » attendu la rentrée et l’arrivée à Paris. J’ai pris un rendez-vous dans le Planning familial le plus proche. Il m’a fallu au moins deux semaines pour cela, notamment parce que je ne voulais pas rater de cours.

Il était hors de question que cela ait le moindre impact sur mon futur.

J’y suis allée comme à une obligation désagréable, un mauvais moment à passer. Personne ne m’a jamais soufflé à l’oreille que c’était un viol.

On m’a beaucoup (trop) demandé si j’étais sûre de ne pas vouloir le garder, alors que j’avais très clairement expliqué la situation et mes intentions.

Je n’avais personne pour m’accompagner à l’IVG par aspiration, il était trop tard pour une IVG médicamenteuse. Je n’ai donc pas eu droit à l’anesthésie générale car il aurait fallu que quelqu’un vienne me chercher.

Je crois que dans tout le processus, c’est ça qui a été le plus dur. Je pouvais gérer seule la décision et les suites, mais la solitude du jour de l’avortement a été le pire.

Après, il a fallu attendre plusieurs heures, j’avais mal et j’avais beau avoir apporté du travail, je n’arrivais pas à m’y mettre. J’ai fini par rentrer à l’internat en transports en commun, je me souviens d’avoir été extrêmement seule.

La raison pour laquelle je n’en ai parlé à personne dans ma famille ? Le fucking slut shaming dont j’ai été victime du début à la fin de cette histoire.

J’avais interiorisé que tout était de ma faute. J’avais honte d’avoir fait confiance à ce garçon alors que j’avais été élevée pour être une fille forte, indépendante, intelligente, qui ne tombe pas dans les bras du premier goujat venu.

Je n’en ai parlé qu’à un seul adulte à l’époque en dehors du Planning familial : l’infirmière du lycée où je faisais ma prépa. J’ai pu compter sur elle pour justifier mes absences, elle m’avait dit que si j’avais besoin de parler je pouvais venir la trouver.

Aujourd’hui, je pense que je n’en parlerai jamais à ma mère non plus. Je ne m’en veux pas du tout d’avoir avorté, mes amis sont au courant, je crois que mon frère le sait aussi, mes copains ont tous été au courant de l’histoire.

Je crois que j’ai trop peur d’entendre que je l’avais bien cherché, que j’aurais dû frapper ce mec et aller chez les gendarmes. »

À lire aussi : Comprendre la sidération, qui empêche de se débattre pendant un viol

La tabou sur l’avortement en France vecteur de désinformation et d’isolement

La question du secret dans une procédure d’avortement n’est pas anodine, puisque, comme le reflètent les témoignages de Mumu, Séverine et Claire, elle conditionne leurs appréhensions, leur approche et leur vécu de l’IVG.

Sarah Durocher, co-présidente du Planning familial, explique à madmoiZelle l’impact du tabou autour de l’avortement sur les procédures d’IVG.

« L’impact de ce tabou qu’on observe nous, c’est l’isolement. Ne pas forcément en parler alors qu’elles auraient envie d’en parler par peur de la réaction de l’autre. La culpabilité aussi.

Elles se disent qu’elles ont fait une connerie, qu’elles ont fait une erreur, alors que c’est une femme sur trois qui vivra un avortement dans sa vie et que l’avortement n’est pas un problème mais une solution à une grossesse qui n’est pas désirée.

En lien avec le tabou de l’avortement, il y a le tabou sur l’éducation à la sexualité. Il y a beaucoup de désinformation qui circule.

Étant donné que beaucoup de femmes sont dans une culpabilité et un isolement, elles vont moins poser de questions, moins interroger, elles auront moins d’informations.

Elles appréhendent donc le vécu avec des craintes diffusées par des anti-choix : que c’est dangereux pour la santé, qu’il y aura des graves conséquences physiques, que, quand même, moralement ce n’est pas très bien…

On voit très bien qu’il y a certaines femmes que l’on reçoit qui ne savent pas comment leur corps fonctionne, comment un avortement se passe. Ça a forcément un impact sur leur vécu de l’avortement et sur leur crainte de poser des questions. »

Plus une femme est informée, plus elle est préparée et plus elle se sentira à l’aise de poser des questions aux personnes indiquées. Chaque femme est différente, chaque procédure d’avortement est singulière.

« Quand une femme arrive au Planning, elle arrive avec tout son bagage : son environnement, son histoire… Notre objectif va être de tout prendre en compte.

Si elle est dans le secret, on va mettre en place avec elle des stratégies pour garder ce secret. S’il y a besoin d’accompagnement on sera là, s’il y a besoin d’avoir des infos supplémentaires, on sera là.

Il y a des professionnels de santé qui font aussi ça très bien, mais le Planning a cette spécificité de prendre vraiment en compte l’environnement des personnes : le fait de ne pas avoir de papiers, de ne pas avoir de logement, d’avoir vécu des violences, le fait d’être mineure et que les parents ne soient pas au courant… »

Que faire si je tombe enceinte ?

Pour trouver des interlocutrices fiables, obtenir des informations rassurantes et utiles et poser toutes les questions que tu souhaites à propos de l’IVG, la sexualité ou la contraception, le numéro vert anonyme et gratuit du Planning Familial est accessible au 0 800 08 11 11, du lundi au samedi de 9h à 20h en métropole et du lundi au vendredi de 9h à 17h aux Antilles.

Attention aux sites Internet et numéros anti-choix très bien référencés sur Google !

Pour trouver le centre de Planning familial le plus proche de chez toi, rendez-vous sur la carte accessible sur le site internet du Planning.

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À lire aussi : Ce projet de loi veut améliorer l’IVG en France, et personne n’en parle

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