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1 femme sur 3 s’est sentie « perdue » lors de ses premières règles, et ce n’est pas normal

12 juil 2018 29
Une étude récente révèle que 40% de femmes ont eu peur lors de l’arrivée de leurs premières règles. Un chiffre qui interroge sur le manque alarmant d’éducation autour des menstruations.

Mise à jour du 12 juillet 2018

Les premières règles, c’est souvent une surprise, et saigner de n’importe quel endroit du corps peut être un motif de panique.

Mais les enquêtes montrant à quel point les premières menstruations peuvent être mal vécues soulèvent un enjeu plus grave.

Une récente étude, menée cette fois aux États-Unis auprès de 2000 personnes et en partenariat avec TheDivaCup, met à nouveau en lumière le manque d’éducation des filles sur le fonctionnement de leur propre corps.

Quelques chiffres marquants :

  • 1 femme sur 3 a déclaré s’être sentie perdue, confuse au moment de ses premières règles.
  • 40% des interrogées ont eu peur et plus de la moitié se sont dites gênées. 

À l’origine de cette confusion, un tabou persistant qui fait l’impasse sur l’information des jeunes femmes et les retient souvent d’en parler à leur entourage.

48% des femmes ont déclaré n’avoir jamais osé aborder le sujet avant d’avoir leurs règles, ce qui a entrainé un manque de préparation total pour la plupart.

Des résultats qui concordent avec ceux de l’enquête menée en 2017 au Royaume-Uni (lire ci-dessous), qui révélait déjà l’urgence d’une meilleure éducation sexuelle.

J'AI MES RÈGLES

La moitié des femmes se sentaient ignorantes lors de leurs premières règles

Article publié le 24 mars 2017

En mars 2017, un programme britannique d’éducation aux questions de puberté pour les enfants de 8 à 12 ans, Betty for schools, a décidé de mener l’enquête pour évaluer la préparation des jeunes femmes face aux règles.

2000 femmes âgées de 16 ans et plus ont été interrogées sur la perception de leur tout premier cycle.

Et le constat pousse à réfléchir

Un premier chiffre interpelle. 47% des répondantes expliquent que lorsqu’elles ont eu leurs premières règles, elles ne se sentaient pas prêtes du tout, ou n’ont pas compris ce qu’il se passait. En clair, c’était un peu la panique pour elles…

D’ailleurs, selon The Independant qui relaie la même étude, une majorité (60%) avait peur et le même nombre ou presque se sentait mal à l’aise (58%) avec le sujet. Près de la moitié de ces femmes n’ont même pas osé dire tout de suite à leurs proches qu’elles avaient eu leurs règles.

Et le problème vient de l’éducation. On ne parle que très peu des menstruations, et souvent uniquement avec un angle biologique, sans aborder les questions pratiques. En clair, on explique qu’il va y avoir un écoulement de sang mais pas comment réagir.

Et c’est un problème car 73% des répondantes expliquent ne pas s’être senties capables de poser des questions quand la leçon traitait de menstruations.

Des chiffres tristes qu’il faut cependant nuancer. Les personnes interrogées ont plus de 16 ans et on peut espérer que la nouvelle génération se sent plus à l’aise avec le sujet.

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Il faut arrêter d’éduquer à la honte des règles (c’est catastrophique)

Non, les règles ne doivent pas être un phénomène honteux.

La moitié de la population a ses règles pendant une grande partie de sa vie. C’est simplement normal. Bien entendu, tout le monde a le droit d’avoir sa pudeur, mais ce malaise qui entoure les menstruations peut avoir des conséquences désastreuses.

Quand on place les règles comme un tabou ou lorsqu’on désigne cette mécanique naturelle comme quelque chose de dégueulasse, il ne faut pas oublier qu’on parle du corps humain, de quelque chose de presque inévitable.

Les règles peuvent alors devenir une véritable machine à complexes, avec toutes les répercussions qui y sont liées. Quand on n’ose pas en parler, s’exprimer sur une interrogation ou encore un problème qui y est lié, ça devient un cauchemar.

Et les conséquences vont plus loin encore…

Quand le tabou des règles déscolarise des jeunes filles

Chloé expliquait le 21 mars dernier comment certaines jeunes Britanniques se retrouvent forcées de ne pas aller à l’école quand elles ont leurs règles car elles n’ont pas les moyens d’acheter de quoi se protéger.

Les protections hygiéniques ont un coût et le tabou qui entoure ce sujet fait qu’elles ne sont pas toujours proposées dans les banques alimentaires.

Tant qu’on ne pourra pas parler librement des règles, des personnes vivront mal le fait de les avoir et trouver des solutions restera compliqué.

Comment faire pour sortir de cette honte liée aux règles ?

Après tant de plaintes, une question persiste : quelle solution à ce problème ? Et bien, elle est à la fois simple et compliquée : elle consiste en l’évolution des mentalités.

Et ça, la politicienne britannique Paula Sherriff, connue pour son engagement pour les droits des femmes, le résume bien au journal The Independant :

« Il faut que les femmes se sentent à l’aise pour parler ouvertement des règles afin d’assurer aux générations futures une meilleure préparation et information.

C’est vital que l’ensemble de la jeunesse, fille comme garçon, soit éduquée de manière à tacler cette culture de la honte qui entoure les règles. »

Pour que ça marche, il faut donc simplement être ouvert à ce genre de discussion avec des enfants.

L’école a d’ailleurs son rôle à jouer en expliquant très tôt ce que sont les règles. Je n’ai par exemple pas souvenir d’en avoir parlé avant ma quatrième, à 13 ans donc, alors que la plupart de mes amies étaient déjà menstruées, certaines depuis des années. C’était bien trop tard.

Aujourd’hui en France, la puberté est censée être enseignée à partir du CM2. Un beau pas en avant vers la déculpabilisation des règles, mais une avancée qui restera insuffisante sans un mouvement collectif.

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Les Commentaires
29

Avatar de Coline C
14 juillet 2018 à 17h32
Coline C
Je me rappelle pas très bien, mais en gros ma mère m'a juste montré où étaient rangées les serviettes et comment ça se mettait dans la culotte.
3
Voir les 29 commentaires

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