J’ai testé pour vous : participer à une murder party

Lise a participé a une murder party. Est-ce qu'elle a tué quelqu'un puis a fait une fête après ? Non. Récit d'une soirée jeu de rôle placée sous le signe du mystère.

J’ai testé pour vous : participer à une murder party

Au début du mois, j’ai participé à une murder party. Pendant une soirée, mes amis et moi n’étions plus une bande de potes innocents. Nous étions des individus assoiffés de pouvoir pendant la guerre froide, réunis dans un chalet suisse pour assister à la finale du championnat mondial d’échec, et paralysés par la mort d’un de leurs confrères. J’ai eu envie de vous raconter cette super expérience, parce que je me suis bien éclatée mais aussi pour vous donner envie de tenter le coup à votre tour.

Attention : cet article révèlera quelques éléments de l’intrigue de la murder Le match du siècle. Si vous avez l’intention de la jouer, passez votre chemin ! Pas de panique : on peut trouver des tas de scénarios de murders sur Internet, donc vous n’êtes pas obligé•es de jouer à celle-ci !

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Une murder party, c’est quoi ?

Une murder est un jeu de rôle, où un groupe enquête sur la mort d’une personne pendant toute une soirée. Le contexte est expliqué par des documents envoyés à l’avance à chaque joueur et joueuses. Un maître du jeu est chargé de donner des indices et de gérer la soirée, pour s’assurer que tout se déroule dans les temps. Au terme de la soirée, si le ou la meurtrier•e n’est pas découvert•e, le groupe a perdu. Cela dit, d’autres objectifs sont souvent listés sur les fiches de personnages de chaque joueur (retrouver tel objet, faire avouer telle personne).

Pas besoin d’inventer une intrigue de toutes pièces ! Beaucoup sont disponibles sur Internet, avec fiches de personnages, histoires, annexes et instructions pour le maître du jeu. On peut en trouver par exemple sur Mortelle soirée ou sur murder-party.org.

Comment tout a commencé

Mon copain et moi, on avait déjà joué à une murder. Ça s’était tellement bien passé qu’il a décidé d’en organiser une nouvelle, avec l’un de ses amis. Pour ma part, je voulais rester joueuse. Il a donc choisi un scénario en toute discrétion sur Internet, on a fixé une date et quelque semaines plus tard, on recevait tous notre fiche de personnage.

Celle-ci devait rester secrète jusqu’au début du jeu. J’étais folle de mon personnage. J’incarnerai Denise Fontaine, demoiselle ambitieuse et toute première femme à arbitrer une compétition masculine d’échec. Bon, pour arriver à mon but j’avais dû coucher avec le vice-président de la fédération internationale d’échec mais hé, tous les chemins mènent à Rome non ?

irène adler

Quoi t’as un souci ?

Le problème, c’est que le fameux vice-président s’est fait assassiner pendant la mi-temps de la finale d’échec, que j’étais justement en train d’arbitrer. Je perds un allié précieux et surtout, qui me dit que l’assassin ne voudrait pas m’attaquer aussi ?! Autre problème : lors d’une mi-temps d’un match important d’échec, le prochain à jouer écrit son prochain coup sur une feuille et le met dans une enveloppe cachetée qu’il remet à l’arbitre. Moi donc.

Le souci, c’est que j’ai PERDU cette enveloppe. Enfin, on me l’a probablement piquée. Mon but, c’est donc de la retrouver discrètement.

Ça y est, on est dans la peau du personnage

Le soir venu, on est tou•tes arrivé•es habillé•es sur notre 31. Chaque joueur faisait soit partie du camp des Russes, alors en pleine période URSS, soit du camp des Américains. Vous vous en doutez, vu le contexte de la guerre froide, l’atmosphère était tendue. De mon côté étant neutre, j’étais française. Du coup, c’était plutôt simple pour l’accent !

Une fois que la partie a commencé, j’ai décidé de me rendre dans ma chambre. L’ami chez qui se déroulait la murder party avait mis toute sa maison à disposition, et toutes les pièces servaient à l’histoire. J’avais donc ma chambre attitrée, que je pouvais ouvrir grâce à la clef que le maître de jeu m’avait donnée au début de la partie.

Avant même de pénétrer dans ma chambre, j’ai vu l’une des joueuses en sortir. SOUS MON NEZ. Je suis allée lui demander des comptes et elle a totalement nié. La partie commençait sur les chapeaux de roues.

Tout part en cacahuète

La partie est devenue de plus en plus intense au fil de la soirée. Alors que j’allais chercher quelque chose dans ma chambre, j’ai surpris une Américaine qui avait forcé ma porte. J’en ai profité pour faire pression sur elle afin qu’elle me fasse pénétrer dans la chambre du mort, jusqu’alors fermée. J’y ai retrouvée la fameuse enveloppe m’appartenant : je ne savais pas ce qu’elle faisait là, mais ce fut un gros soulagement !

Dès lors, je suis devenue la cible de tout le monde. Tou•tes savaient que j’avais l’enveloppe en ma possession et tou•tes voulaient connaître le prochain coup. D’une certaine façon, je cristallisais toute la tension engrangée par les deux camps.

Il faut savoir que dans une murder, selon l’histoire de votre personnage, vous avez différentes capacités. Vous pouvez avoir la compétence d’assommer ou de tuer quelqu’un, de comprendre le russe, de mener un interrogatoire… Moi, j’avais la compétence de comprendre une partie d’échec. SU-PER.

watson

Moi quand j’ai lu ma fiche de perso.

À un moment, je suis allée dans ma chambre vérifier que l’enveloppe était bien cachée. J’ai alors été agressée par deux Américains, qui m’ont assommée avant de m’attacher et m’interroger. En sortant, je pensais que mon calvaire était fini. Sauf que suite à ça, j’ai été agressée par les RUSSES qui voulaient aussi savoir ce qui était dans l’enveloppe. J’ai vite compris qu’il ne fallait plus que je me retrouve toute seule jusqu’à la fin de la soirée.

La tension est à son comble

La reprise de la partie d’échec approchait et aucun des deux camps n’avait réussi à voir le contenu de l’enveloppe, ni à deviner l’identité du tueur. Sachant très bien que ma chambre n’était pas un endroit sûr, je me baladais désormais avec l’enveloppe sur moi. Tout le monde me regardait de travers et j’étais persuadée que le majordome américain avait la ferme intention de me zigouiller.

De plus, j’avais la sensation que toute la bande de russes m’observait d’un oeil pas très sympathique. La partie a repris, j’ai décachetée l’enveloppe et annoncé le prochain coup. À mon grand soulagement, personne n’a contesté le contenu de l’enveloppe. La partie s’est achevée sur une victoire des russes, signant du même coup la fin de la murder.

Une expérience fascinante

On n’a donc pas trouvé qui était le tueur. Pour ma part, j’avais rempli mon objectif, à savoir retrouver mon enveloppe et garder ma crédibilité d’arbitre. Et qu’est-ce qu’elle a été remise en cause, ma crédibilité !

L’histoire se déroulait dans les années 70. Tous les personnages devaient se méfier de moi parce que j’étais la première femme arbitre d’une partie d’échecs masculine. Et ils jouaient drôlement bien leur rôle !

J’étais super contente d’endosser le rôle d’un personnage féministe. J’ai été ravie de l’avoir joué et globalement, ce fut une expérience très prenante. Après coup, mon copain m’a confirmé que les russes avaient prévu de m’assassiner. Mais j’ai lutté jusqu’au bout !

On n’a pas réussi à trouver l’assassin, et malheureusement quelques joueurs ont triché, pas volontairement mais parce qu’ils n’avaient pas compris toutes les règles. Mais dans l’ensemble la partie a été fascinante pour tout le monde : on a joué notre rôle à fond pendant toute la soirée, et on s’est totalement pris au jeu.

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sherlock holmes

Ce fut un bien beau meurtre.

Je vous conseille donc largement cette expérience : si vous avez des potes motivé•es, et que vous vous sentez d’attaque pour être maître du jeu, vous êtes parti•es pour passer une soirée captivante !

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  • Miss-Tiic
    Miss-Tiic, Le 26 septembre 2016 à 9h43

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