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Body positive

J’ai 14 ans, des poils, pas de soutif, et je le vis hyper bien !

Opaline, notre stagiaire de 3ème, te livre son expérience positive quant au no-bra et au choix de ne pas s’épiler, prouvant que le regard des autres peut être compréhensif, et parfois même admiratif.

Le 23 janvier 2020

Tout a commencé après le visionnage d’une des vidéos de JujuFitCat, une youtubeuse qui selon moi, aide énormément sa communauté à s’accepter, que ce soit d’un point de vue physique ou moral.

Comment j’ai arrêté de porter des soutifs

À l’époque, je n’avais pas encore connaissance du no-bra, que j’ai découvert au travers d’une vidéo de JujuFitCat, qui m’a dès lors fait beaucoup réfléchir.

Ne plus porter de soutif, une vidéo qui a fait mouche chez moi

Grâce à cette vidéo, en une vingtaine de minutes, j’avais découvert :

  • Que porter un soutif avait des conséquences négatives sur notre santé, particulièrement pour notre dos.
  • Que l’on n’était pas obligé d’en porter.
  • Qu’au contraire, ne pas en avoir permettait à la poitrine de se raffermir et de se tenir par elle-même.
  • Et que non, je n’étais pas la seule à kiffer le moment où je pouvais l’enlever, une fois arrivée chez moi.

J’ai également pris conscience de la censure exercée sur les tétons féminins contrairement à ceux des hommes, qui peuvent délibérément se balader torse nu n’importe où sans être regardé d’un mauvais œil.

Et je ne parle même pas de si l’on voit les tétons d’une femme pointer : oh.mon.dieu.

Ne plus porter de soutif, passer à l’action

Le temps avait passé, je m’étais plus amplement renseignée à ce sujet et le premier jour des vacances d’été avait pointé le bout de son nez.

C’était l’occasion ou jamais.

Deux mois de chaleur pendant lesquels je pourrai porter mes plus beaux vêtements avec les épaules nues, sans avoir de bretelles pas vraiment flatteuses qui viennent tout gâcher, mais également la fin des cours car les établissements scolaires ne sont pas tous très ouverts à ce sujet.

J’ai donc sauté le pas, et aujourd’hui, cela fait déjà presque 7 mois que je n’ai pas remis de soutif, sauf exception pour aller chez le médecin car je n’avais pas vraiment envie de me retrouver à oilp pendant la consultation.

Ne plus porter de soutif, tout ce que ça m’a apporté de bénéfique

Pour commencer, le premier point (et pas des moindres) : le confort ! Fini les maux de dos, les problèmes de bretelles mal arrangées, les agrafes qui se détachent et j’en passe !

Autre point auquel je ne m’attendais absolument pas, mais qui a été un véritable soulagement dû à un complexe naissant : la transpiration.

Effectivement, depuis quelques temps, je ne pouvais pas passer une seule journée sans me retrouver avec de grosses auréoles sous les bras, même un matin d’hiver alors que je portais un tee-shirt (oui, oui j’ai essayé).

Le fait d’enlever seulement cette petite épaisseur a cessé du jour au lendemain mes problèmes de transpiration.

Ma confiance en moi a été boostée, et c’est un point non négligeable.

Ce sentiment de liberté, pas seulement dû fait de ne plus être comprimée dans cet engin de torture, mais surtout d’oser prendre cette initiative et de ne pas me soucier du regard des autres, m’a littéralement appris à m’accepter au quotidien, et à assumer ma « différence ».

Ne plus porter de soutif, le regard des autres

C’est généralement ce qui empêche certaines femmes/jeunes filles à passer le pas.

Pour ma part, je suis une personne de très ouverte d’esprit et par conséquent, beaucoup de mes amis le sont aussi.

Je ne leur ai pas expliqué ma démarche tout de suite, car j’ai préféré qu’ils le découvrent par eux-mêmes. Et ça s’est très bien passé.

Certes, pas mal de mes potes m’ont dit que jamais elles ne pourraient faire la même chose que moi, mais jamais pour autant elles ne m’ont jugée.

Certaines ont même trouvé ça cool. Et qu’est-ce que ça fait plaisir de se sentir admirée de temps en temps !

Côté famille, à part une petite réflexion me disant :

« Mais tu vas en remettre un jour quand même !? »

À laquelle j’ai répondu non, je considère qu’elle a été totalement compréhensive. Personne ne m’a posé de questions à ce sujet comme s’il m’était obligatoire d’apporter une justification à mon choix.

Comment j’ai arrêté de m’épiler

Après m’être mise au no-bra, je suis tombée sur pas mal d’articles (notamment sur madmoiZelle) à propos des femmes qui gardaient leurs poils.

Mais la peur de me lancer et de rajouter une nouvelle « différence » à mon CV en aussi peu de temps me rebutait quelque peu.

« Ça fait beaucoup là, non ? »

Arrêter de m’épiler, mon ancien rapport aux poils

Je n’ai pas touché (d’un poil) à ma pilosité naissante jusqu’à mon arrivée en 5ème.

Là, influencée par toutes mes copines qui en avaient déjà pris l’initiative et qui, à la moindre vision de poils naissants, clamaient leur dégoût et leur envie de les faire disparaître au plus vite, j’ai commencé à me questionner.

J’avais même commencé à complexer sur le fait que mes poils sortent par les trous de mes collants, et avais pris l’initiative de ne plus en porter jusqu’à ce que je puisse enfin m’épiler.

Le jour de mon premier rasage est arrivé, et j’ai découvert le côté obscur et les conséquences négatives de l’épilation : repousse douloureuse, poils piquants, boutons, temps passé interminable sous la douche…

Tant d’inconvénients pour qu’au final, je ne me sente pas mieux dans ma peau.

Je ne faisais pas ça pour moi, mais pour les autres, et je suis restée dans cette spirale infernale pendant à peu près 2 ans.

Arrêter de m’épiler, mes poils, ma féminité

Mais la pire expérience que j’ai pu faire à ce sujet a été de m’épiler le maillot en entier. Quel fût le choc lorsque j’ai vu le résultat !

J’avais l’impression d’avoir récupéré le corps de quand j’avais 6 ans, pré-pubère en somme, et d’avoir perdu le petit bout de femme qui était en moi.

Oui. C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience que mes poils représentaient, à mes yeux, ma féminité.

Pour moi, le déclic a eu lieu en octobre 2019, lorsqu’une de mes potes m’a dit qu’elle rêvait de ne plus s’épiler mais qu’elle n’osait pas encore le faire.

J’ai donc décidé de relever le défi pour prouver, à elle et à toutes les autres filles, que c’était totalement à notre portée.

Arrêter de m’épiler, mon inspiration

madmoiZelle m’a beaucoup aidée (non non, je ne suis pas payée pour dire ça), j’ai pu faire la superbe découverte du compte Instagram @lesensdupoil, une campagne de sensibilisation qui dédiabolise les poils des femmes.

Leur compte regroupe de nombreux portraits photos de femmes inspirantes qui posent fièrement avec leurs poils et qui livrent leur témoignage personnel sur leur rapport aux poils.

https://www.instagram.com/p/B2Zb_GdiJD3/

Une bonne dose de motivation qui m’a confortée dans mon idée.

De plus, cette campagne prône la liberté de choix !

« Nous ne sommes pas des dictatrices du poil, nous ne voulons pas remplacer une norme par une autre. »

Effectivement, il était super important pour moi de souligner cet aspect de choix.

Selon moi, les poils sont comme les cheveux (d’ailleurs c’est exactement la même chose mais simplement sur des parties du corps différentes) et, comme on peut préférer avoir une coupe au bol, le crâne rasé, ou une immense chevelure qui descend jusqu’au fesses…

Il devrait en être de même pour nos poils.

On peut décider de les enlever, de les garder, de les raccourcir un peu, ou bien même de les tresser si ça nous chante !

Arrêter de porter des soutifs et de m’épiler, le bilan

Aujourd’hui, cela fait 6 mois que je ne porte plus de soutif et 4 mois que je ne me suis pas épilée de nouveau.

Je ne me suis jamais sentie aussi épanouie qu’à présent.

J’ai la sensation d’avoir repris possession de mon corps et de ne plus le laisser me faire influencer par les dires de la société :

  • l’incompatibilité entre poils et féminité, qu’ils sont sales, moches et qu’ils donnent un aspect négligé de la personne,
  • qu’un téton qui pointe est forcément une forme d’excitation alors que c’est tout simplement le signe que tu te pèles les miches…

Je me suis affranchie de tout ça !

Résultat : J’ai fait mes propres choix, et je ne les regrette absolument pas.

À lire aussi : À 17 ans, on assume nos poils au lycée !

Les Commentaires
13

Avatar de Hilde
17 août 2020 à 14h00
Hilde
@Ananasauchocolat c'est effectivement dommage de sentir ses efforts ou ses progrès personnels minimisés... Par contre, il faut quand même le reconnaître : c'est quand même plus facile de passer le cap et d'assumer le no-bra avec une poitrine menue et les poils quand on est pas hyper brune !

Mais, après, je ne nie pas que passer le cap puisse être difficile mais empouvoirant même pour une blondinette au fin duvet...
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