Typologie des avantages du théâtre

Le théâtre, ce n'est pas forcément la GRANDE mode chez les jeunes — moins en tout cas que le cinéma ou les concerts. Pourtant, c'est TELLEMENT bien !

Typologie des avantages du théâtre

Pendant des siècles, le théâtre était ZE divertissement populaire. Les salles étaient en feu, y avait des pogos, on amenait du manger et on en balançait sur scène quand on n’était pas content, on provoquait les dirigeants, on faisait des blagues graveleuses très imagées, on discutait fort avec son voisin, on se battait même… Bref, c’était THE place to be.

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Puis le cinéma et les concerts de rock sont arrivés et le théâtre est devenu une activité réservée aux plus de cinquante ans/bacs + 10. Pourtant certains aficionados continuent de le faire vivre — en témoigne, entre autres, le bien portant festival d’Avignon qui approche à grands pas.

Alors, quels sont les avantages du théâtre ?

Le côté instantané

Le théâtre, c’est un instant. Oui, les pièces sont rejouées plusieurs fois et il y a généralement des mois, voire des années de répétitions, mais chaque représentation est différente et la manière dont les acteurs vont jouer change à chaque fois.

Il y a des milliers de facteurs à prendre en compte : s’ils sont concentrés, ce qu’ils ont mangé, comment ils se sentent et, surtout, comment le public réagit car, oui, il y a un véritable échange au théâtre, un partenariat entre la scène et le public. Tout dépend également de nous.

Alors qu’au cinéma, le film ne changera pas d’un iota si on éclate brutalement de rire où si on se cloître dans un silence gênant, au théâtre les acteurs joueront avec ça, voire, le prendront en compte (en particulier les comédiens de one-man show).

Le théâtre repose aussi sur nous, public, et ça, c’est carrément prenant.

Le côté performance

Acteur et comédien sont deux jobs très différents. Loin de moi l’idée de dénigrer l’un par rapport à l’autre mais ce n’est tout simplement pas la même chose !

Benedict Cumberbatch (Sherlock, Star Trek : Into Darkness) et Johnny Lee Miller (Trainspotting) dans une adaptation théâtre de Frankenstein

Un acteur apprend souvent son texte scène par scène (voire ligne par ligne), il doit prendre les marques en compte dans ses déplacements, le positionnement des caméras. Il est très dirigé. Eva Green — comédienne avant d’être actrice — a d’ailleurs déclaré qu’elle avait le sentiment d’être un « jouet » lorsqu’elle était actrice.

Un comédien bosse sur la durée, c’est un coureur de fond, pas un sprinter. Il peut s’enfiler des pages et des pages qu’il interprète, parfois sans interruption. On ne peut pas non plus couper ses scènes en cas de boulettes, c’est sans filet.

Et le résultat se révèle souvent bluffant. Non pas qu’il dépende entièrement des comédiens (le texte, la mise en scène et l’éclairage sont vraiment importants, la musique peut l’être également…) mais il repose en grande partie sur la performance qu’ils livrent à ce moment précis… Rien que pour nous.

Le côté corporel

Bon… là c’est peut-être un peu personnel mais mettez un homme sur scène et son sex appeal se verra multiplié par mille. Le théâtre permet une approche beaucoup plus directe de l’objet de son désir.

Lorsqu’il (l’objet du désir, qui en l’occurence est un homme, mais peut être une femme bien entendu) regarde vers le public, il peut réellement croiser notre regard (ça dépend de l’éclairage) et je peux vous assurer que croiser le regard de Dainius Kazlauskas (oui, ce comédien lituanien a un nom à coucher dehors) ça fait des guilis dans le bide.

Dommage que dans le théâtre d’aujourd’hui, lancer sa culotte sur scène soit si mal vu…

De plus, à part quand on assiste à des avant-premières dans des circonstances précises et souvent onéreuses, on ne peut généralement pas gratifier acteurs et équipe de tournage de congratulations et tapes dans le dos diverses après avoir vu un film… Au théâtre, c’est possible ! Et c’est vraiment sympa de les voir sans leurs masques, surgir de l’ombre de la régie pour répondre à quelques questions.

Le côté « Je me la pète en soirée »

Outre que l’avantage suscité permet, lorsqu’on va voir des acteurs un peu hype (genre Arthur Darvill) d’obtenir des photos à chérir pour le reste de sa vie et à exhiber à la première occasion (genre quand on écrit un article sur le théâtre), le théâtre est une activité stylée avec laquelle on peut frimer. Entre un toast au saumon et une coupe de champagne, il est toujours de bon ton de le clâmer â grând rânfort d’âccents circânflexes : « Moââââ ? J’âââââdore le théââââtre ! »

Oh Arthur… je chérirai ton image jusqu’à ma mort ! Je te montrerai à mes petits-enfants !

Le théââââtre, c’est un hobbie d’avenir et qui (en plus) donne tout de suite l’air plus culturé !

Et vous, le théâtre, ça vous parle ? Vous y allez parfois, souvent ? Ou peut-être que vous n’osez pas en franchir les portes ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Aerodynamic
    Aerodynamic, Le 14 juin 2013 à 18h04

    ladruine;4183168
    Alors j'adoooooore le théâââââtre ! La preuve, je me le coltine à la fac depuis six ans --' MAIS, car il y a un "mais", je pense que si les gens n'y vont pas,c 'est, en partie, à cause des habitués, critiques et autres étudiants en études théâtrales ( que dis je, théââââtrales) qui se la pètent encore plus qu'un petit poney arc en ciel... Au final, ceux là même qui défendent le théâtre créent un clivage concernant un art qu'ils adorent et sont censés vouloir ouvrir à tous, en prenant des ggrraannnnnds airs ( si tu n'as pas vu le dernier Mesguich tu as raté ta vie...) Heureusement, tous ne sont pas comme ça mais je me mets à la place d'un "non initié": entrer à Chaillot où tous se congratulent la nouille en poussant de grand cris à l'évocation de Vinaver en se gaussant plus que dans le space mountain ( fin' moi j 'aime pas le space mountain, bref!)... ben ça donne pas envie. Détendons-nous la couenne, diantre !
    higreq;4180663
    Cet article me fait penser que je ne comprends pas pourquoi est-ce qu'aller au théâtre paraît plus intellectuel qu'aller au cinéma. Après tout, l'effort cérébral fourni par le spectateur dépend de la pièce jouée comme il dépend du film.
    Je ne suis pas sûre que le théâtre "rebute" par son côté intellectuel, mais plutôt, comme le souligne Ladruine, par son côté un peu "élitiste"...
    Ce n'est pas forcément un environnement qui nous est familier, on a peur de ne pas se sentir "à notre place"...
    Et c'est vrai que la démarche n'est pas la même qu'au cinéma, parce qu'il faut souvent réserver les places à l'avance, et les gens sont habillés de façon plutôt chic, ils attendent de pouvoir rejoindre leur place en buvant un verre de vin alors que toi tu poireautes bêtement à côté de la porte... Mais ça vaut tellement le coup ! =)

    Je me suis retrouvée plongée dans le théâtre cette année, parce que j'ai participé au surtitrage de plusieurs pièces dans le cadre de mes études (pour des petites salles, mais cela m'a incité à aller au théâtre "pour de vrai"). Et c'était fantastique. J'ai décidé de me mettre à lire du théâtre sérieusement, et je me suis rendu compte que j'avais déjà quelques références (merci l'école, haha !)...tout ça me plaît de plus en plus.
    Je trouve que c'est très prenant d'aller voir une pièce, on s'imprègne de ce qui se passe dans la salle, d'ailleurs, je trouve ça très dur de parler d'un spectacle que je viens de voir (surtout s'il m'a plu).

    Bref, je me suis découvert un nouveau centre d'intérêt, et c'est toujours agréable !

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