Comment aider une personne sans-abri ?

Tu croises sans cesse des personnes sans-abri mais tu ne sais pas quoi faire pour elles ? Alors voici un petit guide, des gestes les plus simples aux engagements les plus importants, pour leur venir en aide à ton échelle.

Comment aider une personne sans-abri ?

— Publié le 23 septembre 2015

En ce moment, le sujet « humanitaire » principal des médias, ce sont les réfugiés. Et on entend de plus en plus de gens radins et insensibles peu accueillants prétendre qu’il faut « d’abord s’occuper de nos propres SDF avant d’accueillir toute la misère du monde ». Eh bien, on n’a plus qu’à s’y mettre !

Et pour ceux qui doutent du bien-fondé de l’idée même de fournir de l’aide à une personne sans abri, la chaîne Point de vue social abordait déjà ce sujet (à lire ci-dessous).

À lire aussi : Faut-il « donner de l’argent à un SDF ? » et autres interrogations d’un « Point de vue social »

Il y a quelques petites choses que tu peux faire toi-même

Alors voici un petit guide, des gestes les plus simples aux engagements les plus importants, pour venir en aide aux personne sans abri, à ton échelle. Parce que oui, heureusement, sans forcément devoir tout laisser tomber pour partir aux Philippines, il y a quelques petites choses que tu peux faire toi-même !

housing-human-right

« L’asile est un droit fondamental »

Porter une attention bienveillante

Mais d’abord, la sécurité. Malgré le fait que personne ne mette en doute ta sincérité et ton envie de bien faire, il y a une ou deux choses à éviter pour que tout se passe bien :

  • Ne te mets pas en danger. Si tu croises un•e personne sans abri agressive, manifestement ivre ou en proie à un problème psychiatrique, n’outrepasse pas tes capacités. Appelle éventuellement la police ou tout autre service public d’urgence si tu penses que la personne peut se mettre en danger (traverser la route de manière intempestive, tomber et se blesser, s’étouffe, se faire du mal, etc.) ou agresser un•e passant•e. En effet, beaucoup de personnes sans abri sont malheureusement victimes de troubles psychiatriques et/ou d’addictions pouvant générer un comportement dangereux.
  • Si la personne désire manifestement ne pas être dérangée (elle est en train de dormir, de se préparer pour la nuit, refuse de parler, etc.)… n’insiste pas. La rue est le seul espace privatif des gens sans abris (autant dire qu’ils n’en ont pas) et comme tout le monde, ils ont parfois envie d’être tranquilles !

Maintenant que nous avons abordé (et dépassé) la question de la sécurité, voici quelques idées, donc, pour venir en aide aux personnes sans-abri que tu croises.

Tout d’abord, le plus dur quand on est à la rue, c’est la façon dont les gens réagissent. Au mieux avec indifférence et sans même accorder un regard, au pire avec mépris, méchanceté, insultes. On a tou•te•s fait semblant un jour de ne pas voir une personne sans-abri parce qu’on ne savait tout simplement pas quelle attitude adopter. Moi-même je le fais encore parfois, faute de pouvoir esquisser un sourire face à une situation de détresse.

Mais la meilleure façon de respecter une personne sans-abri et rendre sa journée un peu moins difficile, c’est de reconnaître qu’elle est là, que c’est un être humain et qu’elle mérite d’être considérée en tant que telle !

Un sourire, un bonjour, deux minutes de conversation… c’est si facile et tellement mieux que passer à côté en fixant son écran de téléphone ou l’affiche de la dernière pub Dior. En plus, vu que les personnes sans-abri ont le plus souvent leur abri de prédilection, on voit souvent les mêmes aux mêmes endroits : si tu les reconnais, elles-aussi te reconnaîtront ! Saluer ceux et celles qu’on voit régulièrement dans sa rue, c’est comme saluer son boulanger ou la bouchère, finalement. Et ça fait chaud au cœur.

À lire aussi : Des personnes sans-abri (re)mises en lumière dans un projet photographique

Donner de sa personne, en argent ou en temps

Ensuite, tu peux passer à l’étape au-dessus : celle du don. Que ce soit en argent (de menues pièces de monnaie qui te délesteront d’un café à la cafétéria du boulot/de la fac, ce qui rendra service à ton palais et ton cerveau), en dons matériels directement aux concerné•e•s ou bien via une association (voir la petite liste des produits les plus nécessaires à la fin de cet article) ou en temps (discuter avec la personne, apprendre d’où elle vient, comment elle s’est retrouvée à la rue, ou simplement savoir si elle recherche activement un logement, un emploi…), c’est déjà un pas énorme !

L’étape au-dessus : celle du don.

Cela aidera (momentanément certes) et surtout ton empathie et ta compassion rappelleront aux plus démuni•e qu’ils et elles ne sont pas seul•e•s au monde. Se sentir soutenu•e, comme pour un•e malade ou quelqu’un de triste, est la première et la plus grande étape vers le mieux-être. L’humain n’est pas fait pour vivre seul ! Ne pas les abandonner à leur solitude, c’est déjà être d’une grande aide.

À lire aussi : Narayanan Krishnan, le héros indien qui nourrit les sans-abri

Un numéro à connaître : celui du 115, le SAMU social. Tu peux les appeler n’importe quand pour signaler qu’il y a une personne sans-abri à tel ou tel endroit, ainsi ils pourront passer lui rendre visite lors de leur prochaine maraude (pour savoir ce que sont les maraudes, saute au paragraphe suivant).

Ce sont également eux qu’une personne sans domicile doit contacter lorsqu’elle n’a aucune solution d’hébergement pour la nuit à venir. Le service fonctionne au jour le jour, il n’est pas possible de faire de réservation, et bien sûr il vaut mieux appeler le plus tôt possible pour avoir une chance d’obtenir une solution pour la nuit ! Mais c’est toujours mieux que rien. Tu peux également bien sûr toujours appeler :

  • 112 (urgences générales partout en Europe depuis un portable)
  • 17 pour la police
  • 18 pour les pompiers
  • 15 pour le SAMU

Et pour savoir quel(s) numéro(s) d’urgence composer, dans quelle(s) situation(s), tu peux regarder l’excellente vidéo de Point de vue social à ce sujet !

Chaque ville possède également plusieurs structures d’accueil et d’aide aux gens sans abri. Mais ceux-ci ne les connaissent pas forcément, ou ne sont pas au courant des conditions pour en bénéficier : refuges, abris de nuit, accueils de jour, nourriture gratuite, douches gratuites… Tu peux rechercher sur le site de ta mairie, par exemple, les coordonnées de ces services et les transmettre aux personnes concernées quand tu en croises. Fut un temps, j’avais ainsi toujours sur moi une version imprimée de ces coordonnées pour pouvoir les distribuer au moment opportun.

À lire aussi : Lava Mae, le bus qui parcourt San Francisco pour offrir des douches aux sans-abri

Enfin, si tu as un peu de temps à donner, tu peux t’engager avec une association. Voici un petit aperçu des tâches que tu pourrais effectuer pour aider les sans-abris dans ce cadre !

L’une des offres de volontariat les plus connues est sans doute celle qui consiste à s’engager avec les Restos du Cœur pour distribuer de la nourriture gratuite aux gens dans le besoin.

homeless

Tu peux aussi faire des maraudes avec le SAMU Social ou la Croix-Rouge (même si tu es mineur•e) : il s’agit, le soir ou la nuit, en semaine comme le week-end, de sillonner les rues à la rencontre des personnes sans-abri, pour leur apporter des biens matériels comme des couvertures ou de la nourriture et de l’eau, les faire bénéficier de soins médicaux si nécessaires, ou tout simplement d’un peu de compagnie.

Même de simples paroles peuvent soulager

On ne le répétera jamais assez : le pire ennemi des plus démuni•e•s est la solitude immense et le désespoir qu’ils/elles sont amené•e•s à ressentir. Même de simples paroles, une poignée de main, un peu de temps partagé, peuvent soulager.

À lire aussi : J’ai testé pour vous… la maraude auprès des sans-abri

S’engager avec ses propres idées

Si tu travailles dans le domaine médical, tu peux t’engager, dans le cadre de ta profession, comme médecin bénévole avec Médecins du Monde. Si tu as la chance d’être propriétaire d’un logement ouvert à la location, tu peux confier la location de ce logement à une association pour qu’elle en fasse bénéficier un•e sans•abri, tout en te garantissant le paiement du loyer.

Tu peux enfin commencer par participer à la diffusion de cet article pour que d’autres sachent quoi faire face à la détresse d’une personne sans-abri, partager les histoires personnelles de gens que tu as rencontrés pour sensibiliser, ou pourquoi pas, créer ta propre association (ou ton appli comme Komal Ahmad et le/la créateur•trice de HumanRelais !), ou encore soutenir des entreprises avec Ticket For Change, dont l’équipe est à la recherche de nouveaux talents prêts à se mettre au service d’une autre économie, sociale et solidaire, et se propose d’aider à développer les projets et à mettre sur pied les entreprises qui souhaitent changer la donne.

Rien n’est impossible et dans tous les cas, il y a toujours un geste à ta portée pour aider une personne sans-abri !

À lire aussi : En Utah, il n’y aura bientôt plus de sans-abris

Liste (non exhaustive) des produits les plus utiles pour les personnes sans-abri

  • Les vêtements d’hiver ou de pluie (chapeaux (également pour protéger du soleil), gants, manteaux et bottes)
  • Les sous-vêtements, notamment les chaussettes
  • Les petits articles d’hygiène (comme les petits savons et dentifrices que l’on donne à l’hôtel, sans oublier les protections hygiéniques)
  • Les vêtements professionnels (un obstacle pour sortir de la rue est d’avoir l’air présentable lors des entretiens d’embauche)
  • Les articles de premiers secours (comme des pansements, désinfectants et antalgiques)
  • Les tickets de bus (qui aideront ces gens à se rendre aux entretiens d’embauche notamment)
  • L’eau et les conserves directement consommables (pas de pâtes ou de riz, mais plutôt du cassoulet, des raviolis, et autres plats préparés)

Mais le mieux est bien sûr encore de demander à la personne ce dont elle manque et éventuellement de l’accompagner dans le magasin de vêtements, d’alimentation ou encore le resto le plus proche !

À lire aussi : #TheHomelessPeriod veut aider les sans-abri qui ont leurs règles

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 25 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Laboukineuze
    Laboukineuze, Le 17 août 2016 à 10h34

    Ah, les fiches de recherches en formation de secrétariat médico-social, ça m'amène toujours à dévier... partie de "aide aux sans abris" (je cherchais les structures) me voilà tombée ici. Chose rare, j'ai lu avec attention tous les commentaires, alors merci @Sandra Von Keller pour les infos, et merci à toutes pour vos anecdotes.

    Comme @Lunafey et @MésangeBleue, je me questionne beaucoup sur mon attitude face aux sans-abris. Je me dis que leur donner deux-trois pièces ça ne va pas les aider durablement, alors c'est nul, autant rien faire, surtout s'ils donnent l'argent à un mac ou le noient dans l'alcool. Et puis les gens qui font la manche me mettent mal à l'aise. Je me dis que leur donner à manger, c'est les convaincre qu'ils sont bien là où ils sont. Et pourtant, plus tu t'inclus dans le système (travail, maison, voiture...) plus tu le payes cher. Alors, la liberté dans la rue, ça vaut le coup?

    Mais j'ai tout lu, et bien lu. Chez moi, j'ai des couvertures qui ne servent pas (genre en trop, quand tu couvres ton lit et le canap pour les potes, il en reste) et ça me fait hurler parfois, la bouffe qu'on jette parce que les DLC qu'on oublie, et que ça devient vraiment pas consommable (coucou Géant Casino, où dans les rayons tu trouves une DLC à +1/+3j et quand tu fais pas gaffe, non dix jours après ça va pas, même avec une bonne cuisson).

    Alors je me dis, un jour, je trouverai le courage, de parler, parce que ma démarche en général auprès des gens c'est toujours de me renseigner sur leur parcours (depuis que je me suis rendue compte que le mien c'est un bouquin d'aventures)

    Je ne suis chez moi que le weekend, et ma ville compte bien peu de SDF, mais la prochaine fois, je fais connaissance, j'arrête d'avoir peur, surtout cette frayeur irrationnelle sur l'idée que ces affreux en besoin vont me pomper ma joie de vivre, mon argent, mon envie d'acheter des trucs pour moi, ma maison et mon temps.
    Je vais décider de donner deux minutes à un inconnu, ou deux secondes pour un sourire, un "bonne journée" ajouté au "pas de monnaie, désolée". Parce qu'ils sont là, qu'ils existent, et qu'ils ne vont pas dormir à ma place cette nuit pour autant.

    Merci les Madz

Lire l'intégralité des 25 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)