La primaire des Républicains 2016 : explications

La primaire des Républicains, ça peut paraître un peu obscur. Pourtant ça approche, et ça ne peut pas faire de mal de regarder un peu comment ça fonctionne... Et si tu comptes y participer, ton avis m'intéresse !

La primaire des Républicains 2016 : explications

— Article initialement publié le 21 octobre 2016

La semaine dernière a eu lieu le grand débat de la primaire de la droite. On a vu les 7 candidat•es s’opposer, tenter de marquer leurs différences, défendre leur projet… dans le but de remporter l’investiture du parti des Républicains à la présidentielle.

Alors oui, la politique politicienne c’est souvent rébarbatif. Mais on ne va pas se mentir : si on ne s’y intéresse pas, on ne fait pas de choix, si on ne fait pas de choix, les autres choisissent pour nous, si les autres choisissent pour nous, on risque de se retrouver avec un•e relou•e au pouvoir. CQFD. Donc, autant faire l’effort de s’y intéresser au moins histoire de (ne pas) faire un choix en connaissance de cause.

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La primaire à droite, qu’est-ce que c’est et à quoi ça sert ?

C’est la première fois que le parti des Républicains et la droite en général remettent dans les mains des citoyen•nes le choix de leur candidat•e à l’élection présidentielle. Le premier but est de donner une vraie légitimité à celui ou celle qui sera désigné•e.

Une primaire, ça permet de rassembler le parti afin de ne pas arriver divisé à la présidentielle.

Dans le contexte actuel, cela permet aussi de prévenir une potentielle dispersion des voix vers de « petits candidats » qui auraient décidé de se présenter en parallèle, et feraient obstacle à l’accession du parti des Républicains au second tour.

C’est d’ailleurs entre autres ce qui avait mené le Parti Socialiste à organiser la sienne dès la présidentielle de 2012, en quelques sortes pour éviter de reproduire la situation de 2002 où Jean-Marie Le Pen avait accédé au second tour face à Jacques Chirac.

Pour Thierry Solère, le président du Comité d’organisation de la primaire rencontré lors d’un café débat, la primaire « doit rassembler » et surtout ne pas « tourner au pugilat ». Mais l’autre principal danger est « la remise en cause des résultats », comme cela avait été le cas lors de la désignation du président de l’UMP en 2012 opposant François Fillon et Jean-François Copé. Pour éviter cela, le parti a d’ailleurs pris une mesure phare bien que controversée :

« Nous avons proscrit les procurations, c’était une décision difficile […], c’est désolant mais c’est 97% du risque de fraude. »

Quels en sont les enjeux ?

Le ou la vainqueur•e de cette primaire sera candidat•e à la présidentielle pour les partis de droite. Ce ne sera pas un•e outsider, mais bien une personne qui fera partie du trio de tête, face au Front National et aux candidat•es de la gauche.

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Image d’illustration extraite du film Moi député.

Il est probable que la personnalité qui remportera ce scrutin soit au second tour, en face de Marine Le Pen.

Dans le dernier sondage en date — bien qu’il faille se méfier entre autres de la manière dont ils sont menés et du fait qu’il reste 7 mois avant l’élection — le Front National est donné qualifié au second tour dans toutes les hypothèses, quel•les que soient les candidat•es de la gauche ou de la droite. Et la gauche, elle, n’est pas représentée…

Ce qui signifie que, pour l’heure, il est probable que la personnalité qui émergera de cette primaire de droite se retrouve face à Marine Le Pen au second tour. (Ambiance)

La primaire des Républicains, mode d’emploi

Pour se présenter à cette primaire, « il faut être soutenu par 250 élus dont 20 parlementaires et 2 500 adhérents », comme indiqué sur le site officiel de la primaire. Et Thierry Solère explique pourquoi tant de conditions devaient être réunies :

« Ce n’est pas facile d’être candidat à la primaire de la droite et c’est fait pour, parce qu’on veut un candidat à la présidentielle qui puisse incarner le leadership. »

Sept candidat•es sont parvenu•es à remplir ces conditions : Jean-François Copé, François Fillon, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Jean-Frédéric Poisson et Nicolas Sarkozy.

Et pour voter ? Même pas besoin d’être adhérent•e au parti Les Républicains : les sympathisants de gauche aussi peuvent voter, comme l’expliquent avec humour et pragmatisme le duo Mathieu Madénian et Thomas VDB dans Actuality.

Comment voter à la primaire des Républicains ?

Il suffira de réunir trois conditions :

  • D’être inscrit•e sur la liste électorale au 31 décembre 2015 (ou d’avoir 18 ans à la date de l’élection présidentielle 2017)
  • De verser 2€ par tour de scrutin pour participer aux frais d’organisation
  • De s’engager sur l’honneur en signant la phrase suivante : « Je partage les valeurs républicaines de la droite et du centre et je m’engage pour l’alternance afin de réussir le redressement de la France ».

Pas besoin d’être adhérente ou militante d’un parti pour voter !

Pas besoin d’être militant•e ou adhérent•e d’un parti pour participer à cette élection, les 20 et 27 novembre. Les bureaux de votes seront répartis sur le territoire, bien que Thierry Solère ait admis lors du débat que cette disposition sera stratégique, visant prioritairement les zones tenues par la droite, où l’électorat présente visiblement un intérêt direct pour cette primaire. Pour trouver votre bureau de vote, ça se passe sur le site de la primaire.

Concernant les Français de l’étranger, ils auront la possibilité de voter « par Internet ou au moyen de bulletins papier dans des conditions qui leurs seront bientôt présentées », toujours selon le site Internet.

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HugoDécrypte interviewe les candidat•es à la primaire des Républicains

Si tu veux en savoir plus sur les programmes et les idées des différentes personnalités candidates à la primaire des Républicains, tu peux aller faire un tour sur la chaîne YouTube d’Hugo Travers, le fondateur de Radio Londres. Il va interviewer tour à tour les prétendant•es à l’investiture du parti, et il a déjà commencé ; après avoir lancé la série avec Bruno Le Maire, il vient de publier son entretien avec Nathalie Kosciusco-Morizet.

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