Jarvis (Jarvis Cocker)

Il me faut l’avouer : je fais souvent plus attention à l’ambiance musicale d’un album qu’à ses paroles. Je me plonge dans un magma de sons dont émergent mots, rifs, samples, mais je m’accroche rarement à ce que me raconte le texte. Il m’arrive pourtant de prêter l’oreille instantanément à ce qu’on me dit. Les […]

Jarvis (Jarvis Cocker)

Il me faut l’avouer : je fais souvent plus attention à l’ambiance musicale d’un album qu’à ses paroles. Je me plonge dans un magma de sons dont émergent mots, rifs, samples, mais je m’accroche rarement à ce que me raconte le texte. Il m’arrive pourtant de prêter l’oreille instantanément à ce qu’on me dit. Les textes ne sont plus uniquement de jolis montages surréalistes ou des coquilles vides qui font de jolis bruits en se rencontrant. Cette fois, j’écoute ce qu’il y a dedans.

Pourquoi sur certains albums et pas d’autres ? J’aime me dire que cette soudaine attention d’enfant sage vient de la personnalité de ceux qui s’adressent à moi. Comme si on tintinnabulait sur un verre en cristal en plein banquet de mariage pour me dire : « Stellou ! Sors le museau de ta verrine aux fruits rouges ! J’ai deux mots à te dire ! ». Des gens comme Neil Hannon (Divine Comedy) ou Amanda Palmer (Dresden Dolls), ont ce pouvoir-là sur moi. Jarvis Cocker aussi. On a ses têtes, faut croire.

Faut croire aussi que ce grand échalas à lunettes sait raconter des histoires. Du moins c’est son don de conteur qui rend son album solo précieux à mes yeux. Un conteur souvent désabusé et/ou ironique, qui te parle d’amours nostalgiques (Baby’s Coming Back, dont la retenue est le plus puissant des effets spéciaux) ou revanchardes (Don’t Let him Waste your Time) et aime se lancer dans de petits discours sur le mode « la société elle pue de la raie » (Auschwitz to Ipswitch, Running the World ou le magnifique Disney Time).

J’aime sa façon de me balader en me servant ce qui ressemble à une balade gentillette, pour finalement changer son fusil d’épaule en un ou deux mots. Comme sur I Will Kill Again, titre en apparence paisible qu’une seule phrase suffit à rendre inquiétant. Et puis ses écarts de lucidité, quand Jarvis part dans des délires du type Fat Children. Mais ce que je préfère, c’est quand il s’assied à côté de moi, pose un coude et son verre de vin sur la table et me confie des histoires de gens un peu à part. Comme dans Big Julie, l’une des chansons sur l’adolescence les plus émouvantes que j’aie jamais entendue.

Alors même si ce qu’il me dit n’est pas forcément révolutionnaire, même si les arrangements ne vont pas exploser les traditions musicales, je l’écoute, tonton Jarvis. Parce qu’il a une voie qui n’appartient qu’à lui. Oui, j’ai bien dit « voie ». M’enfin « voix », ça marche aussi.
 
Sa page Mon Espace (ça sonne moins bien en français, quand même)

La vidéo de Don’t Let Him Waste Your Time:

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Stellou
    Stellou, Le 7 février 2007 à 23h26

    bluedog : mais euh !
    ... Veinarde.

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