La transparence des salaires, une solution contre les inégalités de rémunération hommes/femmes ?

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Marlène Schiappa a annoncé ne pas être heurtée par l'idée de transparence salariale, dans une optique de lutte contre les inégalités de rémunération entre les femmes et les hommes. Explications.

La transparence des salaires, une solution contre les inégalités de rémunération hommes/femmes ?

Lundi 8 janvier 2018, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat en charge de l’Egalité entre les femmes et les hommes, a donné une interview dans la matinale d’Europe 1. Elle y a annoncé un « plan dur et concret » sur l’égalité salariale.

La journaliste et chroniqueuse Nadia Daam l’a interrogée au sujet de la transparence des salaires et de son bien-fondé.

« L’égalité commence par l’information »

Marlène Schiappa a indiqué que l’idée de transparence des salaires ne la choquait pas, et qu’elle pouvait l’envisager comme un des axes de lutte pour atteindre une égalité salariale.

Elle a également évoqué son travail avec ses homologues européen·nes sur les thématiques liées à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Mais si l’idée ne heurte pas la secrétaire d’État, fera-t-elle pour autant l’unanimité chez les français·es ?

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Des exemples de transparence salariale autour du monde

Bien que la transparence salariale ne soit pas encore appliquée de manière systémique en France, elle l’est déjà plus ou moins dans d’autres pays notamment limitrophes, comme l’Allemagne.

Marlène Schiappa a justement évoqué dans sa réponse à Nadia Daam une loi allemande, entrée en vigueur le 6 janvier 2018. Ce texte va permettre aux allemandes de vérifier que leurs employeurs respectent l’égalité salariale :

« Les salariées allemandes d’entreprises de plus de 200 personnes pourront désormais demander en toute légalité le montant du salaire d’au moins six de leurs collègues masculins.

Une manière de « faire valoir en justice leur droit », explique la ministre allemande de la Famille et des Femmes par intérim, Katarina Barley, citée par Les Echos. »

— La suite à lire sur La Tribune.

En France, à l’heure actuelle, les entreprises doivent faire remonter les salaires de leurs employé·es annuellement. Cependant, les écarts de salaires restent difficiles à identifier à travers cette méthode, même après déclaration auprès du gouvernement.

Malgré cela, la secrétaire d’État a mentionné l’existence de logiciels qui calculent directement lesdits écarts à partir des données remontées, c’est par exemple le cas en Belgique.

L’entreprise Buffer a adopté une politique de transparence totale

Un autre exemple d’initiative non pas législative ni étatique mais entrepreneuriale serait celui de Buffer. Cette entreprise californienne de gestion des réseaux sociaux a mis en place une politique de transparence totale. Elle a même créé un ensemble de pages web dédiées sur le thème « Buffer Transparency ».

L’une d’entre elles est entièrement dédiée aux salaires des employé·es de Buffer.

Introducing the New Buffer Salary Formula, Calculate-Your-Salary App and The Whole Team’s New Salaries

On y trouve entre autres le système de calcul des salaires chez Buffer, ainsi qu’une liste des salaires de l’ensemble des employé·es.

Et elle est très longue (capture d’écran non-exhaustive)

Mesures étatiques ou d’entreprises se complètent

Finalement, qu’il s’agisse d’initiatives entrepreneuriales ou gouvernementales, plusieurs possibilités pour atteindre une égalité salariale au sein des entreprises existent.

Par ailleurs je ne pense pas que ces mesures s’opposent, mais qu’à l’inverse elles se complètent et que c’est conjointement qu’elles feront avancer notre société vers plus d’égalité.

Et toi, qu’en dis-tu ? Serais-tu prêt·e à montrer ton salaire au vu de tou·tes ? Viens en débattre dans les commentaires !

À lire aussi : L’égalité femmes-hommes « grande cause du quinquennat » : les premières mesures annoncées

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Mathilde Trg


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Commentaires
  • Kaylie
    Kaylie, Le 15 janvier 2018 à 19h36

    @DarkVador-au-sauna : Il faudrait des critères objectifs, un peu comme les barèmes de notation qu'on peut trouver à l'école même s'ils changent d'une entreprise à l'autre. Mais je suis d'accord avec toi, c'est vraiment compliqué de définir quelque chose d'objectif... La différence avec aujourd'hui serait que les écarts de salaire resteraient basés sur ces critères, sauf que les critères seraient rendus publics et appliqués à tout le monde. L'employeur serait obligé de justifier les écarts via l'écriture de critères clairs. (Et ça serait cool que le temps d'heures sups ne soit qu'un critère parmi de nombreux autres pour ne pas pénaliser Henriette)
    Fin bref, je rêve un peu, et tu as tout à fait raison de pointer ces "failles" dans mon raisonnement, vu que j'ai pas trop trop de solutions pour les combler... Mais s'il y a bien un truc que démontre ce topic, c'est que c'est compliqué c'taffaire, dès qu'on modifie un truc ça risquerait d'entraîner des conséquences négatives, on est pas rendus :rire:

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