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Féminisme

On comprend mieux la non-binarité en France, mais niveau stéréotypes de genre, on piétine sévère

30 août 2021

Si l’on conçoit davantage que des vécus se situent hors de la binarité homme-femme, on constate grâce à une étude que certaines idées reçues sur ce qu’est censé être un homme ou une femme restent bien ancrées…

Quelle est notre perception du féminin, du masculin, de ce qui ne relève ni de l’un et de l’autre ? Quelle importance y accorde-t-on aujourd’hui ? Varie-t-elle selon notre âge ? Et quels sont les adjectifs que l’on accole à l’un ou l’autre genre ?

C’est sur ces différentes questions que l’institut de sondage CSA (à ne pas confondre avec le Conseil supérieur de l’audiovisuel) s’est penché dans une étude menée en mai dernier.

Une meilleure compréhension de la non-binarité

51% des personnes interrogées ne sont pas d’accord avec la phrase : « Une personne est soit un homme, soit une femme et rien entre les deux ».

À y regarder d’un peu plus près, on constate des différences selon les tranches d’âges : les personnes âgées de plus de 75 ans sont les moins sensibles à l’idée qu’il existe des personnes qui ne se reconnaissent pas dans la binarité homme-femme (42%), tandis que les 15-24 ans, la génération Z, sont la tranche d’âge qui montre le plus d’adhésion à cette phrase (57%).

L’étude montre aussi que presque un quart des personnes interrogées connaissent une personne non-binaire.

Selon l’institut CSA, l’hétérosexualité reste la norme dominante, ce qui ne diffère pas de la récente étude HEYME menée auprès des 15-25 ans. Ici, l’étude montre que 89% des personnes interrogées se définissent comme hétérosexuelles.

Une envie de s’éloigner des stéréotypes de genre

Côté éducation, près de la moitié des répondants et des répondantes estiment qu’il n’est pas important de donner à son enfant une éducation qui suive les stéréotypes de genre : 47% n’y accordent pas d’importance concernant les garçons, et 48% concernant les filles.

Ici aussi, ce sont les femmes les plus enclines à vouloir pratiquer une éducation libérée des stéréotypes de genre.

Mais derrière les envies de ne plus se laisser influencer par les biais sexistes et normatifs véhiculés au quotidien dans notre société, il y a cependant des clichés tenaces qu’on n’a pas encore réussi à complètement casser.

Des idées reçues qui persistent

En témoignent les chiffres d’adhésion à certaines phrases sur ce que sont les fââââmmes et les zhôôômmes, (attention SARCASME) si différents et pourtant si complémentaires : « Les femmes sont naturellement plus douces que les hommes » (69%), « C’est aux hommes de protéger les femmes » (60%), « Un homme doit subvenir aux besoins de sa famille » (59%), sont encore des lieux communs qui recueillent l’approbation de la moitié des répondants et des répondantes.

Étude CSA « Les français et le genre : vers la disparition de la notion de genre ? » – mai 2021
Étude CSA « Les français et le genre : vers la disparition de la notion de genre ? » – mai 2021

Forcément, on lève les yeux au ciel très très fort, parce qu’en 2021, on avait un peu espéré que plus personne ne croyait sérieusement en ce genre de phrases aussi essentialisantes qu’idiotes…

Le poids des normes

« Avez-vous déjà souffert de devoir correspondre à certaines idées reçues » en fonction de votre genre ? L’enquête s’intéresse aussi à la pression qui pèse sur les femmes et sur les hommes (rassurez-vous, bien loin de nous l’idée de parler ici de sexisme inversé).

Chez les femmes, c’est le fait de devoir être désirable, de devoir être mince et de devoir se faire discrète, qui arrivent en tête des injonctions. Trois injonctions qu’on résumerait bien à « Sois belle et tais-toi » puisqu’il s’agit bien là d’être sexy et de fermer sa gueule.

Chez les hommes, les injonctions correspondent aussi à des clichés sur la masculinité. Arrivent en tête le fait d’« être ambitieux et réussir d’un point de vue professionnel », d’être viril et de « ne jamais montrer ses émotions ».

Alors, oui, en lisant cette étude, on hésite souvent à voir le verre à moitié vide ou à moitié plein, selon son degré d’optimisme. En tout cas, une chose est sûre : y a du boulot.

À lire aussi : « Je suis non binaire, et c’est la révélation de ma vie »

Crédit photo : Mapbox via Unsplash

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