La situation des trans aux États-Unis pour les nuls, par John Oliver

Les personnes transgenres peinent à voir leurs droits reconnus et respectés aux États-Unis, une situation que John Oliver dénonce brillamment dans Last Week Tonight.

La situation des trans aux États-Unis pour les nuls, par John Oliver

Une personne transgenre est une personne dont le genre ne correspond pas à celui qui lui a été assigné à la naissance, essentiellement en fonction de l’apparence de ses organes génitaux.

Par exemple, un enfant né avec un pénis sera assigné au genre masculin. Mais il se peut qu’en grandissant, cet enfant se découvre en adéquation avec un autre genre, quelque part sur le spectre qui s’étend du masculin au féminin.

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L’aspect de leur sexe ne vous regarde pas !

Cette notion n’est pas insurmontable à comprendre. On ne demande pas à tous les journalistes et aux médias, aux politiques, à tous les individus de nécessairement comprendre toutes les nuances de genres et de sexualité qui existent dans la société, mais on exige d’eux qui respectent néanmoins le droit des personnes trans à ne pas être discriminées, à ne pas subir d’humiliations liées à leur situation.

Vous ne demanderiez pas à une personne que vous ne connaissez pas quelle forme sont ses testicules, si son pénis penche plutôt d’un côté, ni de vous décrire l’aspect de sa vulve. De prime abord, c’est un peu rude, non ? Il en va de même avec les personnes transgenres : ne posez pas de questions sur l’aspect de leurs organes génitaux ! C’est parfaitement impoli, et extrêmement intrusif comme question, quelle que soit notre identité de genre !

De plus, le fait de poser ces questions à des personnes trans trahit le fait que vous n’acceptez pas leur genre, que vous leur niez le droit d’être identifié•es correctement ; vous maintenez sur eux ou elles une assignation à leur genre de naissance (c’est-à-dire correspondant à l’apparence de leurs organes génitaux).

C’est un peu les bases du respect en société : une personne vous dit qu’elle est une femme et vous demande de parler d’elle au féminin, vous êtes prié•es de respecter cette requête. N’allez pas lui demander des justifications, cela ne vous regarde pas !

Le respect n’est pas évident pour tout le monde…

Mais apparemment, le respect n’est pas aussi évident… John Oliver fait le point sur les discriminations et les situations vécues par les personnes trans aux États-Unis, et notamment sur les « bathroom bills », ou l’humiliation quotidienne pour de nombreuses personnes trans.

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Les « bathroom bills » sont exactement ce que vous pensez : des lois qui visent à régir quelles toilettes vous pouvez utiliser ou non. Or les personnes trans demandent uniquement le droit d’utiliser (en toute logique) les WC qui correspondent à leur genre. Obliger une femme trans à aller dans les toilettes des hommes n’a aucun sens : c’est une femme, et on ne vérifie pas que les gens qui vont chez les hommes ont un pénis ou non. De même, un homme trans n’aura pas forcément un pénis, que voulez-vous qu’il fasse devant un urinoir ?

Plus grave, les toilettes publiques (et notamment dans les écoles) sont un lieu dangereux pour les personnes trans, qui y sont victimes de harcèlement et de violences.

Ces « bathroom bills » sont non seulement idiotes, mais surtout dangereux pour les personnes transgenres. C’est pourquoi la Californie avait reconnu aux enfants trans le droit de choisir quelles toilettes ils préfèrent utiliser.

À lire aussi : En Californie, les enfants transgenres pourront choisir leurs toilettes

Dans cet épisode de Last Week Tonight, John Oliver tacle sans merci les politicien•ne•s opposé•e•s à cette liberté fondamentale, et ça fait du bien de voir les droits des personnes trans défendus en toute simplicité par une personnalité reconnue, sur un média à grande écoute !

« Les personnes transgenres ont une identité de genre qui diffère de celle qui leur a été assignée à la naissance. Cette identité de genre ne doit pas être confondue avec l’orientation sexuelle.

L’identité de genre, c’est qui vous êtes, l’orientation sexuelle, c’est qui vous aimez. Certaines personnes transgenres effectuent des traitements hormonaux, et une réassignation sexuelle, et d’autres ne font rien de tout ça. [NDLR : c’est-à-dire qu’ils ne procèdent pas à des modifications de leur corps pour correspondre à l’apparence sociale assimilée à leur genre]

Point intéressant : la décision de suivre ces traitements et ces opérations ou non, n’est, médicalement parlant, absolument pas vos oignons ! »

Merci encore une fois, John Oliver, pour avoir brillamment résumé la situation.

Pour en savoir plus sur les personnes transgenres, je vous recommande les travaux de Sophie Labelle, l’auteure de la BD Assignée Garçon, qui m’avait grandement aidée à rédiger cet article permettant d’expliquer plus en détail les questions liées au genre et aux réalités vécues par les personnes trans.

À lire aussi : « Assignée garçon », les réalités trans expliquées par Sophie Labelle, en BD

Et en France ?

En France, la situation n’est pas meilleure, mais on vous en reparlera. On avait déjà fait le point sur les droits des trans en France, grâce au témoignage de Salomée, à l’occasion de la dernière marche pour les droits des trans, l’Existrans… et on ne compte pas s’arrêter là.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Betty-b56
    Betty-b56, Le 3 juillet 2015 à 20h21

    Ca me rappelle un collègue de bureau (en Irlande du Nord) qui m'a dit "c'est vraiment trop drole, ils parlent de créer un titre (comme Mr, Mrs...) pour les trans!! Ahahha trop drole!" J'avais du lui expliquer que non ca n'avait rien de drole et que c'était à cause de personnes (comme lui) qui refusaient de se référer à une personne trans par le sexe auquel il ou elle s'identifiait...

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