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Poussez Madmoizelle

« Je ne voulais pas de péridurale, et j’ai pu faire sans » : Nolwenn raconte son accouchement

Ah, l’accouchement. Ce moment si spécial, flippant et transformateur. Parfois rêve, parfois cauchemar, souvent un peu des deux, donner la vie reste en tout cas une expérience que l’on n’est pas près d’oublier. Chaque semaine, dans Poussez Madmoizelle, une personne raconte son accouchement.

Prénom : Nolwenn

Âge : 30 ans

Bébé attendu le : 21 décembre

Bébé arrivé le : le 7 décembre

Heure d’arrivée à l’hôpital : dimanche, 18 heures

Heure d’accouchement :  mardi, 12h38

Stats : 3,4 kg pour 50 cm

Je suis tombée enceinte de ma deuxième fille en mars 2021, quand ma première avant 4 ans. Mon premier accouchement avait duré deux heures, et j’avais adoré ce moment. Mon projet pour le deuxième était donc de refaire la même chose… sans péridurale cette fois-ci !

Mais si j’adore l’idée de porter mon enfant, j’ai vécu deux grossesses très désagréables. Je faisais des malaises dès que j’étais debout ou assise, et je vomissais du début à la fin. Comme pendant ma première grossesse, j’ai appris durant la seconde que je faisais du diabète gestationnel que l’insuline ne permettrait pas de stabiliser.

Dans mon cas, un déclenchement artificiel de l’accouchement était nécessaire : la date a été fixée au 7 décembre, deux semaines avant mon terme prévu. On entend toujours qu’un accouchement déclenché est très long, et qu’on ne peut pas le faire sans péridurale. Mais dans mon cas, les choses se sont passées autrement !

Le long déclenchement de l’accouchement

Si je ne redoutais pas l’accouchement au départ, le déclenchement artificiel m’inquiétait. J’avais peur que le travail soit plus long, et l’envie de donner naissance sans péridurale me semblait compromise… J’étais assez frustrée, et prévoyais déjà un accouchement difficile.

Je suis entrée à l’hôpital le dimanche soir à 18 heures, comme prévu, pour qu’on me pose un ballonnet servant à ouvrir le col de l’utérus. Il a explosé, ce qui n’a servi à rien, et on ne m’en a pas posé d’autre.

Le lundi matin, pose d’un tampon de prostaglandines (des hormones) pour déclencher des contractions et provoquer le travail. La technique a fonctionné en partie puisque j’ai eu des contractions mais elles n’étaient pas assez douloureuses, et je sentais bien que ce n’était pas du vrai travail. Malgré mes efforts de marche pour déclencher l’accouchement, rien à faire : les contractions se sont arrêtées dans la nuit et mon col de l’utérus ne s’était pas ouvert d’un pouce.

Je commençais à désespérer et, convaincue que le déclenchement était une mauvaise idée, j’y voyais un signe à rentrer chez moi. Mais je me suis fait violence et je suis restée.

Un travail qui commence le mardi matin

Le mardi matin à 9 heures, on me pose un gel contenant des hormones sur le col de l’utérus. Là, j’ai une douleur très forte au niveau du col pendant 20 minutes, comme une pression intense. Commencent ensuite des contractions plutôt douloureuses, mais que je gère. Je me dis qu’au moins, mon col de l’utérus doit commencer à s’ouvrir.

Sauf qu’au bout de deux heures de monitoring, mon col ne s’est ouvert que d’un demi centimètre. J’apprends que je suis à un doigt large, soit très loin du début de mon accouchement, et c’est la douche froide. Je me dis que ça ne marchera jamais, et que si le travail ne se déclenche pas, je rentrerai chez moi et reviendrai quand il se sera mis en route naturellement.

On me revoie dans ma chambre, il est 11 heures. Toujours des contractions, qui font tout de même assez mal pour m’empêcher de parler. Je ne comprends pas que j’aie aussi mal avec un col à peine ouvert alors que pour ma première, j’avais supporté les contractions jusqu’à 7 centimètres de dilatation plutôt sereinement.

D’un coup, tout s’accélère

11h50 : d’un coup, les contractions deviennent insupportables. Pourtant, je reste persuadée que mon col est resté à un doigt large de dilatation. Je n’appelle personne, je tourne comme un lion en cage et cherche à me suspendre quelque part car je ne supporte pas d’avoir des appuis au sol, ça me fait trop mal. C’est encore pire si je m’assois ou m’allonge.

12h20 : je hurle de douleur, gère de moins en moins et reste persuadée que mon col ne s’ouvre pas. Je n’ai plus de contractions par vagues, juste une douleur constante. Je me réfugie sur les toilettes, seul moyen pour ne plus avoir les pieds sur le sol. Mon compagnon comprend qu’il se passe quelque chose et appelle une sage-femme. Quand elle arrive, elle me masse le dos et je parviens à retrouver un peu mes esprits et à me mettre sur le côté sur le lit. Mon col est ouvert de 2 centimètres. J’ai gagné un centimètre, mais pour moi c’est très peu comparé à la souffrance que je ressens. Je me dis que mon accouchement ne se passe pas très bien, j’ai peur pour la suite.

La sage-femme s’en va chercher un fauteuil. Elle veut m’emmener en salle de naissance pour poser la péridurale, et à ce moment-là, j’ai très envie de l’accepter. Pourtant, je sens que quelque chose se passe, et je dis à mon compagnon à mes côtés que je ne vais pas l’avoir.

Je sens que ça pousse au niveau du col, je suis proche du malaise et j’ai très soif. La sage femme arrive avec son fauteuil, elle me dit qu’elle a senti que j’ai fissuré la poche des eaux, d’où la sensation de poussée, et que les choses peuvent aller vite maintenant.

Incapable de remettre mon pantalon et ma culotte ou de m’asseoir, c’est en appui sur mes poings avec le drap de mon lit pour me couvrir que je ferai la route sur le fauteuil jusqu’à la salle de naissance. Bizarrement, je n’ai plus aucune douleur pendant ce trajet très court mais la sensation de poussée est toujours là. Nous arrivons une ou deux minutes après dans la salle de naissance. Je sens qu’une contraction arrive, et je me jette rapidement sur le lit avant qu’elle ne soit trop forte en me mettant sur le côté. Il m’est impossible de me mettre sur le dos.

Une sage-femme arrive et m’ausculte, puis elle m’apprends que mon col de l’utérus est à 8 centimètres d’ouverture. Il est 12h30.

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Photo : Jimmy Conover / Unsplash

Huit minutes plus tard, le bébé est là !

Je suis donc passée de 2 doigts de dilatation à 8 en l’espace de 10 minutes, et je comprends mieux les douleurs que je viens de vivre. Il n’est plus question de péridurale : c’est trop tard.

Heureuse de l’accélération des choses, j’ai en même temps très peur car je ne m’attendais pas à ce que mon col s’ouvre aussi rapidement, et je ne sais pas si je vais savoir gérer la douleur de la poussée. D’ailleurs, j’ai toujours très mal et je n’arrive pas à me calmer.

Un sage-femme arrive en renfort. Il trouve les mots pour m’aider à reprendre mes esprits, pendant que la seconde sage-femme se prépare et que l’infirmière pose mon cathéter.

La sage femme me dit que quand je veux pousser, je pousse. Je suis toujours sur le côté, l’autre sage-femme place mes jambes dans position appropriée, mes mains sur le haut du lit et mes pieds sur lui.

Je n’ose pas pousser à fond car j’ai peur de la douleur au moment du passage de la tête. Je sens aussi que mon bébé n’est pas encore assez bas, et je le dis. Le sage-femme prend alors mes genoux, qu’il rapproche en écartant mes pieds. Et en effet, je sens le bébé descendre comme dans un toboggan, et en une seconde, je sens la tête prête à sortir.

Je me fais une raison et pousse. De toute façon, douleur ou non, il faut bien qu’elle sorte ! En poussant, je réalise que je ne ressens plus du tout les douleurs des contractions. La tête passe et dans mon cas, ça n’a pas été tellement douloureux. Très vite, les épaules et le reste sortent. Il est 12h38.

« L’expulsion a duré trois minutes »

Après trois heures trente de contractions, dont 50 minutes où j’ai vraiment eu mal, l’expulsion a duré trois minutes sans problème particulier, ni déchirure ni épisiotomie. J’ai adoré que ce soit non guidé, on ne m’a pas dit quand pousser ou non et c’était génial. Je rêvais de le faire sans péridurale, et c’est ce qui s’est passé ! Avec, en prime, une bonne surprise : les douleurs ont cessé pendant l’expulsion. J’ai tout senti, sans avoir mal, et c’était un moment magique.

Après cela, il m’a fallu plusieurs heures pour atterrir. J’étais sur mon petit nuage, et je me sentais heureuse, puissante et intouchable. Je suis redescendue de mon nuage petit à petit (ça a mis 36 heures). Ma grande fille est venue rencontrer sa petite sœur le jour même, elle était ravie et émue. Je n’étais pas fatiguée de mon accouchement. Par contre, il a été si rapide et intense que je me suis refait le film pendant plusieurs jours dans ma tête ! Si c’était à refaire je voudrais exactement la même chose.

Crédits photo : Pixabay

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À lire aussi : « L’épisiotomie était l’une de mes grandes peurs, mais au final, quand elle a eu lieu, je n’ai rien senti » : Mélanie raconte son accouchement

Crédit photo :  Büşranur Aydın / Pexels

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Les Commentaires

5
Avatar de Lizni
24 janvier 2022 à 15h01
Lizni
J'avoue que cette "position appropriée" me fait m'interroger aussi. J'ai pu essayer (oui car moi mon déclenchement à durée 12h avec différentes méthodes pour que mon col passe de 1 à 1,5 ...) d'accoucher debout, assise ou autre, je ne pouvais pas beaucoup bouger car bébé en souffrance (donc monitoring), mais la sage femme mettait le lit comme je lui demandais (debout du coup).
Pour le déclenchement la madz a vécue ce que je voulais pas vivre , je n'imagine pas la souffrance de passer à 1 à 8 en 10 min ... moi ca n'a pas marché, j'ai fini en césarienne.
@Lilmivaness moi aussi ils n'ont jamais regardé mon ouverture du col, je n'ai eu même aucun toucher vaginal, sauf au 8ème mois pour vérifier qu'il n'était pas ouvert pour éviter les infections (avec mon accord). J'ai été déclenchée avec le tampon, ils ont vu que je n'avais pas de contraction, ensuite j'ai eu un produit dans l'intraveineuse, et c'est seulement au bout de 3h qu'elle a regardée mais ne m'a rien dit, juste non pas encore. Au changement de garde une autre sage femme a regardé sans rien me dire et je lui ai demandé car j'étais épuisée et stressée (le coeur du bébé faisait du yoyo). Il s'agit d'un hôpital public et je m'étais renseignée ils respectent relativement bien le choix des patientes et les "nouvelles" directives sur les examens invasifs.
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