Comment recevoir (et mettre à profit) les critiques ?

La critique n'est jamais agréable et donne envie de réciter l'abécédaire des insultes à celui ou celle qui la formule, et pourtant, elle a aussi son intérêt.

Comment recevoir (et mettre à profit) les critiques ?

Il existe deux sortes de critiques : les utiles et les inutiles. Une critique inutile, c’est celle qui va te dire élégamment (non) : t’es nul•le.

Entendre ça, ça te fait une belle jambe et en plus ça fait à peu près autant avancer les choses que de dire : les choux de Bruxelles ça pue. Et encore, je suis persuadée que ma remarque sur les choux de Bruxelles est plus pertinente.

La seule chose que j’ai à dire sur les critiques inutiles, c’est qu’il vaut mieux apprendre à ne pas en tenir compte. D’une part, elles cherchent souvent davantage à blesser plutôt qu’à aider, et d’autre part, puisqu’elles ne te servent à rien, mieux vaut ne pas t’en encombrer, tu risquerais de filer un mauvais coton plus qu’autre chose.

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Critiquer pour mieux vivre ensemble

Certaines critiques relèvent de différences culturelles ou de mauvais usages et sont aisées à mettre en pratique.

Mettons qu’un ami fasse preuve d’une courtoisie sélective : comme par hasard, il tient la porte à toutes les filles, et uniquement aux filles… Sauf explication scientifique avérée, tu peux critiquer son comportement et lui demander d’inclure tout le monde ou d’arrêter.

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Même si l’exercice lui demandera peut-être un peu de temps d’adaptation, on reste dans le niveau 0 de l’effort et de la difficulté. Et avec la positive attitude (pardon) et une bonne dose de bienveillance, tout devrait bien se passer.

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Dans ce cas-là, la critique est non seulement constructive mais essentielle puisqu’elle permet un ajustement social. Un peu comme quand ton coloc’ veut que toi, fâme, tu ranges la cuisine, quoi.

J’aimerais dire que toutes les critiques sont de cet acabit, mais que nenni mon ami•e ! La plupart des gens ne sont tout simplement pas foutus de critiquer les autres poliment ou en formulant leur pensée correctement.

Voilà pourquoi certain•es profs, dont l’objectif est pourtant de te guider sur ton chemin de grande personne, sont aussi assassin•es sur ta copie. La critique peut même passer pour de la méchanceté gratuite.

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Pour autant, une critique de tes compétences n’est pas dirigée contre toi en tant qu’être humain, même si ça peut en avoir l’air et même si la première est toujours plus dure à digérer, surtout lorsqu’elle vient tardivement (dédicace à mes compatriotes qui ont fait ou font une prépa, ces masochistes de la critique qui s’ignorent…).

Le mieux est de prendre du recul pour être capable de passer outre l’émotion.

Autant que faire se peut, le mieux est de prendre du recul… c’est-à-dire ? Ne pas te replonger dans la critique à chaud (que ce soit sous ton nez écrit en rouge vif, ou que tu la ressasses en boucle dans ta tête).

Disons qu’il vaut parfois mieux laisser les choses se tasser un peu pour être capable de passer outre le sentiment d’indignation, d’échec, de culpabilité (et tout autre sentiment troll). N’oublie pas qu’il s’agit simplement de te montrer la voie pour te perfectionner.

Après, il y a les critiques les plus dures à entendre : celles qui portent sur toi, ta personnalité, ton style… bref ce qui fait que tu es toi. Et ce ne sont pas les plus rares, loin de là.

Les critiques qui reviennent trop souvent ou qui s’en prennent à TOI

Il va aussi y avoir ces critiques qui sont comme le durian. Le durian, c’est un fruit exotique qui pue la mort, l’œuf pourri, le vomi et qui, apparemment, reste bon. Dans mon infinie prudence, je n’ai jamais cherché à vérifier.

Grâce à cette métaphore d’une subtilité toute relative, tu sais maintenant que pour certaines critiques, c’est pareil… y compris si elles portent sur ta personnalité, sur ton style, sur ton comportement.

Pour ma part, on m’a dit toute ma vie que j’étais trop bavarde. TOUTE. MA. VIE. Et pourtant, je suis toujours trop bavarde.

Même si je prends en compte la remarque, le naturel chassé par la porte revient toujours par la fenêtre comme disait La Fontaine (si, si, dans sa fable avec la chatte transformée en femme, tmtc).

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Malgré tout, maintenant que je sais que c’est un de mes défauts, je comprends tout à fait quand on me le reproche, et à force je ne le prends plus mal. Mon comportement n’a probablement pas changé d’un iota, mais donner la possibilité aux gens de ne pas aimer cette partie de ma personnalité leur permet plus facilement d’en faire abstraction !

Quand tu acceptes tes défauts, personne ne peut plus les retourner contre toi.

Il est donc très important d’être critiqué•e, pour connaître tes défauts. Quand tu connais et acceptes tes défauts (oh, personne n’est parfait, arrête ton char, Ben), personne ne peut plus les retourner contre toi.

Il est essentiel de t’aimer avec tes défauts, car s’il est possible de faire un lifting de la fesse droite, il est pratiquement impossible de changer du tout au tout de personnalité.

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Encore une fois, on est dans un cas de critique utile. Il est d’ailleurs possible de te prémunir des mauvaises surprises grâce à ton entourage. Prépare-toi une liste honnête (autant que faire se peut) de tes défauts, puis demande à tes proches s’ils te trouvent trop ou pas assez « comme-ci ou comme-ça ».

Je ne te dis pas que ce sera agréable, par contre tu pourrais être surpris•e, entre ce que tu penses être un défaut chez toi et ce qu’il en est réellement. Entends les critiques de tes proches, car eux te veulent du bien et ne chercheront pas à te blesser : tu seras ainsi mieux préparé•e le jour où une vilaine remarque te tombera sur le poil.

L’art et la manière de faire des critiques (et la personne derrière)

Même une critique a priori constructive peut passer sous ton radar si elle est mal formulée (ou formulée par une personne que tu ne peux pas encadrer).

Parmi ces critiques de merde, il peut y avoir des remarques fondées sur un discours stéréotypé, qui se rattachent à une profession, un genre, une origine et ainsi de suite.

On peut penser par exemple au « Tu es trop émotive » que l’on trouve intéressant de balancer à toutes les sauces aux femmes… Ce peut être une bonne occasion de faire de la pédagogie — ou de changer d’ami•es, c’est toi qui vois.

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Après, il y a évidemment ces critiques qui ne servent à rien, comme les gens qui vont juger ta coupe de cheveux, ton style vestimentaire, ton rire, la forme de tes yeux, ta manie de manger les petits pois crus et autres idioties.

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C’est précisément pour ce cas de figure qu’a été inventée l’expression « les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas ». Dans ce cas précis, pas d’échappatoire, la seule option est de laisser couler.

En tout cas, dis-toi bien que jamais tu ne pourras faire consensus, à moins d’être la dernière personne sur Terre. Il y aura toujours des gens pour te critiquer sur tel ou tel truc, quoi que tu fasses. À la limite, en étant complaisant•e, tu pourras amasser un peu plus de soutien mais guère plus.

Jamais tu ne pourras faire consensus, il y aura toujours des gens en désaccord avec toi.

Parfois les gens ne sont juste pas d’accord, et il faut admettre que l’on n’est pas d’accord et que ce n’est pas forcément grave (évidemment parfois ça l’est, à toi de voir où tu situes ta frontière). Et oui, il y aura aussi des gens qui ne t’aimeront pas — pas parce que tu n’es pas une personne bien, digne d’être aimée ou quoi que ce soit du genre, mais juste parce que vous n’êtes pas compatibles.

Le tout est d’essayer de rendre la critique bienveillante pour garder le dialogue ouvert, ou à défaut de ne pas oublier que tu t’adresses à quelqu’un qui a tout autant de conflits internes et de doutes que toi.

En un mot, le mieux est toujours de tenter de déterminer s’il s’agit d’une vraie critique, qui est constructive, ou d’une méchanceté de base avant de t’emballer, ton cardio te remerciera.

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Prends le temps de décortiquer ce qu’on te dit, il est aussi possible que la remarque, dans toute sa fourberie, soit à la fois utile ET inutile de par certains aspects. Si jamais tu n’es pas sûr•e, n’hésite pas à demander des précisions, ou un second avis pour éclairer ta lanterne (comme Aladdin) (tu l’as ?) (je me fatigue).

Et toi, comment vis-tu la critique ? Fais-nous partager tes expériences dans les commentaires, ça sera utile à d’autres !

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