Nouvelles accusations contre Éric Zemmour : 7 femmes témoignent dans Mediapart


Après l'accusation d'agression sexuelle portée par Gaëlle Lenfant à l'encontre d'Éric Zemmour, Mediapart publie une enquête dans laquelle sept autres femmes attribuent des comportements prédateurs et déplacés au chroniqueur d'extrême droite.

Eric ZemmourEric Zemmour pour la chaîne du Figaro live (Capture d'écran)

Il y a quelques jours, l’élue PS Gaëlle Lenfant prenait la parole sur Facebook pour dénoncer une agression sexuelle dont l’auteur présumé n’était autre qu’Éric Zemmour, chroniqueur d’extrême droite et champion des masculinistes.

Sept femmes s’expriment à leur tour dans une enquête longue de plusieurs mois de Mediapart qui met en cause les agissements présumés du « polémiste », désormais bien connu pour son racisme et son islamophobie notoires.

Éric Zemmour accusé d’inconduite sexuelle

Dans le sillage des révélations de Gaëlle Lenfant, la journaliste et autrice belge Aurore Van Opstal a pris la parole à son tour sur Twitter, dénonçant l’inconduite sexuelle d’Éric Zemmour à l’occasion de leur première rencontre :

C’est ensuite une professionnelle des médias qui témoigne anonymement. Elle raconte qu’en 2005, jeune journaliste, elle rencontre le quadragénaire d’alors à l’occasion d’un café, pour échanger.

Après avoir payé l’addition, celui-ci se serait penché vers elle et l’aurait embrassée de force. La jeune femme exprimera ensuite son dégoût auprès de ses proches et dans son journal intime, dont les extraits concernés ont été publiés par Mediapart.

Sur le lieu de travail d’Éric Zemmour, une « réputation » et des rumeurs

L’article de Mediapart donne ensuite la parole à des journalistes anonymisées du Figaro, journal où officie celui qui a été condamné à plusieurs reprises pour incitations à la haine depuis 1996.

Là où l’une d’elles mentionne une ambiance « méfiante » envers Zemmour et des rumeurs à son sujet, une ancienne stagiaire raconte des regards lubriques de la part de celui-ci, et une proximité physique imposée. Elle le décrit comme un « gentleman lourdingue, le mec qui pense que tout est OK dans ce qu’il fait ». Une autre journaliste le peint comme un homme qui « entretenait un climat sexualisé et [qui] l’assumait »

L’article liste par ailleurs des « incidents » avec l’équipe les plateaux de télévision d’I-télé, chaîne ancêtre de CNews, où travaillait l’accusé : des propos déplacés à une cheffe d’édition par SMS, des regards inappropriés, mais aussi une intimidation physique racontée par une maquilleuse, à l’époque où celle-ci avait encore 26 ans. Elle rapporte que le journaliste l’aurait plaquée contre un mur, en lui disant « Mais tu ne comprends pas que j’ai envie de baiser avec toi ». Après qu’elle l’a repoussé, il n’aurait pas insisté.

Au sein des locaux de la chaîne, une hôtesse d’accueil raconte qu‘il lui aurait touché les fesses en lui disant bonjour, et qu’il était courant que celui-ci s’approche « très près » lors de ses salutations.

Des dénonciations qui témoignent d’un climat peu amène pour les victimes

Ce sont donc huit femmes, qui rapportent, dans des circonstances très différentes et à des périodes variées, des agressions sexuelles et des comportements peu respectueux qu’elles imputent au journaliste.

À la lecture de cette enquête, on s’interroge aussi sur la question du pouvoir dont profitent les agresseurs, et qui transparaît en filigrane : dans leurs prises de parole, certaines de ces femmes expriment ne pas avoir fait remonter ces incidents à leur hiérarchie, ou ne pas avoir pris la parole par peur des conséquences — perdre leur travail, réduire leurs opportunités professionnelles, être transférées sur d’autres sites…

L’hôtesse d’accueil qui témoigne, sous le nom d’emprunt de Célia, déclare avoir eu peur de devenir un sujet de blague, avoir eu honte, et s’être sentie coupable d’avoir ri avec son agresseur présumé. Dans la boîte noire de l’article, Mediapart rapporte par ailleurs le fait suivant :

« Plusieurs personnes ont accepté de nous répondre à la condition que leur anonymat soit préservé, parce qu’elles redoutent des conséquences sur leur vie professionnelle, en raison notamment de statuts précaires. »

Dans le journalisme comme ailleurs, combien d’autres noms et de témoignages restent imprononçables, car les conséquences sur les vies des victimes seraient trop lourdes à porter pour celles-ci ?

Sollicité par Mediapart, Éric Zemmour n’a pas souhaité répondre aux questions du média.

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Aïda Djoupa

Aïda Djoupa


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Commentaires

LuneBrune

J'ai toujours pensé que les hommes profondements misogynes, étaient généralement eux-même des agresseurs.

Une façon pour eux de se déculpabiliser en se disant :
" Mais non je ne suis pas un infâme violeur/ harceleur/agresseur : ce sont des femmes qui disent non et qui pensent oui, et moi je suis un homme, donc tout est parfaitement normal"

Je ne peux pas m'empêcher de le penser chaque fois que je vois des hommes défendrent des violeurs ou des actes sexistes.
Que se sont eux-même des agresseurs qui essayent de décriminaliser leurs propres agissements...
 

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