Comment repérer les techniques de drague fourbasses des Pick Up Artists ?

Manipuler les gens pour coucher avec eux, ce n'est pas très bien. Voici quelques techniques de Pick Up Artist à repérer pour pécho et se faire pécho en toute connaissance de cause.

Comment repérer les techniques de drague fourbasses des Pick Up Artists ?

T’es-tu déjà fait sarger ? Peut-être que oui, et peut-être même que tu ne le sais pas !

Les sargeurs, ou Pick Up Artists (PUA) ou Artistes de la Séduction (AS), sont des « experts » de la drague qui revendiquent la maîtrise de l’art d’amener une femme à coucher.

Je simplifie à peine, ils ont un mot pour clarifier leur objectif et c’est le « Fuck Close », soit l’aboutissement final de la séduction, comme chacun sait.

En fait, ils ont un mot (et une abréviation) pour tout. C’est une discipline très codifiée.

Depuis la naissance de cette « communauté » dans les années 70, les PUA (acronyme pas du tout séduisant) ont fait de la chope un sport en se basant sur des techniques de développement personnel et de psychologie.

Les techniques visent soit à rendre le dragueur plus attractif, soit à augmenter le niveau de confort et de confiance de la « cible ».

Tout se vend et tout s’achète, ma bonne dame. Donc précisons que cette histoire de PUA semble avant tout être un bon business.

Il existe tout un tas de sites, e-books, vidéos et services de coaching pour acquérir les trucs et astuces. Peut-être te souviens-tu de Julien Blanc, qui avait fait un bad buzz des familles, à prodiguer ses « conseils » pour pécho au pays du Soleil Levant, avec souvent une absence totale de consentement de sa proie.

Il est difficile d’estimer la taille de cette communauté et de déterminer l’implication de ses membres. Les figures de proues du mouvement masquent sans doute une réalité plus nuancée.

Si les gourous de la drague se montrent parfois extrémistes dans leur approche, il est probable que beaucoup de mecs de la vraie vie soient plus modérés et s’inspirent de quelques techniques par-ci par-là, sans en faire leur unique façon d’interagir avec les femmes. Hourra.

Les Pick Up Artists sont-ils sexistes ?

Le milieu est surtout masculin hétéro, même si des femmes se revendiquent aussi PUA.

Ces méthodes peuvent sans doute permettre à des hommes de prendre confiance en eux, d’aborder une femme avec davantage d’assurance, et peut-être même de trouver l’amour.

Mais si l’intention est louable, la mise en oeuvre peut être borderline.

À regarder de plus près, les techniques des PUA s’appuient sur des clichés du sexisme ordinaire, flirtent avec le harcèlement de rue,  la manipulation et la réification des femmes, c’est-à-dire la tendance à les traiter comme des objets.

La pluie de doigts, un classique

Derrière cet art de la drague, il y a l’idée qu’il existe une recette unique, applicable à toutes les membres d’un même genre. Il suffirait de savoir sur quelle ficelle tirer, sur quel bouton appuyer pour obtenir le consentement d’une femme. 

Dans le milieu PUA, les refus de la part des femmes sont d’ailleurs souvent interprétés comme une simple résistance, un obstacle supplémentaire qu’il va falloir franchir en sortant les techniques d’urgence.

Mais le PUA aime le défi, comme le montre ces quelques définitions piochées chez artdeseduire.com :

ASD (Anti Slut Defense)
Un mécanisme mis en place par les filles qui ne veulent pas passer pour des « filles faciles ». Lorsqu’une fille ne se laisse pas séduire facilement, c’est peut-être qu’elle utilise son ASD : elle se montre un peu plus distante, elle vous questionne, elle est méfiante. La séduction devient alors plus difficile !

Bitch Shield
Semblable à l’ASD, cette « défense » est l’ensemble des techniques qu’elle utilisera pour vous tenir à l’écart, et pour éviter de passer pour une fille facile. Si vous arrivez à faire tomber le Bitch Shield c’est gagné !

Au-delà d’inciter les hommes à être des gros lourds, l’art de la drague selon les PUA véhicule le message que les femmes se ressemblent toutes et que leurs attentes et leurs réactions sont aussi prévisibles qu’une averse à Quiberon mi-février.

Cela induit aussi une notion d’adversité entre les hommes, rejetés, jamais à la hauteur, et les femmes, vues comme des proies fourbes qu’on ne peut chasser que par des stratégies détournées.

Tout cela est donc un peu (euphémisme) gênant, même si les coachs en séduction assurent avoir une approche très humaine de la discipline.

Comment repérer les techniques des Pick Up Artists ?

Ce qui est sûr, c’est que leurs techniques sont basées sur des classiques de la communication (langage corporel, techniques de persuasion, de suggestion…), appliqués à la séduction. Le risque de mindfucking est donc réel.

Sans vouloir insulter votre bon sens ou préjuger de votre naïveté, je vous propose de découvrir ici les moves classiques des PUA pour pouvoir les identifier.

Libre à vous de donner suite ou/et de jouer à la plus maline, et pourquoi pas d’utiliser ces méthodes à vos fins. Empouvoirement mes grosses !

Le neg hit, technique de Pick Up Artist

Le neg hit est un « compliment négatif », un classique de la manipulation mentale pour prendre l’ascendant psychologique sur quelqu’un en lui envoyant une « vanne » pas sympa et en restant ainsi maître du rapport de force (oui, on parle toujours de séduction).

L’idée est de disqualifier la cible en sous-entendant que vous êtes trop bien pour elle et en masquant votre intérêt du même coup.

On n’hésite donc pas à dénigrer la cible sur un petit défaut physique, sa grammaire, son addiction à la clope, avec des moqueries passives-agressives du style « Tu devrais laisser pousser tes cheveux/les couper, ça irait mieux avec la forme de ton visage ».

Attention, le neg ne s’utilise pas d’entrée de jeu mais plutôt en cours de conversation, afin de ne pas passer (trop vite) pour un énorme connard.

Une variante consiste à souffler le chaud et le froid, en faisant suivre le neg hit d’un véritable compliment, pour redonner à la cible la confiance qu’on venait de lui briser. Malin !

L’approche directe, technique de Pick Up Artist

Comme son nom l’indique, le principe est de jouer franc-jeu : « Salut, je t’ai vue de là-bas et il fallait que je vienne te parler parce que je te trouve trop mignonne. »

À utiliser de jour comme de nuit afin de se poser comme un mec dominant, un mâle alpha confiant qui ne cache pas ses intentions.

Pour les plus timides, il existe aussi l’approche indirecte : « Bonjour, je rejoins un ami à tel endroit, vous sauriez où ça se trouve ? ». C’est moins cash et donc vendu comme moins efficace. Allez, enchaîne maintenant.

L’effet Benjamin Franklin, technique de Pick Up Artist

Le principe est simple : demander à quelqu’un de vous faire une faveur personnelle pour monter dans son estime. En vous rendant service, la personne aura tendance à se convaincre que vous méritez cet effort de sa part et votre valeur augmentera à ses yeux.

C’est là encore une technique d’influence classique, basée sur la dissonance cognitive. La logique veut que l’on rende service aux gens qu’on apprécie. Pour rationaliser le fait de rendre service à un PUA, le cerveau enregistre donc que cette personne est appréciable.

Que vient foutre Benjamin Franklin là-dedans ? Il faut savoir que pour acquérir un détracteur à sa cause, Franklin a eu l’idée de lui envoyer une lettre pour lui demander de lui prêter un livre rare.

L’histoire raconte que ce mec qui ne l’aimait pas trop lui a rendu ce service et s’est montré beaucoup plus chaleureux avec lui par la suite. Quel tombeur ce Benji !

Les hypothèses, technique de Pick Up Artist

Plutôt que d’interviewer la personne à séduire en la matraquant de question, l’idée est de faire des suppositions pour retenir l’intérêt de l’interlocutrice.

Par exemple, un « Humm tu n’es pas de Paris toi, je me trompe ? », plutôt qu’un « Tu viens d’où ? », vu et revu, on en peut plus (LOL).

Le kino, technique de Pick Up Artist

C’est le p’tit nom des contacts kinésthétiques, autrement l’art d’établir le contact physique. Ça peut être effleurer la main, l’épaule… un bref instant au début pour ne pas trop éveiller les soupçons. Ces brèves interactions renforcent la sympathie envers l’interlocuteur.

Ensuite, les PUA pratiquent la « kino escalation » qui consiste à monter en pression en touchant des parties du corps de plus en plus « intimes ».

Par exemple, visage, cou et cheveux sont considérés comme les derniers remparts avant le baiser, il faut donc les réserver à la fin de l’escalade physique.

C’est une référence à la technique du pied dans la porte qui consiste à faire accepter quelque chose de peu coûteux pour ensuite présenter une demande plus coûteuse.

C’est raté 

Nous arrivons à la fin de cette liste non exhaustive qui vous aura donné, je l’espère, un bon aperçu des diableries pratiquées par les Pick Up Artists.

J’admets que ces techniques peuvent tout à fait permettre de faire des rencontres. Mais quand la séduction est entièrement préméditée pour arnaquer la cible, je trouve que ça manque un chouïa d’humanité. 

Sinon vous pouvez aussi travailler sur votre estime de vous-même, vous intéresser sincèrement à une personne et improviser à partir de là, dans l’humour et le respect mutuel. Et je ne vous fais même pas payer cet excellent conseil !

Et vous, vous avez des moves de drague que vous sortez régulièrement ? Vous avez déjà été abordé•e par un•e Pick Up Artist, débutant•e ou confirmé•e  ?

À lire aussi : Art de la séduction, coaching et féminisme : des idées incompatibles ?

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QueenCamille


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Commentaires
  • Madhiko
    Madhiko, Le 3 mars 2019 à 18h11

    AFRO INSOLENTE
    A l'auteur du pavé : "rester soi même" est un TRES mauvais conseil surtout si tu es timide, que tu manques d'estime de soi, que tu t'habilles mal, que tu ne sais pas t'exprimer et que tu n'as pas le sens de l'humour.
    En fait, ça dépend vachement de ce qu'on entend par "rester soi-même". Si c'est "s'obstiner dans un comportement qui n'a pas fonctionné jusqu'à présent", c'est sûr que c'est une mauvaise idée, mais si on le prend plutôt comme "ne pas essayer de se faire passer pour ce qu'on est pas", je trouve que c'est effectivement préférable, parce que si on joue un rôle qui n'a rien à voir avec ce qu'on est vraiment, y a toutes les chances pour que ça sonne faux. En revanche, pour moi, "ce qu'on est", c'est en termes de traits de caractère, c'est-à-dire la partie fixe de notre personnalité, celle qu'on ne pourra pas changer parce qu'elle nous définit vraiment. Ca n'inclut pas les (in)compétences qu'on a à un moment donné, ni nos complexes, nos idées reçues ou nos pensées négatives. Et la condition pour qu'on arrive à plaire en restant soi-même, c'est de savoir ce qu'on est vraiment, et de l'assumer. Souvent, on dit "reste toi-même !" à des gens qui ne savent pas vraiment ce qu'ils sont, et qui ont une mauvaise estime d'eux-mêmes, donc forcément, ça les aide pas beaucoup... Mais ceux qui se disent "Bon, les mecs qui ont du succès, c'est ceux qui sont extravertis, qui disent beaucoup de blagues et qui ne montrent pas leurs émotions, donc je vais faire comme eux même si c'est pas du tout naturel pour moi", soit ça se voit que ça sonne faux, soit ce sont de bons acteurs et du coup ils arrivent à plaire comme ça mais ça les satisfait pas parce qu'on aime rarement être apprécié pour ce qu'on est pas et devoir jouer un rôle en permanence.
    On en revient à la confiance en soi, en fait. On peut plaire en ayant toutes sortes de personnalités, tant qu'on l'assume et qu'on a confiance en soi.

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