J’aime la fête, j’aime la musique, je DÉTESTE la Fête de la Musique

Pendant la Fête de la Musique, Queen Camille et Alix préfèrent ronchonner, calfeutrées à domicile, tentant d'échapper vaille que vaille aux fausses notes et aux vrais relous. Récit.

J’aime la fête, j’aime la musique, je DÉTESTE la Fête de la Musique

J’aime l’été. J’aime la fête. J’aime la musique.

Mais chaque année pour moi, la Fête de la Musique tombe comme un cheveu gras sur la délicieuse soupe du jour le plus long de l’année.

Trop longtemps, j’ai couvé ma colère, étouffée par les binious hurlants et les accords approximatifs des groupes de mon village.

Aujourd’hui, je ne veux plus me taire.

La Fête de la Musique, de l’amour à la haine

Longtemps pourtant, ce rendez-vous culturel a été pour moi un incontournable.

Il faut dire que la Fête de la Musique représentait ma seule opportunité annuelle de traîner en « ville » (je viens d’Ardèche), le soir, avec mes potes (avec la Fête des Vins sous chapiteau, mais c’est une autre histoire).

Je me revois encore pleurer devant mon téléphone assailli de textos amicaux, quelques jours seulement après la fin du bac :

« Tu viens à la Fête de la Musique ?? »

NON, je ne viens pas parce que je prépare un fucking concours, et que je suis enfermée chez mes grands-parents qui habitent à côté de la prépa qui me bourre le crâne pour un tarif exorbitant.

Cet évènement charnière m’a poussé à remettre en cause l’importance de cette bruyante célébration, jusqu’à… la détester. 

La Fête de la Musique, une gloire de naze

Pour des raisons qui nous sont communes, Alix aussi angoisse lorsqu’on lui demande ce qu’elle a prévu pour la Fête de la Musique :

Cette question me hante presque autant que « Tu fais quoi pour le Nouvel An ? ».

Tout le monde me la pose, et moi, le seul truc que j’ai envie de faire, c’est rester au fond de mon lit.

Pourtant j’adore la fête, j’adore la musique, mais la FÊTE DE LA MUSIQUE, je trouve ça ATROCE.

Les rues sont remplies de musiciens médiocres qui s’époumonent dans des micros mal réglés, et c’est la seule gloire qu’ils n’auront jamais.

Je le sais, car je l’ai vécu. Je me souviens de m’être sentie comme une star, du haut de mes huit ans, à chanter pour tous ces gens qui hurlaient qu’ils m’aimaient…

En réalité, ils hurlaient pour couvrir ma voix chevrotante, et étaient de toute façon bien trop éméchés pour comprendre un traitre mot des textes de Pink Floyd que je baragouinais.

Car la Fête de la Musique, c’est aussi la fête du vomi public et des portables volés.

La Fête de la Musique, lieu de tous les dangers

À la différence du Nouvel An, autre belle arnaque qui a le mérite de se dérouler en privé, la Fête de la Musique a lieu dans la rue. ENFER.

La voie publique y est saturée de badauds traînant la patte qui, pour la plupart, s’imbibent d’alcool jusqu’à oublier les paroles des Lacs du Connemara.

Ce qui aurait dû ressembler à un concert en plein air devient rapidement un pogo suant, qui sépare les groupe d’amis et fait valser les bières, durement acquises à un tarif déraisonnable.

À partir de 2h du matin, le public a le choix entre se faire détrousser derrière un ampli, prendre part à une bagarre pour désaccord musical ou glisser par mégarde sur du vomi.

Cette année encore, je ne pourrai pas empêcher la majorité de mes congénères de se bousculer entre un fest noz et une reprise ratée de Cher, sans savoir vraiment ce qu’ils font là.

Mais j’ai au moins assez d’assurance pour pouvoir dire : NON, je ne prendrai pas part à votre délire.

Si vous me cherchez, je suis au lit, avec mes écouteurs.

Et toi, apprécies-tu ce grand rassemblement populaire et cacophonique ? 

À lire aussi : Quelle Fête de la Musique es-tu ?

QueenCamille

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Commentaires

Nancy Drew

Hey!
J'avoue que, comme beaucoup, je suis fatiguée du monde et du bruit rapidement à la fête de la musique. Mais d'une part, c'est un moyen GRATUIT d'écouter des musiciens en live (tout le monde n'a pas les moyens de se payer un concert), et d'autre part, c'est un évènement ultra positif. Il n'y a rien de négatif, ni de politique, bref, je ne sais pas si je suis claire. En tous cas, c'est culturel et varié, ce qui est toujours chouette.
Maintenant, après l'avoir vécue à l'étranger (soit l'absence de soit une manière différente de la vivre), je crois que pour moi, cela dépend de l'organisation de la ville où l'on est à ce moment-là, et des personnes avec qui on la passe.
Comme beaucoup, ma première fête de la musique a été à 15 ans la première fois où mes parents m'ont laissée aller seule avec mes copains-copines à un évènement public potentiellement dangereux tard le soir (y'a pas de bal du 14 juillet chez moi). Et pour ça, j'aurai toujours cette affection particulière pour la fête de la musique.
 

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