Émilie Laystary a vu Drive et a apprécié. Pour autant, elle ne comprend pas tout le tapage fait autour du nouveau film de Nicolas Winding. Explications en quatre points.
Que l’on mette d’emblée les choses au clair : j’ai apprécié visionner Drive dans mon fauteuil rouge et mou. Je n’ai pas regretté les 7 euros offerts à l’industrie du cinéma. Je ne suis pas à deux doigts de faire une Sarah Deming non plus. Je ne me suis pas ennuyée. Allons même jusqu’à dire que j’ai trouvé le film de Nicolas Winding plutôt divertissant. J’ai été globalement satisfaite par cette 1h40 de long-métrage. Je n’ai pas cherché à quitter la salle en plein milieu. Je n’ai pas balancé mes pop-corn en l’air et crié qu’on ne m’y reprendrait plus. J’ai passé un bon moment.
Quid de ce papier ? Je fais peut-être ma tête dure, mais l’engouement général pour Drive m’a quelque peu agacé. George Cukor, célèbre réalisateur américain, disait « Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable ; quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même ». Cette citation prend tout son sens pour Drive.
LA DÉNOMINATION « FILM DE GENRE »
Non, Drive ne mérite pas d’être classé sous cette terminologie. Drive est un blockbuster américain, un film commandé, un long-métrage réalisé avec de gros moyens. Mais pas un film de genre (Drive n’est pas viscéralement anti-conventionnel). Ni d’auteur (Drive est une adaptation de roman). Ni d’art et d’essai (Drive n’est pas un film expérimental).
Certes, Drive est un film relativement inattendu, mais toutes choses égales par ailleurs : « inattendu pour un blockbuster ». Au risque de passer pour une personne tatillonne ou trop portée sur les coquetteries de langage, le respect de la typologie des genres cinématographiques est à mon sens, l’ultime barrière contre la paresse intellectuelle et la décrépitude de nos corpus de références.
Encenser un blockbuster et lui attribuer les épithètes du film de genre, c’est risquer, à terme, de laisser se mourir la mémoire du cinéma – ses courants, ses influences, son historique, son histoire.
LE DIRECTEUR DE LA PHOTOGRAPHIE
Les grands défendeurs de Drive louent le travail de son directeur de la photographie. Les paysages léchés, les ciels comme alourdis par les sentiments que le quasi-autisme social du héros rendait indiscibles, les routes qui fonctionnent comme autant de fuites vers l’horizon. D’accord.
Epstein, réalisateur et romancier, explique d’ailleurs que « la photogénie constitue la magie du cinéma », cette magie inexplicable, presque impalpable… et soudain, la sauce prend – esthétique et séduisante, intense et harmonieuse, sublimée à l’écran.
La réalisation de Drive présente effectivement une juste maîtrise des images. Est-ce à dire que le film est incroyablement novateur dans le domaine ? Les images de Drive sont plaisantes, mais pas éblouissantes ; belles, mais pas nouvelles. Elles enfoncent des portes-ouvertes : oui, un travelling sur une route ensoleillée est efficace, oui un gros plan sur les lumières d’une ville endormie par la nuit est un trick qui fonctionne. À la façon d’un premier de la classe, Drive a bien appris ses leçons et sait s’entourer des mouvements de caméra qu’il faut pour esthétiser sa trame. Drive est donc efficace. Pas virtuose.
Dans Drive, les plans sont beaux, mais de façon chirurgicale : la technicité du savoir ne réussit pas toujours le challenge (difficile, j’en conviens) de laisser la caméra s’oublier elle-même. Résultat, l’écueil n’est jamais bien loin : à plusieurs reprises, les intentions sont trop ostentatoires et de la même façon qu’on voit parfois « un acteur jouer », on « voit le réalisateur filmer ». Sur certaines scènes supposées être particulièrement intenses, c’est pire : on a presque l’impression que Nicolas Winding chuchote à l’oreille de ses spectateurs un « hé, regarde comme je filme bien ! », lourd et huileux de confiance.
En fait, la beauté des plans en devient comparable au jeu de séduction / à la parade sexuelle qui s’opère entre deux individus lors d’un premier rendez-vous amoureux : tout est codifié, tout est attendu, tout a déjà été fait mille fois auparavant par nos ancêtres, et pourtant… on choisit d’y croire, on joue le jeu, on laisse l’origami se déplier. Pour le plaisir, en théorie – pour l’efficacité, en pratique.
LA BANDE-ORIGINALE
Oui, les morceaux sélectionnés épousent a priori plutôt efficacement les contours de ce sombre Los Angeles. De là à encenser Kavinsky comme s’il avait inventé l’eau chaude ? Nightcall est sorti en avril 2010 sans que personne ne sourcille.
Alors bien sûr, ce succès à retard n’enlève rien à la légitimité d’apprécier le morceau (même si entre nous, les nappes sur arpeggiator, c’est comme les gâteaux au chocolat : ça ne se rate pas et dans l’absolu, Nightcall est plus anecdotique qu’il ne relève de la prouesse technique). Mais s’il est heureux que les films opèrent comme des supports à la découverte de nouveaux morceaux (la bande-son n’étant jamais dissociable de la bande-film), il est, à l’inverse, regrettable qu’un morceau soit obligé de passer par la vulgarisation (film, publicité, communication tapageuse) pour exister. Sortons de notre consommation trop indolente de la musique et essayons de découvrir (et se faire découvrir) de nouveaux artistes, de nouveaux courants, de nouvelles discographies !
LA FASCINATION POUR LE HÉROS
Personne ne connaissait Ryan Gosling avant son rôle principal dans Drive et voilà que le blondinet est sacré nouvelle coqueluche de Hollywood au moment-même où nous parlons.
Là où ce quasi anonymat aurait été un handicap il y a quelques années, il est aujourd’hui une plus-value. Ryan Gosling était une nouvelle gueule, le nouveau poupin dont le cinéma avait besoin de s’enticher, le bol d’air frais dont l’industrie a besoin tous les 3/4 ans : Ryan Gosling est un produit. Qui plus est, son rôle a été décrit comme « sortant des sentiers battus » : en effet, le Driver est une personne peu expansive, presque autiste. Un enfant dont les regards naïfs trahissent la sensibilité. Un mec qui, de sang froid, agit méthodiquement pour se tirer de situation, dans un perfectionnisme presque trop mécanique. OK, super, et donc ? Tout se passe comme si, trop élevé aux rôles de héros classiques (animal social, animal sexuel – or dans Drive, Ryan Gosling n’est ni l’un ni l’autre – il ne baratine ni ne fait l’amour), le spectateur lambda salue un peu trop promptement le contre-héros du blockbuster et l’érige en effigie du cinéma indé.
Élise Costa comparait d’ailleurs très justement les phénomènes The Driver et Lana Del Rey :
« [Ils] sont les nouveaux monstres d’Hollywood, les personnages d’un roman noir des années 80 trop biberonnés à la musique pop et aux scénarios de Tarantino dont l’activité principale est de maîtriser le regard de braise. » (son article complet sur Le Plus)
Il est plaisant de se dire fan de Ryan Gosling (plutôt que des devenus-trop-conventionnels Brad Pitt, Matt Damon et autres Jude Law), tout comme il est agréable de se présenter comme amateur de groupes de musique peu connus, puis se retrouver entre puristes. Drive fonctionne sur le même modus operandi : il est un film grand public (accessible, simple à comprendre, mainstream) mais donne l’illusion d’être un film de genre (esthétique léchée, référence aux années 80, héros un peu atypique). Consommer Drive, c’est donc consommer une histoire facile et accessible aux allures de film indé.
Autrement dit : un pré-mâché de tout ce que l’on trouve de mieux dans le cinéma indépendant mais sans la partie ésotérique (voire hermétique) et plus difficile à comprendre. À l’image des tenues de Ryan Gosling, supposées rappeler les années 80 : l’utilisation des références vestimentaires est trop (volontairement ?) brutale pour être naturelle. Un peu comme quand une petite fille se sent princesse, juste parce qu’elle a le déguisement à la maison.
Voilà . Compte tenu de l’explosion de Drive au box-office et de l’enthousiasme quasi-unanime pour le film, j’ai un peu l’impression de me jeter du haut de la falaise de la sociabilité avec ce papier. Mais pour couper court au débat, un film reste un objet d’art à apprécier pour ce qu’il est. Et vous transporter reste la mission première du cinéma. Voilà un point qui lui, aura raison de faire l’unanimité. Et si Drive a su répondre à cette attente pour vous, alors c’est tant mieux.










Le 04 novembre 2011 Ã 21:19
Je suis d'accord dans l'idée car Drive est pour moi un film très pauvre. Qui a du style, mais rien d'autre.Je me connectais en fait pour réagir aux points de l'article qui ont été à juste titre soulevés par Queen Bitch et qui font que cette critique est maladroite (entre autres, j'imagine, mais c'est ce qui m'a frappée). Malheureusement, elle tape complètement à côté en voulant balayer absolument tous les aspects du film qui ne sont visiblement pas tous maîtrisés, avec pour seule base un supposé anticonformisme.
Le 04 novembre 2011 Ã 21:19
Non mais je ne pars pas au quart de tour, au contraire, ça me semble normal que l'on ne tombe pas tous d'accord sur un film. Je ne comprenais simplement pas l'argument du public, mais tu m'as montré ce que tu entendais par là . Après, si je trouve lassant qu'on parle de Ryan Gosling comme une découverte, l'idée "d'engouement" ne me gène pas, parce que peut être pour une fois, je suis moi même emballée par le film, et je trouve cela agréable ces moments ou quelque chose suscite autant de réactions, il y a une sorte de dynamisme autour de ce film, qui me plait.
Après, pour en revenir aux maffieux, je ne sais pas…Ce que tu énumères ne m'a absolument pas gêné en fait, parce que je restais dans l'optique que
Le 04 novembre 2011 Ã 22:47
Je vois tout à fait ce que tu veux dire mais pour moi Drive n'est pas un film de mafieux. C'est autre chose. Les mafieux ne sont qu'un prétexte, ils ne sont là qu'en support, en trame de fond. Tout le synopsis n'est là qu'en trame de fond à vrai dire. Ce qui importe c'est le personnage, ce qu'il fait, ce qu'il devient, ce qu'il pense… et toute l'esthétique qu'il y a autour. Le reste j'ai trouvé ça anecdotique, je me suis pas du tout focalisée dessus, pour moi ça n'était vraiment pas ça l'important.
Le 04 novembre 2011 Ã 22:54
J'ai du mal m'exprimer parce que ce n'est pas du tout ce que je voulais dire.
Ce dont je parlais c'est une phrase dans l'article qui dit qu'elle est triste que les productions artistiques de qualité (en l’occurrence elle parlait de la musique du film) doivent passer par la vulgarisation et donc être vu/lu/entendu par le plus grand nombre pour être reconnues comme "de qualité". Je généralisais en disant que je ne comprenais pas ce type de regret parce qu'il y a beaucoup de gens qui, pour des raisons multiples, n'ont pas accès à des choses de qualité (dont Drive fait pour moi partie) et que donc, s'il est nécessaire pour qu'ils puissent les découvrir de passer par des tonnes de pub ou autre, pourquoi pas ?
C'est peut-être une déformation professionnelle mais j'ai tendance à souvent voir l'art du point de vue du spectateur/auditeur/public et à vouloir trouver des solutions pour faciliter l'accès à de l'art de qualité et donc je ne comprends pas qu'on puisse dire, comme dans l'article, "tu n'as pas connu ce groupe/ce film/cet acteur à ses débuts, tu n'es pas légitime"
Je disais donc absolument pas que Drive vulgarisait les films de mafieux (d'ailleurs je ne l'aurais pas du tout qualifié comme tel), je parlais de cette phrase de l'article selon laquelle l'art ne devrait pas être vulgarisé dans son accès.
J'espère que c'est un peu plus clair…
Le 05 novembre 2011 Ã 00:00
Cet article me pose problème parce que je suis d'accord et pas d'accord avec ce qui est dit.D'abord, je dois commencer par dire que je n'ai pas du tout aimé ce film. J'ai été le voir intriguée par l'éloge dithyrambique qui en était fait, et j'en suis ressortie avec un sentiment d'incompréhension totale. Disons le tout net : je me suis fait chier, et si je payais le cinéma j'aurais vraiment regretté d'avoir dépensé de l'argent pour ça. (Oui parce que voilà pour mon anniversaire on m'a offert une carte illimitée valable dans les multiplexes d'un certain groupe ET dans tous les cinémas indépendants de ma ville en partenariat. Donc le cinéma, ça me coût 0€ et 0 cts à chaque fois, ce qui est un gros avantage pour mon budget sorties).
Je n'irais pas jusqu'à taxer le film de nullité, mais à mon sens il ne présente aucun intérêt.
Seulement mes raisons ne sont pas du tout celles mentionnées dans l'article ou tout du moins j'analyse différemment les points relevés par Laystary.
Pour commencer le manque total d'originalité du scénario, qui rendait le tout prévisible de bout en bout, m'a profondément ennuyée. Et j'ai lu les commentaires précédents, mais je suis désolée de devoir dire que le contre-argument du "il est totalement impossible de faire une œuvre complètement originale" ne tient pas. Ce n'est pas parce que le synopsis est similaire à des milliers d'autres qu'on ne peut pas en faire quelque chose d'original. La preuve ? Toute la filmographie de Woody Allen. Ses films racontent toujours la même chose, mais ce n'est jamais le même film, et c'est en grande partie en cela que l'on peut mesurer toute l'étendue de son talent.
Là , tout est tellement attendu ! Sans parler des incohérences aberrantes qui se retrouvent au niveau du comportement des personnages et de l'écriture en général. Je ne m'étendrai pas dessus parce que l'Odieux Connard les a excessivement bien relevées (il devrait d'ailleurs s'en tenir aux spoils de films à mon avis, parce qu'autant il excelle là -dedans, autant ses articles société sont puants et à la limite du réac. Mais bon c'est un autre problème).
Quant à la réalisation…. Non désolée, je ne lui trouve rien d'extraordinaire. La photo est belle, oui. Et alors ?
Même Ryan Gosling, que j'ai vu exceller dans un tas d'autres rôles ("Blue Valentine", "Danny Balint" et "Half Nelson", notamment, et dont on a quand même suffisamment parlé pour ne pas pouvoir s'empêcher de tiquer sur l'affirmation que Gosling était un total inconnu avant "Drive"), franchement, je ne lui ai rien trouvé de transcendant dans ce rôle. A aucun moment il ne m'a touchée. Et pourtant c'est effectivement un excellent acteur. Je ne trouve pas que l'histoire / le personnage, le valorise le moins du monde. Tout est fade.
Après, blockbuster ou pas, j'ai envie de dire qu'on s'en fout comme de l'an 40. En ce qui me concerne, j'aime le cinéma, ce qui signifie autant les blockbusters américains avec des trucs qui explosent que les petits films d'auteurs iraniens qui sortent confidentiellement, du moment que c'est bien fait.
Mais la réflexion de l'auteure sur le fait que cela veuille se faire passer pour un film indé et n'en soit pas m'a agacée. Déjà il y a vraisemblablement une confusion sur les termes puisque d'abord Laystary (il me semble que c'est bien elle qui a écrit cet article) parle des "films de genres" puis après des genres cinématographiques en eux-mêmes.
Pour commencer ce n'est pas la même chose. Quand on parle de "films de genres" en général on fait référence à une certaine catégorie de films qui n'entrent pas dans les critères des productions habituelles "mainstream" on va dire, c'est-à -dire en gros tout ce qui est série B, série Z. Le cinéma de Tarantino par exemple, est typiquement marqué par toutes sortes de références cinématographiques de ce calibre.
Quand on parle des genres cinématographiques, par contre, on parle en somme d'une classification un peu artificielle qui permet de s'y retrouver parmi les sorties. En gros, dire que tel film est une comédie romantique ou tel autre un drame, ça n'a d'intérêt que pour pouvoir plus aisément porter un discours dessus (qu'il soit historique ou critique). Ces distinctions ont produit pour chacune un ensemble de codes à respecter. Mais cela signifie justement que la transgression, pourvue qu'elle soit intelligente, est bienvenue : elle insuffle de l'originalité, fait progresser les styles, donne de nouvelles perspectives à des genres cinématographiques parfois usés. Par exemple, j'ai trouvé "Blackhawk" génialissime parce qu'il reprend les codes du western traditionnel à la John Ford tout en le transposant en Amérique Latine. Quand on connaît l'importance des paysages dans le genre western on ne peut être que fasciné par l'inventivité d'une idée pourtant apparemment aussi simple…
Or l'auteure de l'article établit des distinctions super tranchées entre les genres cinématographiques, et je voudrais bien savoir d'où elle les sort. Parce que l'une des premières choses que l'on apprend lorsqu'on étudie l'histoire du cinéma est que cette catégorisation est justement si artificielle qu'historiens et critiques ne sont toujours pas d'accord quant à cette classification. Les frontières entre les genres cinématographiques sont parfois très floues, et un même film peut carrément correspondre à de nombreux genres en même temps. Bref, décréter comme ça, sans l'ombre d'une justification, ce qu'est ou n'est pas un film, ça me semble terriblement arbitraire.
En outre, en termes de production, d'esthétique, de posture au niveau de la mise en scène, c'est bien un film indé. (Oui parce qu'en plus l'appellation "indé" ne correspond à aucun genre cinématographique, c'est en réalité surtout une question de rapports de production.) Totalement banal à mon sens, mais un film indé quand même. Et qu'on peut considérer comme un film d'auteur. Ce qui ne revêt même pas tant d'importance que ça quand on songe que de toutes façons il est très possible de réaliser des blockbusters d'auteur ("The Dark Knight", tiens par exemple). Donc là , c'est pareil en fait : l'auteure devrait revoir ses définitions des termes qu'elle emploie.
Ceci dit, si certains détails de cette critique m'agacent, je pense que ce qu'on peut lui reprocher c'est surtout de faire preuve de maladresse. Aussi la virulence de certains commentaires m'a choquée.
La critique n'est pas une science exacte. Ce n'est pas parce que les avis différent qu'il faut partir tout de suite dans le procès d'intention ! Surtout que sur le fond je l'ai trouvée plutôt gentille cette critique : Laystary dit qu'elle a bien aimé, en plus, mais qu'elle trouve qu'il n'y a pas de quoi en faire tout un plat, et elle s'en explique. Ce n'est pas comme si elle disait que c'était nul et que tous les gens qui avaient aimé étaient des cons. Elle propose une analyse argumentée, à laquelle on adhère ou non. Donc j'ai beau ne pas être d'accord, je trouve sa position respectable.
Les attaques qu'elle subit dans certains commentaires me semblent beaucoup moins constructives.
(EDIT : Et encore un post de 15 km de long ! Décidément j'ai le chic ! =D )
Le 05 novembre 2011 Ã 05:40
Je n'ai pas vu ce film (et la bande annonce ne me dit rien) mais c'est vrai que l'analyse de l'article sur ces blockbuster qu'on transforme en chefs d’œuvres est très très vrai. Ca me fait penser à d'autres films comme Inception (film faussement compliqué, faussement écrit) ou Bat man : The Dark Knight (faussement noir, faussement violent et subversif)Ce ne sont pas de mauvais block buster et c'est agréable à regarder mais mince, ça reste quand même suffisamment pauvre pour qu'on ne crie pas au géni
Le 05 novembre 2011 Ã 19:13
Bon, je ne répondrai pas sur le fond parce qu'après tout, chacun a le droit de se faire son idée d'un film. Mais je ne peux pas m'empêcher de relever la grosse incohérence par laquelle débute l'article."Non, Drive ne mérite pas d’être classé sous cette terminologie. Drive est un blockbuster américain, un film commandé, un long-métrage réalisé avec de gros moyens"
Ok. Passons aux chiffres. Le budget de Drive ? 25 millions de dollars. Quand on voit la somme comme ça, c'est sûr, ça fait beaucoup d'argent. Mais qu'on se détende! Regardons les films produits par l'industrie ciné américaine ces temps-ci :
Real Steel ? 110 millions de dollars.
Les 3 Mousquetaires ? 90 millions de dollars.
Passons aux dénommés (et dans leur cas, biennommés) "blockbusters" du cinéma américain :
Inception ? 160 millions de dollars.
Transformers 2 ? 200 millions de dollars.
Harry Potter et les reliques de la mort ? 250 millions de dollars.
Pirates des Caraibes : jusqu'au bout du monde ? 300 millions de dollars.
Titanic ? Avatar ? Plus de 200 millions de dollars.
Alors voilà , vous me direz, l'heure est peut être à la surenchère, mais peu importe. Là n'est pas le sujet. Le sujet, c'est que non, Drive n'est pas un blockbuster. Refn n'est pas connu pour avoir eu la chance de crouler sous les milliards (si l'on s'intéresse un temps soit peu à sa filmo, il a réalisé Pusher II juste pour rembourser des centaines de milliers de dollards de dettes).
Certes, Drive n'est pas original. Son scénario n'est pas original, son traitement bourré de partis pris non plus. Refn ne s'en est jamais caché, tout comme il n'a jamais caché avoir cherché à déverser dans le film ses nombreuses références cinématographiques. Le talent de Refn, c'est justement de faire un super film avec une histoire qui ne transcende rien. Cela ne doit pas empêcher de reconnaître au film sa photographie sublime, son travail global sur l'image et le son, sa mise en scène, son jeu d'acteurs. Si quelqu'un peut me citer un seul autre film à l'affiche actuellement qui ne contient pas plus de dialogues que ce qui a pu être mis dans la bande-annonce (allez quoi, 3 min, j'exagère ?), qu'il ne s'en prive pas. Oui, il y a des parti-pris dans ce film, comme il y a de la citation, preuve que Refn a une culture ciné bien supérieure à celle de la plupart de ses contemporains.
"le respect de la typologie des genres cinématographiques est à mon sens, l’ultime barrière contre la paresse intellectuelle et la décrépitude de nos corpus de références."
Pour finir, je dirai que je ne suis pas d'accord avec ça, et selon moi, les prises de tête relatives aux classements des films m’énervent catégoriquement. Ceci étant, et puisque c'est comme ça que cet article débute, je finirai moi aussi en me montrant "tatillonne" :
"Ni d’art et d’essai (Drive n’est pas un film expérimental)."
Cette bourde est représentative. Un film d'art et d'essai et un film expérimental, ce n'est absolument pas la même chose. Un film expérimental peut être totalement dépourvu de récit, de narration, il est marqué par sa caractéristique de recherche visuelle, sonore, ou autre. Un film d'art et d'essai, comme on en trouve dans les cinémas du même nom, ne correspond pas à cela. C'est un film d'auteur, souvent diffusé en VO, et qui a bien d'autres caractéristiques.
Alors peu importe à quelle catégorie appartient Drive. Pour moi, ce n'est ni un blockbuster, ni un film expérimental. Peu importe qu'il appartienne à la catégorie "Art et essai" ou pas. Pour moi, c'est un véritable film d'auteur.
Le 06 novembre 2011 Ã 00:35
Je peux comprendre que tout le monde n'ait pas les mêmes gouts, mais alors là je ne suis pas du tout d'accord avec cet article, qui est limite condescendant comme certaines l'ont déjà dit !j'ai vmt adoré ce film, et surtout surprise puisque je pensais tomber sur un film d'action et de courses de voitures, braquages et tout le tintouin. C'est pour ça que je ne comprends pas pourquoi Laystary parle de Drive comme d'un blockbuster ! je ne vois aps du tt en quoi il peut en être un ! le "héros" n'a mm pas de nom, il n'y a pas de scène de cul (vous avez déjà vu un film commercial sans cul ? on met ce qui fait vendre de ce genre de film, là c'est bien le contraire justement), pas vraimentt de happy end… enfin bref je ne vais pas non plus épiloguer là dessus car beaucoup d'entre vous ont déjà fait des remarques sur ce point.
Ensuite Gosling, "inconnu" avant ce film : quant on écrit des articles, la base c'est de faire des recherches avant !! ce mec a failli avoir un Oscar pr meilleur acteur en 2007, ça fait des années qu'on le voit déjà , dans des films comme Blue Valentine, ou N'oublies jamais.
Et par pitié, qu'on arrête d'utiliser ce vocabulaire de pseudo intello pour faire genre "je m'y connais bien en ciné et en culture moi", ça alourdit plus qu'autre chose, c'est chiant à lire et surtout j'ai eu l'impression avec cet article d'être revenu en prépa avec mes profs de litté qui critiquaient les romans qui "vulgarisent" la littérature. Qu'est ce que cela fait franchement ??!! Je trouve ça bien au contraire que le plus grand nombre de personnes possible puisse découvrir autre chose que des blockbusters justement, (que ce soit ça ou pour la BO d'ailleurs, qui sert admirablement le film).
Après je peux très bien comprendre que tout le monde ne puisse pas aimer un film et c'est bien normal ! Moi j'ai tellement adoré que je suis allée le revoir hier ! OK l'histoire est simple, mais ce que j'aime c'est la façon dont elle est mise en scène. Drive peut paraitre lent, sans vraiment d'actions et avec peu de dialogue, mais il faut savoir passer à travers le 1er degré et lire entre les lignes (on peut dire ça pr le ciné?? ^^) et voir tout ce qu'il y a en sous entendu. C'est ça qui change finalement, et rend ce film original et atypique, il ne faut pas être simplement passif et regarder une histoire, mais bien observer tous les sens de la mise en scène…
Et puis je crois qu'il y a dans ce film une des plus belle scène de baiser du cinéma : le ralenti, le jeu de lumière…. (et Gosling, oui j'avoue !) rhalalala ça m'a donné envie de prendre l'ascenseur plus souvent !!!
Le 12 février 2012 à 23:27
Donc, en gros, si on a aimé Drive, c'est qu'on est un pécore qui se dit aimer la scène 'indépendante' ? Autant le dire tout de suite, cet article me met en rogne. Je ne supporte pas qu'on fasse une classification des arts du type 'Ca, c'est méconnu, c'est indie, c'est classy' et, de l'autre côté, 'Tiens, bouffez-ça les incultes de province'. Un film est un film, et il fait toujours partie d'intégrante du 7ème art. Certains plus que d'autres ? Je ne permettrai pas de dire ça, tout ça n'est qu'une question de goûts.En ce qui concerne Drive, je trouve ces critiques totalement injustes. Ok, ce n'est pas un film 'de genre' mais je ne pense pas qu'il soit forcément commercial. En tout cas, je le trouve surprenant dans le sens où on s'attend peu à trouver ce genre de réalisations au box-office. Et je trouve ça génial, comme ça, des personnes qui n'ont pas l'habitude de côtoyer ce genre de réalisations justement le découvre et vont, pour certains peut-être, avoir envie d'en savoir plus. Du coup, ce qui est dit dans ce papier me semble assez choquant et réducteur du type : 'Ce film est trop mainstream, il est inintéressant pour l'élite dont je fais partie. Elite qui ne peut s'intéresser qu'à des films où le cerveau doit intensément travailler pour en saisir le sens'. Non, je dis NON. Des fois les plus beaux moments d'arts sont les plus spontanés.
Et Ryan Gosling ne s'est pas fait découvrir du grand public par Drive, loin de là . The Notebook, Blue Valentine, Crazy Stupid Love ont, entre autres, commencé à lui bâtir un bien joli CV. Mais le comparer à Lana Del Rey, je trouve ça un peu fort et un peu incohérent. Ryan Gosling est loin de se contenter du regard de braise pour ses rôles. Je ne dis pas que c'est le meilleur acteur de tous les temps, mais quand même, ce n'est pas juste un corps à tomber à la renverse. (Et je ne le défend pas uniquement parce que j'aime son regard de braise, hein)
Quant à la BO, Nightcall, à sa sortie, a envoûté plus d'un fan d'électro. Oui, Kavinsky n'a strictement rien inventé, mais cette chanson n'en reste pas moins envoûtante. Personnellement, j'ai du mal à m'en défaire.
Enfin bon, la question n'est pas là , ce n'est pas le principe de s'en prendre à Drive qui me dérange. C'est simplement que je sens un terrible mépris pour la culture populaire, ce qui est, je trouve, regrettable. Que celle qui n'a jamais secoué son popotin sur Les démons de minuit (avec 2 bouteilles dans chaque bras ou complètement sobre dans sa salle de bain) ou versé une larme devant Les petits mouchoirs me jette le première pierre !
Le 22 mai 2012 Ã 10:56
Avis aux fans de Drive: allez voir Le Solitaireles gars, premier film de Michael Mann repris au Grand Action à Paris. C'est la même chose mais en bien.