#WeToo : enfin, le ralliement des hommes au mouvement #MeToo ?

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Raphaël Glucksmann et Michel Hazanavicius cosignent une tribune intitulée « Nous aussi, nous voulons l'égalité », dans le Nouveau Magazine Littéraire.

#WeToo : enfin, le ralliement des hommes au mouvement #MeToo ?

Ça fait longtemps que j’attendais d’entendre ces mots, de les lire sous la plume d’un homme. Parce que depuis que #MeToo a propulsé le féminisme en une de l’actualité, depuis que les femmes se relaient sur les plateaux télé, dans les émissions de radio, qu’elles se reprennent et se répondent par tribunes interposées, il manquait des voix à ce concert.

J’attendais que des hommes prennent aussi la parole, mais pas pour se flageller au nom d’un groupe qu’ils ne représentent pas, ni pour se désolidariser d’un groupe auquel ils appartiennent pourtant.

En clair, je n’avais pas besoin que des hommes s’excusent d’agressions commises par d’autres hommes, de la même manière que je ne suis pas non plus, en tant que femme, la porte-parole des femmes ou des féministes.

Et si c’était pour dire « Moi, je ne suis pas un porc », ok c’était sympa, mais là n’était pas le fond du sujet.  Ce que j’attendais des hommes depuis le début de cette déferlante déclenchée par l’affaire Weinstein, c’est qu’ils rejoignent le combat pour l’égalité.

C’est par les mots du philosophe Raphaël Glucksmann, et ceux du réalisateur Michel Hazanavicius que j’ai enfin entendu le message que j’attendais : un « nous » qui rassemble les femmes et les hommes dans un combat commun vers l’égalité.

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« Nous aussi, nous voulons l’égalité »

Dans la tribune qu’ils cosignent sur le Nouveau Magazine Littéraire, Raphaël Glucksmann et Michel Hazanavicius reviennent sur la fameuse « liberté d’importuner » en refusant de jouir d’une liberté qui serait synonyme d’oppression pour d’autres — ici, les femmes :

« On nous a appris enfants que notre liberté s’arrêtait là où commençait celle des autres et nous pensons que la liberté des femmes à ne pas être importunées est ici la question centrale.

Pour affirmer que, loin de nous angoisser, ce mouvement d’émancipation nous réjouit car il ne s’agit pas d’une révolte des femmes contre les hommes mais d’un combat commun contre les injustices faites aux femmes. »

#MeToo n’est pas un combat de femmes, entre femmes

J’ai suivi avec plaisir les différentes interventions de Raphaël Glucksmann, ce week-end. Sur le plateau de C Politique, il répond avec justesse et pertinence à Jean-François Kahn, très remonté contre les mots « balance » et « porc », qui rappellent le pire de notre Histoire.

Raphaël Glucksmann recentre le débat sur le problème de fond : on peut désapprouver le choix du hashtag, sans se laisser complètement distraire et s’éloigner des questions primordiales que le mal choisi « Balance Ton Porc » pose à la vue de tous.

« Parfois, la révolte est impolie », souligne-t-il. L’échange du philosophe avec Jean-François Kahn dure une vingtaine de minutes et mérite d’être écouté pour bien comprendre la position de Raphaël Glucksmann sur le sujet.

Le débat entre Raphaël Glucksmann et Jean-François Kahn, calé au début de leur discussion

À lire aussi : Les 7 meilleures réponses à la tribune sur « la liberté d’importuner » parue dans Le Monde

Ce lundi matin, sur Europe 1, les 2 cosignataires étaient les invités de Patrick Cohen, dans la matinale. Michel Hazanavicius commente le mouvement #MeToo dans sa globalité :

« Ce qui se passe est vraiment très important. C’est une révolution de société, un mouvement qui remet en cause des rapports archaïques. »

À lire aussi : Entre larmes et espoir, Maïwenn évoque #MeToo et prône la solidarité féminine

Et ça fait du bien d’entendre des hommes rejoindre le mouvement, dans le « bon » sens, c’est-à-dire le sens du progrès pour tout le monde.

#MeToo ne sonne pas l’ouverture de la chasse aux porcs, c’est plutôt un dommage collatéral, une conséquence des violences subies en silence, dans l’ignorance et dans l’indifférence pendant trop longtemps.

#MeToo est effectivement le déclencheur d’une révolution dans les rapports entre les femmes et les hommes dans la société. Une révolution contre le vieux système patriarcal et son cortège de violences et d’inégalités. Une révolution qui progressera d’autant plus vite qu’un nombre croissant d’hommes y adhèrera.

Ce « Nous aussi » est donc le ralliement que j’attendais, et il n’était pas acquis : en effet, si Raphaël Glucksmann et Michel Hazanavicius sont seulement 2 à cosigner ce texte, c’est parce qu’ils n’ont pas trouvé cent hommes pour le signer avec eux. C’est dire s’il était nécessaire que quelqu’un fasse le premier pas dans cette direction.

Messieurs, au risque de me répéter, l’égalité entre les femmes et les hommes ne se fera pas sans vous. Nous voulons l’égalité, et ce « nous » vous inclut aussi !

À lire aussi : L’appel d’Emma Watson aux « féministes introvertis » : l’égalité se fera grâce à vous

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Clemence Bodoc

Clémence Bodoc a été jeune cadre dynamique dans une autre vie, avant de rejoindre la Team madmoiZelle. Elle s’intéresse à l’actualité et à l’écologie, aime la politique et les débats de société. Grande fan de sport (mais surtout à la télévision), et de cinéma (mais seulement en VO), son nom de scout est dinde gloussante azurée. Elle ne mord pas mais elle rit très fort.

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Commentaires
  • Mercutio
    Mercutio, Le 3 février 2018 à 13h04

    Je suis ultra dérangée par le nom #wetoo. Ils sont au courant que le hashtag #metoo signifiait "Moi aussi je suis victime" et pas "moi aussi je soutiens la cause des victime"? Ça me fait limite penser aux gens qui disaient qu'il n'était pas possible qu'autant de femmes aient été agressées en voyant le nombre de #metoo.
    C'était pas un simple hashtag de soutien ! Je trouve que c'est se foutre de la gueule du monde de détourner ce hashtag.

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