Je ne sais pas gérer mon argent mais je survis, merci

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Tifaine a quelques petits soucis avec l'argent. Heureusement, elle a su trouver des astuces pour s'en sortir. Elle vous les partage gracieusement dans cet article.

Je ne sais pas gérer mon argent mais je survis, merci

Il y a une semaine on m’a demandé : « Qu’est-ce que tu aurais envie de découvrir ? », j’ai répondu : « Rien, je suis déjà à découvert. »

Moi et l’argent, c’est une histoire un peu compliquée. Le meilleur résumé serait : « fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis ».

Presque comparable à une lovestory tumultueuse. Tu vois le tableau : « J’ai pas besoin de toi, je suis au dessus de tout ça, je suis une femme forte et indépendante ! Laisse-moi ! »

…Et à la scène suivante : « C’est faux, je le pensais pas du tout, REVIENS !!! »

Car oui, moi, petit être paradoxal, j’essaye parfois de me convaincre que « Non, l’argent n’est pas le centre de tout. »

Dans le même temps, je passe ma vie à abuser de ma carte bancaire.

« Bitch better not have my money »

Rihanna feels me.

En langage codé, « être dans le rouge » peut vouloir signifier deux choses : avoir ses règles ou ne plus avoir d’argent.

Comme j’emploie cette expression bien plus souvent qu’une seule fois par mois, ça laisse deviner à quelle catégorie dont je fais référence.

En effet, aucun doute là-dessus : je suis une piètre financière. L’argent et moi, ça fait zéro. Exactement le chiffre qui s’affiche quand je checke mon compte en banque.

Toutes les semaines, le même combat, celui de réussir à concilier ma vie d’étudiante (si on peut encore vraiment me définir comme tel) fauchée avec mon statut de dépensière boulimique.

Je suis si peu matérialiste que même mes plus gros objets de valeur finissent cassés ou perdus, mais pourtant, je-ne-PEUX PAS-m’empêcher-d’acheter.

N’essayez pas de m’emmener dans un centre ville ou un centre commercial, tout ce qui se trouverait autour de moi deviendrait une nouvelle acquisition potentielle.

Pour imager, ça serait comme lâcher un chien affamé dans un cimetière d’éléphants.

Donnez-m’en plus !

Moi et mon argent, littéralement.

À propos de nourriture… n’en parlons pas. (On va en parler.)

Avec les vêtements, elle constitue mon principal gouffre financier.

Deliveroo, je t’aime, mais au nom de tous les gourmands feignants pauvres et démunis de self-contrôle, va te faire foutre.

Pour des personnes comme moi, le service de livraison à domicile représente l’une des plus belles mais aussi l’une des pires idées jamais inventées.

Sauf que finalement, peu importe la façon dont je cherche à me nourrir, j’y lâcherais facilement la moitié de mes économies.

C’est ça, trop aimer les restos, les antipastis et les cocktails/bières/cafés en terrasse.

Rien qu’en écrivant cette phrase, la minuscule Tifaine un tant soit peu raisonnable en moi s’écrie :

« Comme si t’avais les moyens de te la jouer Sex and the City et de le clamer haut et fort alors que tout le monde sait très bien qu’après une salade au commerce du coin, t’es au bord de la faillite. »

Voilà ce que ma « sainte-moi » me dit.

Malheureusement, mon « fuck-this-shit-moi » me dit plutôt : « Wow, ce petit haut dont tu n’as absolument pas besoin irait parfaitement dans ta collection d’autres petits hauts dont tu n’avais absolument pas besoin le mois dernier. »

C’est pas faux

Donc si on résume, après une journée, au compteur nous avons : un budget bouffe qui aurait pu être évité si j’avais favorisé l’option « plat de pâtes maison, 90 centimes max », une après-midi shopping qui n’était vraiment, VRAIMENT pas nécessaire et un aller simple pour dormir sous un pont.

En plus, comme j’ai le QI aussi élevé qu’une pomme de pin, je n’apprend pas de mes erreurs et reproduis toujours le même schéma.

Je me rue sur des pièces que je ne mettrais que rarement, qui ne sont plus de saison ou que je possède déjà dans des styles similaires. T.r.o.p – m.a.l.i.n.e.

J’aurais au moins pu investir intelligemment en me tournant vers une nouvelle paire de chaussures qui, pour le coup, n’auraient pas été de trop vu que celles que je porte tout le temps commencent à se faire vieilles…

(Le cuir est tellement usagé qu’on dirait qu’il a rouillé) (je sais c’est impossible) (quoique ?!)

MAIS NON. Achetons plutôt un énième t-shirt histoire d’en posséder tellement que les 3/4 finiront dans les tréfonds de mon armoire, plus connus sous le nom de « limbes de l’oubli ». Truly genius.

À tout problème sa solution

Moi prétendant ne pas connaître la réponse à cette question.

Bien sûr, lorsqu’on est frénétique bancaire digne de ce nom, le problème s’applique dans toutes les situations.

Les vêtements, les terrasses et le monde culinaire sont mes plus gros points faibles, mais je peux également avoir d’autres lubies selon les périodes que je traverse.

Ainsi la décoration, les livres, les jeux, les cosmétiques, TOUT peut y passer. Appelez-moi Shere Khan et ma jungle est la société de consommation.

À moins que je ne sois plutôt Mowgli, plus logique si on part du principe que je suis la victime et non la prédatrice.

C’est vrai qu’à bien y réfléchir, j’ai souvent remis en question ce comportement un peu compulsif (parfaitement compulsif), où il m’est fréquemment arrivé d’avoir la sensation de perdre le contrôle et de ne pas pouvoir m’empêcher de débourser.

Pourtant, je sais que ce n’est pas le moment, je sais que je vais le regretter et je sais même que dans les situations les plus critiques, je ressentirais du dégoût et de la culpabilité envers moi-même.

Mais me voilà malgré tout, un ou deux sacs à la main.

J’ai donc fait le constat. Une réflexion qui s’étale en années. Certaines personnes sont plus susceptibles d’être touché•es par la surconsommation.

Voilà, c’est tout pour moi, je peux dorénavant me lancer dans un master de philo, salut !

(Plus sérieusement, les personnalités maniaco-dépressives connaissent par exemple des phases puissantes pendant lesquelles dépenser se révèle irrépressible.

Si le sujet vous intéresse, voilà un article du site medishealth expliquant parfaitement le rapport bipolaire à la gestion de l’argent.

Alors sans forcément aller jusqu’à ces extrêmes, si vous aussi pensez être du côté obscur de la force des dépenses, voici une liste de conseils non exhaustifs pour tenter de résister.

Cela vous permettra peut-être de ne pas passer 98% de votre temps à vous demander comment vous allez réussir à joindre les deux bouts sans passer par la case « z’auriez pas une p’tite pièce s’iouplait ? »

Mes astuces pour dépenser moins

Si ça n’a pas déjà été fait, téléchargez l’application de votre banque.Cette solution vous permettra de consulter vos comptes en ligne où que vous soyez. Pratique si vous êtes du genre à avoir recours à la technique de l’autruche.

Oui : « Mais je suis sûr•e qu’il m’en reste, de l’argent ! Allez, on dit qu’on part sur deux ou trois faux cactus et une demi-douzaine de bougies parfumées » alors que vous n’avez en réalité plus que 2,50€ sur votre compte, je connais. S’en suit généralement la douce incantation : « Comment ça, j’ai encore gaspillé tout mon fric ?! »

Essayez (j’ai bien dit « essayez ») de vous projeter. Est-ce que ces vingt euros ne seraient pas plus utiles ailleurs que dans cette paire de chaussons émoji poop ? — qui sont vraiment trop cools, je vous l’accorde.

Seulement, malgré l’amour inconditionnel que vous leur portez, rappelez-vous que c’est une somme dont vous ne verrez plus jamais la couleur. Considérer son budget selon son contexte actuel et tenter de le penser le plus intelligemment possible vous permettra de limiter les dégâts et d’établir une liste de vos priorités… (Et personne n’a dit que les chaussons émoji-poop n’en étaient pas une.)

Mention spéciale pour les shopaholics : quitte à finir par claquer éternellement votre « caramel » dans l’industrie du prêt-à-porter, renseignez-vous quant aux différentes plateformes existantes pour revendre ses vêtements et accessoires.

Ne mentez pas, on sait que vos dressings débordent. Alors si vous devez les remplir un peu plus chaque mois (semaine ? jour ?), un petit nettoyage de printemps de temps à autre ne fera pas de mal. Plus vous vous y prendrez tôt, moins vous vous sentirez découragé•e.

Aux dépensiers•ères nourriture, avant tout : je vous ai compris. Ensuite, si vous aimez cuisiner, il existe un tas de livres de recettes sympas destinés à tous types de régimes alimentaires, qui proposent des astuces pour réaliser des petits plats peu onéreux.

Qui sait, cela sera peut-être l’occasion de vous rapprocher spirituellement de Philippe Estchebest ? (La quête de toute une vie.) À lire également, les 7 astuces liées à la bouffe qui rendront votre vie plus simple, par Chloé.

Sinon, il y a toujours l’astuce de Mircea Austen, qui consiste à se lancer le défi « zéro dépenses pendant deux semaines » , ou encore ces trois conseils de Justine, un peu moins radicaux pour les plus sceptiques.

Vous vous êtes reconnu•es ? Désolée… Mais j’espère que partager mon expérience aura pu vous aider un peu, sinon on pourra toujours se retrouver ensembles aux groupes des Dépensier•ères Anonymes …

La bise.

À lire aussi : Peut-on parler d’argent entre amis ?


Tifaine P

Acheteuse compulsive et philosophe du dimanche. Si elle pique une colère, offrez-lui de la nourriture. Elle aime la mode et l'art qu'elle pratique sous toutes ses formes. Ce qu'elle préfère, c'est écrire. Sinon elle aime l'humour, parce que l'humour c'est drôle et que quand c'est drôle, elle rit. Et rire, elle aime bien ça.

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Voici le dernier commentaire
  • Kaus Australis
    Kaus Australis, Le 28 juillet 2017 à 22h22

    J'étais comme ça avant, depuis que j'ai eu mon travail et ma carte bleue je me faisais plaisir, càd un concert par mois et boire une bière de temps en temps :cretin::ninja:
    Fin c'était déjà pas mal, comparé à avant
    Je me suis pas achetée de fringues depuis septembre dernier maintenant que j'y pense...
    Et un jour je me suis pris un sale accident de voiture et je me suis rendue compte qu'économiser, c'était peut-être une meilleure idée :yawn:

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