Nuits Sonores #5, Nuits 3 et 4, 18 et 19 mai 2007.

Le lieu choisi cette année pour accueillir l’événement est d’une grande beauté, le festival prenant place au sein d’un ancien couvent en plein centre ville : Les Subsistances.   Au sein de cette grande niche : trois emplacements permettent de varier les styles et les plaisirs : la Verrière, a.k.a « la » salle des […]

Nuits Sonores #5, Nuits 3 et 4, 18 et 19 mai 2007.

Le lieu choisi cette année pour accueillir l’événement est d’une grande beauté, le festival prenant place au sein d’un ancien couvent en plein centre ville : Les Subsistances.

 

les subsistancesAu sein de cette grande niche : trois emplacements permettent de varier les styles et les plaisirs : la Verrière, a.k.a « la » salle des Nuits Sonores 2007, une aire impressionnante qui plafonne à une vingtaine de mètres. Une immense voûte transparente y surplombe un dancefloor de pavés. Les lives vidéo sont projetés sur de gros cubes de lumière surélevés en divers points de la salle. On pourra y noter l’excellente prouesse des vidéastes lyonnais de chez Bastardgraphics tout au long du festival. Le lieu comptait aussi une scène extérieure indispensable en cet étouffant mois de mai : l’Esplanade, nichée sous les maisons lyonnaises des pentes de la Croix-Rousse qui lui serviront de décor, ainsi qu’un Hangar ultrabasique, tout en longueur et en obscurité. La relative « petitesse » du lieu ne permettait pas d’accueillir autant de stands et de visiteurs que la Sucrière avait pu le faire en 2006, mais que ce léger repli d’espace n’a enlevé aucun charme à ce lieu atypique.

Vendredi après-midi : Lyon-Mon-Amour

À peine sautais-je de mon TGV que nous foncions à Guillotière ou nous attendaient « Les Enfants de la Techno ». Comme entrée en matière, je n’ai pas connu mieux : Place Antonin Jutard, on se gare en face : grande scène, approximativement 50 kW de son, deux bars, des terrasses de café blindées, et un équipe de DJ à l’œuvre : c’est juste somptueux comme cette ville de Lyon au mois de mai peut-être vivante et les gens heureux ici cette après-midi, alors qu’hier peut-être foulaient-ils les mêmes pavés dans la grisaille pour prendre leur métro et se rendre au bureau.

Danser sur un set acid-techno à quatre heures de l’après midi en plein centre ville, au devant des terrasses de café, en bordure de Rhône, le soleil qui frappe dans les lunettes, une petite brise fluviale dans l’air, ça ne vous arrivera qu’ici, et maintenant.

20h : La fête bat son plein quand on s’en va prendre une douche et manger un morceau avant la soirée aux Subsistances, abrutis de soleil, de basses, et de plaisir. Dans la voiture, tout le monde se marre, et moi je n’arrive pas à parler, fatiguée d’avoir dansé tout l’après midi, et trop heureuse d’être ici

Je crois lire sur tous les visages que personne n’aurait voulu être ailleurs cette après-midi là.

Vendredi soir : Minimale syndicale

Arrivée vers minuit sur place, pas facile de bouger de la chambre après l’après-midi sportive que nous avons passée. Première impression depuis la queue devant les Subsistances, je jette un regard entre les panneaux le métal, les Violent Femmes donnent un concert de rock, du vrai rock’n’roll des 90s comme on en fait plus aujourd’hui, du rock qu’ils faisaient il y a quinze ans. Limite trop pâteux pour ce festival, mais pourquoi pas ? Ca ça éduque les plus jeunes et nous change des sempiternels nu-raveux en jeans slim et mèches plaquées.

Viennent de longues heures dans la verrière, Ellen Alien, en excellente poseuse d’ambiances, nous sert un set minimal mais gracieux et tourmenté. Son public est conquis et la salle est comble. Miss Kittin lui emboitera le pas sur une prestation que je trouverais discutable malgré ses progrès en chant. Ca fait plusieurs heures que la musique ne me prend pas et que je n’arrive pas à danser, et pendant que je regrette amèrement la période electroclash de Caroline, tout le monde ici à l’air d’apprécier. Pas moi.

Aller.

Il n’y a plus rien à voir, alors on ne rentre pas tard : demain, on ne se repose pas.

Samedi soir : Un double ration de frites avec ton steak ?

Premier choc de la soirée : Joakim sur l’Esplanade, une belle leçon électro-rock, idéal pour warmupper un festival comme les Nuits Sonores.

live video 3D bastardgraphicsDans la verrière : Succédant à DJ Netik, Mix Master Mike entame le massacre organisé des cellules de ses platines Vestax et l’arrosage d’un public assoiffé de basses et de breaks avec son « fat » hip-hop US. C’est mortel et on s’éclate, pourtant il faut déjà quitter le dancefloor : Digitalism ne va pas tarder à incendier l’Esplanade. Pas toujours évident de bouger pour aller voir ailleurs ce qui se passe. C’est aussi ça les Nuits Sonores, « savoir partir », et il en faut de la volonté pour quitter un Mike super en forme (mais quand vous êtes partie de force au milieu d’un set de Laurent Garnier à The End, vous êtes vaccinée.)

Alors on se bouge dehors, et ça vaut le coup : les allemands attaquent avec des remixes de standards de The Cure et New Order : quoi de mieux que les premières touches de Blue Monday pour émouvoir un public qui ne demande qu’à ce qu’on le fasse trembler ? Le concert est d’une construction parfaite, commençant électro-rock et se terminant limite techno, il est quadrillé des multiples tubes (bientôt anthems je dirais) qu’on connait au duo berlinois. Sublimé par des visuels noirs et blancs très urbains et très rock, le passage de Digitalism demeure le moment incontournable du festival, un live profond, désarmant et magistral.

la VerrièreÀ défaut de vodka présente dans les bars, je viens de reprendre un Burn pour le live de Yuksek dans le Hangar. Juste ce qu’il faut de BPM, un choix soigné de sonorités acides, un soupçon de luxure (devant moi, une fille se caresse les cheveux tout en se déhanchant de façon suggestive) : encore un artiste exceptionnel, avec une rare perception du dancefloor Non content d’avoir le live le plus court et le plus excitant du festival, Yuksek pose sa voix métallique sur des morceaux au groove impeccable, capables de faire danser de force même ceux qui n’avait rien demandé. Un sans faute de quarante minutes, 6-0, 6-0. Le Hangar est détrempé, il demande un rappel. Changement de balles, Shonky est appelé aux platines pour faire redescendre tout le monde sur de la techno minimale (ça y est ! j’ai enfin compris à quoi servait cette musique ! tout comme le dub est utilisé comme musique d’ambiance entre deux lives rock, la techno minimale servirait-elle de Lexomil aux danseurs en fin de soirée ?)

projectionsDehors, Oxia balance une techno trop sage pour l’heure, alors pour finir, on va se prendre une trempe de breakbeat et drum’n’bass grâce à Flore et Will White qui feront exploser la Verrière dans une ambiance « à l’anglaise » super chaleureuse et colorée. On checke les montres : 6h… C’est le matin. Déjà.

On quitte la salle, repues, dehors, le ciel de Fourvière est mauve. Des voix familières nous rappellent à la réalité, en criant pour de rire « Oh les meufs ! C’est fini là ! Y en a marre, on rentre maintenant bordel ! Ca faut une heure qu’on vous attend ! » (c’est nous qui avons les clés de la voiture, tu m’étonnes, on est pas folles.)

Comme l’année passée, en quittant le festival lyonnais, se mêlent satisfaction et mélancolie… C’est fini ! Douze mois à attendre … À l’année prochaine Lyon !

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