Comment le dropshipping t’incite à acheter des arnaques

Dans sa dernière vidéo, Un Créatif teste le dropshipping pour répondre à une question que beaucoup d'internautes en galère de thunes se posent : cette méthode permet-elle vraiment de gagner de l'argent ?

Comment le dropshipping t’incite à acheter des arnaques

Qui n’a jamais rêvé de se faire des thunes facilement sur Internet ?

Depuis quelques années, une nouvelle pratique fleurit dans la vente en ligne : le dropshipping.

Popularisé par des influenceurs et influenceuses, le dropshipping attire dans ses filets de nombreux consommateurs à la recherche de bonnes affaires sur le Web.

C’est quoi le dropshipping ?

Le vidéaste Un Créatif qui décortique depuis 3 ans sur sa chaîne YouTube les biais du marketing et cumule aujourd’hui plus de 198 000 abonnés a publié une vidéo de 18 minutes analysant les ficelles de cette arnaque.

« Le dropshipping, c’est le fait de créer une boutique en ligne qui va vendre en réalité les produits d’une autre boutique en ligne qui était déjà existante et d’empocher une marge qui a été fixée entre les deux.

L’intérêt c’est de ne pas avoir de stock à gérer et de faire de l’argent rapidement sans en investir trop. »

Cette pratique n’est pas illégale, mais elle s’appuie souvent sur des flous juridiques et est particulièrement immorale lorsqu’elle joue sur des marges financières conséquentes.

On ne parle pas ici de marges de 10 ou 20%, mais d’objets cheap valant 1 ou 2$ et qui sont revendus plus de 60$ par exemple !

Comment créer sa boutique de dropshipping

Comme le démontre étape par étape Un Créatif dans sa vidéo, la méthode est simple, ne prend que quelques heures et demande quelques compétences en marketing.

La première étape consiste à aller chercher un produit à vendre, sur une plateforme type AliExpress. Il choisit une montre.

« Ça, ça coûte moins d’un dollar, c’est PARFAIT. Maintenant on va faire le branding, il faut en faire une vraie marque, une marque forte. Le défi, c’est de faire croire que ces montres de merde, ben c’est en fait des montres de luxe. »

Le nom Winterthour validé, il faut désormais le réserver en nom de domaine. Un Créatif réalise ensuite l’identité graphique de la marque, son logo et les premiers visuels publicitaires affichant un prix démesurément élevé.

De moins d’1$ sur AliExpress, il la déclare à 269€ sur sa pub, et y colle une réduction à 67€ pour en faire une « affaire en or ».

« Quand vous voyez qu’il y a un positionnement luxe au niveau de l’identité visuelle et qu’en même temps il y a des encarts promos, normalement ce sont deux principes qui s’opposent.

C’est le principe du luxe, c’est d’avoir une stratégie de prix haute, pas de faire des promos comme ça.

Donc en général quand vous voyez ça, ça veut dire : dropshipping. »

Le vidéaste continue en achetant un thème de site de vente en ligne et des images liées à l’univers de son produit. Sur le site, il installe un compte à rebours pour créer une impression d’urgence et de rareté, des principes bien connus dans la vente Web.

Puis il met en forme des publicités à diffuser sur des pages crées sur les réseaux sociaux pour l’occasion et qui redirigeront vers la plateforme d’achat.

À la fin du tunnel d’achat, il affiche un message de prévention contre le dropshipping, expliquant à l’internaute qu’en réalité, sa montre vaut moins d’un euro.

Comment les publicités de dropshipping sont ciblées

Sa vidéo est particulièrement instructive si tu veux comprendre comment fonctionnent les pubs que tu vois sur Facebook et Instagram.

Il explique comment cibler différentes audiences sur les plateformes. Il tente donc de toucher différents publics :

« Je vais cibler la FRONCE, 18 à 24 ans, les hommes et c’est là que ça devient intéressant : on va pouvoir cibler par comportement.

Je vais pouvoir dire : « montre la pub à des gens qui ont déjà l’habitude d’acheter sur Facebook et Instagram ». Ensuite on va pouvoir fonctionner par centres d’intérêt, on va mettre Montres, Shopping en ligne, Produits de luxe. »

Les influenceurs et le dropshipping

Son autre stratégie de diffusion repose sur les influenceurs.

Il contacte donc des microinfluenceurs (des influenceurs avec de très petites communautés et qui acceptent parfois de faire de la publicité gratuitement en échange d’un produit), avec succès pour l’un d’entre eux.

Deux jours plus tard, Un Créatif fait le bilan de son opération.

Ses publicités Facebook (jugées suspectes) ont été désactivées, un microinfluenceur a fait une story promouvant la montre, 1% des internautes ont cliqué sur les publicités et 48 personnes ont ajouté la montre dans leur panier.

Avec son investissement dans les diverses charges, le prix des produits et le nombre de commandes qui auraient pu être passées, il calcule qu’en moins de deux jours, il aurait pu lancer un business de dropshipping lui rapportant 2901€.

Le dropshipping rapporte-t-il vraiment de l’argent ?

De plus en plus de vidéastes donnent des conseils sur YouTube pour créer et développer un commerce de dropshipping.

S’appuyant sur une narration aguicheuse, promettant de gagner beaucoup d’argent très vite, ils cumulent des dizaines de milliers de vues… et de victimes.

Ces vidéos visent à pousser des offres de formations payantes pour créer sa boutique.

Mais en réalité, le business du dropshipping n’est pas si rentable. Une enquête du Monde met en lumière la réalité de cette méthode :

Des centaines de sites, pour certains montés par des personnes n’ayant aucune formation en commerce, sont en concurrence et vendent souvent les mêmes produits, à des tarifs similaires.

Surnager dans cet océan de sites est presque impossible pour un particulier.

Un Américain, Cody, a tenté l’expérience et s’est rapidement rendu compte que rien n’était simple :

« Après avoir lancé ma boutique, j’ai fait quelques ventes la première semaine, explique-t-il au MondeMais je n’avais pas assez de données pour faire de la publicité ciblée sur Facebook. »

Il investit pour promouvoir ses produits, mais sa seule vente est loin de lui rapporter ce qu’il espérait :

« Tout le monde vous conseille d’offrir les frais de port internationaux, mais tous les [fournisseurs] Aliexpress ne le font pas. J’ai vendu une lampe 70 dollars, en espérant en gagner 30, mais mon client était au Canada, et les frais de port m’ont coûté 25 dollars. Je n’ai gagné que 5 dollars. »

Bien qu’il y ait peu de frais à avancer, certaines charges pour créer la boutique ou le suivi d’une formation payante peuvent déjà représenter une certaine somme pour des wannabe entrepreneurs non-avertis.

Comment te méfier du dropshipping

En un quart d’heure seulement, Un Créatif fait une masterclass d’éducation aux médias et remplit la mission de sa chaîne : « faire de ses viewers des consommateurs divertis et avertis ».

Le dropshipping peut apparaitre comme une solution tentante pour pallier des galères de thunes mais sa pratique n’est pas sans conséquence.

En tant qu’entrepreneuses, nous devons veiller à mener des projets éthiques et moraux, qui ne flouent pas des clients.

À lire aussi : Créer ma propre marque de bijoux, c’était mon rêve et je l’ai fait !

En tant que consommatrices sur Internet, nous devons rester vigilantes face aux offres trop alléchantes qui cachent souvent des arnaques.

Pour être sûres de la qualité de ce qu’on achète, Un Créatif conseille une méthode très simple : la recherche Google Images inversée.

Si tu trouves une réduction sur un produit trop importante pour être honnête, glisse l’image du produit dans le champ de recherche et vérifie les sources des autres sites.

Cette tasse à 20€ ne vaut peut-être que 1,50€ sur AliExpress ! Libre à toi ensuite de l’acheter ou non, en connaissance de cause, en sachant sa provenance et sa qualité.

Maintenant, c’est à toi, parlons-en dans les commentaires ! T’es-tu déjà faite avoir par du dropshipping ? Vois-tu ces pubs sur tes réseaux ?

À lire aussi : Comment les réseaux sociaux te maintiennent connectée

Marie Camier Théron

Marie Camier Théron

Marie est responsable des événements pour madmoiZelle et Rockie. Elle prend parfois le clavier pour écrire sur la société numérique et la culture japonaise.

Tous ses articles

Commentaires

Ann-ly

Je suis sur un groupe Facebook sur les culottes menstruelles et j'alimente régulièrement le fichier des marques faisant du dropshipping. Et c'est juste dingue à quel point ça pullule ! Quand je me fais une session d'une heure de "track", je me suis déjà retrouvé à rajouter une dizaine de marques faisant du drop (et ce sont bien des marques qui ne sont pas déjà dans le fichier !).

Bref, quelques conseils :

-vérifiez toujours que les articles ne sont pas sur Aliexpress. Les photos sont toujours les mêmes, mais avec des petites différences : pas les mêmes dimensions, la marque peut être inscrite dessus ce qui rend la recherche par image inversée non concluante.

-Regardez les avis sur Trustpilot ou autre sites d'avis INDÉPENDANTS des marques. Les avis sur les réseaux sociaux et sur les sites des marques sont souvent faussés.

- Vérifiez qu'il n'y pas de fautes d'orthographe trop voyantes (problème d'accords de pluriel, "europeène", ce genre de fautes facilement remarquables). Si c'est le cas, fuyez !

-Regardez s'il y a bien les conditions générales de ventes et les mentions légales, et surtout si elles sont complètes et correspondent au site.
Pour les mentions légales, il doit y avoir l'identité de l'éditeur du site, ses coordonnées et différentes informations sur le site.
(Du côté des conditions générales de ventes, je vais avoir du mal à vous l'expliquer, désolée ^^' mais n'oubliez pas que le délai de rétractation en France est de 14 jours à compter de la réception du colis, c'est la loi et un site ne peut pas vous le refuser)

-Enfin, vérifiez si le numéro SIRET est référencé sur le site societe.com, en tout cas si la marque se prétend française, et s'il est bien en cohérence avec le type d'entreprise.

Bref, j'espère vous avoir aidé :)
 
Dernière édition :

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!