femme aux cheveux afro
Témoignages

J’ai appris à aimer mon afro pour montrer l’exemple à ma petite soeur

21 juil 2021 5

Dans un monde aux critères de beauté eurocentrés, aimer ses cheveux crépus, quand on est une femme noire, peut relever d’un long parcours. Cette lectrice nous a raconté le sien.

J’ai 24 ans, et des cheveux crépus de type 4C que je porte dans leur texture naturelle : sans défrisage, en afro.

Si aujourd’hui je suis très tranquille par rapport à cette situation, accepter mes cheveux et oser les montrer quotidiennement au naturel a été un grand combat… que j’ai mené à la fois pour moi, et pour ma petite sœur, qui a aujourd’hui 7 ans.

Des discriminations dès l’école

Enfant, je me suis vite perçue comme un peu différente de la plupart de mes camarades de classe. Je remarquais en particulier que j’étais marron alors qu’ils étaient beiges, et que mes cheveux étaient crépus et coiffés très différemment des leurs.

Ces différences, mes camarades n’hésitaient pas à les pointer du doigt. La question de la couleur de peau a cependant été rapidement expédiée quand les maîtres et maîtresses ont fini par nous expliquer que le racisme résidait dans le mépris des gens par rapport à leur couleur de peau, que c’était mal et même punissable.

Personne ne voulait faire ce mal, et surtout, personne ne voulait être puni. Ont cependant persisté des moqueries et du rejet coloriste, avec des enfants dont on disait qu’ils étaient « noirs carbonisés », et texturiste, avec des petites filles noires dont on disait qu’elles avaient des « touffes sur la tête ». Si tôt, on les classifiait déjà comme non désirables.

C’est ainsi que j’ai subi mon premier râteau autour de 8 ans, avec comme motif : « Je préfère les filles avec des cheveux de princesse ». Je me souviens avoir été triste de l’entendre, mais ne pas avoir été surprise. 

J’avais déjà bien intégré que ma chevelure constituait une tare sociale, et que si on devait me trouver belle, ce serait « malgré » elle.

Le rare savoir du soin des cheveux crépus

Toute mon enfance et une partie de mon adolescence, l’entretien de mes cheveux a été exécuté par ma mère et une de mes tantes. Toutes les deux noires, elles ont aussi les cheveux naturellement crépus.

Pourtant, aucune d’elles ne connaissait les gestes nécessaires à l’entretien de nos cheveux. Elles exécutaient des coiffures longues et recherchées, mais leur maîtrise technique se limitait aux considérations esthétiques.

Elles ne savaient pas comment assurer l’hydratation des cheveux, les peigner, ou même les démêler. Alors, tout se faisait dans la douleur. Une douleur malheureusement banalisée : me voir pleurer des heures pendant qu’on me coiffait n’émouvait personne, ni en famille, ni au salon de coiffure.

Aujourd’hui, je sais d’expérience qu’il est possible de prendre soin de ses cheveux crépus sans souffrir le martyr.

Quand je pense à la souffrance physique que j’ai enduré, je me demande donc : comment se fait-il que ces techniques de soin et d’entretien n’aient pas été connues à l’époque ? Ni des membres de ma famille, ni de nos proches, ou même de notre coiffeur ?

Ils ont pourtant tous grandis dans des sociétés à majorité noire, là où nos spécificités devraient être connues et comprises.

Un mépris pour les cheveux crépus au naturel

Quand j’ai posé la question à ma mère, elle m’a simplement répondue que le soin du cheveux crépus était un savoir perdu, qu’il était resté au village. Selon elle, les femmes de la ville, les plus distingués, se défrisaient les cheveux pour qu’ils soient lisses, et n’avaient donc pas grand intérêt à s’intéresser aux cheveux crépus.

Sa réponse m’a fait ressentir le mépris associé au « village » et aux « crépus », des termes qu’elle semblait à deux doigts d’opposer à la « civilisation ».

Malheureusement, ce mépris —  voire cette honte —  pour nos caractéristiques est un sentiment avec lequel j’ai grandi. Je constate même qu’il est est assez répandu : quand j’écoute les anecdotes de femmes afro-américaines, caribéennes ou originaires de pays africains différent de celui où mes parents ont grandi, je retrouve mon expérience en elles. Parfois, jusqu’à la marque des produits utilisés !

Les défrisages et leur brûlure

Sur la question de mes cheveux, j’étais prise entre les moqueries de mes camarades de classe, la honte que portait ma famille, et l’invisibilité médiatique des cheveux crépus.

Ma mère m’a raconté que je pleurais souvent après l’école, en lui demandant pourquoi je n’avais pas de beaux cheveux comme mes meilleures amies. Je ne me souviens plus de ces moments, mais je me souviens de la solution qu’elle m’a proposé : me défriser les cheveux, pour devenir « belle » aussi.

Je suis donc entrée dans l’adolescence avec les cheveux défrisés. À l’époque, il s’agissait encore d’un traitement très agressif.

On appliquait sur les cheveux un produit qui changeait leur texture, pour les rendre définitivement plus raides. Cela faisait rapidement naître une sensation de picotements voire de brûlure.

« Autour de moi, on affirmait que c’était “normal” »

Plus on le laissait longtemps, plus il brûlait et plus les cheveux étaient lissés. Pour un résultat optimal, les coiffeurs ignoraient donc volontiers les « Ça brule !  » s’ils estimaient qu’une raideur suffisante n’était pas encore atteinte.

Il n’était pas rare que des personnes aient le cuir chevelu brûlé dans l’expérience… C’est une mésaventure que j’ai vécue. Ça, des pertes de cheveux telles qu’on voyait mon crâne, sans oublier des cheveux tellement cassants que malgré leur pousse, leur longueur stagnait.

Ces effets indésirables étaient assez connus, mais autour de moi, on affirmait que c’était « normal ».

En finir avec la course à l’acceptabilité

J’ai mis longtemps à m’autoriser de penser à arrêter ces défrisages à répétition. Quand j’ai commencé à en parler autour de moi, l’idée faisait s’indigner (« Pourquoi une jeune femme gâcherait sa beauté comme ça ?! ») ou ricaner (« Les cheveux crépus sont tellement ingérables, tu verras bien quand tu les auras en face de toi! »).

Qu’il s’agisse de mes quelques camarades de classe noires, de ma famille ou des médias, tout me donnait l’impression que des cheveux aussi crépus que les miens à l’air libre n’étaient pas censés exister.

Ils étaient considérés comme négligés, masculinisants, et je voyais bien qu’il s’agissait d’un prétexte efficace de stigmatisation. Moi, j’étais coincée entre le besoin d’acceptabilité sociale, et l’envie de vivre plus confortablement.

Puis mon féminisme s’est développé… et j’ai commencé à me fatiguer dans cette course à l’acceptabilité et la désirabilité.

J’ai réalisé que je ne serai jamais épanouie si je m’obstinais à vouloir émuler la notion de beauté telle qu’elle m’avait été inculquée. C’est trop de travail, et j’avais l’impression que ça ne faisait que me pousser à détester mon corps davantage !

J’ai décidé de tout couper

J’ai donc décidé de couper tous mes cheveux. Pour moi, ce geste signifiais que je décidais de renoncer à la beauté, et à la féminité aussi. Un changement dramatique, que mes proches ont accueilli comme tel.

Avant de me lancer, j’ai cherché des vidéos d’autres femmes noires qui se raseraient la tête, se débarrassaient de leurs cheveux défrisés. C’est là que j’ai découvert le terme « big chop » et le mouvement « Nappy », qui montre la possibilité de retour aux cheveux naturels.

J’étais véritablement choquée d’apprendre qu’il y avait non seulement plein de femmes qui se rasaient volontairement la tête, mais que d’autres laissaient pousser ces cheveux qui ressemblaient au miens, et arrivaient à vivre paisiblement avec !

Internet pour faire communauté

Mon rapport à mes cheveux a toujours été très lié à la notion de communauté. Leur entretien a d’abord été une affaire de famille, dominée par les normes esthétiques et de soin des diaspora d’Afrique centrale. Puis, il s’est inscrit dans le cadre d’un mouvement international et d’une communauté numérique.

De clic en clic j’en apprenais davantage sur mes propres cheveux. La plupart des conseils et informations s’opposaient complètement à ce qu’on m’avait toujours appris, et chaque vidéo me faisait passer par une palette large d’émotions. J’étais souvent interloquée.

 «  Comment ça c’est un mensonge que les cheveux crépus ne peuvent pas pousser à l’air libre ??? C’est aussi vrai pour les miens ?! » (spoiler alert : oui) ; « La plupart des coiffeurs ne sont pas formés aux soins des cheveux crépus ?!  » (ça explique tellement de choses…) ; « L’EAU n’est pas nocive pour les cheveux ?! » (non, c’est le lissage que nos coiffeurs protégeaient en nous interdisant de nous en approcher )…

La communauté des cheveux naturels n’est cependant pas parfaite, et même au sein de celle-ci, j’ai compris qu’il était difficile de se défaire du mépris des cheveux crépus qu’on nous avait inculqué.

Rapidement, j’ai appris l’existence du mot « texturisme » pour désigner cette hiérarchisation des types de cheveux, où l’on valorise les grosses boucles au détriment des cheveux les plus crépus.

Malgré cela, j’ai su trouver des influenceuses aux cheveux dits 4C, dont le contenu m’a permis non seulement d’apprendre à me coiffer (tout simplement), mais aussi d’être régulièrement exposée à une représentation positive de ces cheveux, chose qui me manquait cruellement jusqu’ici et qui a fini par déteindre sur moi.

Le jour où j’ai décidé de passer au naturel

J’avais choisi l’obtention de mon bac comme marqueur symbolique de mon émancipation. Après avoir eu mes résultats, je suis donc assez rapidement allée chez le seul coiffeur que je connaissais, pour qu’il me débarrasse de mes longueurs défrisées.

C’était un moment assez violent. Il était en colère, et affirmait que dans deux mois, je reviendrai en suppliant qu’il me défrise de nouveau. J’ai du m’armer de tout le courage que j’avais amassé en ligne pour faire face à ses mots durs et à la brutalité de ces gestes.

Ca ne m’a pas empêchée de pleurer dans la rue plus tard, parce que c’était beaucoup pour mon petit cœur, et de me sentir soulagé et fière, pare que le défrisage était derrière moi. J’avais su ne pas céder à la honte qu’on voulait me faire ressentir.

Les moqueries face au Nappy

Quand je suis revenue avec les cheveux cours et crépus lors de ma remise des diplômes du bac, j’ai fait face à de multiples moqueries, notamment de la part de femmes noires. D’autres ne comprenaient pas mon choix.

Dans ma famille, on a commencé à m’appeler « Kunta Kinte ». Je me suis retrouvée à devoir défendre mes choix, au point que j’en suis devenue militante malgré moi. J’ai réalisé que même s’il s’agissait de mes cheveux à moi, ils auraient toujours un sens plus profond pour les autres afro-descendants. Aucune paire ciseaux ne pourra les délier de nos communautés.

La fatigue des sollicitations constantes

Je n’étais pas vraiment prête pour ça, en particulier lorsque mes cheveux ont commencé à être longs, et que mon afro est devenu plus imposant.

D’un seul coup, je me suis retrouvée à être interpellée et moquée dans la rue, à voir des inconnus se manifester constamment pour me donner leur opinion, à devoir faire un exposé sur l’intersection du féminisme et du racisme à n’importe quelle heure de la journée et dans n’importe quel contexte (retirer un colis à la Poste, assise dans un RER, en allant acheter des chips)…

Je m’attendais au mépris, mais je ne pensais pas être sans cesse mobilisée de la sorte. J’étais juste fatiguée, très fatiguée.

Alors j’ai décidé de raser mes cheveux et de mettre des perruques. Cela ressemblait à un bon compromis : je n’avais plus à subir de défrisage, tout en étant perçue comme une fille soignée et « normale ».

« Devant mes cheveux longs et lisses, les gens étaient plus aimables »

 J’avais le confort des cheveux courts à la maison, et à l’extérieur, quand j’avais mes longs cheveux lisses, les personnes étaient plus aimables. On ne se moquait pas de moi, on ne me demandait pas de justifier quoique ce soit à tout moment.

Les adultes plus âgés de ma famille ont également arrêté de me faire des remarques malveillantes. J’ai goûté un peu à la paix, à l’acceptation, et même au succès avec les garçons ! J’ai donc pris l’habitude de ne rendre visible mes cheveux crépus courts que dans le confort de mon petit logement étudiant.

Un jour, après un long moment sans sortir, je réalise que ma perruque, mal entreposée, s’est beaucoup emmêlée. Préférant sortir avec mes cheveux naturels plutôt qu’une perruque en mauvais état, je rends visite à ma famille cheveux au vent.

La réaction de ma petite soeur

Quand j’arrive devant la demeure familiale, c’est ma petite sœur, de 3 ans à l’époque, qui m’ouvre. Elle me demande immédiatement « Où sont tes jolis cheveux de princesse ? ».

Je lui réponds que ces cheveux sont une perruque, et que je ne peux pas la porter aujourd’hui. Elle réagit en me disant « Reviens quand tu auras des cheveux de princesse », avant de fermer la porte devant moi. C’est ma mère qui reviendra m’ouvrir après avoir vu la scène.

J’en ai ri sur le moment, tout en étant choquée. J’entendais ma sœur se plaindre de ma coiffure, dire qu’elle préférerait me revoir avec mes jolis cheveux lisses. C’est à ce moment que je me suis souvenue un peu brutalement que mon rapport à mes cheveux n’était pas juste quelque chose entre moi et moi.

Il voulait aussi dire quelque chose pour les autres, et surtout, pour ma petite sœur.

L’envie d’être un exemple pour ma petite soeur

Après cette soirée, j’ai beaucoup cogité. J’ai repensé à mon rapport à mes cheveux, à la frustration et à la honte que j’avais pu ressentir à leur encontre en grandissant, et j’ai senti mon cœur se retourner à l’idée que ma sœur puisse ressentir la même chose un jour.

Toutes ces années à essayer de reconstruire un rapport un minimum sain avec l’apparence de mes cheveux, toutes ces années de complexe, les défrisages mal supportés, la beauté qui fait mal et qui brule le cuir chevelu…

 Ce jour là, j’ai décidé que j’allais porter mes ovaires et assumer pleinement mes cheveux crépus, en toutes circonstances.

J’ai décidé que tous ceux qui me croiseraient seraient témoin de l’amour qu’on peut porter aux cheveux crépus. Et j’ai espéré que cela déteindrait sur ma sœur, tout comme les contenus des influenceuses nappy avaient pu déteindre sur moi.

Que si je le faisais maintenant, elle ne passerait pas quinze ans de sa vie à oser ne serait-ce que montrer sa texture de cheveux naturelle, sans se sentir honteuse. Qu’elle ne rentre pas de l’école en pleurant. Qu’elle ne grandisse pas comme nous, en somme.

Mon retour aux cheveux naturels

Alors, j’ai de nouveau subi de l’attention non désirée, voire des insultes. L’épicier de mon quartier me comparait tous les jours à un membre des Black Panther (ce qui en soit est stylé, mais je veux juste des chips) et quelques exposés ont de nouveau dus être faits. Mais progressivement, les choses ont changé.

Je suis retournée près de mon lycée, et j’ai revu les camarades qui se moquaient de moi à la remise des diplômes… avec des cheveux crépus courts !

« En vrai le défrisage m’abimait trop les cheveux donc je tente ! ».

En me promenant dans la rue, j’ai aussi commencé à voir de plus en plus de jeunes femmes portant des afro, des afro puffs… C’est probablement une des raisons pour lesquelles je suis moins sollicitée. Alors qu’il y a plusieurs années j’étais contrainte d’aller sur les réseaux sociaux pour trouver des femmes qui entretiennent leurs cheveux crépus dans leur état naturel, cette situation se démocratise désormais de façon visible.

Ma petite sœur veut des cheveux de femme libre

L’an dernier, alors que j’existais de façon rebelle dans le salon de la maison familiale (lire : je mangeais des chips mais en portant un afro), trois ans après que ma sœur m’ait fermé la porte au nez parce que je n’avais pas de longs « cheveux de princesse », j’entends la porte de la salle de bain claquer.

Ma sœur vient de la fermer. Cette fois, c’est ma mère qui est derrière, et ma sœur déclare que je n’ai pas l’air de souffrir quand je me coiffe, moi. Elle veut la même chose que moi : « Des cheveux de femme libre ». Oui, ma petite sœur est une enfant assez dramatique, ça participe à rendre la vie familiale intéressante.

Elle a maintenant 7 ans, me regarde me coiffer et me demande régulièrement de lui prêter mes accessoires, en essayant de me copier. D’ailleurs, finalement, « Avec les cheveux qui poussent comme ça, ça fait un peu une couronne de princesse sur la tête ».

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Les Commentaires
5

Avatar de Esturgeon
22 juillet 2021 à 10h48
Esturgeon
C'est un très beau témoignage.
La violence de toutes ces remarques sérieusement. La personne qui témoigne est courageuse et je suis contente que les gens en fassent a priori moins.
Le passage sur les coiffeurs m'a fait penser à une scène de This is Us. Dedans, un couple blanc adopte un petit garçon noir. Ils vivent dans un quartier super blanc, et le seul espace où ils rencontrent des personnes noires, c'est à la piscine. Après un moment un peu tendu entre la mère du garçon et une mère noire à la piscine, la mère noire donne des adresses de coiffeur à la mère blanche pour que le fils de cette dernière soit coiffé par des gens qui connaissent les cheveux crépus. Elle lui montre que sa peau était irritée à cause de comment ses cheveux étaient coupés habituellement.
Ce témoignage me fait aussi penser à une femme que je connais, blanche, qui a eu une petite fille avec un homme noire. Leur fille a les cheveux crépus. Cette femme les lui lisse depuis qu'ils sont assez longs pour le faire, ça me scandalise. J'ai déjà entendu la petite dire qu'elle se trouvait moche parce qu'elle n'était pas blanche. Je pense que l'attitude de sa mère joue beaucoup dans cette perception.
Dans ce témoignage ce qui est d'autant plus poignant c'est que même les personnes qui ont elles-mêmes les cheveux crépus font des remarques désobligeantes à la personne qui témoigne. C'est vraiment chouette à la fin que ces personnes laissent leurs cheveux en liberté aussi.
Je n'ai pas les cheveux crépus mais ils frisent, j'ai aussi été moquée pour ça ado, et j'ai torturé mes cheveux avec des fers à lisser. La mode du cheveu naturel et les blogs et chaînes youtube sur les soins non agressifs du cheveu ont vraiment aidé à dépasser ça. Maintenant je sais vaguement les coiffer et on me dit qu'ils sont jolis, j'aurais pas imaginé ça à 13 ans.
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