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Cinéma

Katie Says Goodbye, un film qui m’a bouleversée (+ interview)

Louise est tombée amoureuse de Katie Says Goodbye, un film qui donne la rage de vivre, dont madmoiZelle est fière d’être partenaire ! Merveilleusement réalisé, ce drame révèle une Olivia Cooke brillante.

En partenariat avec Bodega (notre Manifeste

Mise à jour du 25 avril 2018 —

J’ai eu la chance de rencontrer Wayne Roberts, le réalisateur de Katie Says Goodbye lors de sa venue à Paris.

Ensemble, on discute du long processus créatif qui a mené à la réalisation du film, des retours qu’il a eu pendant les premières séances aux États-Unis ainsi que son envie de faire des films qui marquent les gens.

Article du 18 avril 2018 —

En sortant de la séance de Katie Says Goodbye, j’ai pensé à cette citation de Véronique Olmi qui dit :

« J’ai pensé aux fourmis qui peuvent porter jusqu’à dix fois leur poids, et je me suis demandé combien de chagrin un homme pouvait porter avant de tomber. »

Ce film m’a bouleversée. Rien que d’y penser, j’ai les larmes aux yeux, tellement j’avais envie de pouvoir entrer dans l’écran pour essayer de changer le destin de Katie.

Ce premier long-métrage de Wayne Roberts, présenté à Sundance et à Deauville, met en lumière le talent fou d’Olivia Cooke. On y (re)découvre aussi un Christopher Abbott méconnaissable si vous êtes habitué·es à le voir dans Girls.

Il sortira ce 18 avril 2018, et je ne peux que vous recommander de foncer au cinéma !

Pleine de bonté et de candeur, Katie m’a donné envie de soulever des montagnes. Regarder son histoire m’a tordue sur mon siège à plusieurs reprises.

Elle m’a fait pleurer et m’a cloué le cœur… avant de le reprendre et de le recoller.

Katie Says Goodbye et sa protagoniste lumineuse

Katie est un personnage plein de naïveté et de candeur. Même si on pourrait croire que son quotidien minable au milieu d’une petite ville du fin fond des États-Unis rural pourrait lui enlever sa joie de vivre, c’est totalement le contraire.

C’est un personnage lumineux.

Pleine de grâce et d’envie de vivre, Katie rêve de San Francisco, d’un ailleurs dans une grande ville. Peut-être d’un endroit où elle pourrait se reconstruire une vie, de rues où elle serait anonyme et de visages nouveaux à découvrir.

Elle économise pour ce rêve depuis longtemps. En travaillant dans un road-side perdu en tant que serveuse, mais aussi en se prostituant auprès des habitués, camionneurs et hommes de la bourgade dans laquelle elle vit.

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Pour elle, c’est un moyen comme un autre de gagner sa vie, de faire des économies, de payer son loyer et son quotidien, ainsi que celui d’une mère alcoolique et sans emploi.

Le début du film est fabuleux, parce qu’on y voit Katie dans toute la splendeur de son innocence. Elle compte chaque centime pour économiser son futur voyage, mais ne semble pas lassée par la beauté de son quotidien.

Au contraire, la caméra l’accompagne et nous fait voir toute la beauté de son environnement. Les fossettes qui se creusent sur ses joues lorsqu’elle sourit me donnait aussi le sourire.

Elle va au travail en marchant sur le bord de la route, s’émerveille de la nature, d’un train qui passe à côté d’elle. Elle m’a donné l’impression de voir du beau et du positif partout où elle passe.

Partout où la caméra se pose, l’image émerveille. Ce film est d’une beauté fabuleuse.

Katie Says Goodbye, le drame qui retourne les tripes

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Puis, un jour, elle rencontre Bruno, le nouveau mécanicien, fraîchement débarqué en ville. Malgré son air bourru, elle tombe éperdument amoureuse de lui, au premier regard.

De l’extérieur, j’avais envie de lui envoyer des signaux d’alerte dès leur premier date…

Bruno est l’équivalent humain d’un ours, voir d’un grizzly. Il a l’air d’avoir la barbe douce, mais je n’irai pas lui serrer la patte.

Son air renfrogné et ses réponses aux questions de Katie par des onomatopées ne donnent pas spécialement envie de connaître l’animal.

Moi, sur mon siège, cette histoire ne me dit rien qui vaille. Je sens le drame venir comme un violent orage.

Toujours sur un fond de toile lumineux et resplendissant, le monde de Katie commence à craqueler et s’effondrer petit à petit.

C’est là qu’en moi se réveille un instinct animal. J’ai l’estomac qui se noue pour le reste du film en attendant que ça passe, que le drame finisse. Mais ça ne finit jamais.

L’éducation au consentement n’a clairement pas atteint les frontières de la petite bourgade. Et le statut de prostituée de Katie finit par lui revenir dans la gueule avec une telle violence que je m’accrochais à mon siège devant tant d’injustice.

J’avais envie d’être un personnage du film, d’arriver dans l’intrigue, de casser des gueules, de hurler, de la défendre… Bref, de faire tout ce qu’elle ne fait pas pour elle-même.

J’ai attendu, attendu, attendu qu’elle se rebelle, qu’elle décide que s’en était trop pour elle. C’est là que j’ai pensé à Véronique Olmi.

À quel moment ça va s’arrêter ? À quel moment elle va craquer ? Va-t-elle craquer ?

Katie Says Goodbye, un film marquant

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Mais Katie n’est pas moi. Et pourtant, je suis plutôt de nature empathique et serviable, mais elle encaisse bien au-delà de tout ce que je pourrais supporter.

Je suis sortie de ce film complètement bouleversée. Malgré tout ce drame, malgré toute la dureté de cette tranche de vie que la caméra m’a foutue dans la gueule, j’ai envie que tout le monde aille le voir.

Il m’a mis tellement en empathie avec ce personnage, qui a des rêves plus grands qu’elle et qui se bat pour les réaliser.

Même si je sais que cette histoire n’est pas réelle, j’ai pensé à toutes les meufs perdues, qui n’ont qu’un seul rêve : se casser de leur bled pourri et échapper au cercle infernal que leur lieu de naissance leur impose.

Ça m’arrive rarement de sortir d’un cinéma en ayant autant la rage de vivre.

Allez voir Katie Says Goodbye ce 18 avril 2018, ça en vaut vraiment la peine. C’est une splendeur visuelle et Katie est si attachante qu’elle restera gravé en vous quelque temps.

En tout cas, elle m’a pris aux tripes et je ne risque pas de l’oublier de sitôt.

À lire aussi : Le consentement sexuel expliqué par une tasse de thé


Et si le film que vous alliez voir ce soir était une bouse ? Chaque semaine, Kalindi Ramphul vous offre son avis sur LE film à voir (ou pas) dans l’émission Le seul avis qui compte.

Les Commentaires

3
Avatar de Shiiniiy
26 avril 2018 à 13h04
Shiiniiy
Le film ne passe que dans 1 cinéma à Paris, au MK2 Beaubourg :O
0
Voir les 3 commentaires

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