Les ailes d’Isis, pour se donner l’air d’une déesse le temps d’une danse

Les ailes d'Isis sont des accessoires utilisés en danse orientale ou burlesque. Esther est tombée par hasard sur cette discipline lors d'un festival à Galway, en Irlande !

Les ailes d’Isis, pour se donner l’air d’une déesse le temps d’une danse
madmoiZelle en Irlande et en Irlande du Nord

Esther est partie recueillir les témoignages des jeunes femmes de plusieurs pays, à travers le monde, avec une attention particulière portée aux droits sexuels et reproductifs : liberté sexuelle, contraception, avortement.

Elle a déjà rendu compte de ses rencontres avec des Sénégalaises, puis avec des libanaises, et sa troisième étape l’a menée en Irlande du Nord (Royaume-Uni) et en Irlande ! Elle y a réalisé interviews, portraits, reportages, publiés sur madmoiZelle au fur et à mesure. Tu peux retrouver le sommaire ici !

Tu peux aussi suivre au jour le jour ses pérégrinations sur les comptes Instagram @madmoizelledotcom et @meunieresther, avant de les retrouver ici bientôt !

Un voile de tissu fluide, attaché comme une cape, et complété de deux baguettes à prendre en main de chaque côté qui permettent de prolonger leur envergure lorsqu’on tend les bras…

C’est la description que je donnerais des Isis wings (après m’y être reprise à plusieurs fois pour la formuler).

Je sais : ce n’est pas clair. Mais vous me pardonnerez, c’est compliqué à décrire.

Ce sont des accessoires utilisés lors de certaines performances de danse orientale et/ou burlesque, qui donnent l’air d’un ange, d’une fée, d’un papillon ou d’une sirène selon les interprétations.

Toujours pas clair ?

Voici une vidéo pour vous faire une idée plus nette :

L’origine des « ailes d’Isis » est assez peu claire, mais il semble qu’elles soient héritées de la technique de danse de Loïe Fuller qui utilisait d’immenses jupes lors de ses performances et qu’elles soient également utilisées en danse orientale.

Un festival de burlesque à Galway, en Irlande

Pour être honnête, je suis relativement ignorante de tout ce que recouvre le burlesque.

Je n’avais aucune idée de ce qu’étaient les ailes d’Isis avant de débarquer à Galway, en Irlande, de trouver un prospectus qui parlait d’un festival de burlesque et de me rendre sur place en demandant à participer au dernier atelier de la journée.

J’ai enfilé un legging et je me suis lancée, accueillie avec chaleur et bienveillance par l’équipe du festival.

Je n’avais même pas compris que l’intitulé de l’atelier était tiré du nom des accessoires que nous allions utilisés, j’avais simplement lu « dance & movement » sur le tract.

Alors quand j’ai vu Bella Agogo sortir de leurs étuis ses ailes d’Isis et nous les distribuer, j’étais évidement surprise.

Ce genre de découverte.

Bella Agogo, maîtresse dans l’art des ailes d’Isis

Bella Agogo est « une danseuse burlesque, une productrice, une styliste, et une artisane ».

Oh, et elle a démarré son parcours artistique en faisant de la danse du ventre, c’est de cette manière qu’elle a découvert ce que sont les ailes d’Isis (car comme je l’ai dit, elles sont aussi utilisées en danse orientale).

Ça fait 11 ans qu’elle utilise ces accessoires, autant dire qu’elle a de l’expérience !

Bella est très attentive à la santé de chacun et chacune dans le groupe, veille à ce que ceux ou celles qui auraient de potentielles blessures n’en fassent pas trop.

Mais surtout, elle a à coeur de nous apprendre à nous exprimer à travers notre corps, en utilisant ces fameuses ailes.

« Essayez simplement de sentir le mouvement, de le faire comme vous le sentez, de suivre les baguettes là où elles vous mènent.

Selon ce que vous voulez exprimer, ce ne sera pas la même chose. »

Apprendre à manier les ailes d’Isis

Après un rapide échauffement, elle nous montre quelques mouvements de base…

Si manier ces baguettes et cette toile semble intuitif pour elle, en pratique, être gracieuse n’est pas si facile. On a vite fait d’emmêler les tiges dans le tissu.

« Si ça arrive, ne vous en faites pas. Même sur scène, il y a plein de techniques pour les récupérer sans même que le spectateur s’aperçoive de ce qui vous arrive, l’important est simplement de ne pas le montrer sur votre visage. »

Elle nous montre comment, les bras cachés sous les pans de tissus, il est possible de faire de léger mouvements pour tendre les ailes et en retrouver le bout. Ou bien comment faire glisser ses mains sur le bord de celles-ci, en partant du col, jusqu’à ce qu’on les retrouve.

Petit à petit, on devient plus à l’aise. La chorégraphie qu’elle nous enseigne — en insistant sur le fait de se laisser porter par son corps et de faire ce qui semble le plus naturel — s’ancre en nous.

« C’est beau, on dirait que vous n’avez pas besoin de moi, vous êtes comme des papillons qui éclosent ! »

En vérité, ce qui se passe dans ma tête au même moment : mais qu’est-ce que je suis en train de faire ?

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Les ailes d’Isis, pour exprimer ses sentiments

Pour elle, se produire sur scène c’est avant tout raconter une histoire, transmettre des émotions.

« On ne danse pas de la même manière pour incarner un personnage de pouvoir ou un personnage timide.

Par exemple, si vous voulez incarner un dragon ou une déesse de manière majestueuse, il ne faut pas hésiter à faire des mouvements de grande amplitude, à se grandir en montant sur la pointe des pieds ou même à sauter. »

Elle nous montre en même temps, et c’est similaire à la posture qu’elle adopte dans cette représentation à 03:05.

« Mais si vous voulez raconter une histoire dans laquelle vous vous cachez dans la forêt par exemple, vous pouvez justement choisir des ailes noires et les utiliser comme une cape derrière laquelle vous dissimuler.

La vitesse des mouvements aussi peut s’adapter. Il est tout à fait possible de faire des mouvements plus contenus, plus lents, pour mettre en avant peut-être une certaine sensibilité, une fragilité. »

Ce qu’elle nous enseigne est cependant loin pour l’heure des performances enflammées qu’elle a l’habitude de donner.

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Le burlesque comme thérapie

« Le burlesque, c’est une thérapie », estime Bella.

« Ça peut permettre d’exprimer des choses qu’on ne parvenait pas à formuler en terme d’émotion, mais c’est aussi voir son corps différemment. »

L’absence de jugement dans le burlesque est palpable même dans ce simple atelier pour débutant·es. Elle nous fait défiler, façon podium.

« Levez votre regard, ne penchez pas votre tête vers vos pieds. Regardez-moi, séduisez-moi ! »

Tout le jeu consiste à laisser s’exprimer sa sensualité.

« Un cours de burlesque, c’est l’occasion de faire ce que tout le monde n’ose pas faire d’habitude. »

Fixer l’audience dans les yeux, jouer à se cacher puis à se dévoiler…

Si clairement nous n’avons pas encore sa grâce à la fin de la leçon, tout le monde a le sourire – et sans doutes un peu plus confiance en soi, en son corps, en son potentiel. Merci Bella !

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Galveston, en salles le 10 octobre, présenté par Kalindi !

Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Au croisement de la rubrique actu et de la rubrique témoignages, elle passe de temps en temps une tête à l’étranger pour tendre son micro aux madmoiZelles du monde entier !

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Commentaires
  • Pawline
    Pawline, Le 2 juin 2018 à 22h43

    Merci pour ce bel article! :jv:
    J'ai découvert cet accessoire étonnant avec une prof de danse orientale, et je vais en profiter pour conseiller cette discipline à toutes! Cela apporte énormément sur le plan mental, en plus de bien défouler et d'avoir son côté artistique

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