L’hallucinante misogynie au lycée militaire Saint-Cyr révélée par Libération

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Le lycée militaire Saint-Cyr, qui prépare aux concours d'officier de l'armée, est au cœur d'une enquête de Libération, qui met en lumière un sexisme décomplexé, une haine des femmes qui ne se cache pas.

L’hallucinante misogynie au lycée militaire Saint-Cyr révélée par Libération
Lettre ouverte à Emmanuel Macron

Clémence a écrit une lettre ouverte au Président de la République, en sa qualité de chef des armées (le lycée militaire de Saint-Cyr dépend du Ministère de la Défense).

Lettre ouverte à Emmanuel Macron, chef des armées : quelles valeurs l’armée française est-elle censée incarner ?

Libération continue de produire un excellent travail journalistique, notamment sur le sexisme et les violences perpétrées envers les femmes.

Après l’insoutenable dossier sur les féminicides, ce « meurtre de masse », puis les révélations sur les accusations d’abus sexuels au sein de l’UNEF, le journal fait aujourd’hui la lumière sur un autre milieu…

Libé enquête sur le sexisme au lycée militaire Saint-Cyr

C’est tout un dossier que Libération consacre à la misogynie régnant au lycée militaire Saint-Cyr, qui prépare aux concours d’officier de l’armée française.

À l’origine de cette enquête, il y a une lettre adressée fin 2017 à Emmanuel Macron par une élève de prépa âgée de 20 ans. Elle voulait être officière, mais son genre a fait d’elle une cible de violences.

« J’ai honte d’avoir voulu aller dans une armée qui n’est pas prête à recevoir des femmes. J’ai appris que porter un vagin ruine une carrière, une vocation, une vie. »

Sa lettre n’a pas eu l’effet escompté. Alors l’étudiante s’est tournée vers Libération pour faire entendre sa voix.

La réaction de Marlène Schiappa

La Secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes a réagi à l’enquête de Libération.

Lire les propos de Marlène Schiappa au sujet de la misogynie à Saint-Cyr

Libé déroule une longue description d’actes misogynes, principalement perpétrés par un noyau d’élèves, les « tradis », généralement issus de familles militaires, catholiques, et souvent très à droite.

« Bizutage » d’une élève qu’on fait mine de scalper, usage de termes dégradants pour désigner les femmes, perturbation de leur sommeil, excréments lâchés devant leurs portes, slut-shaming, menaces de mort…

Et cette autre horreur, silencieuse, celle-ci : « l’indifférence courtoise ».

« Cet usage qui consiste à ne jamais adresser la parole aux filles. Jamais, au point de ne pas transmettre les consignes du commandement ou à les prévenir des contrôles scolaires. Et donc à les pénaliser dans leurs études. »

Ces témoignages font état d’une volonté affichée et revendiquée d’exclure les femmes.

Pour les « tradis », celles qu’ils appellent les « grosses » (« parce qu’elles sont juste bonnes à être engrossées ») n’ont rien à faire hors du foyer. Le but est de les expulser, de les mener à abandonner leur envie de rejoindre l’armée.

Tragiquement, ça marche. À force de harcèlement, bien des élèves craquent et quittent ce milieu qui les rejette avec tant d’hostilité…

L’enquête de Libération est très complète. Voici ce que vous pouvez d’ores et déjà lire, en plus de l’article ci-dessus.

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Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu'elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.

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Commentaires
  • LolaEnCiencia
    LolaEnCiencia, Le 4 avril 2018 à 18h44

    D'après ce que j'ai lu, il y eu depuis des exclusions d'élèves perturbateurs, des mouvements au niveau des cadres (avec mesures disciplinaires il me semble) et des règles plus strictes sur le fonctionnement.
    J'espère que ce sera vérifié dans les faits ☺

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