La chirurgie esthétique du pénis gagne du terrain en France

La chirurgie esthétique du pénis et des testicules est en hausse dans l'Hexagone. Et le plus souvent, les patients ne sont pas spécialement « hors-normes »...

La chirurgie esthétique du pénis gagne du terrain en France

C’est un truc que j’ai découvert, avec effroi, sur madmoiZelle : le nombre croissant de femmes complexant sur l’aspect de leur vulve au point d’avoir recours à la chirurgie esthétique.

Le but est souvent d’obtenir un sexe « comme dans les porno » : discret, sans rien qui dépasse, symétrique… alors que rappelons-le, peu importe ses particularités, ta vulve est normale !

Mais il n’y a pas que les femmes qui peuvent avoir un lien compliqué avec leur anatomie.

La chirurgie esthétique du pénis et des testicules

L’AFP met en lumière le sujet de la chirurgie esthétique masculine, plus précisément appliquée aux pénis et/ou aux testicules.

On parle bien ici d’« esthétique », donc d’actes qui ne sont pas motivés par des soucis de santé ou autre nécessité physiologique.

Le cas d’Aurélien Fernandez, par exemple, qui a raconté dans The Boys Club (mon podcast sur la masculinité) ses déboires médicaux jusqu’à une petite opération au niveau du pénis, n’est pas inclus !

Il ne s’agit pas non plus de traiter des troubles de l’érection, des douleurs, ou l’anorgasmie — l’incapacité partielle ou totale à jouir. D’ailleurs, la taille en érection ne change pas : ce n’est qu’au repos que la différence se voit !

Le Dr Gilbert Vitale, président de la SOFCEP (Société française des chirurgiens esthétiques plasticiens), explique à l’agence de presse :

« Les patients en demande de pénoplastie sont souvent victimes du « syndrome du vestiaire » — quand ils comparent leur pénis à celui du voisin. »

L’AFP évoque principalement deux opérations, l’allongement du pénis et l’élargissement du pénis, mais conclut avec d’autres options :

« Parmi les autres interventions désirées par les messieurs : la circoncision esthétique, la section du frein, le grossissement du gland (par injection d’acide hyaluronique), la lipoaspiration abdominale couplée ou non à celle du pubis ou encore le lifting des bourses, ou lifting scrotal. »

Sur madmoiZelle, je vous avais déjà parlé du blanchiment de pénis, notamment en vogue en Thaïlande où une peau claire est un critère de beauté physique.

La chirurgie du pénis, du complexe au billard

J’ai tiqué sur le fait que ces opérations ne changent rien à la taille du pénis en érection. C’est logique, si le complexe naît dans les vestiaires : il se crée en comparant sa bite à celle, au repos, des autres hommes.

Paradoxalement, Fab a raconté dans son épisode de The Boys Club que ses années de sport collectif l’ont immunisé contre toute idée reçue concernant la taille « normale » d’un pénis : il en a vu plein, toutes différentes, et cette variété l’a rassuré !

20 Minutes rappelle les chiffres :

« La longueur d’un pénis au repos est en moyenne de 9,16 cm et de 13,12 cm en érection. Côté largeur, la circonférence du pénis, toujours en moyenne, passe de 9,31 cm au repos à 11,66 cm en érection. »

Les opérations évoquées ici permettent de gagner quelques centimètres, pas de doubler la taille de son chibre !

Là où les femmes évoquent souvent le porno comme source de leurs complexes (logique : on ne voit pas des vulves dans les vestiaires, elles sont plus « cachées »), ceux des hommes semblent donc venir de la vraie vie.

Le médecin Michel Cymès déclare ce rappel salutaire :

« Moi je vous dis pourquoi pas ? Si cela peut leur faire du bien physiquement, et surtout psychologiquement.

Mais il ne faut pas trop se mentir, non plus. Quand on est mal à l’aise avec sa propre image ou sa sexualité, on ne règle pas forcément les choses par la magie d’une opération.

Il est donc indispensable de bien s’interroger sur ses motivations et de bien les identifier avant d’avoir recours au bistouri. »

Je suis d’accord : loin de moi l’idée de blâmer les gens ayant recours à la médecine pour changer un aspect de leur corps qui leur déplaît. Mais la seule solution pour se débarrasser d’un complexe, elle est… dans la tête !

Et pour ça, il n’y a pas de chirurgie possible.

À lire aussi : Les pénis comme tu ne les as jamais vus dans un projet anti-complexes

Commentaires

Valentina-

Personnellement ça me fait flipper la banalisation de la chirurgie esthétique.
Quand on voit comment ça se passe au Vénézuela ou en Corée.. J'ai l'impression qu'il suffirait que ça soit plus accessible, moins cher, dédiabolisé, et tout le monde en ferait. Déjà ça s'est bien banalisé en France, si on le veut vraiment et qu'on a les moyens y a pas de problème.
Ca me donne l'impression que si on n'a pas encore rapidement davantage de tolérance envers les différences on va finir comme dans le livre Uglies (tous les jeunes font de la chirugie pour être BG), on va tous être les mêmes à très peu de chose près.
Comme si dans l'avenir on aurait tous le même type de beauté : peau lisse, nez droit, yeux clairs, tous musclés fit, pas de gras, gros seins, grosses fesses, et maintenant même les mêmes organes génitaux, qu'on s'uniformiserait tous à un certain type de beauté. :ko: (oui je projette)

J'ai l'impression que les gens veulent toujours supprimer la moindre "différence" alors qu'il en faudrait peu pour qu'ils l'acceptent (quelques représentations de leur différence aux écrans, ciné, ou dans les célébrités… genre le fait que Beyoncé soit noire a inspiré de nombreuses jeunes filles pour kiffer leur couleur de peau, ou le fait qu'il y ait des superbes actrices rousses peut faire apprécier une couleur de cheveux qui à la base est drôlement discriminée)

Bref oui on va dans le sens de la tolérance, mais pas encore assez à mon goût (je trouve toujours tout trop lent je dois avouer :facepalm:)
 

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