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Non, on ne sort pas du lit enroulée dans un drap et oui on pue de la gueule le matin : que la télé arrête de mytho !

À l’occasion d’un nouvel épisode de notre podcast hebdo Le Seul avis qui compte, on s’est refarci toutes les saisons de Sex and the City et autres séries des années 2000. Et force est de constater qu’on a pas la même vision que les héroïnes de la première rencontre amoureuse !

Cette semaine, le podcast hebdomadaire Le seul avis qui compte, dans lequel Kalindi Ramphul chronique sa mauvaise humeur ciné, s’attaque aux clichés sur la première rencontre amoureuse véhiculée par les séries des années 2000. Cet article est une retranscription du podcast.

Fermez les yeux. 

Vous êtes dans un bar huppé de l’Upper East Side à New York. 

Vous portez une robe en soie flamboyante de chez Valentino. Vos cheveux coulent sur vos épaules. Vous n’avez jamais été aussi splendide. Au loin, un inconnu, qui vous fait les yeux doux. 

Parce que vous êtes une lionne qui n’avez peur de rien, vous déambulez vers lui et lui offrez un Old Fashion. 

Vous riez, il rit. Il s’appelle Candace mais il vous plaît quand même. C’est sans doute que vous êtes déjà bourrée. Qu’à cela ne tienne, vous recommandez des Cosmopolitain. C’est chic le Cosmopolitain. Et puis vous partagez tous les deux une assiette de sushis à 10 000$. Là, vous proposez à Candace d’écourter la soirée, et de foncer dans vous, euh chez vous. 

La nuit est torride. Pleine de promesses.

Quand vous vous réveillez, fraîche comme la rosée du matin, vous baillez de manière mutine et chuchotez des mots doux à votre amant. L’odeur irrésistible de vos lèvres le prend aux tripes et il vous embrasse goulument…

NON MAIS OH, ON VA ARRÊTER LES MYTHOS OUI ?

Le mensonge de la première rencontre amoureuse dans les séries américaines des années 2000

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La vie que je vous ai décrite, c’est celle de Carrie Bradshaw dans Sex and the City (oui je regarde Sex and the City en 2022).

Et ça ne se passe JAMAIS comme ça dans la vraie vie. Parfois, on sue des aisselles et on klaxonne du gaufrier. Là par exemple, c’est mon cas.

On est pas toujours belle, propre, pleine de confiance, on ne rencontre pas toujours un mec sympa, beau gosse, riche, respectueux, on ne jouit pas à tous les coups et surtout, surtout, on ne roule pas des pelles le matin sous peine qu’un fumet de sushis sauce égout nous titille les naseaux. 

Cette semaine, je me suis donc donnée pour mission de rétablir la vérité : les rencontres amoureuses dans les films et les séries ne sont que purs boniments. Alors pourquoi ça m’agace particulièrement aujourd’hui ?

Car je me retape toutes les saisons de Sex and the City et de Desperate Hosuewives, sans doute parce que le froid actuel n’est pas une assez grande torture. 

Et je ne veux plus laisser ces série ni aucune autre répandre leurs boniments aux quatre vents. 

Les rencontres amoureuses dans les séries

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Revivons donc la soirée de Carrie comme si c’était la mienne : 

Je suis au PMU, il est 22h, j’ai déjà bu 4 pintes, 2 verres de côtes du Rhône et mangé un cheese burger surgelé. Christobal, Mon date Tinder, arrive.

Il a une heure de retard et en vrai, il ressemble plus à Balladur qu’à Donald Glover. Sa première question ? Tu suces ? 

Pour qu’il se taise, je lui propose d’aller chez moi. Là, on ken rapidement, et à 7 du matin, je suis tirée d’un coma pâteux par les ronflements porcins de Christobal. J’essaie d’ouvrir les yeux, mais j’ai une conjonctivite. 

La faim m’assaille, il faut que je mange. N’importe quoi. Alors je rampe jusque dans ma cuisine, j’ouvre mon congélateur et j’engloutis une part de Pissaladière Picard même pas décongelée à même le sol, sous le regard de mon chat qui mange proprement sa pâte et me juge du haut de toute sa noblesse. 

Je vais me recoucher, mais impossible de dormir car Christobal se croit chez sa mère et prend toute la place. Je le réveille en le poussant.

Il ouvre un œil. Je lui souffle qu’il doit partir. Sentant mon haleine de pissaladière, il sort du coma. Il me dégoûte, je le dégoûte, on se dégoûte. Il s’en va. On ne se reverra plus jamais ET C’EST TANT MIEUX. 

Les séries américaines des années 2000 et leurs clichés sur la rencontre amoureuse

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Comme vous pouvez le constater, on est très loin de la nuit glamour de Carrie Bradshaw. 

Pourtant, que vous ayez grandi devant Friends, Newport Beach, Gossip Girl, Dawson, Vampire Diaries, ou même Plus belle la vie, la télé vous fait miroiter des rencontres polies, consenties, pleines de charmes de sequins et d’haleine mentholée.

Dans ces shows, les meufs gardent leur soutif au lit, ne sortent du plumard qu’enroulée dans un drap pour « couvrir leur pudeur », sentent toujours la fleur et font l’amour sensuellement, jusqu’à ce qu’elles aient un orgasme. C’est à dire quasiment à chaque fois. 

Peu sont les programmes, à l’exception de Girls peut-être et aussi de Fleabag et de I May Destroy You, à retranscrire ce que sont les rapports amoureux, c’est-à-dire parfois brutaux, traumatisants, hésitants, maladroits et globalement peu glamours. 

Dans la vraie vie, on porte une polaire de chez Emmaüs pour aller en date parce que de toute façon on n’a plus foi en l’amour, on enchaîne des pintes à 3€ pour se donner le courage de parler à ce gars ou cette meuf qu’on ne connait ni d’Eve ni d’Adam, et on klaxonne du gaufrier le matin. 

Alors arrête de nous vendre du rêve Carrie, espèce de grosse menteuse !

Mais en vrai c’est pas de sa faute à elle, miskina, mais plutôt à la télévision, ce nid à complexes, cette fiction douce et sucrée qui finit par nous faire craindre la vraie vie, avec ce qu’elle comporte de déconvenues.

À cause des héroïnes artificielles, souvent soigneusement écrites par des hommes, qui peuplent les films et les séries, j’ai longtemps cru qu’il fallait que je sois la femme parfaite pour plaire à mon date et avoir une chance, soit de ken, soit carrément de trouver l’amour. 

Je croyais donc devoir être polie mais pas obséquieuse, légère mais intelligente, belle mais pas menaçante, amusante mais pas drôle, comme les Susan Mayer et autres Waldorf de mon adolescence. 

J’ai du coup, et pendant longtemps, cru aussi qu’être belle, c’était être grande, blanche, mince, que c’était d’avoir un nez petit comme un dé à coudre, des seins de la taille du Brésil, des jambes hautes comme l’Empire State Building et une bouche maxi-pulpeuse. 

On veut des séries plus réalistes

Qu’elle ne fût pas ma surprise quand j’ai en fait découvert, après m’être considérée comme un gros laideron toute mon adolescence, à cause de Carrie, mais aussi de Serena van der Woodsen, de Gabriel Solis, de Rachel Green, d’Elena Gilbert  et consoeurs, que la beauté revêtait autant de visages qu’il existe d’êtres humains. Car toi aussi tu es belle, Gercende, même si tes oreilles cachent tes beaux yeux.

Heureusement, et parce que l’industrie du cinéma est bien obligée de composer avec les mutations sociétales, les films et séries se mettent ENFIN à représenter d’autres pans de l’existence, de la population, et des rencontres. 

Je vous conseille du coup de faire l’impasse sur un 40è binge watching des séries des années 2000, et de plutôt consommer des romances actuelles et plus ancrées dans le réel, à l’instar de Feel Good, Fleabag, Master of None, ou encore It’s a sin, loin des préoccupations blanches, hétérocentrées, sensuelles, lisses et finalement illusoires des programmes de notre adolescence. 

Pour qu’enfin, on soit plus seule à klaxonner du gaufrier le matin.

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Crédits

Le seul avis qui compte est un podcast de Madmoizelle écrit et présenté par Kalindi Ramphul. Réalisation, musique et édition : Mathis Grosos. Rédaction en chef : Mymy Haegel. Direction de la rédaction : Mélanie Wanga. Direction générale : Marine Normand.

À lire aussi : Spencer capture la descente aux enfers de Lady Di dans un biopic qui flirte avec l’horreur

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