Snapchat, la nouvelle appli de photos éphémères

Snapchat est une nouvelle application smartphone de partage de photos. La nouveauté ? Un cliché n'est visible que quelques secondes, puis disparaît. Un vrai outil pour plus de sécurité en ligne ? Pas si sûr...

Snapchat, la nouvelle appli de photos éphémères

Depuis 2011, l’Apple Store et Google Play ont vu débarquer Snapchat, application développée par deux étudiants de Stanford.

Snapchat a rejoint le club des applis de partage de photos et vidéo (Instagram, Picto, Vine…), mais avec une spécificité : les vidéos et photos envoyées (appelées snaps) ne sont visibles que par le destinataire, pendant un temps très limité.

Le mode d’emploi n’est pas compliqué : on ajoute des amis, comme sur Facebook, qui sont regroupés dans une liste. Le fil d’actualité retrace les snaps reçus et envoyés en indiquant leur état (envoyé, visualisé, à visualiser).

La fenêtre de capture propose de délimiter le temps d’affichage du snap après ouverture (une à dix secondes), ainsi que de le customiser en y ajoutant du texte ou en dessinant dessus.

Une sensation de sécurité qu’on ne retrouve pas sur Facebook

Si toi aussi tu as pu voir des photos gênantes de tes contacts Facebook à une soirée trop arrosée au Macumba, un verre à la main, dansant sur du Patrick Sébastien, tu comprendras l’engouement suscité par Snapchat. En effet, pendant que Facebook perd des millions de visiteurs (moins 9 millions aux US et moins deux millions en Grande-Bretagne sur ces six derniers mois), Snapchat explose avec 3,4 millions d’utilisateurs enregistrés fin 2012.

Pourquoi une telle réussite ? C’est très simple : après les nombreuses affaires de licenciement, ou d’humiliation dues à des photos postées sur Facebook, les adolescents, premiers utilisateurs de Snapchat, ont bien compris la leçon.

Bingo : une nouvelle appli gratuite et amusante qui permet en plus de retoucher ses photos avec du texte ou des dessins et en garantit l’autodestruction, plus rapide qu’un MMS et plus discrète qu’Instagram s’offre à eux. Même cette dernière semble en prendre un coup : 150 millions d’images sont envoyées chaque jour via Snapchat, soit trois fois plus que sur Instagram (d’après le PDG de Snapchat).

Sexe, grimaces et Snapchat

Oui mais voilà, tout ne va pas bien dans le meilleur des mondes. Le principal facteur de réussite de l’application est sans aucun doute la faculté d’autodestruction des snaps. Mais quand on se rend sur le site de Snapchat, dans la rubrique FAQ, il est écrit noir sur blanc que les snaps ne disparaissent pas et qu’il est tout à fait possible d’en faire des imprim-écrans (l’émetteur du snap reçoit alors une notification pour l’avertir).

À gauche, l’accusé de réception normal, à droite celui qui indique qu’une capture d’écran a été effectuée.

Cette découverte fut même du pain béni pour un expert américain, qui ferait payer de 300 à 600$ pour retrouver les snaps cachés dans un téléphone sous Android (bientôt pour les iPhones). L’atout principal de Snapchat est donc pour le moins discutable.

Les conséquences de ce paradoxe sont nombreuses : des pages de partage de snaps volés ont été créées, principalement pour les snaps à visée sexuelle, comme nous l’apprend le site britannique Metro qui prend en exemple la page Facebook Snapchatleaked (fermée le 28 mai 2013 pour manquement à l’éthique du site).

La page avait réuni plus de 530 000 likes en moins de 24 heures en publiant des snaps volés sur Facebook et Twitter, et en incitant leurs fans à en envoyer. Malgré la fermeture, des pages du même type continuent d’exister mais sous des appellations différentes.

On peut également citer le Tumblr Snapchat Sluts (Les salopes de Snapchat), créé par Kirill Bitchusky, qui était à l’origine de Champagne Facial (on reste dans le bon goût…). Cette fois-ci, les snaps concernés sont envoyés volontairement : le blogueur explique qu’il s’ennuyait dans sa chambre d’hôtel et tweeta pour savoir combien de filles seraient prêtes à lui montrer ses seins. Les réponses ont été si nombreuses sur Twitter qu’il décida de créer le Tumblr, qui est aujourd’hui fermé.

source

Bien que le co-fondateur a démenti que Snapchat ait été crée dans le but de favoriser le sexting, il admet que c’est suite à un scandale de Twitpic ayant filtré que l’idée de données à durée de vie limitée s’est implantée dans son esprit.

Snapchat, un lien social décontracté

Comme on peut le lire ici, une utilisatrice affirme que c’est bien plus décontracté et spontané qu’un simple MMS. Elle compare le snap au simple fait de dire « Je pense à toi », dont elle estime à présent pouvoir s’abstenir en le remplaçant par des images.

On a interrogé les madmoiZelles sur le forum afin de se faire une idée plus précise de l’utilisation de Snapchat !

VintagePhonic nous explique qu’elle n’utilise l’application que depuis une dizaine de jours (elle n’en avait jamais entendu parler avant) pour rester en contact avec ses amis vivant aux USA. C’est à peu près la même utilisation que fait MlleDanaee qui a également un ami qui vit à l’étranger, mais elle utilise Snapchat plus souvent.

La plupart d’entre vous disent l’utiliser surtout avec quelques amis, plus ou moins fréquemment. Cependant, deux madmoiZelles ont dit ne pas savoir ce qu’est Snapchat.

J’ai moi-même découvert l’application grâce à un ami ; c’est vrai qu’à part sur quelques sites spécialisés, elle est beaucoup moins médiatisée en France qu’Instagram par exemple.

Kheena a donné son point de vue : « ce n’est pas une appli où il faut particulièrement s’impliquer comme d’autres réseaux sociaux, donc c’est pratique » : on rejoint l’idée de l’instantané et du décontracté. L’investissement semble en effet moindre quand il s’agit d’envoyer une photo à un seul contact pour un temps limité.

L’application parfaite pour le sexting ?

Certaines d’entre vous expliquent que c’est justement l’autodestruction des snaps qui les a convaincues de se mettre au sexting : « on peut envoyer des photos et vidéos toute nue sans qu’il ne reste aucune trace. Mon copain « officiel » ne risque pas de tomber dessus ».

Selon cette madmoiZelle, la durée de vie limitée des snaps a un autre avantage, elle aide à avoir confiance en soi : « ça enlève pas mal de complexes […] je sais qu’il n’aura pas le temps de s’attarder sur les défauts ».

Il y aurait vraiment eu un déclic à l’arrivée de Snapchat : puisque qu’on pense que ça s’autodétruit, on cesse facilement d’être pudique.

Une sécurité purement factice ?

Snapchat impose une limite d’âge à 13 ans pour ses utilisat-eurs-trices, mais aucun contrôle n’est effectué. Un guide au service des parents est présent sur le site : il conseille de supprimer le compte de leur enfant s’il est trop jeune.

J’utilise Snapchat depuis quelques mois, et ce qui m’a frappée c’est vraiment cette sensation de sécurité. Comme je suis aussi très active sur Tumblr, Facebook, Instagram, Twitter, où les réactions des autres sur ce qu’on poste sont à prendre en compte, ça me rassure d’avoir trouvé une appli où mes photos cessent de s’afficher et ne vont pas circuler.

La plupart de mes proches sont loin de moi, donc ça me permet de communiquer avec eux « comme si on était ensemble », sans avoir à se soucier des commentaires des autres !

Snapchat n’est pas plus fourbe ou dangereux qu’un autre réseau social, les limites sont, comme toujours, à s’imposer à soi-même, ou aux jeunes utilisateurs.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Chikentear
    Chikentear, Le 25 septembre 2014 à 23h55

    Il ne serait pas un mal d’édit l'article et de noté qu'il existe maintenant des application comme "snapesave" qui permettent de sauvegardé TOUT les snaps qu'on reçois sans que l'envoyeur sois informé. C'est important pour ceux qui ne le savent pas encore --> Ce n'est plus du tout sécurisé !

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