Des frelons XXL, de la fièvre et le retour du piment — Journal d’une expat’ à Paris #7

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Cette semaine dans la vie de Tifaine, stagiaire expatriée à Paris : des confrontations avec de gros insectes, du piment fort et de la loose qui pue.

Des frelons XXL, de la fièvre et le retour du piment — Journal d’une expat’ à Paris #7

Salut bande de purin. Désolé c’était méchant.

Je sors d’un week-end chargé en émotions. Hormis le fait que je suis rentrée dans ma Lorraine profonde et que la rèf’ de mon e-billet était drôle…

UIEUIHH, GGNNNN GÂTO

PS : Non vous ne rêvez pas : mon nom de famille fait bien trois kilomètres de long.

Je disais donc que mon week-end avait été chargé en émotions.

Je vous ai montré la rèf’ de mon retour ?

UJGIUKKCD — on dirait le cri de quelqu’un qui se retient d’insulter ses ancêtres
car il vient de se défoncer le doigt de pied contre un meuble.

Mon week-end était vraiment plein d’émotions. Je ne comprends pas pourquoi les gens disent que je m’éparpille.

Dans l’est, j’ai retrouvé plein de vieux copains et de vieilles copines, ai donné de la nourriture à Peste :

Joli pingouin

Me suis fait la réflexion que tous•tes les rats•es s’appelaient soit Peste soit Ratatouille, ai baigné dans une ambiance rock comme j’en avais l’habitude dans ma tendre jeunesse, ai défoncé de la focaccia

J’ai aussi traîné mes parents à mon Indien prèf’ (c’est faux ils étaient consentants), mon père avait un excellent style :

Très beau ciré rouge Breton également. Voilà les explications à qui je suis.

Et de manière générale, je n’ai encore pas DU TOUT profité de mes deux jours pour rattraper mes heures de sommeil.

Par contre, j’ai lové avec ma chatte.

Je t’aime, mais parfois, j’ai besoin d’espace. 

J’ai aussi roulé derrière des vans de hippies qui avaient écrit : « Ne me suivez pas je suis perdu » juste au dessus de leur plaque d’immatriculation (je les ai suivis), et ai ré-entendu cette merveilleuse langue qu’est le Luxembourgeois.

C’est faux, c’est moche.

Lundi 25 septembre

08h30 : Une nouvelle semaine débute.

J’ai la chance de me balader dans Paris et d’observer les jolies rues, les jolis bâtiments, les jolis messieurs bourrés qui se grattent les testicules la braguette ouverte en susurrant « TADUFRIC ? » aux oreilles des gens.

09h : Je tente de noyer cette vision dans mon café.

11h : Je mate un best-of de vieilles publicités Françaises de 1995 à 2000.

TOUT. EST. CULTE.

Formidable de se dire que mes cinq premières années dans ce monde étaient dirigées par ces images.

Qu’est-ce que… ?

C’est gênant.

Porno M&M’s before it was cool.

13h43 :

Mamie Sophie :

Puis :

À quel point cette personne est-elle formidable ?

(Sur une échelle de 1 à une personnalité du nom de Michel, je dirais Michel Polnareff. J’aime bien Polnareff. Toi aussi, dis-moi quel est ton Michel préféré.)

Quand on me glisse des mots d’amour comme ça, je ne peux que céder. Mon sacrifice ne sera pas vain.

14h : Je visualise Mamie Sophie avec une coiffe Alsacienne.

17h : Ma recette de cookies chocolat-potiron est enfin sortie. J’espère que je donne bien la dalle à tout le monde.

19h : Avec Anouk, Julia et Léa de la régie, nous allons boire un verre.

Putain Julia.

23h00 : Est-ce que nous sommes entrain de courir dans un Carrefour City avec Anouk à la recherche de houmous en criant : « PRENDS LA CLÉ ! » parce que le magasin doit fermer ?

23h03 : Est-ce que le vigile est entrain de se marrer ?

23h10 : Est-ce que le caissier est entrain de refuser un billet car il est un peu déchiré ? (Le billet, pas le caissier)

PRENDS LE FOUTU BILLET.

00h : Est-ce que nous sommes toutes les quatre entrain de causer constipation chez Anouk en buvant du gin tonic dans des tasses ? (Avec modération bien sûr) (Les tasses)

Mardi 26 septembre

08h : Je croise le regard de ma voisine d’en face sur son balcon. Je sais qu’elle m’a jugée en rentrant hier soir.

10h : Je ne me sens pas folichonne. J’ai un peu chaud.

12h : Je suis écarlate. Ça n’a rien à voir avec la soupe bouillante que je suis entrain de manger dans laquelle j’ai rajouté de la harissa.

14h : Je fais des poussées de fièvre. Peut-être je vais mourir.

16h : J’ai la forme mais je suis entrain de me transformer en magma. J’ai envie de demander si personne n’a besoin de se faire cuire un rumsteck.

16h30 : Après avoir observé Kalindi m’observer avec inquiétude, je préviens Clémence.

Ma sauveuse.

Je m’aperçois d’ailleurs que son avatar est un flamant rose. C’est la première fois que je le remarque. Connaissant ses goûts animaliers, je ne savais pas que le flamant rose était une espèce de requin.

17h : Aucun médecin n’est disponible sur Doctolib, mais je croise Guillaume Bats dans la rue. Pas une journée de perdue.

18h : J’attend chez un médecin qui héberge toute l’Île de France. J’ai de la patience. Non. Je me casse.

J’aurais chopé trois grippes et deux gastros dans la salle d’attente au lieu de soigner ma petite fièvre.

 19h30 : Je reçois un message :

Allez, viens dormir dans mon royaume où la recharge de batterie est accessible.

22h : C’est la guerre nucléaire. Un frelon de la taille d’un poney vient d’entrer dans mon studio. Quand il vole, j’ai l’impression d’entendre quelqu’un se raser.

22h10 : Ça fait dix minutes que nous sommes en slip dans le couloir. Le mot « Démunies » clignote en rouge au dessus de nos têtes.

À part observer la bête tourner autour de ma machine à café comme si elle voulait me chourave mon cappuccino, clairement, nous ne servons plus à rien.

22h20 : Mon voisin de palier sort. Il se pose des questions.

« Ça serait possible de faire moins de bruit s’il vous plaît ?

– Il y a un gros frelon dans mon studio. Il veut sous-louer. »

Il part chasser du frelon comme il partirait chasser un tigre du Bengale.

Sauf qu’il n’y arrive pas. Nous sommes désormais trois à observer l’avion de chasse faire sa vie oklm.

Et quand je dis avion de chasse, c’est pas parce que l’insecte est canon. C’est parce qu’il est si gros qu’il aurait pu attaquer les bombardiers de l’époque.

22h30 : Alors que nous étions sur le point de sortir le pop-corn, l’ennemi se fait la mâle. Tu n’étais qu’un gros moustique, après tout.

Mercredi 27 septembre

09h00 : J’ai RDV chez un médecin. Je cours contre la montre. Il a une demi-heure de retard.

Je ne suis pas rancunière, j’ai le même rythme tous les jours. Sauf que moi, je ne guéris pas les angines.

10h00 : Je rentre au bercail. Je n’ai pas d’angine mais je devrai faire une prise de sang. Il m’a posé un jour. Ma réaction est immédiate.

Merci les filtres, merci le sweat-shirt « WEEK-END ».

11h30 : Mon enfer : je m’ennuie. Je dois le faire savoir à tous mes contacts.

Cas 1 :

Cas 2 :

Cas 3 :

JE . DOIS . FAIRE . QUELQUE CHOSE .

12h : Je vais sur Netflix.

16h : Message d’Ellen :

En même temps, peut-être allais-tu fabriquer une bombe avec tes pépins ?

Elle m’a ramené du raisin et des KIWAÏS de Bretagne car elle connaît bien mes passions. Le kiwaï serait l’ancêtre du kiwi.

Plus le choix : je vais devoir bouger pour aller chercher toutes ces merveilles qu’elle m’a ramenées du Nord-Ouest. Surtout qu’elle s’est fait contrôler pour ça.

Comme c’est dommage.

20h : Je la rejoins à La Mutinerie. Plein de raisins m’attendent. En même temps, j’assiste à la session flash-tattoo et piercings que le bar organise.

21h : Je repense à mon frère qui m’a demandé plus tôt si j’étais capable de tenir en place.

Sauf que je ne connais pas ce mot et que je ne compte pas laisser mon invalidité temporaire m’empêcher d’observer les gens se faire trouer la peau sur un coup de tête.

Jeudi 28 septembre

07h20 : Ma première pensée au réveil est immédiate.

Si tu cliques, tu tomberas sur le passage escompté. 

Ce jour est enfin arrivé. Ce soir, c’est niveau quatre.

10h : Comme mes deux dernières semaines ont été complexes, je me mets seulement sur mon Journal. Il sortira demain.

Je sais que Clem l’attend avec impatience mais dedans je raconte l’épisode du café alors je la zieute comme ça :

 Me vire pas steuplaît.

J’aime être ici. Promis, je ferai du meilleur café sans me tromper de tasse. Chaque expérience me rend meilleure.

19h : La journée fut intense car je souffre de TDPM.

Autant dire que mon mood était I Will Survive mais mon attitude était Breaking The Habit.

19h15 : J’arrive au vernissage de Charlotte Lebon où nous sommes conviées avec Elise. Ses dessins sont trop beaux.

19h25 :

Suis-je sensée signer des autographes sur les soutien-gorge ?

Première fois que ça m’arrive. Que pense cette personne ? « C’est la teubée du journal » ? « Elle est plus drôle sur Internet » ? « Pourquoi elle se trimballe avec des chaussettes dans son sac » ?

Non, je pense pas qu’elle ait grillé pour les chaussettes.

20h : Go.

Tout est là. 

Je l’ai vécu admirablement bien. Pendant qu’Anouk se pansait l’estomac avec de la levure, je re-mangeais ma harissa et mon poivre dans le plus grand des calmes le lendemain.

Mais pour la petite anecdote, si je suis une warrior du piment, je suis une grosse fragile du sucre. Un niveau quatre chez Trois Fois Plus de Piment ne m’atteint pas, une crème brûlée légèrement trop sucrée, si.

Chacun•e son combat.

Vendredi 29 septembre

08h : Je me réveille chez Anouk.

La veille, après manger, un de ses mystérieux amis nous a proposé de passer le voir en disant :

« J’ai une surprise pour vous… »

Je flippe un peu. Mais point de malaise ici : son ami nous a ouvert la porte avec une bouteille de vin datant de 1968 (MILLE NEUF-CENTS SOIXANTE-HUIT).

Le meilleur rouge jamais bu de ma vie. L’âge de l’hôte dépassait celui de la bouteille.

Mais surtout, j’ai goûté le meilleur, MEILLEUR, Sauternes EVER. J’essaye encore de m’en remettre.

08h10 : Je ne m’en remets pas.

10h : J’identifie Anouk sur une publication.

« Moi : Ça ira, je vis pour la bouffe épicée.
Également moi le lendemain matin : »

Elle le prend bien.

Pas trop en fait.

13h : Beh-ding ding ding ding dididing ding bing bing pscht, Dorhrm bom bom bedom bem bom bedom bom bum ba ba bom bom, Bouuuuum bom bom bedahm, Bom be barbedarm bedabedabedabeda !

Bbrrrrrimm bbrrrrramm bbbrrrrrrrrraammmmm ddddddraammm, Bah bah baah baah ba wheeeeeee-eeeee-eeeee !

Crazy Frog fout la migraine. J’arrête les conneries. 

13h10 : Du coup, j’écoute Cabrel sous-titré en Roumain.

« Jour » se dit « zi » en Roumain. C’est court.

19h : Je n’ai aucune idée de ce que j’ai fait aujourd’hui. J’ai écrit sur des promos polaroïds. Des fois, j’ai des black-outs de journée.

21h : Avant de prendre mon train pour rentrer, je rejoins une amie dans un bar où je fais chier mon monde avec une valise qui fait presque ma taille et pèse presque mon poids.

21h10 : Ça fait rire le serveur. Il nous ressert des bretzels.

Sur le retour, autant dire que je suis cassée. Je donne des coups de coude à un mec qui essaye de s’étaler sur mon siège. Ne nique pas mon espace vital de fin de semaine à chier.

23h : En arrivant à Metz, j’ai eu l’agréable surprise de voir que je m’étais endormie sur une partie de mon siège qui marque les joues.

J’explique que c’est une nouvelle façon d’avoir le teint rosé sans mettre de blush.

Ma semaine n’est pas totalement à jeter mais elle aura quand même pas mal pué la défaite. 

N’hésitez pas à me dire à quel point votre semaine a aussi senti le foie de volaille. (Ça sent mauvais le foie de volaille ?)

Au prochain épisode : comment je me suis retrouvée à papoter lignes de métro sous la pluie la plus vénère que je connaisse depuis que j’ai débarqué à Paris, avec Marion Seclin qui se noyait tout autant sous ses veuchs et ses vêtements.

JE SUIS SI PUTACLIC HOULOULOU C’EST LE TEASER VOUS MOUREZ DÉSORMAIS D’IMPATIENCE.

Ciao les moules.

Le numéro 6 :

À lire aussi : Des ornithorynques, des quiproquos et Helmut le béret — Journal d’une expat’ à Paris #6

Tifaine P


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