Le hentai, mon porno à moi (qui ne contient pas QUE des tentacules)

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Le hentai, c'est ce porno dessiné venu du Japon. Vous pensez à des seins démesurés, des tentacules et des robots ? Vous n'avez pas tout à fait tort... mais la réalité est bien plus diversifiée.

Le hentai, mon porno à moi (qui ne contient pas QUE des tentacules)

J’aime pas trop le porno. J’ai rien contre, hein, tant que tout le monde est consentant et que les conditions de travail sont bonnes ! Mais ça m’excite pas.

Je crois que j’aime pas trop le porno parce que je suis élitiste. À chaque fois que je tente, je trouve que, au choix :

  • C’est mal joué, mal éclairé, mal filmé, bref c’est moche
  • C’est absolument irréaliste, les actrices ont des ongles de 6 centimètres de long et se tripotent vaguement la chatte
  • C’est trop « gentillet » par rapport à mes fantasmes personnels plutôt axés BDSM
  • C’est du BDSM, mais de piètre qualité
  • C’est du BDSM, mais pas du genre que j’aime bien
  • C’est trop axé sur l’actrice et pas assez sur l’acteur, réduit à une paire de boules et un chibre impressionnant (moi je suis hétéro, j’aime bien les garçons, donc j’aime les voir)

Autant de critères qui font que dans mes vingt-cinq ans de vie, le nombre de pornos que j’ai trouvés à mon goût se compte sur les doigts d’une main.

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Du coup, en général, je compte sur mon imagination et ses possibilités infinies pour me masturber.

Ou alors je sextote. Vive 2017.

Mais quand mon imagination ne suffit plus, je dégaine mon ordinateur et je vais regarder mon porno. C’est-à-dire du hentai.

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Le hentai, c’est quoi ?

Allons faire un tour chez notre bon ami Wikipédia.

« Hentai est un mot japonais qui signifie « transformation », « métamorphose », « perversion », mais qui est utilisé en Occident pour désigner des mangas et des anime à caractère pornographique.

Le mot hentai signifie littéralement « perversion », « anormalité » ou « métamorphose » en japonais. Même s’il peut servir à qualifier des comportements comme le sadisme, le viol, l’inceste ou la zoophillie, ce mot en lui-même n’a pas nécessairement de connotation sexuelle. »

Ça s’appelle du hentai et c’est de l’art

Donc le mot hentai a subi un glissement de langage pendant son voyage vers l’Occident, où il désigne des œuvres à caractère pornographique.

Le hentai désigne à la fois les mangas et les animés, qui sont parfois des versions mises en mouvement de ces mêmes mangas et parfois des productions originales.

Le hentai peut s’inspirer d’univers à succès (disons que si vous voulez voir Naruto la mettre dans le cucul à Kakashi ou inversement, c’est possible) ou raconter des histoires indépendantes de toute saga.

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On parle de hentai mais aussi de ecchi, qui désigne des œuvres érotiques ou pornographiques « soft » alors que le hentai regroupe de nombreuses pratiques, de la simple fellation au gang-bang en passant par des fantasmes bien plus exotiques.

Mais on y reviendra !

Le hentai, ça ressemble à quoi ?

Il y a autant de styles de hentai que de personnes qui en dessinent et en consomment. Ce genre a souvent la réputation d’être mal dessiné et mal animé, ce qui n’est pas faux dans certains cas mais il est également possible de trouver de très belles œuvres !

Boing boing.

On y retrouve les codes classiques de nombreux mangas. Il y a du hentai dans des univers médiévaux / fantastiques, du hentai au lycée, du hentai dans des clubs de sport, du hentai à la maison…

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Personnellement, je n’aime pas le hentai animé pour les mêmes raisons qui font que je n’aime pas la majorité des pornos : la qualité visuelle et celle du doublage. Je préfère lire des mangas pornographiques, aller à mon rythme et laisser à mon imagination le reste du boulot.

Où trouver du hentai ?

En France, on peut trouver des mangas érotiques / pornographiques en librairies. Si vous ne trouvez pas votre bonheur et que vous ne rougissez pas facilement, vous pouvez demander à votre libraire de commander un titre qui vous tente !

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Mais c’est surtout en ligne que le hentai prend ses aises.

Un site de hentai, c’est comme un site porno : il y a des catégories, des tags, on peut chercher par série, par auteur, par contenu… Certains mots-clefs sont les mêmes que sur n’importe quel site en anglais, d’autres sont propres au X japonais.

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Voici quelques exemples de tags japonais !

  • Ahegao : la tête qu’un personnage fait après avoir joui trop fort, avec souvent les yeux un peu révulsés et la langue qui pend
  • Futanari : un personnage qui est une femme, mais dotée d’un pénis (ce n’est pas forcément une histoire de transidentité ou de non-binarité, juste une femme avec une teub)
  • Kemonomimi : un personnage avec des attributs animaliers, comme une queue, des oreilles de chat… qui peuvent faire partie de son corps ou être simplement des accessoires

  • Paizuri : le terme japonais pour la branlette espagnole, soit le fait de masturber un pénis entre ses seins
  • Shimapan : culotte rayée. Oui, elles ont leur propre catégorie !
  • Yaoi et yuri : respectivement des relations entre deux hommes ou entre deux femmes.

Le hentai peut se lire sur Internet, souvent en anglais. Pour une offre légale, je vous conseille Fakku. L’histoire de ce site est assez fascinante : à la base, c’était un lieu d’œuvres piratées qui a fini par devenir le relais officiel de la parution japonaise Shoujo Material !

Si ce récit vous intéresse, vous le retrouverez en détails sur Kotaku (en anglais).

Le hentai, ce n’est pas ce truc chelou avec des tentacules ?

Comme son collègue le manga, le hentai est victime de nombreuses idées reçues.

Des aliens en chaleur avec des tentacules qui veulent pécho des filles humaines.

Des tentacules dans tous les trous, des adolescentes aux seins démentiels, des robots qui s’emboîtent et un consentement clairement optionnel, voilà quelques-uns des clichés autour du hentai.

J’ai demandé à la rédac ce qu’elles avaient comme idées reçues sur le hentai, pour voir ce qui en ressortirait : on est tombées d’accord.

Alors. Il y a du hentai avec des tentacules. La raison est simple : pendant longtemps, les lois au Japon étaient très strictes en matière de censure (et le sont toujours pas mal). Il était impossible de représenter une pénétration avec un pénis.

Les tentacules ont remplacé le phallus pour contourner la censure, et sont devenu un élément quasi-culte dans l’imaginaire collectif. Alors oui, il est possible de voir des hentai avec des femmes, des hommes ou autres créatures se faisant pénétrer par de gros poulpes ou des aliens à ventouses.

Mais c’est loin d’être tout ce qui existe.

Le rêve de la femme du pêcheur, une célèbre œuvre d’Hokusai

Le hentai, c’est pas ce truc plein de fantasmes crado ?

L’avantage du dessin sur la vraie vie, c’est qu’on peut tout représenter.

Une adolescente avec un énorme pénis qui lui pousse les soirs de pleine lune ? C’est possible. Une créature mi-homme mi-loup aux crocs aussi luisants que son chibre ? Pareil. Un orc qui kidnappe des elfettes pour en faire des machines à procréer ? Yup. Un robot sexuel humanoïde qui déraille et jouit en boucle ? Eh ouais mon gars.

Dans les hentai, on peut éjaculer sans s’arrêter, avoir une érection perpétuelle, des orgasmes au moindre contact. Les corps se transforment, s’adaptent, s’étirent et gonflent. On peut tout faire, tout trouver.

Mais il existe aussi du hentai très classique !

Un couple qui fait tendrement l’amour en vacances, une délicate masturbation sous les draps, une bonne levrette en cachette, et de doux baisers avec des déclarations d’amour tout partout, ça se fait aussi en version manga.

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Le hentai et le consentement

Il est vrai que beaucoup de mangas pornographiques mettent en scène des viols ou des agressions sexuelles. Ils sont identifiés par des mots-clefs correspondant aux pratiques mises en scène par l’auteur.

Pour être honnête avec vous, une grande proportion du hentai que JE consomme contient ce genre de choses.

Pourtant, je suis féministe, pourtant je défends à corps et à cris le consentement et le respect, pourtant je suis consciente de la culture du viol et du mal qu’elle fait chaque jour.

Mais comme je l’ai dit plus haut, l’avantage du dessin, c’est qu’il montre tout… sans heurter personne.

Si je veux me faire kiffer sur une histoire de meuf passant une semaine entière dans un gang-bang, je n’ai pas à m’inquiéter de la santé de l’actrice à la fin du tournage. Si ça m’excite de voir un personnage servir d’esclave sexuel à un autre, je n’ai pas à me renseigner pour être sûre que tout le monde est consentant.

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On ne choisit pas ses fantasmes, et l’avantage du hentai est qu’il permet de tous les assouvir sans le moindre risque. Ceux qui sont illégaux ou immoraux, ainsi que ceux qui sont tout bonnement impossibles.

Et je trouve ça sain, au final, que le hentai soit un exutoire pour ce genre d’idées, qu’il permette de trouver du plaisir de façon sûre ! À la fin, tout cela ce n’est que de l’encre sur un papier.

De l’attrait du hentai au XXIème siècle

On pourrait trouver ça étrange de consommer de la pornographie « papier » à l’heure où tout le cul du monde est accessible en HD pour peu qu’on ait une bonne connexion.

Mais le hentai, c’est finalement la version dessinée des récits érotiques, fanfics et autres textes pornographiques qui n’ont jamais perdu leur public. C’est une liberté incroyable, la capacité d’inventer ce qu’on veut, de mêler des personnages issus de différents univers, d’innover avec des pratiques au-delà des limites de la réalité.

J’ai très longtemps eu honte de me branler devant des lycéennes aux énormes seins se faisant déboîte le boule dans leur salle de classe. Je voyais ça comme une pratique ridicule, une sexualité immature de collégienne qui n’aurait pas grandi.

Mais au final, je n’ai aucune raison d’avoir honte. J’ai plutôt de la chance d’avoir trouvé le porno qui me convient ! Car une masturbation régulière et efficace, ça ouvre les chakras, je vous dis pas. Sérénité maximale.

Alors je te propose de sortir du bois, si toi aussi tu te touches la nouille devant du hentai. Moi, mon tag parfait, c’est ahegao. Et toi ?

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Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu'elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.

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Voici le dernier commentaire
  • Phrea.
    Phrea., Le 3 mai 2017 à 11h05

    Bon, je vais poser 3 points qui me semblent fondamentaux au sujet de la sexualité (je pense :)), il existe une différence entre aimer :

    Un fantasme violent
    Une violence réelle

    Aimer un fantasme, aussi violent qu'il puisse être, est 100% OK. Ce n'est ni le signal d'une personnalité instable, ni dangereux pour l'entourage de la personne qui a ce fantasme, ou ni réellement glauque (en tout cas, si on reste sur un point de vue objectif). Je rapporte ça aux gens qui aiment des jeux vidéo (qui rendraient) violents : jouer à massacrer ne crée pas de tortionnaires, jouer à rouler vite en super voiture de course (même fréquemment) ne crée pas de chauffards. Comme les insultes qu'on peut peut être penser vis-à-vis de gens qu' on n'apprécie pas, ceux ci sont sans danger dans les imaginaires et ne blessent jamais autrui. Je ne demande pas d'embrasser les lubies extrêmes des uns et des autres, non, respectons les personnes qui n'apprécient pas ce genre de contenu. Mais aussi respectons les personnes qui les apprécient, fantasmes extrêmes ou non.

    L'industrie de la pornographie devrait de son côté être encadrée (par la loi ?), aussi bien les sites diffuseurs que les entreprises productrices et leurs act.eu.r.ice.s pour apporter la sécurité que leurs humain.e.s de réalisat.eu.r.ice.s méritent. Regarder de la pornographie qui joue un fantasme est OK tant que les personnes le font en sécurité et avec leur consentement.

    Enfin, je pense qu'il faut une éducation sexuelle sérieuse sur les pratiques sexuelles et sur le consentement. Quelque soit la dite pratique, le consentement (et le non consentement) doit être appliqué et compris pour tout le monde.

    (PS : @ElectraHeart merci pour ton commentaire sur les act.eu.r.ice.s des films pornographique.
    Kiffez vos hentai).

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