Comment réagir quand ton livre préféré a une adaptation pourrie ?

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Ton livre préféré a été adapté en film ou en série et le résultat est désastreux ? C'est triste. Mais ce n'est pas la fin du monde. Petit guide de survie post-visionnage.

Comment réagir quand ton livre préféré a une adaptation pourrie ?

Cher lectorat,

J’ai vécu dans ces dernières semaines un assez grand ascenseur émotif en matière d’adaptation filmée d’œuvres chères à mon cœur.

Tu n’es peut-être pas sans savoir que je suis une énorme fan de Stephen King, qui a droit à tous les honneurs en ce moment avec différents projets à la qualité… variable.

D’abord, il y a eu Mr Mercedes, une série très fidèle reprenant le livre du même nom. Acteurs au poil, intrigue prenante, respect des personnages, inventions pertinentes : c’est un sans-faute.

Ensuite, il y a eu La Tour Sombre, tentative médiocre de donner vie à une saga épique de 6 livres dans un film gloubi-boulga de seulement 1h35 qui semble avoir été écrit à partir d’un résumé de l’histoire traduit sur Google Translate.

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Et hier, j’ai eu la chance de voir Ça version 2017, probablement l’une des meilleures adaptations de King, qui m’a terrifiée autant qu’elle m’a fascinée.

En plus de ça, entre-temps, il y a bien sûr eu Game of Thrones saison 7, qui a oscillé entre de très bonnes idées et des ficelles scénaristiques aussi grosses que les câbles soutenant un pont suspendu.

Cet été, niveau adaptations de livres que j’aime, il y a donc eu du très bon comme du très mauvais, et c’est ce qui m’a inspiré cet article : comment réagir quand ton œuvre favorite est mal adaptée ?

Petit tuto anti-seum.

Ce qu’il ne faut pas faire quand ton livre préféré a droit à une adaptation ratée

  • En dégoûter les autres

Il est possible que des gens n’ayant pas lu le livre aient apprécié le film ou la série qui se base dessus, même si toi, lectrice / lecteur, tu n’y as pas du tout retrouvé ce que tu espérais.

Il est même possible que des gens ayant lu le livre apprécient son adaptation, et soient donc en désaccord avec toi. Eh oui !

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Je te conseillerais donc de ne pas dire partout que « C’EST DE LA MERDE C’ÉTAIT MIEUX DANS LE LIVRE ». Laisse d’abord les gens se faire leur propre opinion… même si elle diverge de la tienne !

  • Insulter les gens en charge de l’adaptation

Récemment, le manga Death Note a été adapté sur Netflix.

Beaucoup de gens ont été déçus par cette production, pour diverses raisons. C’est leur droit.

Certaines personnes ont envoyé des menaces de mort et des messages haineux au réalisateur, Adam Wingard, qui a fini par supprimer son compte Twitter. Ce n’est pas normal.

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Être déçu•e et critiquer une œuvre c’est tout à fait légitime ; insulter les personnes qui l’ont créée, non. Surtout qu’il est facile de se dire « J’aurais fait ceci et cela » alors qu’on ne connaît rien aux métiers de la production, de la réalisation ni aux contraintes !

  • Perdre de vue la réalité

Pour continuer sur ma lancée, je pense qu’il ne faut pas non plus perdre trop de vue la réalité économique et sociale entourant une œuvre.

Est-ce que j’aurais voulu que La Tour Sombre dure 6 films et une préquelle en série, le tout avec des effets spéciaux de maboule, Idris Elba en costumes et un budget grand comme le PIB d’un pays ? Oui, évidemment.

Mais je sais qu’il n’y a pas assez de public pour ce genre, que c’est une œuvre trop bizarre et difficile à résumer pour que le marketing soit efficace, qu’elle n’a pas l’aura d’un Seigneur des Anneaux ni le nombre de fans d’un Harry Potter.

Les films et les séries, c’est d’abord une question de sous, car ça coûte plusieurs dizaines, centaines de milliers d’euros à créer. Et sans public, à moins d’un richissime mécène, il n’y aura pas de sous…

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Voilà pour les « don’t » de l’adaptation pourrie. Passons aux « do », pour un peu de positif !

Ce qu’il vaut mieux faire quand ton livre préféré a droit à une adaptation pourrie

  • Essayer de voir le verre à moitié plein

Oui, je suis dégoûtée que La Tour Sombre n’ait selon moi été fidèle ni aux personnages, ni à l’intrigue, ni aux enjeux qui sont au cœur du roman.

Mais je reste ravie qu’Idris Elba ait été choisi pour jouer Roland, le héros, malgré les hauts cris des personnes refusant de voir un acteur à la peau noire l’incarner. C’est une avancée !

Ça ne me donnera pas l’adaptation dont je rêvais, mais ça reste un point positif. Et il y en a au moins quelques-uns dans presque toute œuvre.

  • Te lancer dans des débats passionnés pendant des heures

J’adore parler culture. J’adore débattre de sujets pas forcément très lourds. J’adore lire et entendre des avis différents.

On a la chance d’avoir Internet, youpi ! Alors on peut débattre (sur le forum madmoiZelle, sur Facebook, sur Twitter, sur Reddit…) de tout ce qu’on a aimé ou non dans les œuvres culturelles qui nous passent sous le nez.

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C’est aussi bien pour prendre un peu de recul et se rappeler que ce choix de costume qui est ÉVIDEMMENT contraire au héros, eh bien, d’autres l’ont trouvé très bien. Il faut de tout pour faire un monde, comme on dit.

  • Te rappeler que tu ne perds rien dans l’affaire

La magie d’un bon livre, c’est qu’il est là. Toujours là. Un mauvais aussi, d’ailleurs.

Adaptation ratée ou pas, tu pourras toujours rouvrir ton bouquin préféré et te plonger dedans, t’évader entre ses pages, peu importe qu’Hollywood leur ait rendu justice ou non.

Ton roman favori reste ton roman favori. Et ça, c’est une belle certitude.

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  • Te dire que tu vas gagner plein de potes

Pour finir, il est possible que cette adaptation donne à plus de monde l’envie de lire le livre originel !

Tu auras donc plein de nouveaux potes avec qui en parler, échanger des théories et débattre (parole de meuf qui lisait déjà Game of Thrones en 2007 : c’est COOL). Et si ça se trouve, ils finiront par trouver l’adaptation pourrie, comme toi.

Ce qui te permettra de lâcher ton plus beau :

« Ah, tu vois, j’avais raison. »

Et ça on aime.

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En conclusion : continuons à lire, à voir des films et des séries, à débattre et à théoriser, tout en respectant les personnes de chair et d’os qui créent des trucs.

Ça vous dit ?

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Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu’elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.


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Commentaires
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  • Gypsie Mérou
    Gypsie Mérou, Le 6 novembre 2017 à 10h51

    @skippy01 Le terrorisme résulte plutôt d'un problème d'égo et de frustration et la pop culture, pareil, je ne crois pas que la sacralisation d'un truc intouchable (où la divinité serait Tolkien ou HP Lovecraft) soit vraiment le déclencheur. S'attaquer à des gens qui ne "respectent" pas des œuvres et faire pression pour changer des acteurs, etc... m'a toujours fait penser a un comportement de gamins trop gâtés + l'effet de masse, sentiment gratifiant d'appartenance à un groupe.
    Dans les deux cas ça donne un sentiment d'exister d'une façon ou d'une autre, c'est ça à mon sens les processus mentaux communs dont tu parles, mais je doute que ce besoin soit typique de notre époque. D'une part des gens qui prennent un dieu pour justifier des actions violentes ça a toujours existé sous toutes les latitudes. Et d'autre part c'est assez récent historiquement que les masses populaires ont à ce point accès à l'éducation et encore plus récent qu'on ait twitter pour s'exprimer publiquement ce qui change tout à fait notre perception du monde autour de nous, là où avant les années 2000 on était pas sans cesse sollicité par les opinions des autres et où Abrams et Jackson n'auraient jamais été autant au courant de tout le mal que les fans hardcore peuvent penser de leurs adaptations.
    Par ailleurs ceux qui sont persuadés et se font le devoir d'être les gardiens d'une certaine connaissance leur donnant un sentiment de supériorité (intellectuels, philosophe scientifiques, alchimistes...) ce n'est pas très nouveau là non plus. Je pense que les pensées extrémistes ont toujours existé quelles que soient les causes qu'elles servent, ce sont les nouveaux moyens de l'exprimer et de le répandre (que ce soit par les paroles ou la violence armée) qui leur permettent une visibilité inédite et d'influer sur le monde extérieur.

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