Le stérilet (pour une nullipare) : le test !

Pondu par Roberte- le 31 décembre 2012     

Le stérilet, un moyen de contraception interdit aux nullipares ? Mais non ! Voici le récit d’une madmoiZelle qui a dû faire les mains et les pieds pour s’en faire poser un… et ce qu’elle en pense aujourd’hui !

Toutes les images via Choisir Sa Contraception

Aujourd’hui on vous parle de métallurgie et d’utérus. Ouvre bien les mirettes, lumière sur… le stérilet !

La magie du cuivre

Commençons par le commencement : la matière première. Le stérilet, à l’origine, c’est du cuivre et du plastique. Ça ressemble à un T (ou à un saule pleureur, ça dépend un peu de tes références et de ton inclination à l’égard de la chose). Le cuivre, selon l’ami Wikipédia, est un élément chimique de symbole Cu et de numéro atomique 29, naturellement présent sur la croûte terrestre et essentiel au dévelopement de toute forme de vie. On nous dit aussi qu’il possède mille propriétés. Par exemple, et parmi une dizaine d’autres, il est anti-bactérien. Il est tellement anti-bactérien qu’un hôpital à St Francis en Irlande a remplacé toutes ses poignées de porte (oui, oui : ses poignées de portes) par des poignées en cuivre en 2010. Pourquoi ? Pour lutter contre la prolifération des staphylocoques dorés. Voilà pour l’anecdote. Bon, c’est aussi un grand enjeu depuis l’époque de la conquête de l’or, mais pour cette histoire, il vaut mieux regarder Copper.

Stérilet en cuivre : une vie, une oeuvre

Avant de partir à la conquête des poignées de portes, le cuivre – et tous ses petits camarades métalliques – a pris nos frifris d’assaut il y a un peu plus de cent ans.

Le stérilet fait ses premières apparitions début 1900, sous forme de pessaires en plastique. Ce n’est qu’en 1958 que le stérilet Margulies, du nom de son inventeur, fait son apparition. Trop large, il n’est agréable ni pour la porteuse ni pour son partenaire sexuel et ne tardera pas à être détrôné quand, en 1964, le stérilet de Lippes est révélé à la face du monde. Plus étroit, celui-ci gagnera vite le coeur – et l’utérus – d’une grande partie des femmes d’Amérique et d’ailleurs. On y ajoute du cuivre en 1968 pour renforcer ses vertus contraceptives tout en réduisant encore sa taille. Le stérilet, à cette époque, est un contraceptif fiable sur le long terme, mais également le premier contraceptif d’urgence valable. La success story, quoi.

En 1975 néanmoins, patatras : le procès Dalkon Shield. Suite à une centaine d’infections utérines manifestement dues au stérilet du même nom, ce dernier perd toute sa notoriété durement gagnée. Depuis, le bout de cuivre traîne sa mauvaise presse avec lui et les utérus le boudent aux quatre coins de la planète. Aujourd’hui, la maternité et la monogamie de longue durée semblent être deux pré-requis obligatoires à la pause de stérilet. Je le sais, j’ai essayé… mais on y reviendra !

Et sinon, les hormones ?

Avant de parler de moi, parlons d’hormones. Après la dégringolade du stérilet dans le top 50 des choses préférées de nos vagins, la pilule a litteralement explosé. Lancée dans les années 60, la pilule contraceptive reste l’une des grandes victoires du féminisme moderne. Alors oui, c’était une grande et belle révolution, oui c’était un pas de géant pour la femme et sa condition alors presqu’inexistante, oui c’était l’un des premiers instruments massifs d’auto-disposition de son corps. Mais en 2012, la pilule c’est aussi un coût. De 2 à 12 euros par mois, selon l’INPES. Douze mois par an et tous les ans jusqu’à ce que, pendant 9 mois, la patiente décide de faire une pause-bébé. On va pas se faire le coup des 3 Ferraris en quinze ans mais tout de même, moi je trouve ça cher.
Et puis c’est contraignant. Rendez-vous compte ! Une. Pilule. Par jour. Pour toutes celles qui, comme moi, ont un souci avec la ponctualité et avec leur cerveau, c’est un problème. C’est même le meilleur moyen de tomber enceinte. Personnellement, je n’avais pas envie d’en prendre le risque.

Entre le cuivre et moi, tout a commencé quand, majeure, casée et vaccinée, j’ai ressenti le besoin de trouver un palliatif au latex. J’avais quelques semaines d’exclusivité au compteur avec le même garçon et par un étrange concours de circonstances, j’avais rencontré sa mère. Nous pouvions donc passer au dépistage MST et à la suite.

Pour les raisons sus-mentionnées, la pilule était inenvisageable et le cuivre, ma mère m’avait dit que c’était cool… mais pas pour les nullipares. Bon. Ma gynéco s’était fendue d’un cours magistral sur la pilule. Qu’elle soit progestative ou combinée, microdosée ou pas, elle n’avait plus de secret pour moi. J’avais 20 ans et jusqu’alors, je m’étais contentée d’être très copine avec le latex tout en observant mes congénères se familiariser avec les sautes d’humeur, la nécessité subite de devoir reconsituter leur collection de soutifs un bonnet (voire deux) au dessus de la-taille-pré-pilule, la disparition ou le retour en masse d’acné juvénile et autres réjouissances liées aux hormones. Je n’avais pas envie. J’ai donc remercié ma gynéco au terme de sa présentation académique, payé ma consultation et quitté son cabinet sans ordonnance. La pilule attendrait.

Le stérilet (pour une nullipare) : le test ! sterilet1

Et puis, un jour, au détour d’une conversation dans un bar à Bruxelles : l’anneau contraceptif. Révélation, joie, détermination. Une semaine plus-tard, j’harcelais ma gynéco pour un rendez-vous en urgence et le mois qui suivait, je commencais l’anneau. Information, réaction !

Quand je suis arrivée en trombe dans son bureau et que j’ai commencé à lui étaler ma science sur l’anneau en silicone qui allait changer ma vie, elle a haussé un sourcil. Elle ne comprenait pas où j’avais pu en entendre parler. Et elle de m’expliquer que si l’anneau faisait un tabac outre-Atlantique, il restait très mal perçu en Europe et particulièrement dans les pays méditerannéens. Soit.

L’anneau, c’était bien pour deux choses : mon problème de ponctualité et la tronche que mon colocataire tirait chaque fois qu’il en croisait un dans le frigo. Oui, parce que ces petites bêtes-là se gardent au frigo. C’était aussi sympa quand, avec un gramme dans chaque bras, je me lancais dans l’explication, avec force détails, de ce dont il s’agissait auprès de mes petits camarades qui ne connaissaient pas. J’ai fait des émules.

Mais l’anneau, je le sentais, ne me voulait pas que du bien. Là où ma piètre hygiène de vie m’eut coûté un kilo dans chaque fesse, l’anneau doublait l’addition. Je passais du rire aux larmes pour un rien. Je descendais mes paquets de chips en moins de temps qu’il ne m’en fallait pour une bière. Et mes chairs se ramollissaient. Bref, les hormones n’étaient pas mes copines. Donc j’ai arrêté.

À la conquête du cuivre : la croix et la bannière

Je savais ce que je voulais, ça n’avait rien de compliqué, c’était fait de cuivre et de plastique. J’ai demandé à ma gynéco de Cannes. Non. À un gynéco à Lille. Non. Je suis allée à Bruxelles. Non toujours. Pourtant, j’étais informée, je connaissais les risques, j’étais prête à les prendre et plus important que tout le reste : c’était mon choix. Le risque, c’était, pour un utérus n’ayant encore jamais accueilli d’embryon, et donc « sain », d’encourager une infection par l’introduction d’un corps étranger. C’était noté. Mais franchement, comparé à mon combo tabagisme plus qu’actif/hormones, ça me semblait presque anecdotique.

On m’a aussi dit que le stérilet au cuivre accentuait les douleurs menstruelles, ce qui dans mon cas revenait à prendre un abonnement mensuel à la morphine et à toutes ses copines, voire à me marier à un anesthésiste. Les gynécos marquaient un point : ils parvenaient à me faire peur.

Il a fallut que je tombe, un an plus-tard, sur un gynéco moins progressiste que je-m’en-foutiste pour parvenir à me faire poser mon sacro-saint stérilet, à Paris. Il ne me l’a pas posé par adhésion au principe de libre disposition de son corps, ni par sensibilité à mon argumentaire bien rodé. Il me l’a posé parce que je payais ma consultation et qu’au final, il s’en fichait pas mal, de ce que je lui demandais – ou pas – d’insérer dans mon utérus.

Le stérilet, concrètement, ça se passe comment ?

Le/la gynéco te rédige une ordonnance, tu vas chercher ton machin et tu retournes le/la voir une semaine après la fin de tes dernières règles pour un placement dans les règles de l’art, speculum au poing et gants Mapa aux doigts.

Le stérilet (pour une nullipare) : le test ! sterilet2

Je ne sais pas vous, mais moi, mon utérus m’en fait facilement voir de toutes les couleurs. Naturellement, la pose de mon stérilet n’y a pas fait exception. On ne va pas se mentir, ça n’a rien d’agréable. Je pense même qu’une larme a dû m’échapper entre le moment où il a passé mon col et celui où il a retiré son spéculum. C’est en remettant ma culotte que je me suis solennement promis que jamais un bébé ne sortirait par là, croix de bois, croix de cuivre, si je mens je vais en souffrir.

Ensuite, le/la gynéco fait une échographie rapide pour vérifier que le stérilet est bien placé, te prescrit des anti-douleur et te laisse partir (bon, il faut payer quand même). C’est l’affaire d’une heure, grand max.

Du bonheur d’y être arrivée

Pendant un mois j’ai eu l’impression que mon utérus tentait d’accoucher de mon stérilet. C’était pas agréable, mais un bon anti-douleur me remettait vite sur pied. Aujourd’hui, mon stérilet souffle sa première bougie, mes règles ne sont pas plus douloureuses qu’avant, je ne suis pas tombée enceinte (il faut dire aussi qu’en grande fille raisonnable, j’utilise également des préservatifs, on n’est jamais trop prudentes) et que j’aie mes règles ou non (j’ai les ovaires capricieux), je ne m’inquiète plus.

En résumé, une heure de manipulation et quatre ans de sérénité. Terminé, bonsoir !

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. EukiEuki

    Le 17 mars 2014 à 14:04

    @YellowSubmarine : non, à Paris, malheureusement pour toi. Je l'avais trouvé en appelant le Planning Familial.
    (bon, elle n'est pas si parfaite que ça, parce qu'elle utilise la pince Pozzi :annoyed: , mais elle est quand même bien - d'ailleurs, je me suis permis de lui laisser l'article de Martin Winckler dans sa boîte aux lettres :yawn: )

    Bon courage pour trouver un gynéco qui ne l'utilise pas. Mais il faut garder espoir. Ou leur montrer les conseils de Winckler ;) .
    Tu peux tenter de contacter ce dernier directement par mail ou facebook pour des conseils.
  2. YellowSubmarineYellowSubmarine

    Le 17 mars 2014 à 15:38

    @Euki
    ça marche, merci pour toutes ces infos ! :bouquet:
  3. CleosCleos

    Le 03 avril 2014 à 15:16

    Bonjour tout le monde!
    J'ai lu attentivement tout le topic hier en prévision de la pose de mon DIU cet après-midi et j'ai flippé ma mère :oo:

    Ma gynéco m'avait expliqué au 1e RDV qu'elle utilisait une pince de Pozzi, alors j'y suis allée, armée des articles de Martin Winckler, mais quand même en ayant un peu (beaucoup) envie de vomir/me faire pipi dessus/partir en courant jusque dans la salle d'attente.
    Elle m'a réexpliqué toute la procédure, et je lui ai demandé si la pince était obligatoire, elle m'a dit avoir essayé beaucoup de techniques, et celle qu'elle utilisait actuellement la satisfaisait vraiment : utiliser la pince, mais mettre d'abord un anesthésiant.
    Et je confirme : j'ai rien senti!!

    Elle était vraiment top, m'a tout expliqué pendant qu'elle le faisait, s'arrêtait pour faire des pauses dès que je voulais. Elle a utilisé un speculum en plastique (première fois que je vois ça : ça change la vie!), ensuite désinfecté le vagin et le col, puis appliqué avec un gros coton l'anesthésiant pendant 1 minute. Ensuite elle a posé la pince, qui est tombée, reposé la pince, qui est retombée, utilisé une pince plus grosse et a un peu bourriné pour qu'elle tienne bien, eh bien figurez-vous que tout ce que j'ai senti c'était juste un petit tiraillement, donc on dit merci l'anesthésie !! (je vous conseille très vivement de la demander à votre médecin, laisser poser un coton pendant une minute c'est pas la mer à boire!)

    Ensuite j'ai eu une petite contraction pendant le passage de l'hystéromètre, puis une grosse d'environ 10sec pendant la pose du DIU (et j'avoue que j'ai été assez impressionnée par la technique : elle a environ 10sec pour mettre le truc en place, couper les fils, enlever tous les machins, pendant que ta patiente se tord à moitié sur la table et te raconte machinalement ses dernières vacances pour se détendre (c'était folklo : "donc j'étais A LA MEEER et c'était chouette PARCE QU'il faisait BEAUUUU" :yawn:) bref faut vraiment être doué!

    Après coup elle m'a demandé de noter de 1 à 10 la douleur la plus intense que j'ai eu pendant la pose, j'ai dit 5, et au moment ou elle m'a posé la question (environ 5/10mn) après, j'ai dit 0,5.

    Tout ça pour dire que c'est possible de ne pas avoir mal!! J'ai eu très peur en lisant le topic car beaucoup de filles disaient avoir eu très mal et pourtant ne pas être douillettes, moi je suis très douillette et ça c'est très bien passé. Il faut dire que mes règles sont très peu douloureuses, ça a du beaucoup aider. Mais aussi si les médecins y mettent du leur, ça se passe beaucoup beaucoup mieux.

    Pour les lyonnaises, j'étais au planning familial à Villeurbanne, allez-y, ils sont top! :top:
  4. Spring EquinoxSpring Equinox

    Le 14 avril 2014 à 21:07

    En parlant de règles hémorragiques, y'a t-il un moyen de diminuer le problème ? J'ai mon 2e stérilet cuivre (le premier est descendu ^^') depuis 6 mois et mes premiers jours de règles c'est toujours les chutes du niagara, même ma cup grande taille ne fait pas le poids, je dois changer de tampon max presque toute les demi-heure et je ne vous parle même pas de l'anémie que je me tape :facepalm:

    C'est pas vivable et ça m'embêterai de me séparer de mon p'tit stérilet chéri (qui à part ça ne me pose aucun soucis). On peut avoir des trucs sans ordonnance à la pharmacie pour régler ça ?
  5. EukiEuki

    Le 15 avril 2014 à 00:41

    Posté par spring-equinox
    En parlant de règles hémorragiques, y'a t-il un moyen de diminuer le problème ? J'ai mon 2e stérilet cuivre (le premier est descendu ^^') depuis 6 mois et mes premiers jours de règles c'est toujours les chutes du niagara, même ma cup grande taille ne fait pas le poids, je dois changer de tampon max presque toute les demi-heure et je ne vous parle même pas de l'anémie que je me tape :facepalm:

    C'est pas vivable et ça m'embêterai de me séparer de mon p'tit stérilet chéri (qui à part ça ne me pose aucun soucis). On peut avoir des trucs sans ordonnance à la pharmacie pour régler ça ?


    Martin Winckler préconise la prise d'ibuprofène dans ce cas. Ca réduit les contractions et donc les pertes sanguines (je pense que ça peut éviter que ton 2nd stérilet soit expulsé lui aussi).
    Il conseille d'en prendre 2 comprimés à 200 mg toutes les 4 à 6 heures (en gros, 400mg, 3 fois par jour) pendant 4-5 jours.
    (enfin, pour le dosage, ça dépend de ton poids).

    (Attention tout de même, l'ibuprofène a des effets secondaires)
  6. Spring EquinoxSpring Equinox

    Le 15 avril 2014 à 01:09

    Merci de ta réponse @Euki , je vais essayer ça la prochaine fois (et c'est bientôt, raah :non::culotte:)
  7. PatatelalexPatatelalex

    Le 01 mai 2014 à 19:15

    Je l'ai depuis un mois, et je l'aime d'amour :cupidon:
    ma gynéco a été sympathique et patiente, elle prenait son temps et m'expliquait tout bien et j'ai presque pas eu mal.

    Par contre, au niveau des règles, j'ai le même problème que @Spring Equinox, je vais tester l'ibuprofèe également
    @=)
  8. Spring EquinoxSpring Equinox

    Le 06 mai 2014 à 19:47

    Bon pour ma part l'ibuprofène a fonctionné, ça reste abondant mais facilement gérable. Ça dure que 2 jours et après j'ai un flux assez faible. Avec la cup j'oublie presque que j'ai mes règles, et le tout sans hormones, sans penser à ma contraception, sans douleurs (car oui avec le stérilet j'ai beaucoup moins mal qu'avant, juste un peu les premiers jours me dire "c'est nouus, on arrive !"). Bref c'est la fête du sliiiip ! :jv: Merci encore Euki !
  9. gnomette35gnomette35

    Le 15 mai 2014 à 14:46

    bonjour tout le monde, je n'ai pas lu tout les commentaires (y'en a beaucoup quand même) mais j'avais une question, parmi toutes les madmoizelles avec stérilet, est-ce qu'il y en aurait de Rennes et qui pourrait me conseiller un genyco? (et de préférence femme, j'ai un blocage, j'irai chez un doc homme si je n'ai pas le choix, mais mon blocage est assez important)…merci de vos réponses, je ne suis pas inscrite depuis longtemps alors je ne sais pas si c'est le bon endroit pour poser ma question…
  10. Gros PouletGros Poulet

    Le 15 mai 2014 à 18:51

    @gnomette35
    J'ai fait poser le mien au planning familial de Rennes il y a quelques mois ( celui près du bourg l'évèque ) . Les gynécos sont vraiment bien et ce sont toutes des femmes si ça peut te rassurer ( enfin sauf erreur de ma part ).

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