Le regard des autres, ce fléau… qu’il est possible de combattre !

Le regard des autres, c'est un peu comme un vieux chewing-gum collé dans tes cheveux, il ne t'empêche pas de vivre, mais il fait quand même sacrément chier parfois...

Le regard des autres, ce fléau… qu’il est possible de combattre !

— Cet article a été rédigé dans le cadre d’un partenariat avec Kana.
Conformément à notre Manifeste, on y a écrit ce qu’on voulait.

Il n’est pas toujours facile de s’accepter comme on est, surtout lorsqu’on ne correspond pas aux critères de beauté classiques.

Dans le manga Telle que tu es, Tsumugi est une jeune fille plutôt ronde qui s’aime et ne manque pas de bonne humeur, dont elle abreuve son entourage. Et c’est grâce à cette joie de vivre que Yukiya va tomber amoureux d’elle sans pour autant chercher à la faire changer.

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À travers le prisme de cette belle relation amoureuse, c’est une toute autre histoire d’amour qui nous est contée : celle de l’acceptation de soi, quoi qu’en pensent les autres…

À l’occasion de la sortie du tome 5 de ce manga pas comme les autres, et si on reparlait un peu du regard d’autrui, souvent insistant, parfois bienveillant mais toujours présent ?

Et en prime, un petit concours pour tenter de gagner un des 10 exemplaires du tome 1 mis en jeu, à retrouver à la fin de l’article !

Le regard des autres, ces milliers d’inconnu•es… et ces quelques autres connu•es

Le problème du regard des autres, c’est pas tellement les mirettes qui papillonnent dans ta direction… quoi que c’est déjà un problème en soi dans certains cas. Par exemple, si tu te déplaces dans l’espace public et que tous les yeux sont braqués sur toi, là ça peut générer un malaise entre la gênance de la feuille de salade coincée dans les dents et l’insistance si caractéristique du harcèlement de rue !

L’ennui, c’est que le regard des autres n’est pas dénué de jugement.

L’ennui avec le regard des autres, c’est qu’il n’est pas dénué de jugement, ou très rarement. Et c’est en grande partie ce jugement qui crée une pression. Un peu comme si mille personnes pointaient leur doigt dans ta direction, l’air de dire qu’il n’y a quelque chose qui ne va pas chez toi…

Et entre un regard connu (et apprécié), et un regard inconnu, il y a un gouffre de la taille de celui que Josée a mis entre elle et ses potentiels partenaires après qu’elle a déclenché le fiasco de l’Euro 2016.

Souvent, la personne inconnue va se faire le messager de la société et de ses normes, auxquelles elle va ajouter ses propres critères. Si elle peut être bienveillante, ses convictions peuvent aussi venir rajouter une couche à la Montagne du Jugement.

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Le jugement dans le regard des autres : une allégorie

Et encore, ce n’est rien en comparaison de ce que peut être le regard d’une personne connue, en particulier quand celle-ci nous est chère ! Un peu comme quand tes parents, sans avoir conscience de leur maladresse, t’ajoutent une petite louche de slutshaming, en te demandant :

« Tu vas VRAIMENT sortir habillé•e comme ça ? »

À lire aussi : Ce moment où tes parents descendent de leur piédestal… et les leçons à en tirer

Il y a aussi ces situations où les personnes qui t’entourent attendent quelque chose de toi, surtout quand ces attentes sont élevées. Ça peut motiver, mais ça peut aussi foutre un peu les jetons à l’idée de les décevoir. Pression du jour, bonjour.

Parlons de ces personnes qui se pensent et se veulent bienveillantes, mais n’aident pas du tout ! Je ne compte plus le nombre de fois où, face à mon visage non maquillé, j’ai eu le droit à une petite remarque du genre :

« Tu sais, tu serais ravissante si tu te mettais un peu plus en valeur… »

Bon. Je ne sais même pas par où commencer, tellement ce genre de réaction pose problème. Tout d’abord, merci de vouloir valider mon apparence, gentille personne. C’est vrai que le reste de la société et des regards d’inconnus ne le font pas assez à chaque minute de la journée, de préférence où moment où je suis en train de faire quelque chose ayant un rapport direct avec le sujet (non) comme me déplacer dans le métro ou travailler, au hasard !

Ce n’est pas en me demandant de rentrer dans le rang que je vais me sentir bien dans mes baskets.

Et puis, merci de me rappeler que je ferais mieux de rentrer dans le rang illico, c’est tout à fait ce qui va m’aider à me sentir bien dans mes baskets. Le plus douloureux dans ce genre de remarque, c’est quand tu as déjà essayé de « te mettre en valeur » et que ça ne t’a pas rendu•e plus heureux•se.

Bref, la société s’accommode mal des individualités, ce qui est un peu compréhensible quand on sait qu’un groupe social se construit sur le principe de l’exclusion des gens différents, et l’inclusion des gens semblables. Sauf qu’à un moment donné, il serait bon de laisser un peu d’élasticité et de marge de manoeuvre aux personnes qui composent ce groupe.

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ARRÊTEZ DE VOUS BATTER !

On le fait en politique, en musique (ou dans l’art en général), dans les loisirs ou la vie professionnelle… Alors ce serait si terrible de faire un petit pas supplémentaire ?

À lire aussi : Grandir c’est aussi… assumer ses goûts musicaux (même les pires) !

Des critères souvent inconciliables ou impossible à atteindre

En réalité, ça peut l’être. Enfin, surtout en ce qui concerne la population féminine. Si les regards sont en permanence braqués sur la moitié de cette société, c’est à cause de ce truc bien nul : le double standard. Si tu ne sais pas ce que c’est, je te le dis tout net : c’est de la merde.

En quelques mots, c’est le fait de reprocher une attitude à quelqu’un parce que c’est une femme, et de la valider chez un homme. Exemple simple : un homme qui aime multiplier les partenaires sexuels est un Don Juan, une femme qui fait de même est une salope.

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What a time to be alive ! 
(non)

Là encore, le regard des autres est juge et bourreau. Et il y a encore du chemin à faire.

Dans le panier des nouvelles pas top, il y a aussi ces critères incompatibles qui pèsent sur les épaules de chacun. La gente masculine a les siens, mais ce sont encore une fois les individus féminins qui focalisent l’attention sur le sujet. Là aussi les injonctions sont très présentes et complètement inconciliables :

« Sois apprêtée mais pas coquette, sois libre sexuellement mais ne couche pas à droite à gauche, sois ambitieuse mais jusqu’à un certain stade, sois avenante mais pas trop… »

« Sois… mais pas trop » résume assez bien les critères qui sont censés s’appliquer aux femmes. Autrement dit, le regard extérieur est en grande partie orienté par ces injonctions et il est difficile de faire comprendre aux autres, même si ce sont des proches, que ces critères sont absolument impossibles à suivre. Dans ces cas là, le regard et le jugement s’exprime aussi par les médias et la culture, qui sont souvent représentatifs de ce qui cloche, sans pour autant remettre en question cette vision.

Les injonctions qui pèsent sur les femmes sont complètement contradictoires entre elles, et impossible à suivre.

Bien sûr, il existe aussi des « étiquettes » pour d’autres aspects de ton identité : ton âge, ta couleur de peau, ta sexualité…

Et pour chaque nouveau regard, c’est une barrière potentielle qui se dresse. Même s’il est aussi possible de faire preuve de bienveillance envers les personnes qui nous entourent ou que l’on croise au quotidien, les messages que l’on entend à longueur de temps rendent l’exercice un peu plus ardu.

À lire aussi : La bienveillance, le secret pour plus d’efficacité au travail

Pour autant, toi comme moi ne sommes que des êtres humains, et en tant que tel nous avons le droit à l’erreur. Parce que les regards qui convergent dans ta direction, quand tu dis une bêtise par exemple, ne sont pas toujours indulgents, mais finalement, il n’y a que celles et ceux qui n’essayent pas qui ne se trompent pas.

Sauf que, quand tous les regards sont posés sur toi, faire des erreurs ce n’est pas très facile. Pourtant, ça ne veut pas dire que tu n’en as pas le droit, tout comme tu as…

…le droit de t’en foutre !

Entendons-nous bien, il n’est pas question de remplacer une injonction par une autre. Je ne suis pas en train de te dire que tu dois te foutre de ce que les autres pensent pour bien vivre, mais seulement que parfois ça fait un bien fou de s’en battre les steaks.

Le corps et la tenue vestimentaire font partie des choses les plus jugées, parce que c’est ce qu’on voit de toi en premier.

Parmi les choses les plus jugées et les plus jaugées par les gens, il y a le corps et la tenue vestimentaire. Parce que c’est ce que l’on voit de toi en premier, et pour la plupart des inconnu•es, tout ce qu’ils/elles peuvent connaître de toi. Mais en attendant un monde où les gens se retiendront de juger, essayer de s’en foutre peut être une bonne solution.

Je ne vais pas te mentir, ce n’est pas forcément facile. Pour ma part, j’ai tellement bien intégré certaines injonctions que j’ai du mal à aller contre, j’ai même un peu l’impression d’essayer de remonter le courant, et je n’ai rien d’un saumon.

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Oui, je sais, c’est pas un saumon mais t’as compris l’idée

Après, il y a forcément des trucs qui vont être compliqués à contourner, comme par exemple le fait de te balader torse nu si tu as des seins.

Mais la bonne nouvelle, c’est que se moquer comme de sa première paire de chaussettes du regard des autres, ça permet d’aimer son corps, d’aimer ses fringues, d’aimer ses cicatrices, sa personnalité, ses poils, ses orteils !

La pression et le malaise que génèrent le regard des autres ne sont pas anodins.

Ça peut aussi permettre d’être plus à l’aise. Par exemple, ce qui me dérange le plus dans le regard des autres, c’est cette faculté ahurissante à oublier que l’on a un être humain en face de soi, par exemple dans le harcèlement de rue où j’ai grosso modo l’impression d’être un bout de viande (ou une aubergine, pour les harceleurs qui seraient vegan).

La pression et le malaise que ce genre de détails génère ne sont pas anodins, et m’empêchent d’avoir un lien d’affection sain entre moi et moi.

Enfin, se moquer du regard des autres te donne des occasions. Des opportunités de poser des questions quand tu ne sais pas ou ne comprends pas quelque chose, de proposer tes idées quand tu en as. En un mot, d’OSER. Ne pas te préoccuper de la réaction des autres, c’est une belle façon d’oser faire ce que tu as envie de faire, qu’il s’agisse de ton mode de vie, de tes rêves ou de tes ambitions, ou juste de ton goûter préféré …

De quoi t’encourager à bien niquer le syndrome de l’imposteur !

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Un peu de boulot pour un grand kif

Alors, c’est vrai que ça demande des efforts, et un peu de temps. Dans le doute, tu peux toujours essayer et voir comment tu te sens.

Un petit travail sur soi nécessaire pour apprendre à lâcher prise… Et t’en souvenir quand tu voudras toi-même devenir la personne qui juge, pour faire preuve de bienveillance au lieu de répandre de la négativité — même si tu es persuadé•e du bien-fondé de ton opinion.

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Moi en train d’expliquer la vie à quelqu’un et de le soûler

Par exemple, j’avais l’habitude de beaucoup juger les fumeur•ses. En partie parce qu’ils m’empêchent d’accéder aux terrasses vu que je ne tiens pas à faire du tabagisme passif, mais aussi et surtout parce que je les voyaient très nettement se ruiner la santé et que je pensais avoir mon mot à dire.

Sauf que j’ai ensuite réalisé qu’il ne m’appartenait pas de décider à la place des autres comment ils/elles devaient mener leur vie. Je continue d’espérer que les fumeur•ses autour de moi arrêteront pour leur bien, mais j’essaie de ne plus avoir ce regard de jugement, ne serait-ce que parce que je n’aimerais pas qu’ils fassent pareil dès que j’engloutis un paquet de chips (comme je n’arrête pas de le faire sur l’internet pendant mes sessions sur le Twitch de madmoiZelle…).

Alors, est-ce que tu veux rejoindre la #TeamBalecDuRegardDesAutres ?

Dix exemplaires du tome 1 de Telle que tu es à gagner !

Pour participer, c’est simple : il te suffit de remplir le formulaire ci-dessous et tu seras peut-être tiré•e au sort.

Fin du concours le 30 août à 23h59.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Camoune45
    Camoune45, Le 4 octobre 2016 à 17h17

    J'ai vite réussi a me détourner du regard des autres quand j'avais 13 ou 14 ans, quand j'ai compris que je ne rentrais pas dans le moule de la société! J'ai compris que peu importe ce que l'on fait, dit, porte, il y aura tjrs quelqu'un pour critiquer que ce soit par mechanceté, par jalousie ou tout simplement parce que la personne n'aime pas ton nouveau pantalon (chacun ses gouts)! Autant etre soi meme!

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