nantes-bretagne
Actu en France

Nantes n’est pas bretonne… mais pas loin !

05 juin 2016 58

Aujourd’hui, Soizic s’attaque à un sujet sur lequel Ligerien•nes et Breton•nes s’affrontent depuis environ des siècles et des siècles… Nantes ! Une ville qui n’est pas en Bretagne, mais est un peu bretonne quand même…

Cher•e habitant•e de la belle ville de Nantes en Loire-Atlantique que tu voudrais breton•ne, je tiens à affirmer mordicus que nous ne sommes pas en Bretagne.

De ce fait, tu utiliseras le néologisme « ligérien•ne » pour parler de tes origines et non pas ton mot préféré, « breton•ne ».

Oh, cher•e Nantais•e aspirant•e breton•ne, je puis imaginer les regards noirs que tu essaies de m’envoyer par pixels, de même que je puis entendre les incantations celtes que tu profanes à mon égard afin que je sois transformée en kouign-amann, mais ça ne sert à rien de pleurer : on considère que Nantes n’est plus en Bretagne depuis la Révolution française !

Alors tu arrêtes right now parcequefautpasprendreSoizicpourunegalette-saucisse (les vrai•es comprendront la référence).

galette-saucisse

So good.

Bon, par contre, je remarque que Nantes, cette petite teigne, ne se détache pas de ses origines (oui Breton•ne radical•e, tu exultes, je sais). Alors, comme diraient (presque) les Beatles, roll up for the Nantes tour !

À lire aussi : Street Style en tandem sur le toit de l’École d’Archi de Nantes

Les Festnoz

Tout d’abord, je tiens à parler des Festnoz. Il n’y en a pas à Nantes même, certes, mais dès que tu te rapproches de la mer (disons à une vingtaine de kilomètres) et que la saison arrive, c’est tout un florilège de festivals bretons qui voit le jour avec ses danses, ses binious, ses crêpes…

C’est assez agréable, voire carrément dépaysant. Il faut reconnaître que la musique celtique a un certain charme ! Tu as l’impression que tu vas trouver un lutin caché quelque part.

Et puis tu vois des stands pour le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Là, ça ne rigole plus.

Les gentilles mamies qui t’accostent se transforment en korriganes (véridique ! VÉRIDIQUE !) quand tu affirmes ne pas te rallier à leur cause (perso, je crois qu’il y a d’autres problèmes qu’il faudrait d’abord régler comme, au hasard, la faim dans le monde, mais bon, elles ne l’entendent pas de cette oreille).

korrigan

Mesdames bonjouuur.

À lire aussi : Ma scolarité atypique dans une école en langue bretonne

Les tags façon « Nantes aux Breton•nes »

Eh oui, les tags. Bon, la plupart du temps ce n’est pas du grand art, mais moi ça me fait toujours rire. Je sais qu’il s’agit de dégradation de l’espace urbain et je condamne fortement ce geste.

Pourtant, je ne peux m’empêcher d’imaginer la personne en train de taguer rageusement « 44=BZH ».

Je la vois, par un triste mercredi après-midi, prendre sa bombe de couleur rose, un sweat-shirt dont elle relève la capuche, furetant dans les rues de la ville à la recherche d’un mur où exprimer tout son spleen. Elle devait être en manque de caramel au beurre salé.

jessica-jones-street

À lire aussi : Anaïs s’en-va-t-en guerre, la jeune bretonne qui refusait de subir sa vie (MÀJ)

Les prénoms bretons

Les Bretons sont les inventeurs des prénoms les plus étranges au monde, prénoms que tu vas retrouver en Loire-Atlantique. Tout un art.

Bon, je ne parle pas des prénoms tels que Gwenaëlle ou Loïc, mais de ceux comme, au hasard, le mien. Je suis fière de mon prénom mais bon, il faut avouer qu’il a étonné plus d’une personne.

Entre celles et ceux qui galèrent à le prononcer (chère homonyme Soizic, ne va PAS en Espagne où le son « z » n’existe pas) et celles et ceux qui se moquent clairement de moi (coucou les vendeurs de Starbucks !), eh bien ce n’est pas une partie de plaisir tous les jours.

Et je ne parle même pas de celles et ceux qui ne savent pas l’écrire et qui, par orgueil, ne me demandent pas de l’épeler et l’orthographient « Swasik ».

what-is-my-name

Notons par ailleurs que ce charmant prénom signifie « petite Françoise » et que j’atteins difficilement le 1m61… vraiment des marrants, ces Bretons.

À lire aussi : J’ai testé pour vous… parler (un peu) breton

Le nom des villes écrit en breton

C’est surtout cela qui sème le trouble selon moi ! Comment voulez-vous expliquer à des « étranger•es » que votre ville n’est pas bretonne si, en arrivant, ils voient annoncé « Nantes-Naoned » ?

C’est normal puisque c’est le nom historique, mais est-ce que les Parisien•es appellent leur ville « Lutèce » ? Oui ? Au temps pour moi alors !

Et toi ? Penses-tu que Nantes n’est pas en Bretagne mais que, tout de même, elle ne joue pas franc-jeu ?!

À lire aussi : Beyoncé est bretonne

Témoignez sur Madmoizelle !

Pour témoigner sur Madmoizelle, écrivez-nous à :
[email protected]
On a hâte de vous lire !

Les Commentaires
58

Avatar de Etp
7 mars 2017 à 13h52
Etp
article très sympa mais... un peu court, petite Françoise
il y aurait beaucoup à ajouter pour rendre ça un peu plus instructif et étayé, un peu moins cliché et superflu...
sans forcément prendre un parti d'ailleurs (même si c'est plus rigolol quand on s'engage, surtout sur ce sujet qui fait frémir tous les nantais, à peu près comme quand tu demandes à un Normand et un Breton à qui est le mont st Michel)

Coucou c'est encore moi ! Je suis en train de lire un bouquin, dont je vous mets les références là, et ça m'a fait repenser à vous.

CHEDEVILLE, André & TONNERRE, Noël-Yves, La Bretagne féodale, Ve-Xe siècle, Rennes, Editions Ouest-France, 1984.

(Ouais, je vous l'ai dit, Tonnerre est PARTOUT :o )

Page 24, dans la première partie du livre qui s'appelle "Une principauté bien fragile", Tonnerre parle de comment la Bretagne passe d'ex-royaume à duché et explique que les débuts ont été difficiles car très instables. Et du coup il explique qu'il y a plusieurs raisons à cette instabilité, l'une d'entre elle étant que les comtes de Nantes et de Rennes perdent beaucoup d'énergie à se taper dessus l'un et l'autre, et que du coup les territoires voisins en profitent pour manger leurs terres. Et Nantes et Rennes, incapables de former des alliances entre elles contre leurs voisins (c'est pas tout à fait vrai, elles le font en 1028-1030 où Budic le comte de Nantes reconnaît les comtes de Rennes), privilégient les aides extérieures.
Donc on a une grosse instabilité territoriale et politique, et en 1008, la Normandie (dirigée par le modeste duc Robert Ier le Magnifique) toque à la porte de Nantes et fait "Coucou Alain III, on a vu que ton daron Geoffroy Ier vient de mourir (#sorrynotsorry). Du coup on va faire un truc : tu me prêtes fidélité et tu me files le Mont St-Michel, et moi en échange je te poutre pas la gueule. Ca marche ? Ca marche."

Tonnerre ne prend pas parti sur quoi que ce soit, mais du coup ce qu'on peut faire c'est se poser la question de : est-ce que "on était là avant" est un argument légitime pour dire qu'une terre est chez nous où non ? Je ne connais pas assez l'évolution des frontières de la Bretagne et de la Normandie au cours du temps, mais je suis pratiquement certain qu'elles ont évoluées, et que la Normandie et la Bretagne n'ont pas arrêté de se piquer et repiquer des terres. Du coup la Bretagne exerçait en effet une influence jusqu'en 1008 sur le Mont-Saint-Michel, mais si on réfléchit en termes de possessions, vu que c'est une région frontalière, peut-on dire "c'est en Normandie/c'est en Bretagne" ? Jusqu'en 1008 c'est territorialement en Bretagne, après 1008 c'est en Normandie.
C'est pas très clair, je vais vous donner un autre exemple. Va-t-on se demander si Avignon est en France ? Pourtant les Italiens pourraient dire "oui mais c'était aux Bosonides avant !" et du coup Avignon serait italienne.

Donc voilà. Autant je trouve que la question "Nantes est-elle en Bretagne ?" est caduque sur le plan historique parce que... ben, oui ? Y'a pas de débat possible si on prend le truc historiquement, il suffit de regarder les nomenclatures comtales, c'est dans leur titre aux mecs du pays nantais, ils sont "comtes de Nantes et ducs de Bretagne". Autant la question "Le Mont-Saint-Michel est-il en Bretagne" est plus intéressante je trouve parce que ça demande à s'interroger davantage sur la légitimité des frontières.

EDIT : Pour éviter de spammer la page, j'intégrerai maintenant mes ajouts dans cette publication et dans des spoilers.

Contenu spoiler caché.
3
Voir les 58 commentaires

Plus de contenus Actu en France

Société
manif PMA assemblee nationale mlecorre – verticale

PMA : ça y est, cette fois c’est bon, le Conseil constitutionnel donne son feu vert

Maëlle Le Corre

30 juil 2021

Actu en France
resto-du-coeur-small

En France, on a davantage recours à l’aide alimentaire, crise sanitaire oblige

Maëlle Le Corre

29 juil 2021

Culture Web
Patrick-et-Bob-léponge-cassent-le-poignet

De Twitter et TikTok à l’IRL, casser son poignet devient un signe de ralliement entre queers et alliés

Anthony Vincent

29 juil 2021

Parentalité
parents-nouveau-ne-verticale

Pourquoi les enfants ne porteraient-ils pas automatiquement les noms de leurs deux parents ?

Maëlle Benisty

29 juil 2021

31
Ecologie
jeanne menjoulet marche pour le climat du 21 septembre 2019 à Paris

Quelle pandémie ? Le jour du dépassement est de retour à son niveau de 2019

Maëlle Le Corre

29 juil 2021

8
Sport
femme portant un hijab de sport avec un ballon de foot

« Nous voulons que le droit de chacune à faire du sport soit respecté » : les Hijabeuses organisent un entraînement au siège de la FFF

Aïda Djoupa

28 juil 2021

Société
Greta Thunberg fait un vaxxie afin de prêcher pour un meilleur accès au vaccin pour tous

Greta Thunberg : ​​« La distribution des vaccins est extrêmement inégale »

Anthony Vincent

28 juil 2021

8
Société
sex-education

Pourquoi il faut en finir avec le cliché du « mec homophobe qui est en réalité un gay refoulé »

Maëlle Le Corre

28 juil 2021

13
Féminisme
Sarah Voss Deutsche_Meisterschaften_Gerätturnen_Mehrkampf_weiblich_Einturnen_at_Internationales_Deutsches_Turnfest_Berlin_2017_(Martin_Rulsch)_024

Pourquoi la tenue des gymnastes allemandes aux Jeux olympiques est un vrai geste contre le sexisme

Maëlle Le Corre

27 juil 2021

3
Société
IEP_de_Paris_27_rue_St-Guillaume_Paris_7e

À Sciences Po, dysfonctionnements et omerta maintiennent l’existence des violences sexuelles

Maëlle Le Corre

27 juil 2021

La société s'écrit au féminin