Alerte creepy : Robin Thicke sort un album dédié à son ex-femme

Robin Thicke s'est fait larguer par sa femme avec qui il était en couple depuis l'adolescence. Du coup, Robin Thicke a fait un album pour qu'elle lui revienne. Creepy ? Oui, totalement.

Alerte creepy : Robin Thicke sort un album dédié à son ex-femme

Bien sûr, il est normal qu’un-e artiste s’inspire de sa vie privée pour ses oeuvres. Bien sûr, c’est une bonne façon d’utiliser un art qu’on maîtrise pour faire passer un message à quelqu’un qu’on aime. Mais il me semble évident que Robin Thicke est cette fois-ci allé trop loin.

Le contexte

L’homme derrière Blurred Lines, une chanson au message, rappelons-le, inquiétant (à base de « t’as beau dire non je sais que t’as envie de niquer avec moi, laisse-moi te montrer l’animal qui est en toi, maintenant, sois une gentille fifille »), est de retour avec un nouvel album.

Depuis son succès de l’année dernière avec Pharrell Williams, sa vie a changé : en février dernier, Paula Patton, son épouse avec qui il était en couple depuis l’adolescence, l’a quitté. Apparemment, à en croire une source s’exprimant pour TMZ (ça vaut ce que ça vaut) elle n’aurait pas apprécié le comportement que son époux avait adopté avec d’autres femmes, dont Miley Cyrus aux VMA, en août 2013.

La fidélité, ce concept fluctuant

L’info à retenir, c’est que Paula Patton a quitté Robin Thicke.

Depuis, ce dernier n’a eu de cesse de supplier publiquement son ex-femme de bien vouloir lui pardonner, et de le reprendre dans sa vie. Dans des concerts, dans des interviews, partout. Ça n’a pas dû fonctionner puisqu’il a choisi de faire tout un album destiné à son ex. Un album qui s’appelle Paula et donc chacune des chansons est un message pour la mère de son enfant. Jetons un petit coup d’oeil aux titres des morceaux :

  1. You’re My Fantasy (Tu es mon fantasme)
  2. Get Her Back (La récupérer)
  3. Still Madly Crazy (Toujours follement dingue)
  4. Lock the Door (Verrouille la porte)
  5. Whatever I Want (Ce que je veux)
  6. Living in New York City (Vivre à New York)
  7. Love Can Grow Back (L’amour peut renaître)
  8. Black Tar Cloud (Un nuage noir comme du goudron)
  9. Too Little Too Late (Trop peu, trop tard)
  10. Tippy Toes (Sur la pointe des pieds)
  11. Something Bad (Quelque chose de mal)
  12. The Opposite of Me (L’opposé de moi)
  13. Time of Your Life (Le plus beau moment de ta vie)
  14. Forever Love (L’amour pour toujours)

Get Her Back, le premier extrait qui fout les miquettes

Le premier extrait de cet album s’appelle donc Get Her Back, soit La récupérer. Petit extrait :

All I wanna do
Is get you back tonight
I gotta get to go, get to go, get her back
I gotta get to go, get to go, get her back
I gotta treat her right, I gotta cherish for life
I gotta get to go, get to go, get her tonight

Soit, à peu près :

Tout ce que je veux
C’est te récupérer ce soir,
Je dois partir pour la récupérer,
Je dois partir pour la récupérer,
Je dois bien la traiter, la chérir pour la vie,
Je dois partir pour la récupérer.

Si c’était simplement une chanson sur le thème de récupérer son ex, pourquoi pas. Mais souvenons-nous que ça fait des mois que Robin Thicke supplie publiquement son ex. Et qu’il en fait un album complet.

Quoiqu’il en soit, j’estime que cette chanson ne fait pas franchement du bien, à personne. Parce qu’évidemment, des gens qui ne prennent pas le recul suffisant vont y voir une chanson d’amour, la chanson d’un homme désespéré d’être loin de celle qu’il aime. Mais prévenir quelqu’un qui t’a quitté que tu feras tout, TOUT pour le/la reconquérir, ce n’est pas un grand geste d’amour : c’est du harcèlement, et c’est flippant.

Quand on voit le clip, on peut largement s’interroger : jusqu’où la promotion de Paula ira, sérieux ? Je veux dire, on y voit Robin Thicke, en gros plan, blessé, et une femme ressemblant fortement à Paula. Tous les deux sont tristes, désespérés.

Tandis qu’ils regardent chacun leur tour la caméra avec les yeux qui coulent et la bouche qui pend de tristesse, des SMS s’affichent sur l’écran. Ça commence par le désespoir de la femme (« pourquoi, pourquoi, pourquoi, pourquoi ? », « on avait tout », « tu as tout foutu en l’air ») tandis que lui se confond en excuses. Le ton monte, les images sont de plus en plus violentes, on voit du sang, un coeur arraché, l’actrice qui ressemble crie de peur ou à l’aide (ou les deux) la tête dans l’eau et un squelette se cale sur son visage une fraction de secondes.

Bonsoir, peut-on faire plus creepy ? Bien sûr ! Puisque le dernier SMS envoyé par « le personnage » joué par Robin, c’est :

« Ce n’est que le début. »

Ah bon bah alors d’accord. Le mec du clip essaie de récupérer son ex avec des messages de plus en plus inquiétants, on a des images assez violentes et EN PLUS, « ce n’est que le début ».

Ce qui me dérange profondément, dans l’initiative de ce clip et de cet album, c’est que ça va encore dans le sens du fameux cliché qui voudrait que ce genre de choses soit terriblement romanesque. Ça ne l’est pas. S’expliquer, s’excuser après une rupture qu’on n’a pas voulue, ok : c’est normal.

En revanche, envoyer des messages continuellement, annoncer que, coûte que coûte, on réussira à récupérer l’autre, comme dans ce clip, alors que cette personne dit non depuis le début, c’est pas joli et romantique : c’est du harcèlement ! Alors ne parlons pas de faire tout un album pour dire à son ex « je te récupérerai coûte que coûte » : on atteint là un niveau d’insistance qui dépasse largement, il faut bien l’avouer, l’inquiétude. 

Courir sans cesse après son ex en lui faisant bien comprendre que ça ne s’arrêtera jamais, ce n’est pas quelque chose de romantique. C’est tout sauf un beau geste. Et quand on voit certains commentaires sous le clip de Get Her Back, qui voient dans cette chanson et ce clip quelque chose de grand et de fort, on peut se dire que Robin Thicke n’aide clairement pas la cause :

« Mdr, toutes les féministes détestent. Konass de feminazi »

« Tout dans cette vidéo est incroyable, arrêtez de critiquer, la chanson en elle-même est élégante et c’est une belle balade. 
J’aimerais qu’ils se remettent ensemble <3 L’amour après la guerre ! »

Cela dit, heureusement, il n’y a pas que des éloges : de nombreux commentaires critiquent sérieusement Robin Thicke d’une manière générale, et cette initiative en particulier. Tout n’est pas perdu.

L’espoir de l’appât à fric

Il est possible que cette initiative soit purement marketing. Que Robin Thicke joue sur le fait que sa femme l’a quitté pour s’assurer un certain succès. Et tu sais quoi ? Bah je préférerais ça.

Ça resterait un étalage de la vie privée de son ex-femme et je trouve ça profondément préjudiciable, mais ça me rassurerait qu’il y ait derrière cette initiative un intérêt purement financier. Il est possible aussi que le couple ne soit pas si séparé que ça et qu’ils aient choisi de faire des annonces par médias interposés pour assurer un succès certain à cet album alors que tout va bien entre eux. Oui, c’est possible. Ce serait franchement manipulateur, et moche. Mais…

Franchement, quitte à choisir entre l’appât du gain et le harcèlement, je préfère quatorze millions de fois le premier. C’est pas digne, c’est pas classe, mais ce n’est au moins pas une agression.

Après avoir fait l’apologie de la culture du viol dans Blurred Lines, Robin Thicke joue cette fois-ci le jeu du harcèlement. C’est une bien belle personne, dites donc. J’ai hâte de voir si son prochain album donnera des conseils pour réaliser le crime parfait et effacer ses traces.

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 20 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • MsOriginalDoll
    MsOriginalDoll, Le 14 juillet 2014 à 14h16

    Dans les deux cas, je trouve ça assez dingue. Entre le harcélement et l'appât du gain, si c'est l'appât du gain, c'est un peu comme si Robin avait "violé" ses fans et je trouve ça dingue, mais la pauvre femme harcelé surtout...

Lire l'intégralité des 20 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)