Les Survivants continuent leur campagne anti-IVG illégalement affichée dans Paris

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Des affiches anti-IVG ont été de nouveau placardées dans Paris, vendredi 23 juin. Les anti-IVG livrent une nouvelle offensive, pour gagner du terrain politique.

Les Survivants continuent leur campagne anti-IVG illégalement affichée dans Paris

Mise à jour du 23 juin 2017 (par Esther)

Ce vendredi 23 juin, on a pu découvrir dans les rues de Paris de nombreuses affiches liées au collectif Les Survivants.

On peut y voir Einstein, Gandhi, ou encore Bob Marley… sous forme d’embryons, comme vus via une échographie.

Le but de cette campagne ? Véhiculer l’idée que s’ils avaient été avortés, Bob Marley, Ghandi ou Einstein n’auraient jamais vu le jour. D’où l’autre slogan indiqué sur ces affiches : « interruption volontaire de génies ».

Comme à leur habitude, les codes utilisés sont ceux de notre génération, avec ici l’idée du selfie notamment.

Sur ces affiches, je remarque également l’âge de l’embryon indiqué en haut à droite, qui si on le rapporte à l’image qu’ils donnent de l’embryon à ce moment là est quelques peu étonnant.

Un embryon, à 8 semaines, ça ne porte pas de lunettes déjà, mais surtout en général, ça ne ressemble pas à ça. Juste pour rappel, un embryon à 8 semaines, c’est ce qu’on voit à gauche de cette capture d’écran issue de Wikipédia :

On est plutôt loin des dreads que l’embryon Bob Marley affiche ou de la grimace d’Einstein, donc.

Encore une campagne anti-IVG illégale

Cette campagne est cependant illégale, encore une fois (lire ci-dessous).

Contacté, le service presse de JCDecaux m’a confirmé qu’il s’agissait d’affichage sauvage :

« C’est du vandalisme, il y a à peu près une cinquantaine d’affiches, on les cherche et on les enlève depuis 6:30 du matin. »

Comme en avril, l’entreprise a décidé de porter plainte :

« On porte plainte contre le collectif des Survivants, puisqu’a priori ils sont identifiés, même si nous sommes en train de voir avec les juristes. »

Quoi qu’il advienne de cette plainte, c’est une raison supplémentaire de rester extrêmement vigilant•es quant à la sauvegarde de nos droits.

La réponse de street-artists à la campagne illégale anti-IVG

Mise à jour du 1er mai 2017

Deux street artistes ont riposté en images à la campagne d’affichage sauvage menée par Les Survivants dans le métro parisien.

jearaymie et matth_ieu sont à l’origine de ces nouveaux visuels. Seuls deux exemplaires ont été placardés dans les mêmes espaces que ceux utilisés par l’offensive anti-IVG.

Les deux street artistes ont répondu aux questions du Huffington Post : ils ne voulaient pas dégrader les espaces d’affichage du métro, d’où les 2 affiches seulement placardées de la sorte. D’autres exemplaires l’ont été dans la rue, dans le XVème arrondissement parisien.

Une campagne anti-IVG dans le métro parisien

Article initialement publié le 26 avril 2017

Comme si prendre le métro parisien de bon matin n’était pas suffisamment un moment pénible à l’heure de pointe, des militants anti-IVG oeuvrent à rendre cette expérience encore plus angoissante.

En effet, ce mercredi 26 avril, les Francilien•nes ont pu découvrir des affiches anti-avortement dans les espaces publicitaires sous cadre du métro parisien.

De nombreux usagers ont cru que la RATP avait autorisé officiellement la diffusion de cette campagne.

Le « droit à la vie » et les candidats à l’élection présidentielle

De nombreux tweets interpellent directement la RATP, qui a évidemment un droit de regard sur les campagnes publicitaires qui sont vendues sur ces espaces d’affichage.

Des slogans anti-avortements, est-ce vraiment le meilleur choix à faire ? Il y a de quoi s’interroger sur les valeurs qu’une entreprise assurant une mission de service public souhaite véhiculer…

La RATP va porter plainte contre ces « actes malveillants »

Plot twist, la RATP est en fait victime de vandalisme dans cette histoire : la campagne d’affichage n’est pas du tout sanctionnée par la régie publicitaire de l’entreprise, il s’agit en fait d’une opération sauvage menée par Les Survivants, ce groupuscule d’activistes anti-avortement.

Ils étaient déjà à l’origine du détournement de Pokémon Go à des fins de propagande, et d’AfterBaiz, ce site de désinformation visant les ados.

La RATP a annoncé sur Twitter qu’elle allait porter plainte, tandis que les affiches seraient promptement retirées.

Mais en attendant, les anti-IVG ont fait le buzz, comme on disait en 2005.

Les anti-IVG se paient un coup de pub… de circonstance

L’opération de communication menée par Les Survivants rappelle celle qui avait été réalisée en 2012 par l’Association pour le Droit à Mourir dans la dignité. Les affiches mettaient Marine Le Pen, François Bayrou et Nicolas Sarkozy sur leur lit de mort, afin de les interpeller au sujet de la fin de vie.

À lire aussi : La fin de vie, un choix intime confisqué par les députés

Les anti-IVG récupèrent le procédé pour enjoindre aux candidat•es de restreindre le droit des femmes à disposer de leur corps, au nom d’une conception très particulière de « la défense de la vie ».

Car il faut bien rappeler qu’entraver le droit des femmes à interrompre une grossesse non désirée ne diminue pas le nombre d’avortements : ça ne fait qu’augmenter le nombre de femmes victimes de procédures médicales réalisées clandestinement.

À lire aussi : L’histoire de « L’autre pilule », qui sauve la vie des femmes, au coeur d’un docu ARTE [REPLAY]

Alors oui, excellent coup de pub pour ces conservateurs rétrogrades, qui s’offrent une flopée de news sur le web, dont cet article.

Mais si j’ai décidé de contribuer à la notoriété des Survivants aujourd’hui, c’est parce que la menace qu’ils représentent se concrétise.

À lire aussi : Alison Wheeler tacle Les Survivants après leur happening chez Hanouna

Les anti-IVG peuvent-ils revenir au pouvoir ?

Ça n’aura échappé à personne, nous sommes en plein dans l’entre deux tours de l’élection présidentielle 2017. Dimanche 7 mai, nous aurons à choisir entre Emmanuel Macron ou Marine Le Pen pour prendre la tête de l’État.

Si les positions d’Emmanuel Macron relatives aux droits des femmes sont claires (il veut faire de l’égalité femmes-hommes une « grande cause nationale »), celles de Marine Le Pen sont un peu moins limpides, mais extrêmement préoccupantes.

Ce n’est pas un hasard si Émile Duport, porte parole des Survivants, claironne ceci dans Le Monde :

« Avec cette campagne, on voulait signifier que l’avortement doit être un thème politique et invectiver les candidats qui cherchent à séduire des électeurs en esquivant la question »

Les droits des femmes, c’est politique. Ils veulent faire du droit à l’IVG un thème de campagne.

Et à ce sujet, on n’oublie pas les promesses de Marion Maréchal-Le Pen contre les subventions au Planning familial. On n’oublie pas le faible démenti de Marine Le Pen, contredit par ses propres candidats en régions.

On n’oublie pas la guerre des subventions que mène le Front National au Centre Hubertine Auclert en Ile-de-France.

On n’oublie pas que La Manif Pour Tous appelle à voter Marine Le Pen. Pardon, à « s’opposer à Macron ». « Nous ne donnerons pas de consignes », précise la porte-parole de LMPT sur BFMTV. Mais « certains voteront Marine ».

Les droits des femmes, c’est politique. On ferait bien de ne pas oublier ça non plus.

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question.

Ces droits ne seront jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »

— Simone de Beauvoir

Restons vigilantes, effectivement.

À lire aussi : Les « Femmes avec Marine », ou l’arnaque féministe de Le Pen

Clemence Bodoc

Anciennement Marie.Charlotte, Clémence Bodoc a été jeune cadre dynamique dans une autre vie, avant de rejoindre la Team madmoiZelle. Elle s’intéresse à l’actualité et à l’écologie, aime la politique et les débats de société. Grande fan de sport (mais surtout à la télévision), et de cinéma (mais seulement en VO), son nom de scout est dinde gloussante azurée. Elle ne mord pas mais elle rit très fort.

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Commentaires
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  • Wolfgirl
    Wolfgirl, Le 7 juillet 2017 à 11h45

    Outre le fait que d'après les "survivants", les génies soient forcément des hommes (une femme qui utilise sont cerveau en plus / à la place de son utérus ? Ça ne s'est jamais vue voyons) et des aberrations médicales (à moins qu'ils ne comptent sur le manque d'information des gens mais ce n'est vraiment pas leur genre pas vrai :frotte:).
    Et ce que je suis vraiment la seule à avoir des pensées carrément grivoises quant à la manière dont madame Gandhi à pu se retrouver avec une paire de lunettes et une sandale dans le ventre ?:vulve::sexe:

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