6 films et séries qui se payent l’Amérique de Donald Trump


À l'aube du résultat des élections américaines 2020, le monde tout entier pense aux États-Unis. Tout comme ces réalisateurs et réalisatrices, qui se servent de leur caméra pour critiquer la république de Trump.

6 films et séries qui se payent l’Amérique de Donald Trump

Depuis l’élection de l’entrepreneur milliardaire Donald Trump à la tête des États-Unis en 2016, l’Amérique n’a jamais été aussi divisée.

Les fractures sociales et raciales se sont davantage fendues, créant des inégalités telles que le pays est qualifié par les médias européens de « malade ».

Raciste, homophobe et misogyne, son président menace par sa politique la démocratie même d’un pays qu’il prétend aimer. 

S’il compte une quantité très importante de partisans, notamment les dangereux Proud Boys, une organisation américaine néo-fasciste et misogyne, il compte également beaucoup de détracteurs, parmi lesquels le tout-Hollywood, dont les valeurs se situent souvent du côté gauche de l’échiquier politique.

Ainsi, à l’aube des résultats des élections américaines de 2020, qui ne devraient d’ailleurs pas tarder à tomber, les acteurs, les chanteurs, mais aussi les personnalités étrangères ainsi que l’ancien Président Barack Obama, après avoir incité l’Amérique toute entière à faire barrage contre Trump, croisent les doigts pour que le républicain disparaisse de la Maison-Blanche.

Si les musiciens parmi lesquels Ariana Grande, Lady Gaga, et Snoop Dogg ont montré, ces derniers jours, leur volonté à voir leur pays changer de président, ils ne sont pas les seuls à être vent debout contre la politique trumpiste.

Voilà cinq œuvres qui ont le régime à l’orange dans le viseur.

American Horror Story, une série de Ryan Murphy et Brad Falchuck

Ce programme anthologique pensé par Ryan Murphy, notamment connu pour son militantisme auprès de la communauté LGBTQ+, a façonné, pour la saison 7 de son programme phare, une satire brillamment exécutée d’une Amérique effrayante et effrayée.

Dans cette saison, exit les codes de la série policée, bonjour le récit incisif qui n’épargne personne. Le programme questionne le régime du milliardaire mégalo à travers les yeux d’Ally, son personnage principal. 

Ally est une démocrate lesbienne mariée à une jeune femme prénommée Ivy (Allison Pill). Ensemble, elles ont un petit garçon adorable, qui voue une passion sans bornes aux comics dont les héros sont des clowns.

Le problème ? Ally est coulrophobe (elle a la phobie des clowns, si si).

Et ça n’est d’ailleurs pas la sa seule phobie.

La jeune mère a aussi peur des trous, du sang, et surtout, SURTOUT des Républicains.

Avec son humour sadique et son goût habituel pour l’acide, Ryan Murphy met tout son talent au service de son pamphlet anti-Trump.

Years and Years, une série de Russell T. Davies

La famille Lyons mène son petit train de vie à Manchester, entre boulots, crises d’adolescence et relations amoureuses. Mais le Brexit survient et le pays sombre dans un enfer politique et social.

Vivienne Rook, une célébrité rebelle devenue une femme politique majeure, divise l’opinion par ses prises de position très controversées. Son arrivée au pouvoir va bouleverser le pays et bien au-delà…

La série se déroule sur quinze ans et analyse les réactions de plusieurs générations au sein même de la famille Lyons.

Quel rapport avec l’Amérique, vous vous demandez ?

Years and Years couvre en réalité l’actualité dystopique d’une partie du monde et l’Amérique y est bien sûr plus que mentionnée.

Au fur et à mesure que la série avance, les États-Unis brûlent de plus en plus sous la violence du régime trumpiste.

D’ailleurs son créateur, Russell T. Davies, a expliqué en mai 2019 à nos confrères d’Allociné :

« C’est son élection (de Trump, ndlr) qui m’a donné envie d’écrire la série au départ et au fur et à mesure des mois, j’ai pu constater que la situation (réelle, ndlr) devenait de plus en plus hors de contrôle. Ce qui nous a d’ailleurs forcé à écrire très vite, et je voyais des choses que j’avais écrites qui se réalisaient dans la réalité. Tout évolue à une vitesse spectaculaire actuellement. »

Et de continuer :

« Je pense que Donald Trump pourrait obtenir un second mandat à la présidence des États-Unis. Au moment où j’écrivais la série il y a quelques mois, les gens autour de moi me disaient « Mais non, il y a trop d’affaires, il va tomber avant la fin de son mandat…« . Et je leur répondais que pour moi il allait survivre à tout, et qu’il allait se représenter… »

On peut dire qu’il a eu le nez creux, Russell T. Davies.

Car souvent entre fiction et réalité il n’y a qu’un pas…

Monrovia Indiana, un film de Frederick Wiseman

Il est facile et de bon ton de critiquer ceux qui ont voté Trump.

Mais qui sont-ils ? Hormis les suprémacistes blancs et autres néo-fascistes ou membres de la NRA, qui sont les gens qui ont porté le président américain au pouvoir ?

Frederick Wiseman, documentariste amoureux de l’Amérique qui a notamment réalisé le superbe In Jackson Heights ainsi que Ex Libris: The New York Public Library, pose son regard sur ceux que personne ne regarde jamais : les habitants de Monrovia.

Monrovia est une ville rurale du Midwest américain qui ne compte que 1400 habitants, dont 76% ont voté pour Trump en 2016.

Une ville pas si violente ni excitée du bocal qu’on ne l’imagine, mais simplement un bourg agricole comme il en existe tant d’autres, où les gens travaillent la terre et vont à l’église le dimanche.

Patriarcale et religieuse, cette petite société craint pour la sécurité de sa communauté, dont elle imagine son président défenseur.

Monrovia Indiana apporte un peu de nuance à notre représentation souvent stéréotypée du trumpiste moyen.

Borat 2, un film de Jason Woliner

Quatorze ans après ses premières pérégrinations comme reporter kazakh catastrophique, Sacha Baron Cohen a réenfilé ses plus beaux costumes tape-à-l’œil pour un Borat 2 dont le contenu a bien déçu ses fans.

Borat 2 est un brûlot lourd, très lourd même, mais ça on s’y attendait.

Toutefois, Borat 2 a l’avantage trop rare d’être fort de café pour être exempt de cette sélection de films et séries.

Combien sont les œuvres à oser s’embarquer dans une critique, aussi vulgaire et de mauvais goût soit-elle, d’une république abêtifiée par son dirigeant suprême ?

Elles sont peu nombreuses, en réalité. 

Borat, admirateur des États-Unis, est à l’image d’une partie du pays qui le fascine : exubérant, outrancier, misogyne et raciste (sans s’en douter).

Il a de commun avec l’homme dont il entend se moquer — Trump — qu’il ose tout.

Car comme on dit, plus c’est gros plus ça passe…

À voir sur Amazon Prime Video.

Queen & Slim, un film de Melina Matsoukas

Sans frontalement pointer du doigt l’Amérique de Trump, la réalisatrice auréolée d’un beau succès critique pour son film Queen and Slim dessine les contours d’une Amérique malade au travers une cavale infiniment sensible.

Sorti deux mois et demi (en France) avant la mort de George Floyd, ce film porté par Daniel Kaluuya et Jodie Turner-Smith pointait déjà du doigt les violences policières à l’égard des noirs-américains.

Queen & Slim se déroule dans l’Ohio.

À la suite d’un rendez-vous amoureux, deux jeunes afroaméricains qui se rencontrent pour la première fois, sont arrêtés pour une infraction mineure au Code de la route.

La situation dégénère, de manière aussi soudaine que tragiquement banale, quand le jeune homme abat en position de légitime défense le policier blanc qui les a arrêtés.

Sur la route, ces deux fugitifs malgré eux vont apprendre à se découvrir l’un l’autre dans des circonstances si extrêmes et désespérées que va naître un amour plus puissant qu’ils n’en ont jamais connu.

L’histoire de ces amants fugitifs est plus que jamais (tristement) d’actualité…

The Florida Project, un film de Sean Baker

Déjà derrière le formidable et trop méconnu Tangerine, Sean Baker, sorte de conteur merveilleux, a posé en 2018 son regard sur les abandonnées du rêve américain. 

The Florida Project, c’est l’histoire de la petite Mooney qui, à 6 ans, a déjà un caractère bien trempé.

Quasiment livrée à elle-même dans un motel de la banlieue de Disney World, elle mène sa vie comme elle l’entend avec sa bande de copains tous plus insolents les uns que les autres.

Hally, sa (très) jeune mère, se préoccupe peu des agissements de Mooney, trop occupée à élaborer des plans illégaux pour payer son loyer.

Mais Hally n’a pas le choix.

Mère célibataire à peine sortie de l’adolescence, elle tente de joindre les deux bouts comme elle peut.

Hally est victime de l’Amérique socialement inégalitaire de Trump.

Le rêve américain s’arrête aux portes de son motel, frontière entre son monde d’en bas et celui des Américains d’en haut, qui s’offrent des journées de fast dans le temple du capitalisme quand elle se prostitue pendant que sa fille est dans son bain pour payer sa chambre.

Deux Amériques qui se font face mais ne correspondent ni ne se considèrent jamais.

Illustration parfaite d’un pays extrêmement divisé, où les inégalités ont rarement été aussi élevées, comme le souligne le magazine Les Échos, en 2019.

The Florida Project est une sinistre merveille à voir sur Canal+.

À lire aussi : 7 questions pour comprendre cette élection présidentielle américaine pas comme les autres

Kalindi Ramphul

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Commentaires

pliploup

Et surtout, The Good Fight! L'évolution du personnage principal tourne carrément autour du fait qu'elle travaille dans l'Amérique trumpiste.

Sinon pour Borat 2, à mentionner que la vedette, c'est pas Borat, mais sa fille,!
Et que si c'est toujours pas fin (on parle de Borat quoi), c'est super féministe :d
Ça appuie là où ça fait mal (tabou des règles, avortement, chirurgie plastique, patriarcat, metoo) et donc j'ai pas pu rire autant que j'aurais voulu (à cause de la petite voix dans ma tête qui me disait que c'était abusé et absurde, mais que c'était peut-être vraiment pris sur le fait).
Borat 2 ça a été la méga bonne surprise pour moi: j'aurais JAMAIS pensé dire ça.
 

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