Qu’est-ce qu’on fout encore sur les réseaux sociaux, honnêtement ?

Est-ce que les réseaux sociaux nous apportent encore quelque chose ? Est-ce qu'on n'était pas mieux dans l'Internet d'avant ?

Qu’est-ce qu’on fout encore sur les réseaux sociaux, honnêtement ?

C’est quand la dernière fois que t’as passé un vrai bon moment sur Facebook ? Que t’as été heureuse de faire défiler ta timeline Twitter ? Que tu as kiffé ouvrir ton Instagram ?

Et je parle pas des discussions que tu peux avoir en privé, sur Messenger ou en DM, non, juste de l’aspect fil d’actualités.

Pour moi, ça date, je crois.

Les réseaux sociaux, que nous apportent-ils, au fond ?

Rassure-toi : je ne vais pas te claquer du « c’était mieux avant » ni du « de mon temps, on se parlait vraiment ». Car déjà je n’ai pas 59 ans, et ensuite parce que les discours passéistes me courent sévère sur le haricot.

J’ai simplement eu envie de réfléchir avec toi sur ce qui nous motive, toi, moi et des millions de gens, à ouvrir machinalement Facebook ou Twitter. Sur ce que ça nous apporte.

Et je n’ai pas eu cette idée toute seule. Pas mal de personnes y réfléchissent…

Les réseaux sociaux, en fin de vie ?

Ce qui m’inspire cet article, cette réflexion, c’est un post Facebook de William Réjault (précédemment invité dans The Boys Club) qui rebondit sur un autre contenu.

Ce contenu, le voici : 2018 signera la fin du social média tel que nous le connaissons, par Jonathan Le Borgne. Extraits :

«  2 millions de personnes âgées de moins de 25 ans arrêteront d’utiliser les réseaux sociaux cette année.

Et pour la première fois dans l’histoire du Web 2.0, la majorité des internautes américains âgés de 12 à 17 ans n’utiliseront pas Facebook une fois par mois cette année. […]

Force est de constater que les applications mobiles ont déformé notre quotidien et qu’aujourd’hui s’opère une réelle prise de conscience des internautes pour revenir aux fondamentaux : avoir une vie saine, équilibrée, épanouie… »

Jonathan Le Borgne évoque l’essor, chez les plus jeunes, de pratiques toujours en ligne, mais différentes, comme le partage de vidéos sur la puissante application Tik Tok.

Les réseaux sociaux, boost de moral ou passe-temps machinal ?

Mais ce n’est pas tant de Tik Tok que je veux vous parler, que de la réflexion de William Réjault basée, donc, sur le post de Jonathan Le Borgne.

Voici l’intro de sa publication :

« On a bien rigolé sur Facebook mais c’est la fin ou le début de la fin.

C’est vrai que depuis deux ans (en gros) pour moi, c’est devenu un réflexe et plus un plaisir. Messenger me sert énormément pour parler aux gens mais c’est tout. Je n’éprouve plus aucun plaisir à venir ici.

C’est un réflexe d’angoisse, une peur de manquer qui me pousse. Une nostalgie des premières années aussi.

Mais entre Twitter qui te saute à la gueule, Facebook qui revend ta vie au Grand Capital et Instagram qui te fait te sentir seul, gros, moche et pauvre, le bilan émotionnel des réseaux sociaux est une catastrophe en ce qui me concerne. »

Je dois admettre que comme souvent quand William prend la parole, ses mots trouvent un écho en moi.

Pourquoi est-ce que j’ouvre Facebook, Twitter, Instagram ?

Certes, ma situation est un peu particulière : je travaille sur Internet. Prendre le pouls des réseaux, garder un œil sur ce qui se raconte, c’est essentiel au niveau professionnel pour moi.

Mais ce serait mentir que de dire qu’il n’y a que pour le taf que je fais défiler mes timelines.

En soi, j’adore Internet, sa culture si particulière, ses mèmes, ses beaux mouvements, ses élans de solidarité, son vocabulaire, son pouvoir pour connecter les humains en faisant fi des distances comme des fuseaux horaires.

Mais combien d’heures ai-je passées à scroller machinalement sur Facebook, Twitter, Instagram, fermant une appli pour en ouvrir une autre, espérant un contenu intéressant, au lieu d’aller DORMIR par exemple ?

Combien de fois ai-je sans réfléchir collé mon nez à mon téléphone au lieu d’attendre sans rien faire ne serait-ce que deux minutes, au lieu de patienter, au lieu de m’écouter ?

Je pense à ces gens de l’âge de mes parents qui ne peuvent pas vivre sans la télévision en bruit de fond, pour tuer le silence. Et je me dis que je ne m’en accorde pas beaucoup non plus, du silence… visuel.

Qu’est-ce que je vois sur les réseaux sociaux ?

Ma timeline Facebook est un enchaînement de recettes chelou en vidéo, de mobilisation citoyenne en vidéo, de pub en vidéo… Bon, déjà, y a beaucoup de vidéo.

Il y a des publications de quelques groupes que je suis, de pages aussi : celles de médias, de marques, de podcasts auxquels je me suis abonnée.

Parmi tout ça, très peu d’humains. De gens. De simples amis, connaissances, membres de ma famille qui partageraient un morceau de vie, une réflexion, une anecdote.

Moi-même, je ne le fais plus depuis longtemps.

Malgré les belles promesses de Mark Zuckerberg, Facebook me fait l’effet d’un centre commercial déserté. Les panneaux de pub clignotent toujours, mais peu de voix se font entendre.

Sur Twitter, j’ai fini par me désabonner de dizaines de comptes. Trop en colère. Trop de haine, de rancœur, de cynisme, de crêpage de chignons dans des salves de tweets.

Résultat, c’est un peu comme Facebook : beaucoup de médias, quelques podcasts ou séries télé. Un peu plus de vrais gens, tout de même, que je connais…

Mais pas la foule non plus. Parce que plein de vrais gens, que je connais, ne sont plus dans mes following. Leur « ligne édito » Twitter est trop éloignée de ce que j’aime chez eux.

Sur Instagram, ça va un peu mieux. Il y a un peu plus de « vraie vie ». Mais l’instantané et la photo ne laissent que peu de place aux longues réflexions. Mes propres légendes ne sont pas bien fouillées !

L’Internet, c’était mieux avant ?

Je ne suis pas assez âgée pour me rappeler d’un vrai Internet « Far West », sans foi ni lois. J’avais tout de même Caramail, MSN et une belle adresse hotmail avec le numéro de mon département dedans.

Mais je me souviens qu’avant, je parlais aux gens sur des forums organisés autour d’intérêts communs (comme le forum de madmoiZelle).

Je m’y suis fait des potes, des amies, des amants même, parfois.

Il y avait toujours de l’ego, bien sûr, toujours des embrouilles aussi, mais dans des communautés bien plus restreintes, et avec moins d’outils pour se faire mousser.

Et si on se remettait aux blogs ?

Je suivais religieusement certains sites, et surtout beaucoup de blogs. Là, des inconnus et inconnues m’ouvraient une fenêtre sur leur vie, et surtout sur leur cerveau.

Les blogs mode, beauté ou photo ne m’intéressaient pas trop. Je leur préférais l’introspection d’humains comme moi qui laissaient courir leurs esprits sur leurs claviers.

William Réjault, d’ailleurs, explique dans la suite de sa publication que les blogs lui manquent. Lui tient toujours le sien, depuis 14 ans ; il est l’un des rares à ne pas l’avoir abandonné.

Moi aussi, j’ai un blog. Mon dernier article date du 21 septembre 2017.

Je postais beaucoup quand j’allais mal, quand j’étais déprimée, quand les vomissures de mes tripes ne me semblaient pas mériter une place sur madmoiZelle.

Maintenant, je vais bien. Mais je pourrais bloguer. Peut-être bien que je vais faire ça, tiens. Bientôt. Demain.

Et comme je suis un être plein de contradictions, comme on a tous et toutes perdu le réflexe de taper dans notre barre d’URL les sites qu’on veut lire, je partagerai mes publications sur les réseaux sociaux…

En attendant le changement ?

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Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu'elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.

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Commentaires
  • Valentina-
    Valentina-, Le 19 octobre 2018 à 21h56

    @skippy01
    Encore une fois, j'ai pas dit que ça avait tranché les résultats, mais que même si ça a seulement un peu aidé, le processus me semble déjà moralement questionnable.

    Par ailleurs, je me répète totalement, mais cela visait les indécis, et si, cela existe (les gens qui votent une fois à droite, une fois à gauche, selon le candidat plus que le parti, ou selon leur satisfaction du gouvernement actuel… et qui représentent au final les votes décisifs)

    Par ailleurs je pense qu'il ne faut pas sous-estimer l'expertise des communicants (Macron élu en France était le candidat avec la meilleure communication), sans oublier que l'objectif de la communication politique n'est pas forcément l'orientation au vote, mais l'incitation à l'acte d'aller voter.

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