Le stérilet, un moyen de contraception interdit aux nullipares ? Mais non ! Voici le récit d’une madmoiZelle qui a dû faire les mains et les pieds pour s’en faire poser un… et ce qu’elle en pense aujourd’hui !
- Toutes les images via Choisir Sa Contraception
Aujourd’hui on vous parle de métallurgie et d’utérus. Ouvre bien les mirettes, lumière sur… le stérilet !
La magie du cuivre
Commençons par le commencement : la matière première. Le stérilet, à l’origine, c’est du cuivre et du plastique. Ça ressemble à un T (ou à un saule pleureur, ça dépend un peu de tes références et de ton inclination à l’égard de la chose). Le cuivre, selon l’ami Wikipédia, est un élément chimique de symbole Cu et de numéro atomique 29, naturellement présent sur la croûte terrestre et essentiel au dévelopement de toute forme de vie. On nous dit aussi qu’il possède mille propriétés. Par exemple, et parmi une dizaine d’autres, il est anti-bactérien. Il est tellement anti-bactérien qu’un hôpital à St Francis en Irlande a remplacé toutes ses poignées de porte (oui, oui : ses poignées de portes) par des poignées en cuivre en 2010. Pourquoi ? Pour lutter contre la prolifération des staphylocoques dorés. Voilà pour l’anecdote. Bon, c’est aussi un grand enjeu depuis l’époque de la conquête de l’or, mais pour cette histoire, il vaut mieux regarder Copper.
Stérilet en cuivre : une vie, une oeuvre
Avant de partir à la conquête des poignées de portes, le cuivre – et tous ses petits camarades métalliques – a pris nos frifris d’assaut il y a un peu plus de cent ans.
Le stérilet fait ses premières apparitions début 1900, sous forme de pessaires en plastique. Ce n’est qu’en 1958 que le stérilet Margulies, du nom de son inventeur, fait son apparition. Trop large, il n’est agréable ni pour la porteuse ni pour son partenaire sexuel et ne tardera pas à être détrôné quand, en 1964, le stérilet de Lippes est révélé à la face du monde. Plus étroit, celui-ci gagnera vite le coeur – et l’utérus – d’une grande partie des femmes d’Amérique et d’ailleurs. On y ajoute du cuivre en 1968 pour renforcer ses vertus contraceptives tout en réduisant encore sa taille. Le stérilet, à cette époque, est un contraceptif fiable sur le long terme, mais également le premier contraceptif d’urgence valable. La success story, quoi.
En 1975 néanmoins, patatras : le procès Dalkon Shield. Suite à une centaine d’infections utérines manifestement dues au stérilet du même nom, ce dernier perd toute sa notoriété durement gagnée. Depuis, le bout de cuivre traîne sa mauvaise presse avec lui et les utérus le boudent aux quatre coins de la planète. Aujourd’hui, la maternité et la monogamie de longue durée semblent être deux pré-requis obligatoires à la pause de stérilet. Je le sais, j’ai essayé… mais on y reviendra !
Et sinon, les hormones ?
Avant de parler de moi, parlons d’hormones. Après la dégringolade du stérilet dans le top 50 des choses préférées de nos vagins, la pilule a litteralement explosé. Lancée dans les années 60, la pilule contraceptive reste l’une des grandes victoires du féminisme moderne. Alors oui, c’était une grande et belle révolution, oui c’était un pas de géant pour la femme et sa condition alors presqu’inexistante, oui c’était l’un des premiers instruments massifs d’auto-disposition de son corps. Mais en 2012, la pilule c’est aussi un coût. De 2 à 12 euros par mois, selon l’INPES. Douze mois par an et tous les ans jusqu’à ce que, pendant 9 mois, la patiente décide de faire une pause-bébé. On va pas se faire le coup des 3 Ferraris en quinze ans mais tout de même, moi je trouve ça cher.
Et puis c’est contraignant. Rendez-vous compte ! Une. Pilule. Par jour. Pour toutes celles qui, comme moi, ont un souci avec la ponctualité et avec leur cerveau, c’est un problème. C’est même le meilleur moyen de tomber enceinte. Personnellement, je n’avais pas envie d’en prendre le risque.
Entre le cuivre et moi, tout a commencé quand, majeure, casée et vaccinée, j’ai ressenti le besoin de trouver un palliatif au latex. J’avais quelques semaines d’exclusivité au compteur avec le même garçon et par un étrange concours de circonstances, j’avais rencontré sa mère. Nous pouvions donc passer au dépistage MST et à la suite.
Pour les raisons sus-mentionnées, la pilule était inenvisageable et le cuivre, ma mère m’avait dit que c’était cool… mais pas pour les nullipares. Bon. Ma gynéco s’était fendue d’un cours magistral sur la pilule. Qu’elle soit progestative ou combinée, microdosée ou pas, elle n’avait plus de secret pour moi. J’avais 20 ans et jusqu’alors, je m’étais contentée d’être très copine avec le latex tout en observant mes congénères se familiariser avec les sautes d’humeur, la nécessité subite de devoir reconsituter leur collection de soutifs un bonnet (voire deux) au dessus de la-taille-pré-pilule, la disparition ou le retour en masse d’acné juvénile et autres réjouissances liées aux hormones. Je n’avais pas envie. J’ai donc remercié ma gynéco au terme de sa présentation académique, payé ma consultation et quitté son cabinet sans ordonnance. La pilule attendrait.

Et puis, un jour, au détour d’une conversation dans un bar à Bruxelles : l’anneau contraceptif. Révélation, joie, détermination. Une semaine plus-tard, j’harcelais ma gynéco pour un rendez-vous en urgence et le mois qui suivait, je commencais l’anneau. Information, réaction !
Quand je suis arrivée en trombe dans son bureau et que j’ai commencé à lui étaler ma science sur l’anneau en silicone qui allait changer ma vie, elle a haussé un sourcil. Elle ne comprenait pas où j’avais pu en entendre parler. Et elle de m’expliquer que si l’anneau faisait un tabac outre-Atlantique, il restait très mal perçu en Europe et particulièrement dans les pays méditerannéens. Soit.
L’anneau, c’était bien pour deux choses : mon problème de ponctualité et la tronche que mon colocataire tirait chaque fois qu’il en croisait un dans le frigo. Oui, parce que ces petites bêtes-là se gardent au frigo. C’était aussi sympa quand, avec un gramme dans chaque bras, je me lancais dans l’explication, avec force détails, de ce dont il s’agissait auprès de mes petits camarades qui ne connaissaient pas. J’ai fait des émules.
Mais l’anneau, je le sentais, ne me voulait pas que du bien. Là où ma piètre hygiène de vie m’eut coûté un kilo dans chaque fesse, l’anneau doublait l’addition. Je passais du rire aux larmes pour un rien. Je descendais mes paquets de chips en moins de temps qu’il ne m’en fallait pour une bière. Et mes chairs se ramollissaient. Bref, les hormones n’étaient pas mes copines. Donc j’ai arrêté.
À la conquête du cuivre : la croix et la bannière
Je savais ce que je voulais, ça n’avait rien de compliqué, c’était fait de cuivre et de plastique. J’ai demandé à ma gynéco de Cannes. Non. À un gynéco à Lille. Non. Je suis allée à Bruxelles. Non toujours. Pourtant, j’étais informée, je connaissais les risques, j’étais prête à les prendre et plus important que tout le reste : c’était mon choix. Le risque, c’était, pour un utérus n’ayant encore jamais accueilli d’embryon, et donc « sain », d’encourager une infection par l’introduction d’un corps étranger. C’était noté. Mais franchement, comparé à mon combo tabagisme plus qu’actif/hormones, ça me semblait presque anecdotique.
On m’a aussi dit que le stérilet au cuivre accentuait les douleurs menstruelles, ce qui dans mon cas revenait à prendre un abonnement mensuel à la morphine et à toutes ses copines, voire à me marier à un anesthésiste. Les gynécos marquaient un point : ils parvenaient à me faire peur.
Il a fallut que je tombe, un an plus-tard, sur un gynéco moins progressiste que je-m’en-foutiste pour parvenir à me faire poser mon sacro-saint stérilet, à Paris. Il ne me l’a pas posé par adhésion au principe de libre disposition de son corps, ni par sensibilité à mon argumentaire bien rodé. Il me l’a posé parce que je payais ma consultation et qu’au final, il s’en fichait pas mal, de ce que je lui demandais – ou pas – d’insérer dans mon utérus.
Le stérilet, concrètement, ça se passe comment ?
Le/la gynéco te rédige une ordonnance, tu vas chercher ton machin et tu retournes le/la voir une semaine après la fin de tes dernières règles pour un placement dans les règles de l’art, speculum au poing et gants Mapa aux doigts.

Je ne sais pas vous, mais moi, mon utérus m’en fait facilement voir de toutes les couleurs. Naturellement, la pose de mon stérilet n’y a pas fait exception. On ne va pas se mentir, ça n’a rien d’agréable. Je pense même qu’une larme a dû m’échapper entre le moment où il a passé mon col et celui où il a retiré son spéculum. C’est en remettant ma culotte que je me suis solennement promis que jamais un bébé ne sortirait par là , croix de bois, croix de cuivre, si je mens je vais en souffrir.
Ensuite, le/la gynéco fait une échographie rapide pour vérifier que le stérilet est bien placé, te prescrit des anti-douleur et te laisse partir (bon, il faut payer quand même). C’est l’affaire d’une heure, grand max.
Du bonheur d’y être arrivée
Pendant un mois j’ai eu l’impression que mon utérus tentait d’accoucher de mon stérilet. C’était pas agréable, mais un bon anti-douleur me remettait vite sur pied. Aujourd’hui, mon stérilet souffle sa première bougie, mes règles ne sont pas plus douloureuses qu’avant, je ne suis pas tombée enceinte (il faut dire aussi qu’en grande fille raisonnable, j’utilise également des préservatifs, on n’est jamais trop prudentes) et que j’aie mes règles ou non (j’ai les ovaires capricieux), je ne m’inquiète plus.
En résumé, une heure de manipulation et quatre ans de sérénité. Terminé, bonsoir !









Le 08 mai 2013 Ã 17:24
Après lecture de cet article et de tous ses commentaires, me voilà bien avancée : oui, je veux me faire poser un DIU. Alors d'abord merci à l'auteure de l'article et toutes les Madz qui ont partagé leur expérience ici, vous m'avez bien guidée dans ma réflexion.(en fait sans cet article il n'y aurait rien eu à réfléchir : je n'avais jamais pensé au stérilet comme option possible pour moi!!! Mais pourquoi?)
Comment beaucoup d'entre vous, j'en ai assez de la pilule pour deux raisons principales : les hormones c'est pas très naturel et la libido en berne.
=> Racontage de vie…
D'ici un mois je vais enfin emménager avec mon copain, 7 ans qu'on est ensemble et nos conditions nous permettent enfin de sauter le pas. Et pour l'occasion, j'ai envie de revenir à qqc de naturel et de meilleur pour mon corps et ma vie sexuelle, et le DIU me paraît parfait pour ça!
Evidemment la contrepartie est que je vais à nouveau avoir mes règles, ce qui était un des seuls "avantages" de la Cérazette. Je dis "avantage" entre guillemets car justement ce n'était pas naturel, bien que très pratique et pas du tout dérangeant pour moi.
Mais c'est une contrepartie que, après réflexion, je suis prête à accepter.
D'abord, je vais en parler à ma mère qui est mon médecin et qui m'a prescrit ma pilule en premier. Pour savoir ce qu'elle en pense, sachant que ça ne me fera pas changer d'avis. Après tout ce que vous avez raconté à propos des médecins, je suis curieuse de voir sa réaction…
Et mardi prochain je vais donc voir ma gynéco au planning familial de Toulouse.
Et après avoir sauté ce premier pas de la gynéco, je reviendrai ici pour partager ma propre expérience.
Le 21 mai 2013 Ã 15:32
Salut les filles,Pour ma part, je suis à fond pour le stérilet, mais j'ai vraiment peur de ne pas pouvoir m'en faire poser, et j'aimerais bien savoir si d'autres ont vécu la même expérience que moi…
J'explique : je suis sous pilule depuis 6 ans, j'ai échangé ma libido contre la rétention d'eau depuis 2 ans, au moment où j'ai arrêté Jasminelle et commencé Leeloo. J'ai donc demandé à ma gynéco de me poser un stérilet. Après avoir lu certains commentaires, j'avais préparé mes arguments, mais elle a dit oui tout de suite.
J'ai donc eu rdv vendredi dernier. Et là , problème : le pharmacien m'avait donné un autre modèle que celui demandé par la gynéco. C'était un short aussi, mais quand même plus épais. Elle ne dit trop rien pour ne pas me stresser, je mets les pieds aux étriers, et là … c'était parti pour 5 bonnes minutes de douleur intense. En gros, le stérilet n'arrivait pas à passer mon col, et malgré 3 tentatives, la gynéco a décidé de renoncer.
Je vais reprendre RDV pour le mois prochain, mais du coup je stresse à cause de la douleur, et surtout, j'ai peur  que ça soit encore un échec. Même si je vais bien surveiller ce que me donne le pharmacien, la gynéco m'a dit que j'avais un col très "tonique", et qu'en gros, il ne voulait pas s'ouvrir…Â
Quelqu'un aurait-il un truc rassurant à me dire ? Pleaaase…
Le 21 mai 2013 Ã 15:48
Ta gynéco ne t'a pas prescrit de médicament pour détendre le col ?
Demande lui sinon, parce qu'apparemment, c'est assez efficace.
Le col est normalement plus ouvert pendant les règles, donc fais en sorte de prendre ton rendez-vous en plein milieu
Si elle utilise la pince Pozzi, ça peut aussi compliquer la tâche (car ça fait se contracter le col). Dans ce cas, je te conseille de lui faire lire l'article suivant :
La pose d’un DIU est-elle toujours douloureuse ?
J'espère que tout ça t'aidera, et que la prochaine sera la bonne !!
Le 21 mai 2013 Ã 16:08
Bah si si, j'ai eu du cytotec, du spasfon, de l'homéopathie, c'était pendant les règles… Mais je vais persévérer ! Merci pour l'article en tout cas !
Le 21 mai 2013 Ã 17:12
Il te reste les exercices respiratoires de relaxation… ou une bonne cuiteÂ
(l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, hein
Le 21 mai 2013 Ã 17:24
Mais pourquoi je n'ai pas retrouvé ce topic avant ?Bon jeudi je me fais poser mon DIU, et j'ai arrété de lire des trucs parce que je commence à flipper.
Je reviendrai vous dire
Edit : Ca y esttttt - je peux pas avoir de bébééééé !!!
Bon sinon 3615 mylife mais j'ai pas du tout eu mal sur le coup, j'avais peut etre tellement "peur" d'avoir mal que c'est passé tout seul, j'ai juste senti un peu quand elle a néttoyé mon col. Bon par contre c'est ti-par pour 2 jours de douleurs de regles mais elle m'a prescrit des trucs et en règle générale ca fonctionne pas trop mal chez moi.
J'suis bien contente d'avoir sauté le pas
Le 12 juin 2013 Ã 23:29
Ayéééé, il est posé !! Bon, par contre, j'ai dérouillé sec, j'ai même eu droit à un petit malaise vagal sur la table d'examen…ÂHeureusement que ma gynéco est une perle ! Elle avait mis un lit de camp dans le bureau de sa secrétaire, j'ai pu récupérer dessus pendant une grosse demi-heure.
Mais tout ça, ce n'est rien à côté de la perspective d'une vie sans hormones et du retour de ma libido d'antan…Â
Le 16 juin 2013 Ã 00:18
Je songe à m'en faire poser un, et vais en parler avec la gényco lundi (j’espère qu'elle en pose).J'ai peur d'avoir mal. mais de toute façon je ne e le ferais certainement pas poser avant septembre.
Je vais peut-être essayer de lui faire lire cet article, pour me rassurer.Â
La pose d'un DIu est-elle toujours douloureuse?
Le 17 juin 2013 Ã 17:48
C'est vrai qu'on en chie, à la pose, la douleur passe très vite et heureusement parce qu'elle est intense (même avec le médoc et les règles), et c'est à mettre dans la balance quand on choisit sa contraception.J'en ai aussi bavé avec les effets secondaires au début, mais il faut croire que ça passe.. petit à petit..
Il reste quand même un truc ultra chiant : les règles. Ça dure longtemps, ça s'arrête pas, ça fatigue grave.. une corvée dont on ne voit pas la fin.. il parait que ça s'atténue avec le temps.. mais ayant fait de aménorrhée pendant des années, c'est la révolution là , qu'est ce que c'est chiant!
Je râle, je râle, mais je n'ai plus à penser à rien, plus d'hormones à prendre, et je ne regrette quand même pas.
Le 17 juin 2013 Ã 21:56
Qu'est-ce que tu as eu comme effets secondaires ? Et ça a duré combien de temps ?
Je demande parce que j'ai donc un stérilet depuis mercredi, et j'ai l'impression de me vider de toute énergie, de n'avoir goût à rien. J'imagine que c'est la chute des hormones, mais ça fait bizarre ! Bon, j'ai des maux de tête à longueur de journée aussi, mais ça, je m'y attendais…