15 femmes racontent comment elles se sont libérées de leur addiction à la cigarette


Nous avons lancé un appel aux anciennes fumeuses pour obtenir tous les tips qui leur ont permis de vaincre l’addiction à la cigarette. Nous avons recueilli une quinzaine de témoignages qui donneront certainement du courage à celles qui espèrent arrêter !

réussir a se libérer de son addiction a la cigaretteArianna Jadé/Pexels

En partenariat avec ACT – Alliance contre le tabac (notre Manifeste)

Le 5 février 2021, Santé Publique France diffusait ses premières estimations régionales de mortalité attribuable au tabagisme en 2015. Même s’il existe de fortes disparités selon les régions de France et des DOM, ce rapport atteste que « la fraction de décès attribuables au tabagisme chez les femmes représentait 6,9% au niveau national (soit 19.800 décès attribuables) ». C’est deux fois plus de décès liés au tabac qu’il y a 20 ans…

Toujours dans ce même rapport, on peut lire que « le cancer en France est la première cause de décès attribuable au tabagisme » ; cependant si l’on se concentre sur la population féminine, les résultats sont plus nuancés : « chez les femmes, ce sont les maladies cardiovasculaires et les maladies respiratoires chroniques ». Pourtant, chaque année, dans notre entourage (1 femme sur 5 fume quotidiennement en France), certaines allument leur première clope, ou à l’inverse grillent, sans le savoir, leur dernière. 

Alors, à l’occasion du lancement de la campagne de prévention Femmes Libres destinée aux femmes et lancée par l’ACT-Alliance contre le Tabac, Madmoizelle souhaite dédier un papier à celles qui ont réussi à sortir de leur addiction à la nicotine, et retrouver leur liberté et leur tranquillité d’esprit. Vous nous avez livré votre histoire avec la cigarette, et nous vous en remercions.

*Les prénoms ont été modifiés.

Comment vous est venue l’envie d’arrêter de fumer ?

Beaucoup parmi vous se sont mises à fumer « malgré elles », dans le but de se rapprocher de personnes qu’elles idéalisaient, réelles ou fictives. Passé ce premier constat, la prise de conscience arrive très vite : « Je suis devenue une fumeuse régulière et je ne peux plus me passer de nicotine. »

Nombreuses sont celles à avoir apprécié la cigarette pendant plusieurs mois sans réel désir d’arrêter de fumer, car la clope était assimilée à un plaisir, une sucrerie ou une récompense. Lila* pose d’ailleurs de très jolis mots sur cette relation tordue qu’elle entretenait avec la cigarette et dont elle avait conscience :

« Mon histoire avec la cigarette, c’était un peu une histoire d’amour passionnelle. On s’aimait, on se détestait, on avait besoin l’une de l’autre, mais au fond, on savait qu’on se faisait du mal. Elle était pour moi une aide, un soutien. Une épaule sur laquelle me reposer quand j’étais mal, une sucrerie pour me faire plaisir, un accessoire avec mes amis, à exhiber pour faire partie d’une bande, à partager avec les autres.

La cigarette m’a aidée à me construire socialement à cet âge où tout est chamboulé. C’est très vite devenu plus qu’un marqueur social, c’est devenu mon moment à moi. Fumer, c’était me redonner du courage, de l’entrain, un moment de repos, une récompense… »

Le déclic : je dois arrêter de fumer

Mettre fin à une addiction n’est jamais facile. Par où commencer, et surtout comment faire ? Eh bien il y a deux cas de figure parmi les commentaires que nous avons reçus. Dans le premier, le déclic vient tout simplement de nous et de notre volonté (croyez-nous, chez Madmoizelle, nous savons que vous êtes plus fortes que vous ne le pensez), comme l’explique très justement Jade* qui a trouvé la solution un peu par hasard :

« J’adorais fumer. Je disais à mes amis : “j’aimerais tant arrêter de fumer, mais j’adore ça”, et ils me répondaient “ça sert à rien que tu te stresses maintenant, tu n’as pas le déclic, ça viendra”. Quand j’avais envie d’arrêter, j’y pensais très fort, je me disais “mais tu n’es pas prête, tu n’as pas le déclic”.

Je crois que cette notion nous fait attendre un instant T, un état d’esprit totalement différent, une force en nous toute nouvelle. Je pense que ça n’arrive jamais. On aura toujours envie de fumer puisqu’on est dépendante.

Est arrivé un jour où j’ai eu un déplacement professionnel à faire avec une petite équipe. Tout le monde était à la cigarette électronique. Je n’avais jamais pensé vraiment à ça, à cet objet, qui POUVAIT remplacer. J’ai posé plein de questions à l’équipe, puis je suis rentrée. C’est à cet instant que j’ai été capable de dire à mes amis “je vais bientôt passer à la cigarette électronique”, sans que cela ne m’angoisse. »

Dans le deuxième cas de figure, le déclic vient de l’extérieur : c’est quelqu’un, quelque chose qui vous motive. Vous êtes par exemple quatre à nous raconter que vous ne l’aviez même pas fait directement pour vous, mais dans le but de tomber enceinte et fonder une famille, comme Flora* :

« J’ai commencé à diminuer ma consommation de tabac quand j’ai voulu avoir un enfant et je me suis effectivement arrêtée à ma première grossesse. J’ai sauté le pas d’un seul coup, sans aucune aide. »

Pour d’autres, il a fallu un déclic bien plus tragique. Manon* se livre:

« Le déclic est arrivé récemment, suite au décès brutal d’une de mes amies d’une rupture d’anévrisme. Elle était jeune (moins de 25 ans), elle fumait beaucoup et prenait la pilule (pilule non compatible avec le tabac). Même si après l’autopsie, les médecins n’ont pu dire avec certitude que ce dangereux cocktail était la cause de son décès, il était plus que probable que ce soit le cas.

Ce choc m’a fait réaliser à quel point nos vies étaient fragiles. Ce qui m’a fait le plus réagir, ça a été la peine qu’ont pu ressentir ses proches — ils ont énormément de mal à se remettre de ce décès. J’ai pensé à ma famille, je ne veux pas qu’ils endurent ça. Je sais qu’on ne peut pas éviter la mort, et que même en prenant soin de soi un accident peut arriver. Mais je ne veux pas que certaines de mes actions impactent mes proches. Cette douleur que je vois autour de moi, je ne veux pas faire vivre ça à ma famille.

C’est là que j’ai décidé d’arrêter totalement. »

Un autre déclic important, et pas des moindres, reste l’argent. Eh oui, le prix des paquets a augmenté, ce qui a eu pour effet d’en faire réfléchir plus d’une !

Comme nous l’écrivions au début de ce papier, chacune a sa propre histoire face à la cigarette. Mais alors, est-ce que le déclic suffit à arrêter définitivement ? Eh bien… pas forcément, et après tout vous êtes humaine, donc on ne se jette pas la pierre ! Je citerai ici une phrase digne d’un Skyblog qui fait son petit bout de chemin sur Instagram :

« Il n’y a pas d’échec, seulement de l’expérience »

Drop the mic.

La période de sevrage

Faire face à une addiction n’est jamais facile. Que vous soyez seule ou accompagnée lorsque vous vous lancez dans cette entreprise, et quelle que soit la façon d’y parvenir, vous pouvez être fière de vous !

Pour la moitié d’entre vous, la cigarette électronique s’est révélée être une très bonne alliée à laquelle elles n’auraient pas forcément pensé. Manon* est dans ce cas :

« Au début j’ai eu du mal. C’est un ami qui m’a conseillé de prendre une cigarette électronique. J’ai commencé par fumer un liquide à 6mg/L de nicotine, puis petit à petit j’ai réduit. Actuellement, je ne prends plus de nicotine.

Je continue à utiliser une cigarette électronique, surtout en soirée, mais je n’ai plus jamais eu envie d’une cigarette. Maintenant, l’odeur me dégoûte totalement ! Il m’a fallu un peu de temps, mais au bout d’un mois je m’étais habituée à ne plus fumer et en 4 mois j’étais totalement vaccinée. »

D’autres, comme Nina*, ont eu recours à un traitement :

« On m’a prescrit des médicaments sur 3 mois qui m’ont juste… cassée. Je dormais énormément et je n’avais pas le moral.

À ce moment-là, j’ai rencontré mon copain actuel. Il m’a plutôt aidée dans ma démarche d’arrêter la cigarette. Au bout de 3 mois, je ressentais que ce n’était pas suffisant ; de mémoire j’ai dû être sous Champix [un médicament, ndlr] durant six mois à peu près. Avant de ne plus avoir peur de toucher à une cigarette.

C’était un tic pour moi, donc en fait je me suis levée, j’ai pris mon médicament et je me suis dit : tu ne toucheras plus à une clope. Chose que j’ai faite (quand mon médecin m’a prescrit le médicament, j’ai choisi de finir mon paquet avant de faire une croix définitive dessus). Dès le premier cachet avalé, je n’ai plus touché une cigarette de ma vie (sauf pour en rouler à des amis). »

Et certaines ont simplement compté sur leur volonté de fer, à l’image de Laurie* : 

« Heureusement, mon compagnon ne fumait pas ! J’ai arrêté seule, sans aide extérieure.

Le seul truc qui me permettait de tenir, c’est que j’avais lu que l’envie de cigarette ne durait pas plus de cinq minutes en général. Donc dès que j’avais envie, je me disais “dans cinq minutes, j’en prends une”, je regardais l’heure et j’attendais que cela passe. Parfois ça ne passait pas, je recommençais, “dans cinq minutes” et au final, je faisais autre chose et l’envie était passée. Je me souviens avoir passé une soirée entière chez des amis qui eux, faisaient la fête en buvant et en fumant, à avoir passé mon temps à me dire “dans cinq minutes” et regarder l’heure passer. Une chouette soirée, quoi. Mais j’ai tenu bon, j’étais super fière. »

Capucine*, elle, a compté les jours pour représenter le chemin parcouru :

« J’ai rangé mon tabac, j’ai ressorti mes substituts nicotiniques (2mg aux fruits), et j’ai collé un papier épais sur la porte d’entrée où chaque soir sans avoir fumé de la journée, je faisais une coche avec un gros marqueur noir.

J’ai fait mes coches pendant six mois peut-être, et puis j’ai arrêté. En tout cas, j’étais fière de voir le nombre de traits augmenter ! Et puis j’ai fait ça sans communiquer autour. Je me disais que ça serait une surprise. Les gens que je voyais, on en parlait bien sûr, mais je n’ai rien dit à ma famille par exemple. Pas envie d’avoir des comptes à rendre si ça ne marchait pas. Autant s’épargner des pressions…»

Les bénéfices de l’arrêt du tabac

Pour les plus grandes fumeuses, les bénéfices se sont fait ressentir dès les premiers jours après la réduction du nombre de cigarettes dans la journée. Leana* raconte :

« Hormis la sensation de faim plus présente que d’habitude, mes poumons étaient tellement soulagés que cette sensation de retrouver ma santé (en étant asthmatique) a largement dépassé celle du manque ».

Quant à Jade*, c’est au niveau de l’odorat et du goût qu’elle a observé les plus grandes améliorations :

« Je me sens déjà tellement mieux, je respire mieux, je m’essouffle moins vite, mon goût et mon odorat sont incroyables, je sens bon, et je suis extrêmement fière ».

Il n’y a pas que l’aspect santé qui entre en ligne de compte : n’importe quel dermatologue vous le dira, le tabac accélère le vieillissement de la peau, jaunit les dents et les bout des doigts, altère le grain de peau, et certaines fumeuses ont carrément les cheveux qui régressent plus vite… Tout un programme !

Alors bravo à celles qui ont su se libérer de cette addiction, vous êtes des warriors !  Et surtout rappelez-vous, il peut y avoir des rechutes, mais pas d’échec, on se rapproche toujours plus de la libération définitive. Nous espérons que vos témoignages donneront de la force à celles qui n’osent pas se lancer, et qu’elles se retrouveront dans vos mots plaisants à lire. À toutes les futures non-fumeuses : vous n’êtes pas seules !

Les conseils des Madmoizelles pour arrêter de fumer

Au moment de citer ce qui les a aidées à arrêter, les Madmoizelles ayant témoigné conseillent, en vrac…

N’hésitez pas à enrichir la liste dans les commentaires !

À lire aussi : « Je ne comprends pas la hype autour de la cigarette » : 3 ados non-fumeuses parlent du tabac

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On a hâte de vous lire !
Sophie Castelain-Youssouf

Sophie Castelain-Youssouf


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Commentaires

_MM_

Les cheveux qui régressent ? Regraissent plutôt non ?
 

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