Cerisiers en fleurs – Carte postale du Japon

Les cerisiers en fleurs, ou « sakura », sont un des symboles du Japon. On va les admirer (« hanami ») et on les retrouve partout !

Cerisiers en fleurs – Carte postale du Japon

Les branches de cerisiers ployant élégamment sous le poids des fleurs blanches : une vision idyllique et éphémère, que les Japonais-es adorent et que les autres envient ! On l’appelle hanami, littéralement « voir les fleurs ». La floraison des cerisiers est un moment fort de l’année : elle annonce le printemps plus sûrement que l’hirondelle, dans un pays où on accorde beaucoup d’attention aux variations du paysage et au rythme des saisons.

Les cerisiers en fleurs, une vision éphémère

La fleur de cerisier est présente partout. C’est un motif très populaire, on retrouve les pétales clairs, fins, à l’extrémité formant deux pointes, sur beaucoup d’éléments de vaisselle, sur les tissus de kimono et de yukata (vêtement d’été), mais aussi sur les visas et même sur mon alien card, le document d’identité des étrangers résidents. Coller des sakura partout, c’est peut-être une façon de prolonger ce moment bref qu’est la saison des cerisiers en fleurs. Elle est courte et difficile à prévoir ; au mieux, on en profite deux semaines…

Les sakura sont des fleurs très fragiles, qui tombent avant de faner. Un jour de pluie ou de grand vent peut transformer cette beauté éphémère en vision d’automne – et écourter la saison des fleurs de cerisiers. Ça n’a pas empêché la fleur de devenir l’un des symboles du Japon, aux côtés du Mont Fuji (présent, lui, 365 jours par an) ; c’est justement cet aspect éphémère qui en fait toute la valeur. Dès que les températures s’adoucissent, on suit de près l’évolution des cerisiers les plus proches : bourgeonnement, éclosion des fleurs, floraison maximal, premiers pétales qui s’envolent…

Cette habitude est profondément ancrée dans la culture japonaise. Pour preuve, je cite un passage des Contes d’Ise, écrits vers 950 (édition Gallimard, auteur inconnu) :

Les fleurs de cerisiers
Ont aujourd’hui
Cette splendeur
Il est difficile de compter
Demain soir sur elles.

Plus d’un millénaire d’admiration : on ne s’étonne plus que le hanami soit absolument incontournable !

Hanami, mode d’emploi

Au Japon, on guette l’apparition des premiers sakura dans le Sud du pays, puis on suit, jour par jour, la progression de la floraison dans tout l’archipel grâce à une météo spécifique. Les derniers fleurissent dans les montagnes d’Hokkaïdo. On fait attention aux annonces de pluie, de vent, pour ne pas louper le jour parfait pour aller observer les fleurs. Un tourisme massif a lieu à cette période, aussi bien international (Tokyo ou Kyoto, fin mars, sous les cerisiers : la parfaite carte postale !) que domestique. On aime quand les arbres débordent littéralement de pétales. Le jour où les fleurs sont déployées au maximum, chacun se rend au « spot » le plus réputé de son coin, avec son petit matériel de pique-niqueur de l’extrême.

Dans les parcs où les sakura sont nombreux, les bâches bleues éclosent elles aussi. C’est l’accessoire indispensable de toute festivité en extérieur, la condition sine qua non de la réjouissance collective. On l’installe, tôt, pour se réserver une place (personne ne la squattera, ne l’enlèvera, ne la déplacera, ne la prendra). Quelques heures plus tard, on s’y installe, on mange, on boit de la bière, on profite entre amis, en famille ou avec des collègues. L’anticipation est de rigueur car les pelouses sont prises d’assaut ! La bâche délimitera votre espace vital. On repère très vite ceux qui ont l’habitude : ils viennent avec de grandes boîtes en polystyrène blanc, idéales pour conserver la fraîcheur d’une bonne douzaine de bières, une table pliante, la couverture…

J’aime bien ces moments où le Japon devient convivial. Faute à la météo peut-être (printemps pluvieux, été très chaud, automne venteux), les Japonais-es ne vivent pas tellement dehors. Il y a peu de bars ou restaurants proposant des terrasses, dans les zones résidentielles, les jardins sont rares… Mais au moment de hanami, comme pour d’autres festivités de plein air, tout le monde s’installe à même le sol, on vous offre une bière, les stands de snacking se développent : les gens font la fête ensemble, les pères de famille sont un peu bourrés, les gamins jouent librement… Le tout donne l’idée d’une respiration dans un quotidien pas toujours folichon.

Le plaisir des saisons

Je suis toujours impressionnée par le souci de « choisir ce qu’il y a de mieux » des Japonais-es. On considère souvent qu’il y a un week-end ou un jour idéal pour faire telle ou telle chose, et que quelques lieux seulement sont extraordinaires à ces moments précis. Donc tout le monde y va, même si le temps de trajet est doublé ou triplé, et que la foule empêche de marcher à son rythme. On ressent bien ce comportement lors des événements liés aux saisons…

L’éclosion des sakura en début de printemps (hanami) a son écho en automne : koyô, appelé aussi « momijigari ». Les feuilles des arbres commencent à rougir, notamment celles des érables japonais. Ce rougissement signe le basculement entre l’été (qui traîne assez loin dans l’année) et l’automne. Le phénomène ne draine pas tellement de touristes internationaux mais en interne, c’est assez impressionnant. Entre-temps, il y aussi les pruniers en fleurs, l’ouverture des lotus, la saison des cigales et celle des ouragans, la neige et son onsen en extérieur… À chaque saison son plaisir. La météo est un sujet de conversation incontournable ; qu’il fasse chaud ou froid, c’est le meilleur moyen d’entrer en contact avec n’importe qui.

Les saisons impactent aussi les produits des supermarchés, et pas seulement le rayon fruits et légumes. On trouve des spécialités au parfum « sakura » en ce moment, qui disparaîtront rapidement des rayons. La marque Kit-kat a fait une spécialité de ces déclinaisons saisonnières. C’est du merchandising bien sûr, mais dans le fond, cela souligne assez bien le fait qu’au Japon, c’est important de vivre chaque saison.

Et toi, es-tu particulièrement sensible aux changements des saisons et à l’arrivée du printemps ? Si tu devais voyager au Japon, est-ce que tu choisirais la saison des cerisiers en fleurs ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Sarang
    Sarang, Le 5 avril 2013 à 21h07

    J'y retourne le 11 avril. J'ai vu aujournal que les cerisiers étaient en avance cette année, je vais tout louper, je suis bien deg :yawn:

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