Mais pourquoi votre mère est-elle obsédée par votre poids ?


Avoir un bon rapport mère-fille, ce n'est déjà pas simple, mais quand en plus votre génitrice semble obsédée par votre poids, les choses se compliquent... Des expertes nous expliquent d'où vient cette attention portée à l'apparence.

Mais pourquoi votre mère est-elle obsédée par votre poids ?Crazy Ex-Girlfriend

« Pourquoi tu viens m’embêter avec mon poids, Maman ? Car à chaque fois que je rentre te voir, ça ne loupe pas. “T’as maigri, tu manges ? T’as l’air toute maigre” côtoie à part égale “Tu devrais faire attention, t’as pris des cuisses, je le dis pour toi, je suis ta mère je te mentirais pas”. »

En 2015, madmoiZelle publiait ces mots dans la lettre d’une fille épuisée à sa mère : Maman, merci de laisser mon poids tranquille. Des années plus tard, force est de constater que le problème reste d’actualité.

Nous avons interrogé deux expertes pour qu’elles nous éclairent sur cette obsession que semblent vouer certaines mères aux kilos de leurs filles — nous avons choisi de nous focaliser sur cette dynamique précise, sans nier que « beaucoup de jeunes femmes reçoivent aussi des remarques de leur père », comme le rappelle Solenn Carof, sociologue, qui travaille sur les questions de poids depuis quinze ans.

Votre mère est obsédée par votre poids « pour votre bien »

Sauf dans des cas de relation intrafamiliale toxique ou de parent maltraitant, votre mère ne vous parle pas de votre poids pour vous faire du mal, au contraire. Ce regard aigu sur notre apparence a souvent pour racine une volonté (consciente ou non) de protéger l’enfant, comme l’explique à madmoiZelle Solenn Carof :

« Aucun parent ne veut que son enfant souffre. Alors le rôle d’un père, d’une mère, c’est parfois de reproduire la norme sociale pour éviter que sa progéniture ne souffre, justement, de ne pas être dans cette norme.

Les mères savent que certains types de corps sont socialement dévalorisés. Parfois, elles ont elles-mêmes des opinions grossophobes, parfois elles sont juste dans une démarche de protection, mais le résultat est identique : elles vont pousser leur fille à avoir une morphologie qui n’est pas dénigrée par la société. »

Une explication partagée par Javiera Coussieu-Reyes, doctorante qui s’est notamment spécialisée dans les violences en milieu familial. Interrogée par madmoiZelle, elle fait écho aux propos de sa consœur :

« Les parents intériorisent les attentes de la société, de plus en plus compétitive et normative, et peuvent transmettre cette pression à leurs enfants. […] les mères pensent à l’avenir de leurs filles, et à leurs chances de réussite dans un monde normé. »

En tant que parent, on a beau vouloir offrir à un enfant toute la liberté possible, on sait que le monde extérieur peut être cruel, et trouver un juste milieu entre la surprotection et la négligence peut ressembler à un casse-tête impossible.

Cependant, cette explication ne saurait suffire : les remarques sur le poids peuvent avoir d’autres causes, enfouies loin dans l’inconscient des mères.

Votre mère vous parle de votre poids parce qu’elle ne comprend pas comment vous mangez

Javiera Coussieu-Reyes évoque un autre paramètre à prendre en compte, celui d’un rapport à l’alimentation qui évolue d’une génération à l’autre : si votre mère vous parle de votre poids, c’est peut-être parce qu’elle a du mal à comprendre comment vous vous nourrissez et à accorder sa confiance à des régimes alimentaires parfois bien différents du sien.

« L’opposition entre générations qu’on peut remarquer entre mères et filles est redoublée par le questionnement des jeunes femmes sur les modèles alimentaires et la santé.

La génération précédente a légué un modèle agricole productiviste, fondé sur les apports caloriques nécessaires et le triptyque glucides-protides-lipides. Aujourd’hui, les jeunes redécouvrent le végétarisme, plébiscitent le véganisme, le bio, le sans gluten, raisonnent en termes de qualité nutritionnelle des apports et des modes de production, et non plus en termes quantitatifs. Ils et elles mettent en cause le modèle de production et de consommation qu’ont connu leurs parents. »

Combien de parents pensent encore qu’on ne peut pas faire un repas complet sans viande, fidèles à la pyramide alimentaire obsolète qui a orné les murs de leurs cantines scolaires ? Face à sa fille qui se nourrit différemment, une mère peut se rabattre sur l’argument du poids pour exprimer son inquiétude quant à la bonne santé de son enfant.

Votre mère est obsédée par votre poids parce qu’elle est obsédée par le sien

Parfois, des jeunes femmes tout à fait dans les « canons de beauté » se retrouvent face à une mère qui les houspille au sujet de leurs kilos, parfois jusqu’à créer de dangereux complexes et un rapport conflictuel à la nourriture. Ce qui peut provenir… d’un autre rapport conflictuel à la nourriture, plus ancien car présent cette fois-ci du côté de la mère.

Lorsqu’on lui demande avec quelle vision du corps féminin idéal nos daronnes ont grandi, Solenn Carof est catégorique :

« Je pense pouvoir dire qu’aucune femme de la génération de nos mères (donc ayant aujourd’hui entre 40 et 70 ans) ne peut affirmer “Je n’ai jamais souhaité maigrir.”

Le XXe siècle a vu une montée progressive de la minceur comme norme. Les filles ont appris qu’il faut être fine pour être belle, c’est-à-dire pour séduire l’homme — et c’est très important, puisque la réussite des femmes se jauge souvent à l’aune de leur capacité à plaire physiquement. Elles ont intégré qu’être mince, pour une femme, c’est une réussite sociale et personnelle.

Ajoutez à ça une omniprésence de mannequins très maigres dans les années 1970 et 1980 ; une survalorisation de l’activité physique type fitness : et le fait que les régimes étaient recommandés par les médecins comme par la presse féminine, malgré, déjà, l’existence de nombreuses études prouvant autant leur dangerosité que leur inefficacité… Voilà dans quel contexte nos mères ont grandi.

Ces injonctions au sujet du poids, elles les ont intériorisées et les reproduisent à présent sur leurs filles. »

Le rôle des mères dans la transmission des injonctions genrées

Ce n’est pas parce qu’on devient mère qu’on échappe au patriarcat à sa ribambelle d’injonctions sexistes. Mais condamner unilatéralement les mamans qui transmettent ces idées à leurs filles n’est pas la solution, selon Solenn Carof :

« Certes, les mères jouent un rôle important dans la transmission des injonctions sexistes, et elles le font quand leurs enfants sont très jeunes, rendant cet apprentissage difficile à déraciner. Si, demain, toutes les génitrices du monde se débarrassaient des normes genrées, les choses changeraient… mais pas à 100%.

Il ne faut pas oublier que les mères ne sont qu’un élément parmi tout ce qui participe à l’éducation d’un enfant et à son apprentissages des codes pour vivre en société. Même une maman super féministe, engagée contre le sexisme, aura du mal à faire contrepoids par rapport au reste des normes sociales.

La société est prompte à juger les femmes, on le sait ; quand un enfant est “trop gros” ou “trop maigre”, on condamnera sa “mauvaise mère” avant de se tourner vers son père ou les autres personnes participant à son éducation. Comme si la maman était l’unique responsable du poids de sa progéniture.

La plupart des féministes le savent : être consciente qu’on subit une injonction ne suffit pas pour s’en débarrasser. Beaucoup de femmes engagées contre le patriarcat dénoncent les diktats de la minceur ou de l’épilation, mais ne sont pas forcément prêtes à assumer le coût social parfois très élevé qui va avec le fait de déroger à la norme.

Personne n’a envie d’être stigmatisé ou discriminé. Ne blâmons pas les femmes qui, pour la plupart, font de leur mieux pour naviguer dans un monde qui leur est toujours hostile. »

Nous avons toutes subi les mêmes injonctions sexistes, mais nous ne sommes pas toutes à égalité lorsqu’il s’agit de nous en débarrasser. Nos mères n’ont pas forcément eu autant de chance que nous, car elles n’ont pas grandi avec Internet et toutes les portes que cela ouvre en matière de déconstruction des stéréotypes genrés, comme le souligne Javiera Coussieu-Reyes :

« Les mères d’aujourd’hui ont intériorisé les messages du pouvoir médical contre le surpoids […] sans forcément avoir les moyens d’une prise de recul et d’accéder à des contre-discours plus critiques, parce qu’elles ne sont pas nécessairement en lien avec l’histoire du féminisme, qui a remis en question et déconstruit ces injonctions sur le corps et la santé des femmes.

[…] Les filles, elles, ont pu bénéficier du renouveau de pensée féministe, à travers la bande dessinée, les podcast, les films… toute une contre-culture qui les autorise à se sentir bien dans leur corps, quelle que soit leur apparence, à aimer manger, être gourmandes, se faire plaisir et avoir de l’énergie à revendre, que leurs rondeurs ou leur maigreur plaise ou non à de potentiels partenaires ou recruteurs. »

Faisons preuve d’indulgence avec nos mères : elles n’avaient pas autant accès que nous à des contenus féministes déconstruisant les injonctions. Mais nous pouvons leur faire profiter de ce que nous avons appris !

Votre mère qui s'inquiète pour votre poids, est-ce de la maltraitance ?

On l’a vu, l’intention des mères est rarement de blesser leurs filles lorsqu’elles posent un regard critique sur leur poids. Ce qui ne veut pas dire que les conséquences de cette obsession ne peuvent pas être graves : cela peut mener à un rapport conflictuel à la nourriture voire à des troubles du comportement alimentaire.

Vigilance, cependant : le contrôle du poids de son enfant peut s’inscrire dans des violences familiales. Solenn Carof offre quelques pistes pour différencier maltraitance et bienveillance maladroite :

« Si on est dans une situation de maltraitance, alors le poids n’est qu’un élément (parfois un élément important, surtout dans le cas d’un enfant en surpoids) parmi tout un champ de critiques visant la fille : elle va être sans cesse dévalorisée, critiquée, ne fera rien assez bien… La violence est présente à tous les niveaux, pas seulement lorsqu’on parle de l’apparence physique. »

Javiera Coussieu-Reyes rappelle le droit que nous avons tous et toutes à entretenir un rapport sain avec notre corps, et souligne que si nos parents sont dans une démarche de contrôle de notre alimentation, cela doit nous alerter.

« En principe, le parent a pour rôle de transmettre des rites alimentaires, un rythme des repas qui assure une hygiène de vie […] Donc il n’y a pas lieu de s’intéresser au poids, tant qu’il n’y a pas une situation de risque pour la santé.

Cela peut être une forme de maltraitance d’instaurer un contrôle, une surveillance du corps de son enfant. […] Une privation de nourriture ou à l’inverse une tentative de faire prendre du poids peut s’expliquer par une tendance à l’emprise sur la vie de l’enfant, ce qui doit alerter.

Les mineurs ont des droits, et notamment le droit au bon développement de leur corps et à la santé. »

Si vous soupçonnez une situation de maltraitance d’enfant ou d’adolescent, vous pouvez trouver des ressources sur cette page du gouvernement et/ou contacter le 119. S’il s’agit d’une violence familiale sur un enfant devenu adulte, l’assistance sociale pourra vous guider.

Consulter un ou une professionnelle de la santé mentale (psychologue, psychiatre…) peut également être d’une aide précieuse pour mettre en place un rapport plus sain avec ses parents, dans la mesure du possible, comme le souligne Javiera Coussieu-Reyes :

« Si vraiment, il s’agit d’une sorte de contrôle maltraitant qui se rapproche d’une forme d’emprise, je conseillerai de signifier à votre mère vos limites, vos droits, et de vous faire épauler par un ou une psychologue compétente pour sortir de modalités relationnelles toxiques. »

Comment dire à votre mère d’arrêter de vous parler de votre poids

C’est bien de comprendre ce qui motive votre mère à mentionner sans cesse votre poids, mais ça ne vous aide pas forcément à changer les choses. Solenn Carof rappelle que le sujet est bien plus sensible qu’on pourrait l’imaginer :

« Loin d’être futile, le sujet du poids met en jeu de nombreux aspects sociaux et émotionnels des dynamiques familiales. Le rapport à l’alimentation est un aspect profond, essentiel du lien parent-enfant, surtout pour la mère qui joue dans la plupart des cas un rôle nourricier.

De plus, certaines mères ont elles-mêmes une relation conflictuelle avec la nourriture. Une fille grosse qui dit “J’aime mon corps, je ne veux pas le changer” à sa maman ayant enchaîné les régimes, ça peut être entendu comme “Toutes les souffrances que tu t’infliges pour être mince ne valent pas le coup”. Autant avancer avec prudence pour assurer une discussion constructive.

Le jugement d’un enfant sur la façon dont sa mère considère la nourriture peut être difficile à encaisser. »

Mais rassurez-vous, « difficile » ne veut pas dire « impossible » ! La chercheuse conseille :

« On peut discuter avec sa mère, essayer de comprendre ce qui l’inquiète : est-ce notre santé ? Nos chances de trouver un ou une partenaire amoureux ? La peur d’être considérée comme une mauvaise mère ?

On peut aussi la rassurer, lui rappeler qu’il n’y a pas que le physique qui compte dans la vie, et valoriser plutôt nos autres accomplissements. »

Javiera Coussieu-Reyes propose elle aussi des outils pour apaiser l’esprit inquiet de votre mère :

« Montrer qu’on s’est informée, qu’on sait ce qu’on fait, voir un médecin qui affirme qu’on est en bonne santé, que notre régime alimentaire est correct… tout cela peut rassurer. »

En cas de discussion impossible, la doctorante conseille de « remettre chacune à sa juste place, en affirmant que notre corps n’appartient qu’à nous-mêmes ». Et si vraiment rien n’y fait, si l’échange est bloqué, Solenn Carof estime qu’il ne sert à rien de s’acharner :

« Si la mère n’est pas capable d’écouter, de s’exprimer, de travailler sur elle, l’enfant doit pouvoir dire “Je ne veux plus discuter de ça avec toi et je ne veux plus que tu évoques mon poids”, tout simplement.

On ne peut pas parler de tout avec tout le monde, en tout cas pas de façon apaisée : parfois les gens n’arrivent pas à dépasser leurs blocages, à cause du poids émotionnel ou social d’un sujet, de leur histoire personnelle aussi. »

Vous l’aurez compris : votre mère ne sera peut-être jamais 100% sereine par rapport à votre poids, mais vous pouvez tenter de la rassurer au maximum, et si cela ne suffit pas, vous pouvez tout simplement décréter que son avis à ce propos n’est plus du tout le bienvenu. Ça lui donnera une occasion de vous parler plus longuement de votre coloration rose, de votre non-désir d’enfant ou de vos jeans troués !

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Mymy Haegel

Mymy Haegel

Mymy est la rédactrice en chef de madmoiZelle. Elle est aussi dans la Brigade du Kif du super podcast Laisse-Moi Kiffer. Elle aime : avoir des opinions, les gens respectueux, et les spätzle.

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Commentaires

pi.cassoux

Je me retrouve bien dans cet article. J’ai toujours été fine, 1m70 pour 48-50kg. J’ai un estomac de moineau, j’ai les os très fin et j’amasse peu de graisses, ça depuis petite, donc même en pratiquant du sport (en particulier la danse qui a tendance à allonger le muscle plutôt qu’à le gonfler), je reste fine.
Petite et jusqu’à ce qu’on déménage chacune à un bout du pays, ma cousine m’appelait « la grosse », parce qu’elle a toujours mal vécu le fait que je sois plus fine qu’elle, alors qu’elle a pourtant de superbes formes (elle correspond plus aux normes infligées par la société que moi). Ce comportement m’a en quelque sorte rodée à ce qui se passerait avec ma mère.
Elle avait le même corps que moi, élancé, un peu musclé, c’était moi avec 10cm de moins. Puis on a eu un gros accident de voiture et elle a passé 6mois en fauteuil roulant. Plus de danse ou de jardinage pour elle, ses muscles ont fondu, on a habité chez mes grands-parents jusqu’à ce qu’elle puisse se débrouiller en béquilles, donc pas le même régime alimentaire, et elle a commencé à prendre un peu de poids. Puis elle a rencontré quelqu’un chez qui on a vécu et chez qui les repas étaient encore différents, où il fallait finir le plat plutôt que garder les restes, où elle n’était pas vraiment heureuse, et entre son âge qui avançait, l’accident et sa rupture elle est passé de 55 à 75kg environs, pendant que moi je n’avais pas bougé d’un gramme. J’ai quitté la maison pour les études et c’est la que ça a commencé. Elle s’inquiétait que je mange à ma faim, que je maigrisse, puis j’ai eu une mauvaise pilule contraceptive qui m’a fait prendre un peu et elle m’a lancé le fameux « tu es malade? tu es grosse » puis quand j’ai retrouvé mon poids « tu es maigre »... comme j’habitais dans le sud et elle dans le nord on se voyait pas beaucoup, donc j’évitais la question. Et l’an dernier quand elle m’a rendu visite on a fait les magasins, et en sortant de chaque boutique elle faisait la tronche puis elle a fini en pleurant. Et elle a admis qu’elle se reconnaissait pas dans son corps, qu’avant elle était comme moi et que maintenant elle est « comme ça ». Tout ce que j’ai su lui dire c’est que moi je ne la trouvais pas grosse ni moche, et qu’avant de se rendre folle a faire régimes drastiques sur régimes tordus, ce serait peu être pas mal qu’elle essaie d’accepter que son corps n’est pas un ennemi, elle vit avec et lui vit avec elle, que ce n’est pas parce qu’il est imparfait à ses yeux qu’il faut le négliger.
Depuis quelques années elle en prend plus soins, elle ne s’attarde pas sur les vêtements qui ne lui vont pas mais sur ceux dans lesquels elle se sent plus jolie, elle reprend des bains de temps en temps où elle prend soins de ses cheveux, de sa peau, elle se maquille à nouveau, elle a repris goût à la marche, et à Noël elle m’a dit qu’elle avait perdu 5kg, elle a ajouté « cette année mon objectif petit c’est encore 5 et mon objectif grand c’est 10, comme ça si je suis entre les deux je serait pas déçue. Et il faut pas dire « perdre » du poids, parce que perdre c’est un mot de deuil donc on est pessimiste ». Elle m’a dit qu’elle aimait l’époque où elle avait mon corps mais qu’à son âge elle ne pourrait pas l’avoir, qu’il faut qu’elle en ait un qui lui plait et pas qu’elle se compare à moi (je lui ai dit que tant mieux parce que dans 25ans je risquerai pas d’avoir mon corps d’aujourd’hui non plus, on serait deux à regretter la loi de 30ans).
Je suis super fière d’elle et du chemin qu’elle a fait avec son corps, elle sait que j’ai des complexes et que j’ai décidé de m’aimer malgré eux, elle a appris à faire pareil et elle a l’air tellement plus épanouie. « Grosse » ou « maigre » ma mère je l’ai toujours trouvée belle (sauf quand je me faisais engueuler), et plus elle s’aime plus je la trouve belle.
Maintenant elle m’embête beaucoup moins avec mon physique, elle se penche plus sur mes qualités que sur ses inquiétudes ou ses projections, et c’est génial pour moi mais surtout pour elle, elle a 55ans et j’ai l’impression que grâce à tout ça elle se fait une deuxième jeunesse. Et même si j’ai pas envie de vivre les mêmes épreuves, j’espère que j’aurai autant de forces qu’elle pour aimer mon corps quand j’aurai son âge.
 

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